[Textes] Nuit du 6 Juin 2020

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Modérateur : Équipe des Nuits d'HPF

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AliceJeanne
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[Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par AliceJeanne » 06 juin 2020 - 18:30

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !


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Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe des séries dédiées aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
NB: Si vous voulez des cookies de la part de vos animatrices préférées, quelques petites règles à respecter!
- Mettre les textes rating -16/-18 entre balises spoiler pour respecter la sensibilité de chacun
- Indiquer votre nombre de mots le plus possible (c'est pour nos petites stats!)
:hug:
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par ninipraline » 06 juin 2020 - 19:21

Titre : Consécration
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Collectionneur + l'image
Fandom : Original
Nombre de mots : 100 mots
Personnages : OC
Rating : Tous public
Ils y étaient. Des années à collectionner cartes de navigations, témoignages et carnets de bords. Des années à préparer ce voyage... et aujourd’hui la consécration. Ils y étaient arrivés. Maximilian n’arrivait pas à en croire ses yeux. Des jours passés sur l’océan, des jours et des nuits plongés dans le bleu, ciel et eau confondus, des semaines de tempêtes, des mois de disettes à la fin de ce trop long voyage et ils y étaient enfin arrivés. Exalté, Maximilian exultait alors que son navire tombait dans le précipice sans fond. Ils avaient trouvé le bord. La terre était bien plate.
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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par The Night Circus » 06 juin 2020 - 19:45

Titre : Le Collectionneur
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Collectionneur
Fandom : Original
Nombre de mots : 243 mots
Personnages : OC
Rating : Tous public
Leopold ignorait qu'il tuait les statues qu'il collectionnait, et à vrai dire, s'il l'avait si on s'était risqué à le lui expliquer, il aurait chassé l'idée de la main comme on chasse une mouche un peu insistante.

Les statues meurent lorsqu'on les arrache au socle pour lequel elles ont été construites et qui leur donnait un sens. Un ange qui veille sur une tombe et est arraché à son cimetière n'est plus qu'un bloc de granit, un lion qui protège l'entrée même effondrée du palace d'un pharaon égyptien redevient un simple monolithe aux formes vaguement félines et l’écho des sabots des cavaliers des frises du Parthénon arrachées à la Grèce s'est perdu dans le sillage de son pillage.

Leopold, lui, collectionne des sculptures et des masques Bantous.

Sous les plaques de verre qui leur servent de tombeaux, dans des pièces obscures mettant en valeur leur origines mystérieuses, obscures et excitantes, les yeux morts des statues de Leopold se regardent sans se voir, claquemurées dans le silence, témoins d'un massacre à nul autre pareil.
Pas le leur, non, celui des mains de chair et de sang qui les ont faites. Celui de ceux pour lesquelles elles vivaient et avaient un sens.

Leopold ignorait qu'il tuait les statues qu'il collectionnait, mais il savait qu'il collectionnait aussi les pires tueries de l'humanité. Et lorsqu'on s'était risqué à le lui faire remarquer, il avait chassé l'idée de la main comme on chasse une mouche un peu insistante.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Tiiki » 06 juin 2020 - 19:49

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Collectionneur
Fandom : HP
Nombre de mots : 488
Personnages : Rita Skeeter
Rating : Tout Public
S’enfonçant dans le petit fauteuil vert et molletonneux de son studio, Rita ouvrit lentement l’imposant classeur, avec la délicatesse et la patience de celle qui sait et aime manipuler. Au fil des ans, elle avait recueilli plusieurs dizaines de milliers de papiers différents. Récoltant tout d’abord différents formats de parchemin durant ses années de collège – ce qui lui avait valu bien des moqueries de la part de ses camarades Bleu et Bronze – elle avait fini par étendre progressivement sa collection à tous les types de papiers existant qui avaient un jour été amenés à croiser sa route. Elle était même parvenue à se procurer des modèles rares et très anciens aux quatre coins du monde. Sa bibliothèque personnelle était remplie de mille modèles de papiers rigides et grenés, de papiers cartonnés ou de papiers vergés, ou encore de papiers fins comme du verre et parfois si translucides qu’ils ressemblaient à s’y méprendre à du papier calque... S’il y avait bien un adjectif qui pouvait parvenir à qualifier Rita, c’était sans doute « ordonnée ». Chaque document avait été annoté et archivé avec grand soin. Chaque dossier avait été numéroté avec des chiffres romains, de I jusqu’à XVIII. Celui-ci était le dix-septième, plus exactement. Le XVII. L’avant-dernier volume de sa très longue carrière. La dernière fois qu’elle l’avait ouvert, c’était pour y compiler le jugement du Magenmagot du 13 octobre 2004 : un beau parchemin de ving-six sur douze centimètres, couvert de mots tous plus affreux les uns que les autres. Mais ce n’était pas pour lui qu’elle avait ressorti aujourd’hui sa collection.

