[Textes] Nuit du 6 Juin 2020

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minigriffon
Moldu
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par minigriffon » 06 juin 2020 - 21:02

Titre : La machine
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : citation principalement (un peu le mot)
Fandom : original
Nombre de mots : 270
Personnages : Le témoin
Rating : TP
Je m'assieds sur le banc, l'esprit écartelé. Non, plutôt le cœur. Enfin je ne sais pas, quoi que ce soit, j'ai l'impression que c'est sur le point de se rompre à l'intérieur. Je ne sais pas quoi faire. Je ne peux pas laisser tomber Susan. Et je ne peux pas garder rancune. Pas en face de tous ces regards. La rage est là, tapie, mais la peur me crispe.

Ce banc est vraiment inconfortable. Il est dur et trop droit, le dossier me cisaille les omoplates. Je lève les yeux. La salle est bondée. Ils se sont tous déplacés pour entendre ma version des faits. Pour savoir ce qui s'est passé cette nuit-là. Mais surtout pour savoir si j'ai réussi à pardonner.

Je regarde l'ingénieur ajuster sa machine juste à côté. Dire que je vais être branché là-dessus et que tout le monde va voir ce qui se passe en moi. Rien que d'y penser j'ai des sueurs froides. Il faut que je leur fasse croire... Mais non, alors Susan restera impunie ! Dois-je...

Le juge entre, tout le monde se lève. Je l'entends débiter son introduction. C'est toujours la même chaque jour depuis le début du procès. L'impact psychologique et social de l'amour, l'importance du pardon, la possibilité de la rémission. Le jury boit ses paroles. On voit bien qu'ils n'ont jamais perdu un proche. Mais dans quel monde vivons-nous... Nous sommes devenus hypersensibles à la souffrance et drogués à l'amour.

Quelque chose se durcit à l'intérieur. Qu'ils aillent tous au diable avec leurs beaux sentiments. Je vais tous les effaroucher, ces bisounours dégoulinants. Ce sale type doit payer.

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Samantha Black
Barbecue Princess
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Samantha Black » 06 juin 2020 - 21:03

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Image et citation de 21h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1104 mots
Personnages : James Sirius Potter et Rose Weasley
Rating : Tout public
— Qu’est-ce que tu fais là ? Demanda Rose en s’installant à côté de lui.

James releva son visage vers sa cousine dont la robe de sorcier pendait au creux de son coude. Le mois d’avril était déjà particulièrement chaud et même seulement vêtue d’une chemise et d’une jupe, la pauvre semblait cuire.

— Je prends l’air et toi ?
— Je me suis dit que l’air du lac me rafraîchirait, répondit-elle. Je pense que c’est raté.
— Tu pourrais te baigner, proposa-t-il.
— Je n’ai pas de maillot de bain, répliqua-t-elle en cueillant un brin d’herbe.
— Tu pourrais juste tremper tes pieds, remarqua-t-il.
— Je pourrais, dit-elle, pensive.

Le silence s’installa entre eux. James ne comprenait pas trop pourquoi sa cousine avait décidé de s’asseoir à côté de lui. Même s’ils s’appréciaient, les deux adolescents n’avaient jamais été particulièrement proches.

— Qu’est-ce que tu fais là en vrai, Rose ? Finit-il par demander.
— Je te l’ai déjà dit : je prends l’air, répondit-elle.
— Non ce que je veux dire c’est qu’est-ce que tu fais ici avec moi !

Une ombre passa sur le visage de Rose et James sut qu’il l’avait blessée. Le jeune homme grimaça et se passa la main dans les cheveux. Il n’avait pas voulu lui faire de peine, mais avait du mal à comprendre pourquoi elle avait décidé de venir le voir ce jour plus que tous les autres. Après sa dispute avec Liam, il devait avouer qu’il n’était pas sûr de vouloir passer du temps en compagnie sa cousine pleurnicheuse.

— Désolée de t’avoir ennuyé, James Potter, cracha-t-elle en commençant à se lever.
— Attends ! C’est pas ce que je voulais dire ! Lança-t-il en l’attrapant par le poignet.
— Et qu’est-ce que tu voulais dire exactement ? Demanda-t-elle alors que ses yeux brillaient.

Il se retint de pousser un soupir en la voyant sur le bord des larmes. Il était certain que s’il le voulait, il pourrait la faire pleurer. Il secoua la tête. Ce n’était pas parce qu’il était malheureux qu’il devait chercher à faire de la peine aux autres. Rose était certes profondément casse-pied et une pleureuse dans l’âme, mais elle ne méritait pas qu’il s’en prenne à elle sans raison.

— Je suis sûr les nerfs en ce moment, c’est tout ! Je suis désolé, répliqua-t-il.

Rose le fixa plusieurs secondes et elle dut deviner sa sincérité, car elle reprit sa place à sa droite. James esquissa un sourire en réalisant qu’il savait faire preuve de maturité, contrairement à ce que son soi-disant meilleur ami avait pu dire.

— C’est à cause de Liam ? Demanda-t-elle en essuyant sa joue.
— Connais pas de Liam, rétorqua-t-il avec précipitation.
— Si tu le dis, déclara Rose en continuant à jouer avec l’herbe.
— Pourquoi Molly n’est pas avec toi ?
— Oh ! Elle voulait passer du temps avec son petit ami, souffla-t-elle.

James n’eut aucun mal à deviner la tristesse dans le son de sa voix.

— Ils passent de plus en plus de temps ensemble, ces derniers temps, continua-t-elle d’une voix qu’elle espérait sans doute neutre.
— Et ça te rend malheureuse ?
— Non ! Répliqua-t-elle avec véhémence. Non ! Pas du tout !
— Oh la ! Oh la ! Calme-toi ! Je voulais pas te vexer, répondit James.
— Je ne suis pas vexée, répliqua-t-elle, les bras croisés sur sa poitrine.
— D’accord ! Tu n’es pas vexée.

Le silence s’installa de nouveau entre eux. La Poufsouffle fixait l’horizon d’un air maussade tandis que James jetait de temps à autre des regards dans sa direction.

— Tu sais, Rose. Tu n’as pas à t’en vouloir de te sentir laissée de côté dans ce genre de moment.
— Je ne veux pas que Molly croie que je suis jalouse.
— Et tu l’es ? Tenta-t-il timidement.
— Non ! Bien sûr que non ! C’est juste que… Ca manque de passer du temps avec elle, mais je comprends qu’elle ait besoin de moments seul à seule avec Jordan, dit-elle en continuant d’arracher des brins d’herbes. Et toi ?
— Quoi moi ?
— J’ai toujours pas compris pourquoi Liam et toi vous vous faisiez la tronche !
— On ne se fait pas la tronche ! Répliqua James sur la défensive.
— Ça m’en a tout l’air pourtant, remarqua-t-elle l’air de rien. Vous vous êtes disputés à cause de Vanessa, n’est-ce pas ?

James lui jeta un regard surpris.

— Comment… Je vois pas de quoi tu parles, se reprit-il au dernier moment.
— Si tu le dis, se contenta de répliquer Rose en levant les yeux au ciel.
— Pas d’insolence, petite peste ! Fit mine de s’outrer James.

Il donna un léger coup d’épaule, qu’elle lui rendit presque aussitôt.

— C’est toi la peste ! Rétorqua sa cousine en souriant.
— Très mature ! Remarqua-t-il.
— Et c’est toi qui me dis ça ! s’exclama Rose avant d’éclater de rire.
— Je ne vois ce que tu veux dire !
— Si tu le dis, répéta simplement la jeune fille.

Les deux cousins retombèrent dans un silence apaisé alors que le vent commençait à se lever. Du coin de l’œil, James vit Rose fermer les yeux et jeter sa tête en arrière afin de profiter de la brise.

— Vous venez chez Papy et Mamie cet été, Hugo et toi ?
— Comme tous les ans, répondit-elle sans le regarder. Pourquoi ?
— Pour savoir ! En juillet ?
— Mmh, marmonna-t-elle en hochant légèrement la tête.
— Je suis content de partager ces deux semaines avec vous et pas avec Victoire ! Elle est insupportable ces derniers temps.
— Elle est amoureuse, répliqua Rose d’un air rêveur.
— Ça, je pense qu’on l’a tous compris ! Dit-il d’un ton amer.

Autour de lui, tout le monde se mettait en couple et James avait l’impression d’être en retard. Il était en cinquième année et, malgré quelques flirts et deux ou trois baisers, n’avait toujours pas eu de petite amie.

— Chaque chose vient à point à qui sait attendre, déclara soudainement Rose d’une voix sage.
— Ça vient d’où ça ?
— C’est un dicton moldu. Papy Richard me le dit souvent quand je veux aller trop vite.

James esquissa un sourire en pensant au vieil homme. Bien qu’il ne soit pas leur petit-fils, les Granger les avaient amenés plus d’une fois sa sœur et lui au cinéma. Il les avait toujours bien aimés.

— On devrait y aller ! C’est bientôt l’heure du dîner, dit Rose en se levant.

Elle épousseta sa robe et lui demanda s’il venait quand elle ne le vit pas bouger.

— Pars devant ! J’arrive, répliqua James en fixant le lac.

Il esquissa un sourire. Il était temps qu’il prenne son courage à deux mains et qu’il discute avec Liam. Ils ne pouvaient pas rester éternellement ainsi, ils étaient amis après tout.
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Alena Aeterna
Cannibale nocturne
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Alena Aeterna » 06 juin 2020 - 21:04

Titre : /
Thème : Rien n'est peut-être plus égoïste que le pardon (André Chamson) – Citation 21h
Fandom : Percy Jackson
Nombre de mots : 316
Personnages : Agathe (OC), Alexandre (OC), Théa (OC)
Rating : Tout public
Alexandre et Théa ne se parlaient plus depuis deux jours, ce qui pesait lourdement sur notre quête. Je servais de messager entre les deux, passant mon temps à aller et venir de l’un à l’autre. Je commençais à comprendre ce que pouvait ressentir mon père et j’avais eu l’occasion d’avoir de nombreuses pensées pour lui. J’avais essayé de les réconcilier mais ils étaient tous les deux butés et n’acceptaient pas de voir leurs torts respectifs. Je savais que présenter des excuses serait compliqué parce qu’aucun d’eux ne voulait recevoir le pardon de l’autre. Ils étaient au moins d’accord sur le fait que c’était du pur égoïsme, sous prétexte que cela ne ravissait que celui qui s’excusait. J’aurais aimé avoir la sagesse de Chiron pour leur faire signer un traité de paix, même temporaire. Je ne tenais pas à rester dans cette grotte un jour de plus parce qu’ils se comportaient comme des enfants, j’avais envie de finir notre périple rapidement et de rentrer à la Colonie. Mon bungalow me manquait, principalement la bonne humeur de mes frères et sœurs avec leurs coups fourrés, surtout avec l’air morose de mes deux amis.

Je jetai la fin de mon repas dans les flammes en offrande aux dieux puis me levai, rejoignant Alex qui montait la garde à l’entrée de la grotte. Il me lança un coup d’œil avant de reporter son attention sur la forêt qui nous entourait. Ce n’était pas un endroit idéal pour se réfugier mais cela valait mieux pour nous protéger de l’orage qui tonnait au-dehors. De temps en temps, un éclair illuminait le ciel, me faisant frissonner. J’avais peur d’un incendie, même si Théa avait tenté de me rassurer en me disant que nous n’avions rien à craindre.

« Tu peux aller manger, informai-je mon ami en m’asseyant à côté de lui. Et demander …
— Arrête Agathe, me coupa-t-il. Je ne m’excuserai jamais. »
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Nihil1
Moldu
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Nihil1 » 06 juin 2020 - 21:06

Titre : Pansy
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Citation "Rien n'es peut-être plus égoïste que le pardon" - André Chamson
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 451
Personnages : Pansy Parkinson / Théodore Nott
Rating : Tous public
« Je suis désolée »
Oui, désolée. Elle l'est, désolée. Elle peut l'être, désolée.
« T'inquiète, ce n'est pas grave. »
Ce n'est pas grave que tu nous trahisse, Pansy, que tu nous fasses passer pour des lâches et des racistes. Ce n'est pas grave que tu jettes l’opprobre sur tous les Serpentard, qu'en le pointant du doigt, tu nous poinçonnes l'avenir. Mais toi, poinçonner, n'est-ce pas ta spécialité ?
« Tu me pardonnes ? »
Il y a des centaures dans la forêt interdite. Question stupide, réponse stupide. Non, je ne te pardonne pas, Pansy. Non pas parce que tu es vile et lâche, non pas parce que tu as peur, mais parce que tu es bête. Et la bêtise, la vie ne te la pardonneras jamais. Nous non plus, elle ne nous la pardonneras pas, ta bêtise, Pansy, quoi que tu puisse croire. Tu me regardes de tes petits yeux porcins, et je constate. Je constate cet affolement qui règne au fond de tes prunelles, cette vague de panique qui s'enfonce dans tes veines. Je te plains, Pansy, mais je ne te pardonne pas. Ton geste de délation, ton mouvement de dictature, tu ne l'as pas retenu lorsqu'il s'est jeté dans les esprits comme une feuille se colle à une vitre au cours d'une tempête. Non, toi, tu as rapporté de la glu, et ta feuille, elle séchera contre cette fenêtre, elle y crèvera, là où tu l'as plantée. Tu veux une médaille, Pansy ? Non, tu réclames des excuses sans réaliser que cela revient au même. Tu veux un baume sur le cœur, et tu te traînes à mes pieds pour que je te le donne. Tu rêves, Pansy. Tu rêves dans ton monde imaginaire. Tu rêves aujourd'hui comme tu rêvais de licornes en première année.
« Je suis vraiment désolée, Théo. »
Elle se répète. C'en est presque amusant, presque ironique. Elle baisse son regard, baisse la tête, tu ne vois plus que ses cheveux sombres et ses chevilles pâles. Tu la méprises du haut de ton piédestal. Pansy, c'est celle qui a parlé lorsqu'elle aurait dû se taire, celle qui s'est levée alors qu'on se soumettait autour d'elle. Pansy, c'est celle qui n'a pas senti qu'elle n'était plus reine, celle qui n'a pas anticipé le changement à venir. Pansy, tu l'oublieras vite, comme tu tente déjà d'oublier ton père. Pansy, tu ne lui pardonneras pas. Ce serait te faire trop de plaisir, trop de plaisir de te placer du côté des survivants qui vont l'absoudre et non des coupables qui seront absous. Lui pardonner, ce serait si petit, si égoïste.
« Bien sûr que je te pardonne. »
Personne n'a dit que tu ne l'étais pas.

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GinnyWeasley
Elève de sixième année
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par GinnyWeasley » 06 juin 2020 - 21:09

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Citation "Rien n'est peut-être plus égoïste que le pardon" - André Chamson
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 825
Personnages : Drago Malefoy, Hermione Granger (non non, ceci n'est pas un Dramione)
Rating : Tout public
Drago reposa son verre un peu trop violemment sur le comptoir du bar, s'attirant un regard noir du barman lorsque quelques gouttes de Whisky Pur-feu s'échappèrent de leur contenant pour souiller son comptoir étincelant. La tête lui tournait. Une goutte de plus, et il commencerait à faire n'importe quoi. Ce n'était pas souhaitable. Depuis la fin de la guerre, la famille Malefoy était déjà suffisamment détestée du monde sorcier. Il valait mieux qu'il s'arrête maintenant, avant de se ridiculiser et d'enfoncer encore plus sa famille dans le déshonneur.

La porte du Chaudron Baveur s'ouvrit, ce qui était plutôt inhabituel, à une heure aussi tardive. La plupart des clients étaient partis se coucher depuis longtemps, et, de ceux qui restaient, Drago était le seul encore assez sobre pour tenir debout. Il ricana amèrement en reconnaissant la jeune femme qui passa la porte. Il avait beau ne pas l'avoir vue depuis des années, il aurait reconnu Hermione Granger entre mille.

Ah, elle lui avait pourri la vie, Granger. Toujours première de la classe, c'était une insupportable Miss Je-sais-tout trop respectueuse du règlement, et qui, comme si cela ne suffisait pas, passait son temps à lécher les bottes de ses professeurs. Et puis, surtout, c'était la meilleure amie de Harry Potter. Et, ça, c'était pire que tout.

Voilà pourquoi il ne s'était pas du tout attendu à la trouver ici, si tard dans la nuit, alors qu'elle aurait pu être à n'importe quelle fête de héros où ses amis et elle auraient été invités. Drago, lui, n'était plus invité à aucune fête. Il avait perdu tous ses amis lorsque sa famille était tombée en disgrâce.

Contre toute attente, Granger vint s'asseoir au comptoir, juste à côté de lui. Comme s'il n'y avait pas assez de place dans ce foutu bar. Elle commanda un jus de citrouille, et le barman eut du mal à masquer son sourire moqueur. Quel genre de personne entrait dans un bar à deux heures du matin pour un jus de citrouille ? Granger, apparemment.

« Bonsoir, Drago. »

Il manqua de s'étrangler.

« Drago ? répéta-t-il. Il va falloir m'expliquer à quel moment nous sommes devenus amis, Granger. »

Elle leva les yeux au ciel.

« Très bien, Malefoy, puisque tu ne veux pas de ma courtoisie.

— Je n'ai que faire de ta courtoisie. C'est même le cadet de mes soucis.

— Je m'en doutais. Après tout, tu as des problèmes plus importants, maintenant, comme essayer de retrouver ton ancien statut. Peut-être que t'afficher avec les héros de la guerre pourrait être une bonne solution, mais, de toute évidence, tu ne veux pas de l'aide d'une pauvre Sang-de-bourbe comme moi.

— Qu'est-ce que tu veux, Granger ? »

Il tourna la tête vers elle, mais elle ne semblait pas disposée à répondre.

« Tu empestes l'alcool. » commenta-elle à la place.

Drago détourna les yeux. Dire qu'il l'avait presque trouvée sympathique, l'espace d'un instant. Chassez le naturel, il revenait au galop. Granger était toujours la même qu'avant, mais avec quelques années de plus. Toujours sérieuse, toujours sage, toujours insupportablement moralisatrice. Un long silence suivit, si long que Drago se demanda si elle allait ajouter quelque chose ou simplement partir en silence. Ou peut-être que c'était à lui de partir. Après tout, il était là depuis des heures.

« J'aimerais passer à autre chose, lâcha-t-elle enfin. Qu'on oublie nos vieilles rancœurs une bonne fois pour toutes. Que je puisse enfin être en paix.

— En paix ? se moqua Drago. Mon souvenir te tourmente à ce point ? »

Il fronça les sourcils, comprenant enfin ce qu'elle faisait vraiment ici.

« Tu me cherchais ? Tu m'as suivi pour venir me parler ?

— Je ne t'ai pas suivi... Enfin, pas vraiment. Et puis ce n'est pas le problème !

— Ecoute, Granger, si tu veux coucher avec moi, c'est non. »

Elle pouffa, et il se sentit soudain ridicule d'avoir pu penser ne serait-ce qu'une seconde qu'elle était venue pour ça. Après tout, comme il avait pu le remarquer, c'était toujours Granger. La bonne vieille Granger. Toujours aussi coincée.

« Je te demande pardon ? Je suis mariée, je te signale ! Je voulais juste faire la paix, mais, visiblement, c'est trop te demander. Je pensais qu'on avait dépassé ça, depuis le temps. On n'est plus des ados, Malefoy ! »

Il soupira mais elle se leva avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit, laissant en plan son verre de jus de citrouille à peine entamé.

« Granger... » l'appela-t-il alors qu'elle s'apprêtait à quitter définitivement le bar.

Elle s'arrêta, mais ne se retourna pas.

« Je suis désolé de t'avoir traité de Sang-de-bourbe quand on était en deuxième année. »

Elle partit quand même, mais Drago crut voir l'ombre d'un sourire sur son visage. Il vida d'une traite son verre de Whisly Pur-feu, et savoura la sensation du liquide lui brûlant la gorge. Il en avait bien besoin.

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Tiiki » 06 juin 2020 - 21:33

Titre : /
Thème : Tombe
Fandom : HP
Nombre de mots : 274
Personnages : Rita Skeeter, Theodore Nott
Rating : Tout public
« Je suis une tombe », gloussa-t-elle en reprenant un toast.

Theodore Nott la fixait d’un air particulièrement ennuyé. N’importe qui à peu près sain d’esprit savait qu’il ne fallait rien confier à Rita Skeeter. Il ne lui avait pas adressé un seul mot en vingt ans, et il ne comptait pas commencer aujourd’hui.

« Allez… Vous n’allez pas compter les mouches jusqu’à la fin de la soirée ! insista-t-elle en affichant une moue amusée. Comment va votre père ?
— Azkaban.
— Oui, mais comment va-t-il ?
— Nous ne sommes plus en contact.
— Voilà quelque chose de fâcheux ! » admit-elle en croquant dans une cacahuète.

Si l’indifférence était jusqu’à maintenant reine, il la toisait désormais avec un ostensible mépris, comme si elle était un insecte particulièrement dégoûtant qui ne cessait de voleter autour de lui. Cela n’aurait guère étonné la Sorcière qu’il se déchausse soudain pour tenter de l’écraser contre le mur.

« Que diriez-vous de…
— Oui ? demanda-t-elle plein d’espoir.
— …déguerpir sur le champ avant que je ne dégaine ma baguette et que je vous humilie ici et maintenant devant cinquante convives ? »

Elle plissa les yeux, tous les faux semblants ayant soudainement foutu le camp.

« Vous êtes bien comme votre père. »

Sans un mot de plus, elle s’en retourna, sachant qu’elle avait fait mouche. Elle rejoignit l’entrée pour faire le point avec son Auror de collègue.

« Le gars est une tombe, lui apprit-elle d’un air sinistre. On perd notre temps, Dawlish. »
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Bellatrix1992 » 06 juin 2020 - 21:37

Titre : /
Thème : citation
Fandom: Capitaine fracasse
Nombre de mots :563
Personnages : Etienne Frassac
Rating : Tout public
On a besoin dans la nuit de croire au soleil. Ces mots de Jean-Yves Boulic sont peut-être la raison pour laquelle Étienne se leva immédiatement et s’empressa d’aller voir qui diable frappait à sa porte.

C’était un gros homme en ciré bleu dont le visage de poivrot ressortait à la lumière de la lampe qui éclairait la véranda. Il aurait été repoussant, effrayant même, s’il n’avait pas eu l’air si désemparé.
- Bonsoir, dit doucement Étienne, surpris de cette visite tardive d’un parfait inconnu, surtout par un temps pareil.
- Bonsoir, répondit le poivrot d’une voix tremblante. Pardonnez-moi de vous déranger à pareille heure, mais ma troupe et moi-même sommes pris avec nos véhicules dont l’un s’est embourbé juste devant votre portail. La route qui s’est transformée en torrent et nous ne savons que faire.
- La chose à faire, répondit le jeune homme aussi sec, aurait été d’éviter de rouler alors que l’alerte inondation avait été donnée. Mais qui êtes-vous d’abord ?
- Nous sommes une troupe de théâtre et nous nous rendons à Florac pour y donner des représentations, avant de gagner Langogne. La route d’Alès étant fermée, nous avons voulu passer par ici mais notre GPS s’est joué de nous.
- Quand une route est fermée, répliqua Étienne. Ce n’est généralement pas pour rien. Mais bref, où sont vos véhicules exactement ?
- L’un d’entre eux, nous avons réussi à l’abriter dans l’entrée de votre chemin, mais l’autre patine dans l’eau et le sable juste derrière.

A ces mots, le jeune homme comprit que la situation était sérieuse, il montra au poivrot la prairie bien au sec qui s’étendait devant la maison.
- Allons vite alors. Conduisez celui qui est déjà au sec sur la place que vous voyez là devant vous, je vais chercher mon tracteur et une chaîne pour l’autre.

Et sans attendre, il saisit les clefs de l’engin ainsi que du garage, courut chercher une chaîne et une sangle solides et montait sur son tracteur lorsque le premier véhicule, conduit par un jeune homme aux cheveux ébouriffés par la pluie, vint se garer à côté. Étienne s’engagea presque aussitôt sur l’ancien chemin communal avec son tracteur : un petit Suzuki qui ne manquait pas de puissance pour autant, et s’approcha de la route autant que cela lui était possible sans se mettre en danger.
Sa propriété commençait déjà à ressembler à une île et l’autre camionnette de la troupe était en bien fâcheuse posture, patinant dans l’eau tandis que sa conductrice essayait tant bien que mal de la ramener au sec. Derrière, le reste de la troupe poussait ou guidait dans un véritable chaos. Et le poivrot plutôt paniqué n’aidait pas.

Étienne soupira avec consternation, ces artistes-là étaient de vrais branques. Mais comme il fallait agir avant que le moteur de ce véhicule ne se noie, il s’empressa avec l’aide d’une jeune fille qui s’était approchée de lui d’attacher au tracteur la camionnette qui était en fait une caravelle.

Puis il fit signe à tous ceux qui étaient devant de s’écarter et remonta sur son tracteur.
En quelques secondes, l’affaire était pliée et le véhicule détaché put remonter le chemin pour se garer avec l’autre.
- Un problème de réglé, dit sentencieusement Étienne. Maintenant rentrez avant d’attraper un coup de lune. Je sais qu’elle est derrière les nuages, mais ce n’est pas un temps à rester dehors.
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Bevy
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Bevy » 06 juin 2020 - 21:48

Titre : Mémoire d'outre tombe
Thème : tombe
Fandom: Harry Potter
Nombre de mots :487
Personnages : Katie Bell
Rating : Tout public
Elisabeth Susanne Taylor. Née Dobson.

Elisabeth Susanne Taylor, victime de l’opale ensorcelée. Une parmi d’autres mais une dont l’esprit avait choisit de rester après sa mort et de la hanter. De s'accrocher non pas à un lieu mais à l'opale elle même. Comme si elle était une moldue d’un film ou roman, hantée par l’esprit d’un mort.

Katie Bell s’était renseignée, avait lu des livres et des livres sur le spiritisme, que ce soit la vision des moldus ou des sorciers. Elle avait même consulté des médiums, tous moins convaincants les uns que les autres.
Elle n’avait trouvé que des brides de réponses. Les sorciers ne s’intéressaient guère à la vie après la mort. Mis à part des fantômes de renommés, tel que ceux qu’elle avait côtoyée à Poudlard, peu d’ouvrages ou de témoignages abordés l’au-delà des sorciers. C’était là une déception pour Katie.
Car la magie l’avait trahie, presque tuée et envoyée dans le coma à Sainte Mangouste pendant des semaines et des semaines. Et personne, pas même Horace Slughorn et ses recherches sur l’Opale n’avaient pu l’aider. A croire que la mort, le devenir après l’arrêt brutal du corps et la fin de toute magie physique et palpable n’intéressaient pas les sorciers. Les témoignages d’esprits invisibles étaient rares chez eux alors qu’il suffisait de peu, chez les moldus, pour tomber dans le spiritisme et dans le paranormale.