De sa main droite, elle tenait fermement le classeur coloré afin qu’aucune feuille ne s’en échappe malencontreusement. De sa main gauche, elle caressait d’un air distrait le morceau de papier qu’elle avait récupéré dans la poubelle de Potter quelques jours auparavant. Les écritures avaient été rendues illisibles car l’encre avait fini par dégorger. Le document était maintenant recouvert de tâches informes noires et grisâtres, parfaitement inexploitable en l’état…. Ce qui était curieux, c’est qu’il ne s’agissait pas d’un modèle utilisé habituellement par le bureau des Aurors, ni même par autre service du Ministère. Pour qui n’était pas collectionneur de papiers anciens, cela n’était pas un modèle particulièrement beau ou mémorable, il semblait même plutôt quelconque. Elle-même était d’ailleurs passée à deux doigts de s’en débarrasser en vidant son sac à main le matin même. En fait, c’était au moment de le jeter, en passant par curiosité son index sur le grain de sa surface, qu’elle s’était souvenue d’une date. Janvier 2004.
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Wapa
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Wapa » 06 juin 2020 - 19:50

Titre : Où est ma boussole ?
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : 20h image
Fandom : Original - (Extrait Cannelle ou Chocolat)
Nombre de mots : 566 mots
Personnages : /
Rating : TP
— Je ne m'y attendais tellement pas. Je n'étais pas prête pour ça. Apprendre que j'étais enceinte a été un choc. La nouvelle m'a sonnée. J'étais étrangement déconnectée de la réalité. Perdue. Désorientée. Je n'arrêtais pas de pleurer sans savoir quoi faire. J'aurais aimé une baguette magique pour pouvoir remonter le temps. Ou une boussole pour m'indiquer quelle était la bonne direction. Quel était le chemin pour moi. Sans compter que j'étais en Argentine. Loin des miens. Et surtout dans un pays où l'avortement est, encore aujourd'hui, illégal. Il aurait fallu que je rentre en France. Mais je n'avais aucune envie. Je n'étais qu'au début de mon périple. Je ne voulais pas renoncer à mon rêve. Je m'y accrochais de toutes mes forces. J'avais encore tant de choses à découvrir là-bas. Je voulais apprendre le Tango. Voir les chutes d'Iguazú et sa jungle tropicale. Découvrir les lacs et sommets de l'Altiplano. Finalement, c'est Camilo qui m'a convaincue de contacter ton père. Je ne voulais pas l'impliquer évidemment mais il a argumenté pendant des jours en disant qu'il avait le droit de savoir. C'était si généreux de s'effacer alors que nous avions été si proches durant les dernières semaines.

— Tu as appelé papa alors ?

— Je l'ai appelé. Je m'en souviens encore comme si c'était hier. Avec un vieux combiné qui grésillait. Il y avait plusieurs secondes de décalage pour recevoir la réponse et la ligne coupait fréquemment. Des conditions terribles pour annoncer ce genre de nouvelle. Et pourtant, ton père a été exemplaire. Il a directement proposé de venir en Argentine pour que nous puissions en discuter de vive voix.

— Papa est allé en Argentine juste pour te parler ? C'est complètement fou !

— Ça m'a beaucoup touché et en attendant sa venue, je me suis mise à envisager l'avenir, un avenir où je serais mère. Mariée aussi peut-être. Cette idée qui m'horrifiait quelques mois plus tôt se frayait petit à petit un chemin dans mon coeur. Je l'apprivoisais. Et puis, ton père est arrivé. Il m'a appris qu'il m'aimait toujours et qu'il était prêt à élever un enfant. Mais il m'a aussi assuré qu'il respecterait ma décision quelle qu'elle soit. Ce jour-là que j'ai compris quel homme il était. Loyal. Fidèle. Courageux. J'ai pris encore quelques jours de réflexion mais la certitude grandissait en moi. Je ne voulais pas avorter. J'allais garder cet enfant. Nous avons continué notre périple en Argentine et ton père m'a demandé en mariage aux chutes d'Iguazú. J'ai dit oui.