Dans un premier temps, tous et toutes, médicomages, psychomages, amis et famille voyaient ses cauchemars comme une conséquence de l’opale qui avait manquée de la tuer. Une façon pour son esprit de se défendre ou d’extérioriser ses peurs et ses questions.

Pourtant, Elisabeth Suzanne Taylor n’était en rien un avatar de Katie Bell. Ni même une version améliorée ou idéalisée d’elle. Mais pour autant, la jeune femme ne cessait de hanter ses rêves, surgissant à l’improviste pour lui demander son aide. Implorant qu’on lui explique pourquoi le présent de son mari la brûlait, la tuait.

Quand elle avait trouvé la liste des victimes connues de l’Opale dans le carnet qu’Horace Slughorn avait subtilisée pour elle dans la réserve, Katie avait cru hallucinée.

Le nom et une photo en noire et blanc de son fantôme s’y trouvait. Un nom, des dates. Un article de journal relatant le triste drame bourgeois du sénateur Pierrick Allan Taylor qui avait retrouvée son épouse morte sans explications. Un article qui la ramenait une cinquantaine d’années en arrière. Un article qui la menait tout droit aux archives municipales de Londres, puis au village qui avait vu naitre Elisabeth Dobson un beau matin de printemps, pendant l’entre guerre.

De là à voir de ses propres yeux la tombe de son esprit, preuve tangible de son existence, il n’y avait qu’un pas vers la quête de vérité et de vengeance pour Katie.

Jamais plus l’Opale ne détruirait une vie. La douleur et le désespoir de Suzanne ne deviendrait pas le sien.
Katie trouverait ses réponses et son agresseur. Après, elle pourrait reprendre sa vie comme elle l’avait laissée
.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

Mark Twain

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GinnyWeasley
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par GinnyWeasley » 06 juin 2020 - 21:55

Titre : /
Thème : Tombe
Fandom: Harry Potter
Nombre de mots : 422
Personnages : Evan Rosier, Regulus Black
Rating : Tout public
C'était la première fois qu'Evan se rendait sur la tombe de Regulus.

Pourtant, il avait disparu depuis un an. Disparu, oui. Evan avait longtemps refusé de penser qu'il était mort. Personne n'avait retrouvé son corps et, pourtant, on s'était empressé de lui installer une jolie tombe dans le cimetière familial, parce que, vous comprenez, un Black qui disparaît, cela aurait fait tache. Il valait mieux pour tout le monde qu'il soit mort. Pour tout le monde, sauf pour Evan.

On le prenait pour un homme cruel et sans cœur, un mangemort violent qui trouvait son plaisir dans la mort d'innocents, mais, en vérité, il était le plus sensible de tous. Bien après l'enterrement – ou ce qui avait servi d'enterrement, puisqu'il n'y avait rien à enterrer – il était le seul qui pensait toujours à son meilleur ami. Oh, bien sûr, Orion et Walburga pensaient toujours à leur fils, le digne héritier des Black, qui leur avait apporté fierté et honneur. Mais Evan était le seul qui pensait à lui pour ce qu'il était vraiment.

Regulus n'était pas parfait. Regulus n'était pas un fils modèle. Regulus était humain. Comme tout le monde, il avait fait des erreurs, avait fréquenté les mauvaises personnes, et son seul mérite était d'avoir su le cacher mieux que les autres. Evan l'y avait aidé, bien sûr, parce que, même s'il n'approuvait pas certains de ses choix, c'était son meilleur ami. Une notion que certains avaient bien du mal à comprendre.

Il sentit des larmes lui piquer les yeux, mais il ne devait pas pleurer. Pas maintenant. Pas ici. De toute façon, pleurer ne servirait à rien. Il aurait beau pleurer toutes les larmes de son corps, Regulus ne reviendrait pas. Il ne reviendrait pas, parce que quelqu'un l'avait tué.

C'était évident et, pourtant, tout le monde semblait l'oublier. On ne mourrait pas par hasard. Surtout un mangemort, et surtout à dix-huit. Quelqu'un lui en voulait, et était parvenu à le tuer sans laisser de traces. Pourtant, personne n'avait mené l'enquête, personne n'avait tenté de connaître le fin mot de l'histoire. Chacun y allait de sa petite théorie, mais personne ne savait vraiment.

Evan allait savoir. Il en était persuadé. Il allait mener l'enquête coûte que coûte, il trouverait qui avait tué Regulus, et il le tuerait à son tour, après l'avoir fait souffrir autant que lui avait souffert. Il le laisserait espérer comme lui avait espéré, pour que le retour à la réalité soit le plus douloureux possible. Ah, ça, oui, il se vengerait.

Il le vengerait.

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Polock
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Polock » 06 juin 2020 - 21:56

Titre : La cérémonie du souvenir
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Tombe
Fandom : HP
Nombre de mots : 447
Personnages : Lily Luna Potter, Harry Potter
Rating :
C’était sinistre les cimetières : un étalage de plaques en marbre que l’on décorait de mots creux et entendus. Sans doute car les rares personnes qui connaissaient vraiment les morts étaient déjà sous terre, à se faire dévorer par les verts. Lily avait toujours trouvé ça lugubre. Probablement depuis que son père avait commencé ce qu’ils appelaient la cérémonie du souvenir, lorsqu’elle avait cinq ans. Une procession silencieuse sur les tombes de ceux que la guerre avait avalé. Puis, la grande histoire racontée avec des mots simples, lors de longues balades dans les bois. Il les emmenait, un par un, chaque année. A mesure qu’ils devenaient grands, l’histoire s’assombrissait et les détails sordides se précisaient.

Il ne leur avait jamais caché la guerre, contrairement à tant de parents. Hermione et Ron refusaient d’en parler à leurs enfants, les renvoyant aux livres d’histoire. N’étaient-ils pas fait pour ça ? Harry préférait leur conter. Ils avaient fait des cauchemars, évidemment. Ginny avait hurlé qu’il n’avait pas le droit de les traumatiser ainsi. Ils n’étaient que des enfants, après tout. Or, son père détestait mentir. Il fallait qu’ils soient prêts à endosser le poids de leur histoire familiale, la courbe pesante des regards dans la rue, le danger des forces du mal.

Irrémédiablement, ils revenaient sur ces tombes. Devant celle de ses grands parents. Devant celle qui portait son prénom. Lily avait toujours trouvé ça glauque, de les avoir baptisé de prénoms de valeureux morts au combat. Lily, Albus, Severus, James, Sirius, Fred. Des prénoms fantômes. Probablement une tentative ratée de rendre hommage, de ne pas oublier les morts et de réparer l'histoire. Un bel échec, selon Lily. Une jolie génération d’enfants sacrifiés par les traumatismes guerriers de leurs parents. Ils n’avaient même pas le droit de se plaindre, ils n’avaient été confronté qu’à des mots, qu’à des ombres, qu’à des tombes. Ils n’avaient pas été confrontés à des baguettes menaçantes, à des batailles mortelles, à une angoisse collante et désespérante. Ils ne connaissaient que des prénoms dorés sur ces tombes, pas leur courage, leur humour ou leur amour.

Ce n’étaient que des ombres dans le regard de leurs parents. Pas des personnes de chair et de sang qu’ils avaient pris dans leurs bras et dont ils avaient pleuré la mort. Le drame avait quelque chose désincarné. Et Lily comprenait de manière sourde, que les contes guerriers et les maraudes dans les cimetières de son père visait à incarner ces choses là. Tout comme lorsqu’il participait à ces cérémonies du souvenir ou qu’il venait dans les classes raconter la guerre.

Pour ne pas oublier qu’avant d’être des tombes, il y avait eu des femmes, des hommes et des enfants, bien vivants.

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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Seonne » 06 juin 2020 - 21:57

Titre : / (extrait Chapitre 2 – concours RedynaMYTHEr)
Thème : Tombe
Fandom : Original
Nombre de mots : 1459
Personnages : OC (Clarissa, Agostino, Eleonora)
Rating : TP
(Attention c'est pas joyeux) (comment ça c'est pas une surprise ?)
Engoncée dans sa robe noire tirée à quatre épingle, Clarissa songea que le corset qui lui comprimait les côtes trouvait une utilité plus qu’esthétique. Sans, elle était persuadée qu’elle n’aurait pas réussi à tenir debout. Elle se sentait chancelante. À ses côtés, Agostino maintenait Chiara dans ses bras. La petite avait épuisé toutes ses larmes et était pendue à son cou, apathique. Terrassée par la tristesse. Comme eux tous.
Les averses automnales leur avaient donné une journée de répit, mais les nuages qui s’amoncelaient au-dessus de leur tête grondaient parfois, menaçants. À l’image du cœur de Clarissa. Noir, sombre, lourd. Douloureux. Elle baissa le menton, son regard porté sur ses chaussures. Elle n’arrivait pas à garder la tête levée. Le bord de son chapeau masquait ses yeux, et une voilette de dentelle de jais dissimulait le reste de son visage. Elle ne devait pas être belle à voir, le visage ravagé depuis deux jours par ses larmes qui semblaient intarissables. Elle s’était poudrée, le matin même, parce que c’était l’usage. Mais à quoi bon ? avait-elle songé. Son chagrin avait creusé de profonds sillons le long de ses joues. Elle était ridée avant l’âge.

Une petite main se glissa dans la sienne. Cela l’aurait fait sursauter, si elle en avait encore la force. Elle tourna la tête pour découvrir le regard embué de pleurs de sa fille. Son autre fille ; celle qui restait. Eleonora avait le nez rougi, les yeux gonflés. Elle faisait de son mieux pour garder sa dignité. Admirable petite.

Clarissa serra faiblement ses doigts, en songeant qu’elle ne savait pas bien laquelle se raccrochait le plus à l’autre. Puis elle se replongea dans la contemplation du sol. L’autre vision qui s’offrait à elle était insoutenable.
Elle ne pouvait malheureusement pas se priver de son ouïe. Elle entendait les croque-morts s’affairer à sceller la tombe. Elle eut un haut-le-cœur. La tombe. Le caveau dans lequel on avait entreposé sa fille. Elle pinça ses lèvres blêmes pour retenir son envie de vomir. Cela lui paraissait toujours aussi inconcevable. Son trésor, son bébé, la chair de sa chair. Aucun parent n’aurait dû enterrer son enfant. Contre-nature. Cela ne respectait pas le cycle de la vie.

Son oreille distraite entendait vaguement les psalmodies du prêtre. Contrairement au mariage, qui s’était déroulé en anglais, elle avait insisté pour que les adieux à son enfant soient déclamés en italien. Un retour aux racines, pour la mise en terre. Nouveau haut-le-cœur.
Elle sentit une paume large se poser dans son dos. À travers son châle, elle pouvait ressentir sa chaleur et ses callosités. Elle frissonna mais ne bougea pas d’un cil. Elle refusait de croiser le regard de son mari. Une colère sourde étreignit ses entrailles, première sensation qui la tirait du vide dans lequel se trouvait son esprit depuis qu’elle avait perdu connaissance, lorsque la petite Sartini avait débarqué en trombe et en pleurs chez elle.
Clarissa était un fantôme encore vivant. Livide, immobile, apathique. Elle se laissait balloter au gré des injonctions qu’on lui donnait, hantée par une vision imprimée sur sa rétine pour le reste de ses jours. Sa petite, le crâne ouvert, dans une marre de sang. Ses joues, ses bras, son cou – parsemés de bleus. On avait retrouvé l’époux, une balle fichée dans le crâne, allongé à côté d’elle ; mais Clarissa n’avait pas voulu le voir. Qui sait ce qui aurait pu advenir, si elle avait pu poser une main sur le monstre qui…

Elle étouffa un sanglot. Officiellement, on ne savait pas précisément ce qu’il s’était passé. Une dispute qui avait dégénéré, rien de bien étonnant. Tragique, mais pas surprenant. Le tempérament sanguin de Giovanni était connu de tous et de toutes. Finalement, elle aurait dû écouter un peu plus les racontars de bonne femme.

La fin de l’après-midi se déroula comme les jours qui avaient précédés : un cauchemar éveillé. Deux images lui restèrent en mémoire. Celle de la stèle, blanche, sombre, où le nom était inscrit en lettres de bronze. Isabella Maria Micene Manfredi. Dolce principessa, disait l’épitaphe. 12 juillet 1908 – 17 octobre 1927. Et la porte noire de leur maison. Couleur de deuil. Avec le portrait de la jeune fille, placardé sur le mur. Il manifesti di lutto. Le deuil des Micene et de tout le quartier, affiché au grand jour.

Tous de grands hypocrites.

Un deuil communautaire où l’on pleurait autant la victime que le coupable. Cela l’écœurait. Mais il était une chose qui la révoltait, derrière toute cette mascarade.

Quand elle avait vu la lueur dans les yeux d’Agostino, elle avait compris. Que ses doutes, dès lors du mariage, étaient bels et bien fondés. Il savait.

*


Ce soir-là, elle récupéra son édredon dans le lit conjugal et prit une couverture dans le placard, à l’heure du coucher.

— Qu’est-ce que tu fais ? s’étonna Agostino en la dévisageant.

Clarissa se tourna vers lui en le foudroyant du regard. La fatigue qui marquait le visage de son époux donnait presque envie de le plaindre. Presque.

— Je ne dors pas ici, fit-elle en désignant sa place du menton.
— Pardon ?
— Tu m’as entendue.
— Mais qu’est-ce que… Qu’est-ce que tu racontes ? Qu’est ce qui te prend, Clarissa ?

Les mots acides lui piquaient les lèvres. Elle se tut un instant, cherchant le meilleur moyen de formuler sa pensée. Il faisait l’innocent, paraissait déconfit, pris au dépourvu. Cela l’enrageait encore davantage. Des larmes lui montèrent aux yeux ; des larmes de colère.

— Tresoro, viens donc là.

Il se leva et s’approcha d’elle, comme pour la serrer dans ses bras. Clarissa eut un vif mouvement de recul lorsque ses doigts effleurèrent son épaule, comme s’il l’avait brûlée.

— Ne me touche pas ! siffla-t-elle alors qu’une goutte roulait sur sa joue.
— Aujourd’hui… Ces derniers jours ont été éprouvants, j’aurai aimé être plus présent, je suis si navré… Les frasques de Capone à Chigaco inquiètent tout New York, Massani et Manfredi sont sur le pied de guerre, et la situation… Je n’ai pas été un bon époux.

Sous bien trop d’aspects.

— Mais je suis là, ce soir… Viens donc dans mes bras.
— Ne me touche pas, répéta-t-elle.
— Clarissa, mon amour…
— Ne fais pas mine de me réconforter. Tout ça, c’est de ta faute.

Elle avait craché ses derniers mots comme elle aurait condamné quelqu’un à croupir en enfer. Agostino resta un instant interdit, trop stupéfait pour répliquer. Puis ses sourcils se froncèrent, il se redressa pour la dominer de toute sa hauteur et eut un rictus méprisant.

— Je sais combien cette perte est douloureuse. Mais n’oublie pas que j’ai aussi perdu ma fille, avant de proférer de telles inepties. Je souffre autant que…
— Ne me mens pas. Pas à moi, tu veux ? Garde ta belle façade pour les autres. Tu savais, Agostino, tu savais comment était ce garçon. C’est pour ça que tu paraissais presque triste, pas vrai ? Au mariage. Tu savais qu’il était un…
— Arrête tes divagations ! Je comprends bien que tu es fatiguée, mais de tels…
— L’acte de soumission le plus loyal qui soit, pas vrai ? reprit-elle en haussant la voix pour couvrir celle de son époux. Offrir sa fille, envoyer son enfant à l’abattoir pour le bon plaisir d’un gosse cruel et de sa famille. Elles le disaient ; j’aurai dû les écouter, j’aurai dû t’en dissuader, mais j’ai voulu te faire confiance. Vraiment, Agostino ? Comment peux-tu avoir fait passer ta soif de pouvoir devant la vie de ta fille ?
— Tais-toi ! ordonna-t-il. Tu ne sais rien de ce que tu racontes, il se joue des batailles dont tu n’as pas idée ! Tu es pourtant bien heureuse, que cet argent sale tâché d’alcool, comme tu l’appelles, habille tes marmots et t’offre une maison ! Ne t’imagine pas pouvoir me dicter comment diriger ma famille.
— Tu es un monstre.

Elle le contourna et posa une main sur la poignée de la porte. Elle tremblait de rage. Réduite à son impuissance de femme. Cette pensée lui était insupportable. Elle n’avait rien pu faire. Elle et ses enfants étaient réduits à tes pions, dociles et obéissants.

— Je ne supporterai plus de te voir, fit-elle d’une voix hachée.
— Tu n’auras bientôt plus à le faire.

Elle se retourna, perplexe.

— Je pars à Chicago. Massani a besoin de renforts. De lieutenants infaillibles.

C’était donc cela. Il paraissait presque fier. Il avait eu ce qu’il désirait. N’y tenant plus, Clarissa cracha sur ses pantoufles. La gifle qu’il lui décocha manqua de l’envoyer au sol, mais elle se rattrapa et quitta la chambre à coucher sans un mot de plus. Tout était dit.
Allongée sur le canapé inconfortable, elle ne trouva pas le sommeil, cette nuit-là.

Dès qu’elle fermait les paupières, l’image du caveau sous la pluie lui revenait.

Triste à en mourir.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par ninipraline » 06 juin 2020 - 21:58

Titre : Recherche dans l'intérêt des familles
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Tombe
Fandom : Original
Nombre de mots : 100 mots
Personnages : OCs
Rating : Tout public
Dernière adresse connue : 13, rue des poivriers.
Rue des poivriers, trois kilomètres, quinze numéros ; au quinze, société de cimenterie, au onze, funérarium, au treize cimetière, pas de gardiens, pas de maison ou d’appartement de gardien, en face pas de bâtis, alors où il créchait ce foutu connard de Philéamond Barberase.
« Ils nous a donné une mauvaise adresse, » constata à haute voix le collègue. Théodule Bellesbabines se retint. Il n’avait pas envie de rire, ni de son collègue, ni de sa situation.
« Hé ! Bellesbabines ? Notre huluberlu. Il a une tombe dans l’allée quatre. »
Est-ce que cela l’étonnait ?
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selket
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par selket » 06 juin 2020 - 22:02

Titre : La lune et le soleil
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : 22h, citation, "On a besoin dans la nuit de croire au soleil"— Jean-Yves Boulic
Fandom : HP
Nombre de mots : 100 mots tout pile :D
Personnages : Louis et Lucy Weasley
Rating : TP
Tu te souviens Louis ? De l’époque où tu disais que dans la nuit de croire on a besoin de croire au soleil ?
A cette époque tu ne voyais que l’obscurité qui te voilait les yeux. Pourtant, la nuit est si belle.

Mais toi lorsque tu levait les yeux pour regarder le ciel tu ne voyais que le néant. J’avais essayé, sans succès, de te montrer la magnifique toile de fond que dessinait la voute étoilée pour la lune.

Et puis, un jour, tu avais vu Hélios caché derrière Séléné. Et tu avais compris que le soleil n’était jamais bien loin.
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Eanna
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Eanna » 06 juin 2020 - 22:02

Titre : /
Thème : Tombe
Fandom : Roméo et Juliette
Nombre de mots : 582
Personnages : Tybalt, Mercutio
Rating : Tout public
Tybalt sentait ses mains trembler d’impatience, d’anticipation. Il ignorait encore lequel de Mercutio ou Benvolio paierait leur premier son insolence, mais il sentait déjà la colère couler dans ses veines et l’embraser tout entier. Comme lorsqu’ils étaient enfants, comme lors de toutes les précédentes batailles qu’ils avaient menées, dans les rues de Vérone. Capulet contre Montaigu. Gueule contre azur.
— Je t’avais dit qu’il avait un peu grandi, dit Mercutio à Benvolio, un sourire insupportablement moqueur sur les lèvres.
— C’est juste, répondit Benvolio, on lui donnerait presque ses quatorze ans.
Tybalt retint un grondement rageur, mais se retint de revendiquer ses dix-neuf ans. Il était conscient que ses camarades n’attendaient qu’un geste de sa part pour faire mordre la poussière aux Montaigu et à ce chien de Mercutio.
— Quatorze, vraiment ? insista Mercutio. Je te trouve généreux, mon ami. Mais vraiment, oserions-nous frapper un enfant ?
— Oh Mercutio, ne fais pas passer ta lâcheté pour de la mansuétude, cracha Tybalt en s’avançant.
Face à lui, Mercutio l’imita. Ils n’étaient qu’à deux pas l’un de l’autre, et Tybalt pouvait presque sentir son souffle sur son visage. Le sourire moqueur de Mercutio avait faibli, et ses poings serrés trahissaient l’effet que la provocation de Tybalt avait eue sur lui.
— Qui traites-tu de lâche ? demanda-t-il d’une voix si basse que seul Tybalt l’entendit.
— Je pourrais te tuer d’une seule de mes mains, ose me dire que tu n’en as pas conscience.
Mercutio le dévisagea ostensiblement, des pieds à la tête, un sourcil levé dans une mimique incrédule.
— Toi ? Tu n’as pas plus l’étoffe d’un guerrier aujourd’hui que tu ne l’avais il y a quatre ans. Je tremble davantage devant un chaton en colère…
L’exclamation de surprise qui échappa à Mercutio était pourtant bien authentique lorsque Tybalt le saisit au col avec un rugissement de fureur pour le plaquer au sol. Il n’en fallut pas plus pour que la rue se transforme en une arène de fauves déchaînés. Tybalt sentit qu’on le saisissait par le col à son tour, pour le tirer en arrière, mais Mercutio rugit :
— Laisse-le-moi, Benvolio !
Tybalt sentit que Benvolio bloquait ses bras, et l’entendit rire à son oreille.
— Je peux le tenir pendant que tu lui règles son compte, cela le dissuaderait de revenir fanfaronner par ici, qu’est-ce que tu en penses ?
— Non, je vais lui faire regretter de m’avoir traité de lâche…
Aussitôt que Benvolio le lâcha, Tybalt se rua sur Mercutio, et ils roulèrent au sol. Les longs cheveux bruns de Mercutio étaient couverts de poussière, au diapason de ceux du jeune Capulet qui lui tombaient dans les yeux. Il visa la mâchoire de son adversaire mais son poing manqua sa cible de peu.
— Regarde-toi, gronda Mercutio. Tu n’es qu’un enfant, incapable de te battre correctement !
Avec une habileté qui le déstabilisa, Mercutio renversa le rapport de force, et le plaqua au sol, un sourire triomphal sur le visage.
— J’espère que les Capulet t’ont réservé une place dans leur mausolée, il se pourrait que je t’y envoie avant le retour de tes chers parents…
Tybalt tira de toutes ses forces sur ses poignets, mais la force de Mercutio était bien plus importante qu’il ne se l’était imaginé lorsqu’il l’avait revu. Il poussa un cri de rage, ce qui n’eut pour effet que de susciter l’éclat de rire de son adversaire.
— Je te tuerai le premier, siffla Tybalt, les mâchoires serrées.
— C’est ce qu’on verra, répondit Mercutio soudain redevenu sérieux avant de brusquement libérer ses poignets.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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Samantha Black
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Samantha Black » 06 juin 2020 - 22:03

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Ecrit de 22h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1048 mots
Personnages : James Sirius Potter et Rose Weasley
Rating : Tout public
L’ambiance autour de la table était bizarre. L’oncle Ron avait beau rire joyeusement, James n’avait aucun mal à deviner qu’il était de mauvaise humeur. Il l’avait suffisamment côtoyé au magasin pour savoir que ce comportement n’avait rien de naturel et qu’il jouait la comédie. À la gauche de Lily, qui se trouvait en face de lui, Rose mangeait en silence et avait le visage fermé. Il fronça les sourcils et tourna la tête vers sa tante Hermione. Cette dernière participait à la conversation animée entre les quatre parents, mais ne cessait de jeter des coups d’œil dans la direction de sa fille. Elle semblait préoccupée.

Rose qui n’était d’habitude pas avare de parole, n’avait pas ouvert la bouche de tout le repas tandis que Hugo prenait toute la place, comme s’il avait peur que l’attention se tourne vers sa sœur.

— Et toi, James ? demanda l’oncle Ron.
— Pardon ? dit-il en sortant de ses pensées.
— Ton oncle te demandait où tu comptais partir en vacances cet été, intervint sa mère d’une voix douce.
— Aucune idée, il faudrait qu’on en discute avec Clarissa.
— Oui ! En parlant de Clarissa, pourquoi n’est-elle pas là ce soir ? Nous aurions été ravis de la voir, déclara Hermione en souriant.
— Matilda est enrhumée, répondit-il. Il fallait que l’un de nous reste avec elle.
— Pauvre Pitchoune ! soupira sa tante en grimaçant.
— Un peu de repos et tout ira bien, la rassura James en souriant.

Il prit une gorgée de son verre d’hydromel pour se donner contenance. Il devait avouer que lui-même n’avait pas été à l’aise à l’idée de venir alors que sa fille était malade. C’était Clarissa qui l’avait convaincu, lui rappelant qu’il était possible que cela soit sa seule occasion de voir ses frère et sœur avant plusieurs mois. Depuis sa sortie de Poudlard, la fratrie avait passé peu de temps ensemble.

— Excusez-moi ! Puis-je sortir de table ? demanda soudainement Rose.

Tous les regards se tournèrent vers elle. C’était la première fois qu’elle parlait depuis le début du repas, jusque-là elle avait été muette comme une tombe.

— Bien sûr, Rosie, répliqua Hermione en souriant.
— Merci, Maman, rétorqua sa cousine d’une voix calme.

James la suivit du regard alors qu’elle quittait la pièce.

— Quelque chose ne va pas avec Rose ? questionna Ginny d’une voix qu’elle pensait sans doute discrète.
— Rien de bien grave, répliqua Hermione en souriant.

James jeta un coup d’œil dans la direction de son oncle et constata qu’il ne semblait pas d’accord avec son épouse, mais un signe de tête de la part de cette dernière suffit à le faire taire. L’ambiance était définitivement étrange. Qu’avait-il bien pu se passer pour que Rose se comporte ainsi ? Ce n’était absolument pas dans son caractère d’être aussi taciturne.

— Je vais prendre l’air, je reviens, déclara-t-il avant de se lever.
— Le dessert devrait être là dans dix minutes ! Le prévint sa mère alors qu’il était déjà dans le hall.
— D’accord, Maman, répliqua-t-il en enfilant sa veste.

James retrouva sa cousine installée sur le canapé du salon de jardin de ses parents. Elle tourna la tête vers lui en entendant la porte s’ouvrir et se fermer, puis, lorsqu’elle l’eut reconnu retourna à son observation de la voie lactée.