— Tu n'as jamais regretté ? s'inquiéta malgré tout Claire.

— Non, jamais, la rassura sa mère en posant une main sur la sienne. Moi qui avais soif d'aventures, j'ai été servie en apprenant que j'avais droit non pas à un enfant mais à deux merveilleuses petites jumelles, s'amusa-t-elle.

— C'est dingue. Je n'en reviens pas, s'ébahit-elle en secouant la tête.

— Je suis très fière de toi Claire. De la femme que tu es. Indépendante et forte. J'aurais aimé être comme toi au même âge.

— Merci maman, répondit-elle en se levant pour la serrer dans ses bras.
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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Lyssa7 » 06 juin 2020 - 19:52

Titre : Le collectionneur de silences
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Thème écrit et citation
Fandom : HP
Nombre de mots : 170
Personnages : Theodore Nott
Rating : Tout public
Theodore Nott n’avait jamais été un adolescent très loquace. Il s’était toujours contenté de se perdre dans ses silences, contemplant froidement le monde dans lequel il évoluait. Du haut de sa tour d’ivoire, il observait cet univers aux sourires fades de façade comme s’il n’en faisait pas partie, comme s’il était depuis toujours un être à part.

Toujours seul, il ne s’attardait jamais parmi ses camarades de maison, leur préférant sa propre compagnie qu’il trouvait bien plus attrayante et intéressante. Certains affirmaient qu’il se nourrissait de ses silences, qu’il les trouvait apaisants, mais ils se trompaient. Un flot ininterrompu de pensées, véritable combat acharné contre lui-même, défilaient dans l’esprit de Theodore, l’empêchant souvent de dormir. Des questions sans véritable réponse. Des réponses qui n’avaient aucun sens. Jamais sûr de rien, il doutait de tout, se méfiait de tous.

Et son monde, cet univers de chimères, s’effritait peu à peu sous ses yeux, alors qu’il était entraîné dans une tempête de mots sans son. Sans bruit, Theodore Nott jouait les indécis.
Le sort est un poème, le destin est un roman
Avec la mort comme emblème, pour que chaque moment compte

Serlu
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Serlu » 06 juin 2020 - 19:54

Titre : La boussole
Thème (écrit ou image) : Image 20 heures + citation
Fandom : Original
Nombre de mots : 260 mots
Personnages :
Rating : Tout public
"La boussole"

Le silence est une succession de mots inaudibles pour certains. D'un soupir jaillit un cri, long, violent, déchirant l'espace, le ciel, les nuages. Soudain, devant moi, s'étend un désert brûlant .
Là, j'ai fermé les yeux devant ce paysage infini ... Où aller ? Que faire ? Par ce vent de glace emporté, mon esprit s'éclipse, muré dans des souvenirs enfouis. L'aiguille tourne dans ma tête, s'arrête, semble pointer vers un horizon invisible, vers un ailleurs inaccessible. Là, je me noie dans le néant, je suffoque dans ces nuages de pensées. Comment m'extraire de ce tourbillon continu, qui m'angoisse et me paralyse ? - Nage ! sans t'arrêter, sans regarder, sans t’appesantir sur ce passé de plomb, atteins cette cime qui te mènera là où tu veux être.
Là, j'ouvre les yeux devant ce paysage infini ... Voici le pic solitaire et solide que je dois gagner et qui m'attend. C'est là-bas que je dois aller, c'est ce que je dois faire. Mon regard fixe cette cime qui se découpe, embrasse ce paysage familier, que j'aime tant admirer, observe ces nuages qui s'enfuient en ondulant. Je suis là. Je suis là, ancrée sur mon rocher, bien vivante et sensible à ce qui m'entoure. Le vent de glace me chante à l'oreille que l'horizon incertain est celui que je souhaite, qu'il ne faut pas que je m'arrête, que je suive ce chemin qui se dessine invisible, devant moi. Rester là, immobile et silencieuse Rester là en moi-même, mon esprit apaisé et léger, communiant avec ce monde muet et exaltant.