— Le ciel est clair, ce soir, remarqua-t-il en s’asseyant à côté d’elle. On voit bien les étoiles.
— En effet, se contenta-t-elle de répondre.
— Quelque chose ne va pas, Rosie ? demanda-t-il après plusieurs secondes de silence.
— Ce sont mes parents qui t’ont envoyé ? Rétorqua-t-elle d’un ton agressif.
— Non, Hermione et Ron ne m’ont pas envoyé. Je suis venu de mon propre chef, répondit-il.

Il se retint de lui faire remarquer qu’elle n’avait pas besoin de lui parler ainsi, qu’il ne lui avait rien fait. Cela n’apporterait rien de bon et ne l’aiderait pas à s’ouvrir.

— Mes parents ont appris que Scorpius et moi sortions ensemble, expliqua-t-elle. Comme tu peux le deviner, ça ne s’est pas très bien passé.
— Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?
— Papa veut que je rompe avec lui. Il dit que c’est parce qu’il s’inquiète pour mes notes, mais je sais que ça n’a rien à voir. Il n’a jamais aimé Scorpius !
— Vous êtes ensemble depuis longtemps ?
— Un peu moins de six mois.
— J’avais raison alors.
— Raison ? demanda-t-elle sans comprendre.
— Allons, Rosie ! T’étais bien la seule à ne pas avoir remarqué que Scorpius avait le béguin pour toi, plaisanta-t-il.

Les joues de sa cousine devinrent aussi rouges que des pivoines et James esquissa un sourire, amusé.

— Alors ? Qui a fait le premier pas finalement ? Questionna-t-il, curieux.

Rose baissa le regard, gênée.

— Moi ! Je lui ai écrit une lettre, expliqua-t-elle.

Le sourire de James s’élargit. C’était sa cousine tout cracher.

— James ?
— Oui ?
— Comment as-tu fait pour que tes parents acceptent Clarissa ? Demanda-t-elle d’une voix timide.
— Je crois qu’on peut dire que je ne leur ai pas laissé le choix, répondit-il.
— Papa dit que je suis encore mineure et que…
— Ton père n’est pas à Poudlard. Il n’a pas besoin de savoir tout ce qui s’y passe.
— Tu me conseilles donc de leur mentir ? questionna Rose, surprise.
— Est-ce que tu penses, comme ton père, que ta relation avec Scorpius va avoir un impact sur tes notes ?
— Non ! Au contraire ! s’offusqua-t-elle. Il m’aide en Métamorphose ! Tu sais comme je n’ai jamais été très douée là-dedans. Sans son aide, je ne suis même pas sûre que j’aurai pu avoir mes B.U.S.E. dans cette matière.
— Tu l’as dit à ton père ?
— Oui, mais il n’écoute rien ! Tu sais comment il est ! Le père de Scorpius et lui n’ont jamais été amis, donc il ne comprend pas qu’Albus et moi puissions bien nous entendre.
— Ça finira par passer, l’assura James.
— Tu crois ?
— Je veux dire quand il verra que tu es heureuse, que tes notes ne descendent pas, il faudra bien qu’il se rende à l’évidence.
— J’espère, souffla-t-elle alors qu’un frisson lui parcourait le corps.
— On rentre ? proposa-t-il. Le dessert va être servi.

Rose hocha la tête et, sans un mot, le suivit à l’intérieur. Il espérait pour sa cousine que la situation avec son père s’arrangerait vite. Après tout, il ne savait que trop bien ce qu’on pouvait ressentir de position.
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Alena Aeterna
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Alena Aeterna » 06 juin 2020 - 22:03

Titre : /
Thème : Tombe (mot 22h)
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 423
Personnages : James Bond, Gareth Mallory
Rating : Tout public
James jette un coup d’œil à la place vide de Moneypenny. L’absence de la métisse ne l’étonne pas vraiment, la nuit est très avancée et il aurait sans doute mieux fait de rentrer chez lui. L’agent grimace en franchissant les derniers pas qui le conduisent au bureau de son supérieur, sentant sa blessure se manifester en des vagues de douleurs. Si le service médical du MI-6 est à la pointe de la technologie, les soins apportés n’ont pas encore la capacité d’éliminer la souffrance qui accompagne les plaies. Il reprend un air aussi neutre que possible avant de toquer à la porte, espérant presque ne recevoir aucune réponse. La voix tranchante de Mallory parvient pourtant jusqu’à lui et Bond inspire longuement avant de franchir la porte. M est plongé dans la lecture d’un rapport et relève la tête à son entrée, lui lançant un regard si inquisiteur que l’espion comprend que son chef est déjà au courant de ses mésaventures.

« Vous êtes suicidaire, double zéro sept ? lui demande Gareth avec une pointe d’agressivité. »

Il y a autre chose dans son ton qui fait froncer les sourcils de James. Il ne s’attarde pourtant pas sur ce détail et s’assoit sur l’un des fauteuils. Il attend que M reprenne la parole mais son supérieur se mure dans un silence qui ne rassure en rien l’agent de terrain. Mallory soupire finalement et passe une main sur son visage avant de replonger ses yeux dans ceux de son subordonné.

« Je n’ai pas envie de devoir fleurir votre tombe, Bond, murmure le responsable du MI-6. Nous avons perdu assez d’agents ces derniers temps et vous n’êtes pas immortel.
— Je savais ce que je faisais, réplique James en s’adoucissant.
— En sautant d’une falaise ? s’enquiert M avec scepticisme. Avec tous les risques qui y sont liés ? Vous avez eu de la chance, j’ai lu le rapport du service médical. Vous auriez pu vous briser des os !
— Mais je suis entier, Monsieur. Et sauf votre respect, je suis un agent et je mets ma vie au service de mon pays. »

Une nouvelle colère brille dans les yeux bleus de Mallory, ce qui tire un sourire amusé au porteur du permis de tuer.

« J’aime bien les orchidées, si vous voulez savoir quelles fleurs prendre pour ma prochaine mission.
— Ce n’est pas un jeu, souffle Gareth. Savez-vous seulement combien de nécrologies j’ai dû écrire ? Combien de tombes ont été creusées ? Je … je ne veux pas que vous soyez le prochain. »
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par AliceJeanne » 06 juin 2020 - 22:05

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : citation de 22h
Fandom : HP
Nombre de mots : 948
Personnages : Drago et Ellie
Rating : -16
Spoiler
Show
La nuit était tombée depuis peu, mais Ellie l’ignorait, le soleil ne transperçait jamais les murs des caves des Malefoy. Son seul moyen de l’apercevoir était de subir les tortures des mangemorts qui l’attendaient en haut des marches qu’elle gravissait chaque jour aux côtés de Drago, son ironique rayon de soleil quotidien. Celui qu’elle haïssait mais qui décryptait si bien son âme, celui qui la haïssait mais dont elle comprenait à la perfection les états d’âme. Haine et passion l’animaient lorsqu’ils se frôlaient, rancœur et désespoir les possédaient durant leurs ébats furtifs et honteux, terrible secret et témoin de l’abrogation funeste de leur enfance.

Luna dormait contre elle, sa poitrine se soulevant doucement au rythme de ses respirations. Ellie avait mis du temps avant de parvenir à l’aider à trouver le sommeil. Cette situation n’était pas faite pour Luna, si lumineuse, si solaire, si pleine de vie et de joie, elle allait la briser tôt au tard et cela remplissait son cœur de douleur et de colère. Elle était déjà en miette, il n’y avait plus rien à sauver, mais son amie, elle, ne méritait pas de voir s’éteindre son innocence comme une petite bougie que l’on souffle.

Une main sur son épaule la fit sursauter et elle se dégagea de l’étreinte de Luna pour faire volte-face. Drago se tenait devant elle, il s’était insinué dans sa prison comme le fourbe serpent qu’il était, comme il se faufilait également dans ses coupables songes lorsqu’elle parvenait à fermer les yeux quelques instants. Il avait le même teint blême que d’ordinaire, le visage cireux, les cheveux ternes, les mains tremblantes, comme son menton, mais au fond de ses yeux brillait une lueur nouvelle. Au milieu du cahot et du désespoir, l’envie de vivre extatique et virulente rayonnait dans ses prunelles.

« Viens, se contenta-t-il de lui intimer en lui tendant une main qu’elle refusa en premier lieu, avant de la saisir, mue par les émotions contradictoires que ce geste soulevait. »

Il n’y avait ni tendresse ni promesses entre eux, juste leurs deux corps, imbriqués, confondus dans une danse macabre et sournoise de soumission, juste tendus par la vie qui ne leur appartenait plus. Lorsqu’elle sentait la langue de Malefoy se loger entre ses cuisses et que ses mains, par réflexe lui agrippaient les cheveux à les arracher, Ellie se sentait vivante et libre, dominant son existence l’espace d’un instant. Le goût de l’interdit jaillissait dans leurs bouches à chaque baiser amer, leur secret était leur ultime acte de rébellion.

La chambre de Drago était grande et sobre, dénuée de personnalité, lisse, sans heurt, une tombe vide et froide qui conserverait son corps pour l’éternité. Un grand lit trônait non lui d’une fenêtre, il était fait, les draps impeccablement lissés. L’elfe de maison qui en était à l’origine avait du y mettre ton son savoir-faire pour échapper aux coups de ses maîtres.

La main de Drago dériva de la sienne jusqu’à atteindre sa hanche, tandis que ses lèvres virent se poser dans son cou, le couvrant de baisers qui lui tirèrent des frissons. Puis, il caressa tendrement la peau saillant de son t-shirt avant de s’emparer de ses mains, les emmitouflant dans les siennes.

« À quoi tu joues Malefoy?! se dégagea Ellie. Je ne suis pas ta chose, tu ne peux pas me ramener dans ta chambre comme bon te semble pour profiter de moi. Si tu veux la même chose que d’habitude, tu sais très bien que le couloir nous suffit.
- Je ne joue pas, siffla-t-il, pas ce soir. Et je déteste ce couloir.
- Alors pourquoi fais-tu cela?
- Cela quoi?
- Pourquoi tu prends la peine de me faire croire que cela pourrait être doux?
- Parce que je veux que ça le soit. »

Ellie s’éloigna, interdite. Drago était écarlate, branlant, mais pas de peur, ni de colère, plutôt de gêne. Comme si ce qu’il s’apprêtait à faire était plus terrible encore que tout ce qu’il avait déjà pu accomplir. Drago et douceur ne rimaient pas, et Ellie n’avait qu’un vague souvenir lointain de ce en quoi cela pouvait consister. La guerre lui faisait perdre la notion du temps et elle avait l’impression d’avoir pris un siècle en quelques mois, ses seize ans étaient engloutis sous une montagne d’immondices.

« Tu ne m’aimes pas, argua-t-elle.
- Toi non plus, souffla-t-il. »

Elle déglutit, dans ses yeux se reflétait le même mensonge que dans les siens. En vérité, elle commençait presque à aimer cela. La peur, la douleur et la rage faisaient faire de drôles de choses aux gens qui se raccrochaient alors à de minces filets d’espoirs et ce qu’ils étaient Drago et elle, des amants improbables, en était un. Il était le rayon auquel elle se raccrochait lorsque la noirceur l’envahissait.

Alors, elle se tut et revint vers lui, saisissant ses doigts au passage, les enfermant dans les siens, il frissonna. Elle rapprocha leurs visages avec hésitation, le cadre intimiste, presque serein l’indisposait et la faisait douter. Est-ce que Drago n’était pas finalement quelque chose de plus qu’un ignoble traître à ses yeux? Elle le comprenait sans doute mieux que personne, connaissait ses hantises pour les partager, sombrait avec lui dans la déchéance de leur humanité, et lui, ne la regardait pas ou plutôt plus avec la pitié qui avait toujours suivi ses pas dans les couloirs de Poudlard. Il la regardait avec avidité lorsqu’elle se déshabillait, avec fureur lorsqu’elle le mordait, avec un semblant d’affection une seconde après la fin de leurs ébats.

Les lèvres d’Ellie se posèrent avec délicatesse sur les siennes et il ferma les yeux, une larme d’espoir roula sur sa joue mal rasée et la jeune-fille l’essuya du pouce, ce n’était qu’un instant de répit au milieu d’une longue nuit.
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Nihil1
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Nihil1 » 06 juin 2020 - 22:05

Titre : Soleil
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Ecrit de 22h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 358
Personnages : OC
Rating : Tout public
Il faisait nuit, le silence illuminait la plaine de ses ardeurs glaciales. Au loin, un fin observateur eut pu esquisser la vision de quelques ruines. Là, seul le vent et l'éclat lunaire se permettaient d'animer la pénombre. Il faisait nuit, le cimetière entier pâtissait de ces caprices divins qui souhaitent que seul le jour soit clair. Il faisait nuit, d'élégantes bottes crissaient sur le chemin caillouteux qui menait au cimetière. La silhouette à laquelle elles appartenaient paraissait onduler tant elle était véloce, à se mouvoir tranquillement entre les tombes, il n'était pas nécessaire d'être imaginatif pour y percevoir une fée dansant au clair de lune, un dragon qui eut soudain prit forme humaine, une sorcière qui viendrait pleurer auprès de ses ancêtres. D'un mouvement brusque contrastant avec la fluidité mystique dont elle faisait preuve quelques secondes auparavant, la silhouette s'accroupit, et une main gantée déblaya l'une des nombreuses dalles de pierres enveloppées dans la nuit. C'était, on pouvait le dire, une belle tombe, avec des gravures dorées, des noms dont l'on avait fissuré la roche pour lui prêter figure humaine. Un instant, la silhouette se crispa au-dessus de la tombe, et sa propriétaire laissa échapper un soupir soulagé qui s'envola dans la nuit.
Electrius Avery
1960-2020
Il était mort. Les larmes ne coulaient pas, ne se déversaient pas le long de ses joues. Parce que ce sentiment fuyant, déchirant, n'était pas de la peine. Tout au fond, quelque part dans son cœur, la silhouette savait qu'elle avait peur. Un peur incontrôlée, incontrôlable. Cela faisait vingt-huit ans qu'elle attendait. Elle l'attendait chez elle, au coin du feu le soir. Elle l'attendait en ville, au Chaudron Baveur, à la boutique. Elle attendait qu'on l'ait enterré ici, sans la prévenir. Elle avait peur lorsqu'elle remontait la pente vers le cimetière. Peur. Angoisse. Terreur. Terreur, qu'il meure, lui-aussi. Terreur de devoir guetter sa mort. Terreur d'attendre. Terreur de compter les jours, les années, les heures, d'espérer et de ne pas espérer. Il faisait nuit, une nuit noire, comme l'anxiété qui lui rongeait les veines. Sa bouche était muette, mais elle attendait la mort de son frère à Azkaban. Elle espérait, comme toute personne perdue dans le noir, la venue du soleil.

Serlu
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Serlu » 06 juin 2020 - 22:05

Titre : Cimetière marin. Conte oriental
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Mot/image/citation 22 heures
Fandom : Original
Nombre de mots : 614
Personnages : 4 personnages
Rating :
En ce temps-là, au temps où la lune et le soleil se drapaient derrière leur voile de cristal, près de Bou Saâda, cité du bonheur, aux portes du désert, vivaient Abdel Malik et sa famille. La terre y était aride et offrait peu de de quoi apaiser leur faim. Le jeune berger, entouré de ses chameaux, aimait cette vie mais il rêvait de partir au-delà des dunes, de partir au delà pour pouvoir enfin admirer cette étendue d'eau mystérieuse et fascinante dont son grand-père lui avait tant parlé, histoire qu'il avait entendue de son arrière-grand-père et transmise de génération en génération. Un jour, il décida qu'il était temps de quitter la khaïma de ses parents et leur proposa se rendre à la ville, cette fois-ci, pour vendre deux dromadaires au marché et revenir avec des dattes, du blé, du thé, afin de préparer la grande fête annuelle du printemps. Fiers de leur fils, ils lui donnèrent leur bénédiction et mille recommandations pour son voyage. Le lendemain, il se mit en route, veillant à avoir dans ses sacoches de cuir des dattes et une outre remplie de thé. Il marcha longtemps sous le regard du soleil qui, le jour, veillait sur lui et sous celui de la lune qui, la nuit, lui fredonnait des chants ancestraux. Le cinquième jour, il aperçut un haut rocher se dessiner à l'horizon. Il avait extrêmement chaud alors il s'y arrêta, à l'ombre, pour se reposer. Il venait de fermer les yeux quand il entendit des pleurs. Il chercha d'où ils pouvait venir, contourna le rocher et trouva une vieille dame devant une pierre tombale. Ses larmes semblaient intarissables. Il s'approcha d'elle mais au moment où il posa sa main sur son épaule, elle disparut. Il chercha de tous côté mais ses yeux ne rencontrèrent que le sable. Aussi fut-il stupéfait quand il découvrit sur le sol, un tapis de fleurs colorées. Il put lire sur la pierre une inscription en lettres argentées : "On a besoin dans la nuit de croire au soleil". Il se remémora soudain le chant de sa grand-mère qui racontait comment une mère avait parcouru le désert pour retrouver son enfant perdu en vain et qui l'avait tant pleuré qu'une étendue d'eau salée rappelait le souvenir de cette histoire. Il resta là longtemps et se remit en route en pensant sans cesse à cette légende. Il arriva enfin sur la place de la fabuleuse cité où se trouvaient des centaines d'étales colorées et odorantes. Il se rendit là l'endroit que ses parents lui avaient indiqué. Des marchands se succédèrent et il vendit deux de ses chameaux à un prix très intéressant. Quand vint le soir, il partir et s'installe à la sortie de Bou Saâda. Au pied d'un palmier, il dormit enroulé dans sa couverture, près de ses bêtes. Il fit maints cauchemars, cette nuit-là. Il se perdait dans le désert et errait jusqu'à la mort sans que jamais personne ne le retrouvât. A l'aube, il prit la direction du rocher et tout au long de la journée suivit le soleil. Il avança ainsi pendant plusieurs jours sans revoir la pierre tombale, ni le carré de fleurs, sans revoir la vieille dame mais la chant de sa grand-mère continuait de résonner au rythme de son allure. Quand il distingua au loin, la khaïma de ses parents, la joie et le soulagement emplirent ses poumons et son cœur battait la chamade mais il arriva calmement chez lui, fier, le sourire sur le visage. Il raconta son voyage et s'endormit en rêvant qu'il évoluait dans des yeux azur, sous le regard attendri de la lune et du soleil, drapés derrière leur voile de cristal.

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chrisjedusor
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par chrisjedusor » 06 juin 2020 - 22:15

Titre : Maman est le soleil
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : citation 22 heures
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 417
Personnages : Luna Lovegood
Rating :/

Luna n’arrive pas à dormir car ses songes sont peuplés de cauchemars. Ce sont ceux de ce jour où l’expérience de sa Maman à mal tourner sans qu’elle ne puisse réagir. Le sortilège que cette dernière essayait d’inventer s’est retourné contre elle et son corps l’a absorbé. Elle s’est littéralement, et petit à petit, liquéfiée sur place. La petite Lovegood fut présente et n’a pu que voir épouvanter, celle-ci mourir dans d’atroces souffrances. Devant ses yeux d’enfant.

Cela la marquerait à jamais.

Son Papa ne le sait pas mais dormir à la belle étoile lui permet de s’apaiser un tant soit peu alors elle se lève de son lit, décidée à sortir de sa maison en veillant à ne pas réveiller son Papa. Il a vraiment besoin de dormir. Depuis la disparition de Maman, sa joie de vivre c’est éteinte et il est épuisé. Il ne s’occupe plus du Chicaneur et il a vraiment du mal à s’occuper d’elle. Il est en dépression. Mais elle est autonome et peut veiller sur son Papa.

C’est ce que Maman ferait.


C’est donc pieds nus qu’elle se dirige avec rapidité dehors et descend vers la rivière qui longe Loutry saint Chaspoule.
Être à l’extérieur de cette maison pleine de souvenirs, lui fait déjà du bien.

Arrivée devant le cours d’eau où elle est sûre d’apercevoir des boullu- des poissons sphérique et tacheté, doté de longues pattes et de pieds palmés- elle s’y couche en se laissant tomber lourdement sur le sol. Elle y regarde alors les astres et y rêvasse durant un temps indéterminé. Depuis peu, elle comprend qu’elle aime avoir la tête dans la lune car se déconnecter de la réalité lui permet d’oublier sa propre douleur et de contrôler ses émotions.

Durant ces moments, elle se plaît alors à imaginer sa Maman parmi les étoiles. Et ça fait beaucoup de bien de penser qu’elle puisse être là-haut, dans un endroit que les êtres humains ne peuvent voir dans cette dimension.

Le paradis.

Luna est sûre de la revoir un jour.

Et parmi toutes ses jolies étoiles, Luna se dit que Maman est la plus brillantes parmi elles.

Le soleil.

C’est en imaginant cela que la blonde s’endort profondément au milieu de cette chaude et douce nuit d’été. Car au milieu de la nuit, Luna se sent protéger et une douce chaleur se propage au sein de son corps.

Elle peut s’endormir en toute tranquillité car la petite sorcière sait après tout que Maman veille sur elle.


Où qu’elle soit.
Dernière modification par chrisjedusor le 07 juin 2020 - 00:22, modifié 1 fois.
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Wapa
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Wapa » 06 juin 2020 - 22:41

Titre : Enfin
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : les trois (quatre - L'expérience est un professeur brutal, mais on apprend, mon Dieu comme on apprend!-image du cheval)
Fandom : original
Nombre de mots : 239
Personnages : /
Rating : -12

Enfin, elle l'a retrouvé.

Aussi légère qu'une plume, elle glisse de son cheval sur la terre humide. Silencieuse comme la brise, elle s'avance dans les herbes folles. Jusqu'à cette silhouette endormie sous son chapeau de cow-boy.

Enfin, elle l'a retrouvé.

Cela lui aura pris du temps. Elle ne compte même plus les fois où elle est tombée. De nombreux échecs qui lui ont appris la persévérance et la patience. Elle est devenue une autre. Forte. Rusée. Agile. Et ce soir, il va payer. Celui qui a décimé sa famille en brûlant leur maison de bois. Éventrant son père. Scalpant sa mère. Torturant ses frères. Seule sa fuite éperdue dans la prairie avait assuré son salut. Elle était si petite alors... Sous le soleil ardent, elle avait fait un vœu. Venger les siens. Quoiqu'il en coûte. Et ce soir, le châtiment va tomber.

Saisissant son poignard, elle contemple la poitrine qui se soulève et s'abaisse lentement. Vie dérisoire qui va s'éteindre. Ses mains tremblent, non pas de peur mais d'exaltation. Elle savoure l'instant. Une joie sauvage l'envahit. Et le décompte commence...

Quatre. Trois. Deux. Un. Elle retient son souffle et sans hésitation, plante la lame directement dans la jugulaire. L'impact fait tressaillir son poignet mais elle ne flanche pas. Le corps flasque a un sursaut seulement il est déjà trop tard. Dans un râle sanguinolent, il expire.
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Polock
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Inscription : 01 avr. 2013 - 16:03

Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Polock » 06 juin 2020 - 22:46

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Quatre
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 353
Personnages : Rose Weasley, Hermione Granger, Ron Weasley, Hugo Weasley
Rating :/
Quatre

Ils étaient quatre. L’incarnation de ce que les sociologues moldus appelaient la « famille nucléaire ». Deux parents, deux enfants. Une fille. Un garçon. Quelque chose de très « famille moyenne », ce que Rose trouvait particulièrement ironique. Sa famille était tout sauf « famille moyenne ». Sa mère était Ministre de la Magie, voilà qui ôtait toute tentative de normalité ou de moyennisation.

Les journalistes avaient adoré décortiquer leur noyau familial. Ron, le papa moderne et progressiste qui s'était mis à travailler trois jours sur cinq pour élever ses enfants pour que sa femme poursuive ses ambitions. Hugo, le gamin un peu perdu, mais craquant. Rose, la réplique de sa mère, la rousseur en plus. Ils n’allaient jamais plus loin.

Les photos qui illustraient leurs articles n’évoquaient pas le silence de ses parents. Les articles ne parlaient pas du gouffre, ni de l’absence de sa mère. Sa mère, qui s’épanouissait tant au travail mais n’aimait pas être mère. De toute façon, elle n’avait pas le temps. Son père qui s’inquiétait pour son frère et qui semblait l’oublier, parce qu’elle était suffisamment indépendante pour se débrouiller. Son frère effectivement perdu. Enfin, si l’on considérait que perdu était un euphémisme pour dire qu’il avait du « retard » dans son développement. Chose que sa mère ne développait pas plus que ça. Et elle, Rose, elle était pas sa mère, non. Elle n’était même pas certaine de si bien la connaitre, sa mère.

Quand Rose regardait les Potter, elle ne voyait pas cinq membres distincts, voire six si l’on comptait Ted, mais une famille unie. Elle essayait de ne pas en être jalouse. Dans chaque famille, il y avait des ombres, elle ne le savait que trop bien. Mais elle sentait chez eux cette unité, cette manière chaleureuse de « faire » famille. C’était probablement lié au fait qu’Harry y veillait particulièrement, lui qui avait longtemps été sans famille.

Rose essayait de ne pas éprouver de l’amertume lorsqu’elle les regardait et constatait que sa famille à elle n’était qu’un assemblage décousu de quatre membres qui n'avaient pas grand chose à partager. Si ce n’est un sourire crispé à l’intention des photographes.

Quatre sourires identiques, cela dit.

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Samantha Black
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Inscription : 02 févr. 2012 - 14:49

Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Samantha Black » 06 juin 2020 - 22:51

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Thème écrit de 23h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 721 mots
Personnages : James Sirius Potter et Rose Weasley
Rating : Tout public
James avait passé une journée horrible au travail. Pour une raison qu’il ne saisissait pas, un bon nombre de clients semblaient sur les nerfs et avaient été à peine aimables. Stressé par ces derniers, son collègue, Damian, était tombé dans les escaliers, menant à la réserve et avait dû être envoyé chez un guérisseur. Ceci entraînant cela, le jeune homme avait fini seul à la boutique et avait dû gérer les clients plus ou moins patients. Il ne comprenait pas les gens ! Pourquoi venir dans une boutique de farces et attrapes et se comporter comme un strangulot ? Il pensait que ce genre d’endroits étaient fait pour s’amuser, il avait dû se tromper.

— Rosie ! Je suis rentré ! s’exclama-t-il en pénétrant dans leur maison.

Comme tous les soirs, James retira ses chaussures à l’entrée et pénétra dans la pièce à vivre. Rose avait sorti leur plus beau service et James sut qu’il avait oublié quelque chose.

— Bouse, murmura-t-il en se rappelant la date.

Il venait d’oublier leur quatrième anniversaire de mariage. Malgré lui, la panique s’empara de lui. Il n’osait pas imaginer la déception de Rose quand elle comprendrait que tout cela lui était sorti de la tête.

— James ! Tu es rentré ? demanda-t-elle en descendant l’escalier.

Il tourna son visage vers lui et se retint difficilement de grimacer en la voyant dans la robe qu’il préférait. Elle s’était fait belle pour lui et, comme un veaudelune, il avait été incapable de s’en souvenir.