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Samantha Black
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Samantha Black » 06 juin 2020 - 19:57

Titre : Lune de miel
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Image de 20h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 715 mots
Personnages : James Sirius Potter et Rose Weasley
Rating : -16
Déconseillé aux -16
Show
Partir en voyage au Canada avait toujours l’un des rêves de Rose. Elle voulait voir ces grands espaces, marcher dans ces forêts, admirer ces animaux sauvages qu’on ne voyait plus en Grande-Bretagne depuis un siècle voire plus. James, pour sa part, souhaitait simplement changer d’air, découvrir de nouvels horizons, et ils ne doutaient pas que le Canada répondrait à ces souhaits.

Tout le monde avait paru surpris quand ils avaient annoncé qu’ils n’iraient pas en lune de miel dans un pays du sud, où le soleil les accompagnerait. Victoire n’avait pas manqué de faire une remarque sur le manque flagrant de considération de James à l’égard de Rose. Cette dernière avait ouvert la bouche pour répliquer quelque chose, mais son fiancé avait secoué la tête. Depuis son divorce avec Teddy, leur cousine se montrait de plus en plus souvent aigrie et était de moins en moins la joyeuse jeune fille qu’elle avait été durant leur adolescence.

— Alors ? Ça te plaît ? questionna-t-il alors que Rose admirait le paysage.

James passa ses bras autour de sa taille et déposa un baiser au creux de son cou.

— Énormément ! répliqua-t-elle.

Le chalet était isolé et avait été construit sur les bords d’un lac. La jeune mariée n’attendait que de pouvoir y plonger. Elle se tourna dans ses bras, déposa un baiser contre ses lèvres, mais quand James tenta de l’attirer un peu plus à lui, elle se déroba et sourit largement.

— Le dernier arrivé fait le dîner ce soir ! lança-t-elle alors qu’elle courait vers les berges du lac.

James esquissa un sourire avant d’enlever son t-shirt et de partir à sa suite. Elle allait mettre les pieds dans l’eau quand il la rattrapa par la taille et pénétra dans l’eau le premier.

— Dommage, murmura-t-il d’une voix douce.
— Tricheur, se contenta-t-elle de répondre alors qu’il la reposait par terre.

Sans attendre, elle se retourna, passa ses bras autour de son cou et l’embrassa avec fougue. James ne sut exactement combien de temps, ils restèrent dans cette position, il s’en moquait bien. Il aimait sentir le corps de Rose contre le sien, l’entendre gémir sous ses baisers.

— On va se baigner ? Proposa-t-elle contre ses lèvres. Où tu vas ? Questionna-t-elle en le voyant faire un mouvement pour retourner vers le chalet.
— Chercher nos maillots de bain, répondit-il.

Rose lui sourit d’un air mutin.

— Pas besoin de maillot, rétorqua-t-elle en passant sa robe par-dessus sa tête.

Elle la lança à quelques mètres.

— Oh ! Depuis quand êtes-vous devenue si aventureuse, Miss Weasley ? questionna-t-il en souriant.
— Depuis que je suis devenue Mrs Potter, répliqua-t-elle en dégrafant son soutien-gorge.
— Oh ! Vous êtes mariée ? Il faut croire que votre mari a bien de la chance vous avoir, déclara-t-il en posant sa main sur sa hanche.

D’un geste, il fit glisser le joli sous-vêtement en dentelle et, d’un coup de pied précis, elle le lança près du reste de ses vêtements.

— À vous, Mr Potter ! lança-t-elle, un air de défi dans la voix.

Rose lui fit un clin d’œil avant d’entrer dans le lac. Il ne lui en fallut pas plus pour que James se débarrasse de son pantalon et de son caleçon et la rejoigne.

— Alors ? demanda-t-il en la voyant s’arrêter.

Son épouse avait de l’eau jusqu’à la taille et semblait avoir des difficultés à entrer complètement dans l’eau.

— Plus fraîche que je l’aurais pensé, répliqua-t-elle, les bras croisés sur sa poitrine.
— Mouille-toi un peu la nuque et vas-y d’un coup ! lui conseilla-t-il en faisant ainsi.

James ne put s’empêcher de grimacer alors que le haut de son corps s’immergeait. Il jeta un coup d’œil dans la direction de Rose. La jeune femme l’observa quelques secondes avant de l’imiter. Elle poussa un cri perçant et James vint vers elle en quelques brasses.

— C’est toujours le moment que je redoute, dit-elle avant de se lover dans ses bras.
— Ça va vite passer, la rassura-t-il en souriant
— Comme toujours ! rétorqua-t-elle en lui faisant une œillade. Oh Mr Potter ! Que ferais-je sans vous ? plaisanta-t-elle d’un air dramatique.
— Un feu certainement ! lança-t-il, taquin.
— Oui, mais… Ce ne sera jamais mieux que la chaleur humaine, murmura-t-elle avant de l’embrasser.

James sourit contre ses lèvres. Cette première baignade annonçait une lune de miel des plus agréables.
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Fleur d'épine
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Fleur d'épine » 06 juin 2020 - 19:58

Titre : Question sans réponse
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Collectionneur
Fandom : HP
Nombre de mots : 1193 mots
Personnages : Wilkes, Rosier, Mulciber, Snape
Rating : Tout public
Les mois avaient passé depuis la première fois de Wilkes et Rosier. Nous étions maintenant le 8 avril 1977. Mulciber, Rosier et Snape se trouvaient à Pré-au-Lard pour l’un des premiers week-end ensoleillés de l’année, posés aux Trois Balais, et ils discutaient de leur avenir qui était déjà tout tracé.

A peine obtiendraient-ils leur diplôme qu’ils iraient prendre la marque, les choses étaient prévues ainsi. Ils avaient hâte. Snape y voyait l’occasion de briller en société pour la première fois de sa vie, lui qui avait toujours cherché de la reconnaissance dans les yeux de ses pairs. Il apprendrait des tas de sortilèges auprès du Maître des Ténèbres et il deviendrait l’un des hommes les plus puissants qui ait jamais existé. Mulciber souhaitait faire honneur à sa famille en rejoignant le Lord, tout en conservant cette espèce d’impunité dont il usait et abusait sans arrière pensée. Quant à Rosier, il irait, parce que c’était ce qu’on lui avait dit de faire, et (surtout) parce qu’il voulait rester près de Wilkes.

D’ailleurs, il ne cessait de jeter des coups d’œil à la table du coin où se trouvaient le dit Wilkes et Calypso pour un pseudo rencard. Au fond, Evan fulminait. Depuis janvier dernier, Edward avait enchaîné les rendez-vous avec ses prétendues dulcinées. Celle-ci était la troisième en un peu moins de quatre mois. C’était inconvenant. Il n’en pouvait plus de les voir circuler, une à une, aucune n’avait sa place auprès de lui.
Toute son attention était donc concentrée sur cette maudite table, à quelques mètres, où l’amour de sa vie faisait du gringue à une autre. De temps en temps, il hochait la tête pour montrer son accord à Snape et Mulciber mais il n’y était pas du tout. Snape avait depuis longtemps compris le manège de Wilkes et Rosier et savait très bien ce qui se passait. Mulciber était à côté de la plaque, trop focalisé sur lui-même.

Rosier observait Wilkes et Calypso et il se demandait : comment fait-il ? Hier soir encore, il était encore dans mon lit à murmurer mon prénom en jouissant en moi. Comment fait-il pour paraître si imperturbable, si intéressé par elle alors qu’il ne l’est clairement pas ? (ou l’est-il ?) Et elle, comment fait-elle ? Elle est au courant qu’Edward est un collectionneur, un coureur de jupons ; toute l’école est au courant. A peine avait-il rompu avec l’autre qu’elle se jetait dans ses bras, en toute indécence. Les larmes de sa camarade étaient encore fraiches qu’elle était allée réchauffer le cœur de Wilkes (comme s’il en avait un, comme s’il y avait de la place pour elle). Ne voit-elle pas qu’il n’en a rien à faire ? Que tout est un déguisement ? Qu’il la laissera tomber d’ici quelques semaines pour une autre, à nouveau ? Que c’est sa nouvelle spécialité, de fréquenter puis de larguer des meufs ?