— Tout va bien ? questionna-t-elle en venant vers lui.
— Oui, oui, mentit-il avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Tu es ravissante, Rosie, murmura-t-il.

Elle lui offrit un beau sourire et caressa sa joue mal rasée.

— J’ai déposé les enfants chez tes parents. On a la maison juste pour nous deux, souffla-t-elle, visiblement ravie.
— Je vais me faire beau et je reviens, dit-il avant de lui faire un clin d’œil.

Il l’embrassa sur la joue avant de monter à l’étage. Sans attendre, il prit son plus beau pantalon et la chemise rouge qui lui allait si bien, d’après Rose, et se dirigea vers la salle de bains.

— Réfléchis ! Réfléchis ! se répéta-t-il plusieurs fois alors qu’il se préparait.

Malheureusement, aucune solution ne lui vint. Il poussa un soupir et finit par se résoudre à avouer à son épouse qu’il avait tout simplement oublié leur anniversaire de mariage. Il savait que cela lui ferait de la peine et se maudit intérieurement. Pourquoi n’avait-il pas pris le temps de passer chez le fleuriste avant de rentrer du travail ? Pourquoi s’était-il dit qu’il le ferait demain ? James se sentait profondément stupide.

— James ! appela Rose. Tu as fini ?
— J’arrive, rétorqua-t-il en sortant de la salle de bains.

Il descendit les escaliers rapidement et retrouva Rose dans leur salon-salle à manger. Elle avait profité de son absence pour les servir aussi bien en nourriture qu’en alcool et l’attendait assise à sa place habituelle, en face de lui.

— Ça sent bon ! lança-t-il en reconnaissant l’odeur des spaghetti bolognaise.

Sans attendre, il s’installa autour de la table.

— À nous ! s’exclama Rose en levant son verre.
— À nous, répéta James en trinquant avec elle.

Il but une longue gorgée d’hydromel avant de reposer son verre.

— Quelque chose ne va pas, James ? demanda-t-elle.
— Si, si, c’est juste que… Je suis désolé, Rosie. J’ai…
— T’avais oublié que c’était notre anniversaire de mariage, finit-elle à sa place.

James écarquilla les yeux et commença à bredouiller des excuses qu’elle arrêta d’un geste de la main.

— James, ce n’est pas grave.
— C’est quand même important ! Tu as fait tout ça et moi, j’ai tout simplement oublié !
— Ça arrive, le rassura-t-elle. Et puis, ce n’est pas comme si tu ne pensais jamais à moi, remarqua-t-elle. Tu m’as offert des fleurs, pas plus tard qu’il y a deux semaines.
— Oui, mais l’anniversaire quand même, marmonna-t-il, embêté.
— Tu te rattraperas l’année prochaine, le taquina-t-elle en posant sa main sur la sienne.
— Pour nos cinq ans ?
— Pour nos cinq ans, approuva Rose en souriant. Allez ! Mangeons ! Ça va refroidir !

James ne se le fit pas dire deux fois et entreprit de déguster son assiette. Il se devait de faire honneur au repas, et pour tout avouer, cela ne lui était pas trop difficile, loin de là.
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Solune
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Solune » 06 juin 2020 - 22:54

Titre : Lorsqu'on s'imagine la gloire!
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Citation : En fin de compte, l'expérience est un professeur brutal, mais on apprend, mon Dieu comme on apprend (C.S. Lewis)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 665
Personnages : Surprise
Rating : Tout public
Il n’était jamais très à l’aise lorsque sonnait l’heure des cours. Au début, il avait été fier d’avoir été choisi parmi tous les autres, après tout, il avait été convaincu longtemps que ce n’était pas un hasard, mais une véritable opportunité, sa destinée, la réalisation de vie en quelque sorte. Néanmoins, il avait réalisé, au fil des années, que ce n’était peut-être pas réellement ça. Maintenant, il considérait que d’avoir été celui sélectionné, ce jour-là, était plutôt un malheureux hasard. Et dans les jours gris, il se demandait bien ce qu’il avait fait pour mériter un tel traitement.

Ne vous détrompez pas ! Il avait encore une légère fierté de faire partie de cette aventure. Parfois, même, quand un cours ne se passait pas trop mal, il regagnait un peu d’espoir et il croyait qu’il n’était pas encore impossible qu’à la fin de Poudlard, il n’accomplisse plus rien de sa vie. Malheureusement, ces moments-là étaient toujours trop courts et arrivaient trop peu souvent. Sa vie serait surement reléguée à une suite d’expériences ratées qui le marquait un peu plus à chaque fois. Et parlons-en de ces marques ! L’année dernière, il avait même dû être soigné, être réparé, lui, oui, oui, lui qui était supposément incassable, dur comme du ciment, garanti d’une longue vie, il avait pratiquement perdu l’une de ses pattes après une manipulation des plus hasardeuses. Heureusement, il avait pu être réparé par quelqu’un qui avait à cœur sa santé, la grand-mère. Il se doutait que c’était surement par économie du portefeuille que par réelle compassion pour son état qu’il avait subi cette éprouvante opération, mais il s’en contenterait. Il était en vie, après tout, et il pouvait retourner en cours.

Mais cette année marquait sûrement sa dernière. L’année prochaine, il allait sûrement finir au placard sous une montagne de poussières, alors il se devait de profiter de chacun de ses derniers instants. Il se doutait qu’il ne passerait pas le cap des BUSES et que ses idéaux grandioses de lorsqu’il attendait patiemment d’être celui choisi ne se réaliseraient jamais. L’année lui avait semblé aussi épouvantable que les précédentes. Le jour de l’examen final, il était particulièrement nerveux et il sentait qu’il n’était pas le seul.

L’épreuve commença et il sentit qu’on y mettait de la poudre bleue, du sirop d’ellébore et de la mandragore. Il était surpris à quel point, pour le moment, la mixture était maitrisée et même en bonne voie. Apparemment, ces années de souffrances payaient et force était de constater qu’à force de persévérance, cela payait ! Le contenu avait une bonne couleur et une bonne température, ce qui était remarquable ! En fin de compte, l'expérience est un professeur brutal, mais on apprend, mon Dieu comme on apprend !

L’heure passa et il était très satisfait de ce qui se passait. Il restait qu’une étape avant la libération et l’ascension vers la réussite, vers la perfection, vers la gloire ! On versa doucement du liquide rouge… Du liquide rouge ? QUOI ? Non, pas du rouge, il fallait du brun!

« BOOM ! »

Neville releva la tête. Il y avait de la potion partout au visage. Il avait même reçu des éclats d’étain qu’il n’avait pas eu le temps d’éviter sur les bras. Les inspecteurs se mirent à griffonner sur leurs calepins, ne lui accordant même pas un regard.

« C’est terminé, Monsieur Longdubat. Vous pouvez partir. »

Neville sortit du local, honteux. Il avait réellement cru que cette fois-ci, il avait réussi à faire sa potion. Rogue n’avait pas été là pour le décourager, le sermonner et il s’était réellement senti en confiance. Malheureusement, il fallait croire que ses désastreuses années de potions n’étaient pas juste dues à la peur que lui faisait Rogue, mais aussi son incroyable manque de talent dans cette matière. En plus, maintenant, il venait une fois pour tout de faire exploser son chaudron. Valait mieux ne pas en parler à sa grand-mère. De toute façon, il se promit de ne plus jamais retoucher à un tel objet de sa vie.

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GinnyWeasley
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par GinnyWeasley » 06 juin 2020 - 23:02

Titre : La déchéance des Maraudeurs
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Quatre
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 100
Personnages : James Potter, Sirius Black, Remus Lupin, Peter Pettigrow
Rating : Tout public
Au départ, ils étaient quatre.
James, le leader. Sirius, le rebelle. Remus, l'élève modèle. Peter, le suiveur. Meilleurs amis.
Les Maraudeurs. Cornedrue, Patmol, Lunard, Queudver. Inséparables.
Un, deux, trois, quatre. Voldemort avait attaqué. James le martyr, Sirius le meurtrier, Remus l'abandonné, Peter la victime. Séparés.
Un, deux, trois, quatre. La vérité avait éclaté. James le martyr, Sirius l'évadé, Remus le monstre, Peter le traître. Toute amitié oubliée.
Un, deux, trois, quatre. La guerre avait commencé. James le martyr, Sirius l'innocenté, Remus le héros, Peter le lâche. Tous tués. Disparus. Oubliés.
Au départ, ils étaient quatre.
A présent, ils n'étaient plus.

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Hazalhia
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Hazalhia » 06 juin 2020 - 23:07

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : mot et image de 23h
Fandom : Divergent
Nombre de mots : 1016
Personnages : Mila (OC)
Rating : /
Quand on demandait à Mila ce qu’elle pensait de sa faction, elle répondait ce que la personne en face d’elle voulait entendre. Parce que c’était plus facile que de dire la vérité. Parce dire qu’elle était lassée de la passivité de sa faction faisait mauvais genre. Mais aussi, parce que si quelqu’un lui avait demandé en retour “Tu n’as qu’à changer. Tu voudrais aller où?”, Mila n’aurait eu aucune réponse.
Ne pas être à l’aise chez elle, ne voulais pas pour autant dire qu’elle se voyait vivre dans une autre faction. Elle ne pensait pas être capable de s’adapter à un autre environnement.

S’il y avait une chose qu’elle appréciait chez les Fraternels cependant, c’est le semblant de liberté qu’ils avaient par rapport aux autres. Ils étaient souvent pris pour des sortes d’illuminés par les autres factions, ce qui avait pour effet qu’on les laisse tranquille tant qu’ils continuaient de fournir de la nourriture. De plus, hormis les gardes, les Fraternels étaient les seuls à pouvoir aller au delà de la Clôture, pour cultiver les champs.
Depuis toujours, Mila se demandait ce qui se trouvait après l’horizon d’herbes hautes. Elle se sentait irrésistiblement attiré par ces terres inconnues, mais jusqu’à présent elle n’avait jamais osé dépasser la limite des champs. Tout ce qui les dépassait était entouré d’une aura de peur. C’était une source intarissable d’histoires et de légendes racontées tant par les adultes, que par les enfants entre eux.

Alors Mila se contentait de regarder de loin.

Mais elle était lasse d’attendre. Il ne lui restait que quatre jours avant la cérémonie du choix.
En rentrant chez elle ce jour là, après le lycée, Mila passa dans la grange attenante à sa maison. Ses parents possédaient deux des chevaux utilisés pour le travail aux champs, et ils étaient toujours les premiers qu’elle saluait quand elle rentrait. Elle avait grandit avec eux à ses côtés, et avait sû monter presque avant de savoir marcher. Normalement les chevaux de la faction n’étaient utilisé que pour le travail, pas le loisir, mais comme pour beaucoup d’autres choses, Mila avait fait les choses en douce. Ses parents ne l’aurait pas cautionné, mais le vieux voisin d’en face était beaucoup moins regardant. C’est lui qui lui avait appris.
En caressant le chanfrein du hongre bai, elle songeait à ce qui l’attendait à la fin de la semaine, et à la décision qu’elle devrait prendre. Ou plutôt l’indécision à laquelle elle faisait face plutôt. Aucune des faction ne lui faisait envie, et les irrégularités dans son test d’aptitude n’avaient fait que confirmer cette tendance.
Elle avait bien cette petite idée, à la fois grisante et complètement folle qui devenait de plus en plus compliqué à ignorer.

“ A demain Mila!” lui avait lancé l’une de ses amies la veille de la cérémonie du choix. Elles venaient de finir de manger, et s’apprêtaient à rentrer dans leurs foyers respectifs.

“ J’ai hâte d’y être” avait répliqué Mila. C’était tout autant un mensonge qu’une vérité, car les deux filles ne parlaient pas de la même chose. Mila avait hâte oui, mais pour quelque chose de bien différent que ce que pouvait imaginer la fille en sarouel qui s’éloignait.

La jeune fille avait profité de ses longues heures d’insomnies pour peaufiner les détails de son idée folle. Elle aurait voulu la mettre à exécution avant, mais le jour de la cérémonie était le plus approprié. Car une majeur partie de la ville serait accaparé par l’événement.
Alors elle se leva, et s’habilla. Elle se comporta exactement comme d’habitude, jusqu’à ce qu’ils arrivent au abord de la ruche. Là où la foule se faisait plus compacte. Là où elle put disparaître en douce.
Même si ses proches remarquaient sa disparition, ils la penserait perdue dans la nuée de gens venus assister à la cérémonie. Pas en train de courir pour retourner jusqu’à sa faction.

Elle se glissa furtivement dans le groupe des travailleurs, ceux qui étaient resté car toute la faction ne pouvait pas s’arrêter de vivre pendant une matinée. La tête baissé, conduisant le chariot, elle réussi à passer la Clôture pour gagner les champs. A cette heure de la journée, les gardes n’étaient jamais très nombreux, et elle comptait sur leur habitudes pour s’écarter discrètement.
A l’écart elle dessangla le cheval bai pour ne lui laisser que sa bride. Au moment de serrer les dernières boucles, elles vit son vieux voisin l’observer depuis la rangée de haricots. Il avait deviné, il s’avait ce qu’elle s’apprêtait à faire. Et pour une fois, Mila fut surprise par le comportement d’un membre de sa faction. Ils s'approcha des quatre gardes, et commença à leur parler, avec son bagout habituel, en prenant soin qu’ils soient dos à l’horizon.
C’était un petit rien, mais c’était suffisant pour lui donner les quelques secondes d’avances dont elle avait besoin.
Mila enfourcha sa monture, et s’élança au galop, plus vite qu’elle ne l’avait jamais fait. Les gardes n’avaient pas tardés à lui courir après, puis à tirer des coups de feu, mais il était trop tard. Elle était déjà trop loin.

Mila n’avait aucune idée de ce qui l’attendait plus loin, et à vrai dire elle s’en fichait. Elle n’avait que le moment présent en tête.

Le vent dans les cheveux, elle songea à ses amis et tous les autres futurs novices dans la ruche, en route pour un destin tout tracés, fait de diktats pour entrer dans cinq cases prédéfinies.
Elle ne s’était jamais sentie aussi heureuse, même si elle plongeait dans l’inconnu. Elle n’était ni Fraternel, ni Audacieuse, ni Sincère, Altruiste ou Érudits.Elle était libre, et c’était tout ce qu’elle voulait être.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


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Alena Aeterna
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Alena Aeterna » 06 juin 2020 - 23:08

Titre : /
Thème : Quatre
Fandom : Percy Jackson
Nombre de mots : 421
Personnages : Agathe (OC), Nico Di Angelo
Rating : Tout public
Les flammes du feu de camp ne montaient pas très haut et arboraient une teinte sombre qui s’alliait parfaitement aux visages des pensionnaires. Après la guerre contre les Titans et les Géants, nous avions pensé que notre vie redeviendrait plus monotone, avec quelques monstres à combattre de temps en temps. Jamais nous n’aurions pu croire que des puissances plus anciennes encore s’en prendraient à la Colonie. Chiron était aussi triste que nous, il avait à peine parlé, cédant la place aux « Apollon » qui avaient joué quelques notes de musique sans entrain avant de laisser le silence régner. La cérémonie funèbre n’allait pas tarder à débuter et nous retenions nos larmes, sans pouvoir cacher la colère qui couvait dans le cœur de certains d’entre nous.

Les quatre linceuls étaient alignés, dans l’attente d’un dernier mot avant le grand voyage, rappel de notre condition mortelle. J’avais tissé celui de Connor avec beaucoup de mal, incapable d’imaginer le bungalow sans ses farces habituelles. Je n’avais pas le talent des enfants d’Aphrodite mais j’avais fait de mon mieux, pour mon demi-frère. Le tissu bleu et blanc paraissait terne à côté de celui doré du fils d’Apollon mais ce n’était rien comparé aux deux linceuls gris des jumeaux d’Héphaïstos. C’étaient tous des héros qui ne méritaient pas de mourir après tout ce que nous avions affronté. Cronos et Gaïa avaient déjà décimé nos rangs, l’un derrière l’autre, et voilà qu’une nouvelle entité se réveillait pour apporter la douleur et le deuil. Quatre Sang-Mêlé avaient péri, quatre de trop, quatre âmes innocentes.

Je quittai le feu de camp avant la fin de la cérémonie. Je voulais seulement retourner à mon bungalow pour oublier le temps d’une nuit que nous étions à nouveau en guerre. J’allais entrer lorsque je vis la silhouette solitaire de Nico, devant son propre bungalow. Il ne participait pas souvent aux animations du soir parce que certains pensionnaires continuaient à avoir un peu peur de lui, malgré les paroles rassurantes de Will qui essayait régulièrement de convaincre tout le monde de la gentillesse de son petit-ami. Je le saluai avec un sourire crispé et il me répondit par un hochement de tête. Je faillis le rejoindre parce que je savais qu’il sentait l’âme des morts et le jugement qui leur était réservé. J’avais besoin d’être certaine que nos quatre pensionnaires étaient traités convenablement mais je n’étais pas sûre de supporter le regard de Nico. Ses yeux noirs renvoyaient souvent une flamme intérieure entre génie et folie qui me mettait mal à l’aise.
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chrisjedusor
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par chrisjedusor » 06 juin 2020 - 23:16

Titre :La fierté d'une Mère
Thème : Mot et citation
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 540
Personnages : Mes OC Lianna Sauwer, Amélia Phelps
Rating : Tout public


- Je te dis que j’use d’une autre méthode ça permet de se rassurer d’autant plus afin de ne pas se faire désartibuler dans tout les sens !

- Ah oui ? ricane Lianna Sauwer, éclaire donc ma lanterne ma fille. Parce que bien que cela fasse bien longtemps que je puisse transplaner il me semble que c’est la seule et unique solution de le faire. Et en toute sécurité.

Amélia est sûre d’elle. Maintenant qu’elle peut apprendre à transplaner- et c’est sa Mère biologique qui le lui apprend- elle a eu connaissance de la règle des trois D. Destination, Détermination et Décision ! Mais elle pense à un autre point en particulier qui lui permet de réussir son transplanage. Il manque la Déconnexion.

Il y pas trois mais quatre D.

- Il manque la Déconnexion. Il n’y a pas trois points importants mais quatre, assure-t-elle d’un air vainqueur. La première étape avant tout le reste est de se déconnecter. C’est-à-dire faire le vide dans son esprit afin de ne pas être déconcentrer par nos pensées parasites. Puis vient effectivement la destination, et c’est seulement là qu’on peut fixer son esprit dessus. Puis la détermination, donc vouloir se rendre sur un lieu précis et enfin ont peut tournoyer sur nous même pour trouver notre chemin vers le néant en accomplissement le mouvement avec décision.

Sa Mère plisse ses pupilles bleues-vertes et penche son visage sur le côté. Elle croise les bras dans cette salle d’entrainement et semble sérieusement réfléchir à ses propos avec attention.
Un sifflement s’échappe de la bouche de son frère aîné qui la regarde confronter leur Mère avec assurance.

Amélia est mine de rien logique.

- Impressionnant, Trésor. Tu es définitivement aussi brillante que ton Père. Ce n’est définitivement pas idiot. D’où cette réflexion t’es -t-elle venue ?

Sa génitrice semble sincèrement curieuse, et Amélia se sent rougir sous son regard. Elle semble plutôt fière et Merlin sait qu’impressionner cette sorcière ne doit pas arriver bien souvent.

Son frère affiche un grand sourire et elle lui renvoi un sourire bien timide.

- En fait, avant…avant tout ce qui s’est passé. Je voulais un jour devenir prof de DFCM, marmonne-t-elle dans sa barbe inexistante. Donc j’ai…j’ai réfléchi à plusieurs idées innovantes mais pour moi. Pour…pour plus tard. Pour que les élèves aient plus facile. En fait, j’essaye de ressentir ma Magie quand j’use de ma baguette. Et j’ai…j’ai remarqué que c’est plus facile. Tout est plus facile en se déconnectant des choses. Et oui, ça permet de mieux ressentir notre Magie.

Sa Mère s’approche de sa personne alors qu’elle se sent gênée de révéler de telles choses à son propos. Elle la prend par le menton, la forçant à relever le regard qu’elle vient de baisser sur le sol.

Peut-être a-t-elle été que trop audacieuse ?

Un sourire en coin orne pourtant les lèvres pâles de Mère.

- Il faudrait sincèrement que la malédiction sur ce poste à Poudlard soit un jour levée si tu le veux n’est-ce pas ? un air mystérieux s’affiche sur son visage mais quatre D et non trois alors, Trésor ?

Le regard de Mère brille de fierté.

Et Amélia se sent pour la première fois sincèrement heureuse de la rendre tant fière.
Dernière modification par chrisjedusor le 07 juin 2020 - 00:12, modifié 1 fois.
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Dedellia
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Dedellia » 06 juin 2020 - 23:47

Titre : Sous les cerisiers
Thème (citation) : celle sur la révolte
Fandom : HP
Nombre de mots : 355
Personnages : Teddy et Dominique
Rating : Tout public

Si vous pensez un jour peut-être lire ma fic sur Teddy et Dominique, ne lisez pas, vous allez vous spoiler la fin :lol:
Fin de Sous les cerisiers
Show
Il aurait pu ne rien dire, profiter de cette relation… amicale ? Que Dominique lui offrait sans trop réfléchir. Il aurait pu mettre de côté ce qu’il ressentait juste pour pouvoir être certain de continuer à la voir régulièrement, mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas ignorer ses sentiments, il ne pouvait pas continuer de faire semblant qu’il ne s’était rien passé.

— Dominique.

Elle se tourna vers lui en le regardant de ses yeux magnifiques et, pour le moment, interrogateurs. Il lui dit tout ce qu’il pensait : à quel point il tenait à elle, à quel point il ne voulait pas qu’il en reste là… Il avait l’impression d’être vulnérable, car il avait l’impression de savoir ce qui allait suivre. Le rire de Dominique en fut la première preuve. Ce n’était pas un rire moqueur, plutôt un rire répondant à une plaisanterie. Il sonnait faux. Un rire qui voulait dire qu’elle ne voulait pas le croire, qu’elle lui laissait une chance de se rétracter, mais il ne voulait pas.

— Je suis sérieux Dominique. Je ne veux pas qu’on en reste là. Je veux pouvoir t’embrasser, te prendre la main, te dire tout ce que je pense sans avoir à nous cacher.
— Je ne peux pas.

Elle s’éloigna comme un animal blessé. Son visage était fermé, son corps tendu. Elle n’avait pas dit qu’elle ne ressentait rien juste qu’elle ne pouvait pas. Mais qu’est-ce que ça voulait dire ? Tout le monde les blâmait déjà pour avoir brisé le cœur de Victoire, ils étaient tous persuadés qu’ils se fréquentaient. Rendre le tout officiel ne changerait rien à la situation. Au contraire, peut-être que ça l’améliorerait, les gens se diraient qu’ils avaient ça par amour et pas juste par manque de considération envers Victoire. Il était même prêt à se cacher si c’est ce que Dominique voulait, mais il savait que ce n’était pas le cas. Il savait ce qui allait suivre. Dominique allait protester, tenter de se justifier, mais elle allait se fermer complètement. Il l’avait poussée en se révoltant contre ses règles non-écrites, mais il ne pouvait pas faire autrement. Il l’aimait.
Image

:boing: :boing: :boing:

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Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 2659
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Dreamer » 06 juin 2020 - 23:56

Titre : Cassandra
Thème : citation : Se révolter ou s'adapter, il n'y a guère d'autre choix dans la vie. Gustave Le Bon
Fandom : original
Nombre de mots : 499
Perso : Cassandra
Rating : - 18 (violences dont violence conjugale)
Spoiler
Show
C’était le coup de trop. Celui qui l’avait faite basculer. Celui qui l’avait rendue déterminer à frapper en retour. Pour tuer.

Cassandra n’aurait jamais cru être de ces femmes. Ces femmes qui cachent leurs bleus sous d’épaisses lunettes de soleil en écaille et des coupes de cheveux volumineuses.

Elle avait du caractère. Elle savait se défendre. Elle avait même fait du judo, étant petite.

Mais Laurent était passé par là et avait tout envoyé valdinguer de son univers. De ce qu’elle croyait être ou non.

Elle s’était adaptée à ses sautes d’humeur, à son caractère emporté, véhément et à sa jalousie maladive.

Puis il y avait eu la première claque. Celle qui surprend. Et le premier coup de poing. Celui qui reste douloureux plusieurs jours, difficile à camoufler. La première vraie raclée. Celle qui laisse un goût métallique dans la bouche, et un profond sentiment de culpabilité.

Il y a trois semaines, cela avait été encore totalement différent. Cassandra avait cru qu’elle allait y laisser son dernier soupir. Les coups de pieds de Laurent lui avaient brisé une côte. Pire, ils avaient brisé son étincelle pour la vie. Si un voisin n’avait pas toqué à la porte à ce moment-là, elle serait sans doute morte. D’ailleurs, il l’avait laissée là, recroquevillée sur le carrelage froid de la cuisine, à gémir.

Le lendemain, il avait repris ses cajoleries habituelles. Passant ses mains dans ses boucles brunes avec tendresse, comme s’il n’avait pas violemment arrachées des mèches la veille en la traînant dans tout l’appartement.

Il n’avait pas remarqué le changement d’attitude chez Cassandra.

Mais elle, depuis ce moment-là, savait qu’elle n’avait alors plus le choix. Se faire à l’idée de quitter cette vie était tout bonnement impossible. Elle devait survivre. Et pour cela, une seule solution s’offrait à elle. Pas la fuite, non. Ce serait toujours demeurer sur ses gardes, à regarder derrière son épaule pour vérifier qu’il ne se cache pas dans l’ombre, comme il le fait tant habituellement.

Non, la seule option qui lui restait, c’était la révolte. L’attaque.

BAM.

Cassandra contempla la marre de sang qui s’infiltrait peu à peu dans la moquette. Elle entendait encore la détonation résonner dans ses oreilles dans un bruit crissant. Elle voyait les yeux perdus de Laurent.

Elle l’avait tué. Elle le tuait encore, en ce moment-même, en le regardant se vider de son sang. Agoniser comme un poisson hors de l’eau. Balbutier des « pourquoi », comme si les ecchymoses hétérochromes recouvrant le corps de la jeune femme ne constituaient pas des raisons suffisantes à son propre sort.

Elle était une meurtrière.

Cette réalisation lui fit monter les larmes aux yeux.

Ses doigts frôlaient désormais dangereusement le combiné téléphonique. Non ! Si elle appelait les secours, il y avait une chance qu’il s’en sorte. Une chance qu’il revienne. Qu’il la frappe de nouveau. Qu’il enserre ses doigts autour de sa gorge.

Et c’en était fini. Cassandra l’avait vaincu, une bonne fois pour toutes, et ne le laisserait pas en réchapper.
Image

It ain't easy to keep going when it's hard, Keep shining in the dark, When you wanna fall apart, But I'm a dreamer ♥

Verrouillé

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