Comment font-ils pour ne pas deviner que tout ceci est voué à l’échec ? Sont-ils tous deux complices (il ne peut pas en être autrement) ? Ils ne peuvent pas y croire ensemble. A moins que l’un se joue de l’autre. Et Rosier espère très franchement que c’est Wilkes. Il sait que c’est Wilkes. Car Wilkes n’a cessé d’accumuler les conquêtes depuis le 8 janvier. Wilkes veut se rassurer sur son hétérosexualité. C’est si manifeste que c’en est obscène. Mais c’est ainsi qu’il est, Rosier le sait, et il ne peut pas le changer.

— T’es avec nous, Rosier ? l’interrompit Mulciber.
— Ouais, ouais, se reprit-il de justesse.
— Alors qu’en penses-tu ? questionna Snape, vicieusement.

Wilkes était en train de baiser les mains de Calypso. Pourquoi avait-il besoin d’aller jusque là ? Il fallait absolument qu’il affiche aux autres ses victoires sur le sexe féminin, et ce dont il était capable dans la séduction, il voulait s’exhiber et qu’on le prenne pour Dom Juan. Rosier aurait trouvé ça plus facile à supporter s’il faisait tout ça en cachette, qu’il n’avait pas à subir cette vision abominable. Même s’il savait, au fond, que les démonstrations publiques étaient toutes mensongères chez Wilkes, qu’elles n’étaient aucunement signe d’affection de sa part, bien au contraire. C’était dans le privé qu’il était le plus vrai. Alors, peut-être, devait-il être rassuré qu’avec elles, ce soit si manifeste.

— J’en pense pas grand-chose.
— Tu ne penses pas grand-chose à l’idée de devoir tuer pour entrer au sein des Mangemorts ? chuchota Snape, vicieusement.

Rosier, prit de court, revint sur ses positions.

— Evidemment, ça me fait quelque chose mais je veux dire que s’Il nous oblige à le faire, il faudra obéir et c’est tout. Il n’y a pas à discuter.
— Je pense que ça peut se marchander, marmonner Mulciber. Moi je le ferai mais j’en connais d’autres qui ne veulent pas se salir les mains mais qui sont importants pour le Lord.
— Tu penses à qui ? l’attaque Snape.
— A Malefoy par exemple.
— Evidemment, Lucius n’a pas besoin de tuer. Il est trop fiable pour cela.

A présent, Wilkes avait approché sa chaise de cette idiote et il l’embrassait légèrement. Il lançait des coups d’œil de temps en temps, certainement pour vérifier qu’il était vu. Ça ne pouvait pas en être autrement. Rosier fulminait, toujours. Il n’avait pas besoin d’aller jusque là, à chaque fois, avec chacune d’entre elles. Il pouvait se satisfaire d’un baiser et puis, basta. Il aurait pu être là, avec eux. C’était leur dernière année nom de dieu. Il n’allait pas la passer auprès de filles insignifiantes.

— Rosier ?
— Quoi ?!
— Toi aussi, tu penses que tu pourrais t’en passer ? Ta famille fait partie des 28.
— Euh ouais. Désolé, j’ai un truc à régler.

Ne pouvant plus se retenir, Rosier quitta la table sous l’œil contrit de ses camarades et alla jusqu’à celle de Wilkes qui le scruta dangereusement.

— Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-il.
— On peut parler ?
— Je suis occupé.
— Tu ne veux pas venir avec nous ? Tu la verras plus tard.
— Je suis là, se manifesta inutilement Calypso pendant que les deux amis se fixaient du regard avec beaucoup d’intensité.
— On parlera ce soir, reprit Wilkes.
— C’est maintenant ou jamais.
— Ne me fais pas de menace, Rosier.
— Alors ? Tu préfères rester avec elle ?

Le temps sembla se figer. Il attendait une réponse, il attendait que Wilkes le choisisse, il avait besoin d’être rassuré. Wilkes ne bougeait pas, il ne disait rien, et c’est Calypso qui dût intervenir. « Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? » demanda-t-elle et ni Wilkes ni Rosier ne daignèrent lui répondre. Ils attendaient tout deux la suite sans savoir, ni l’un ni l’autre, de quoi elle était faite.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Carminny » 06 juin 2020 - 20:01

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : "Le silence est une succession de mots inaudibles pour certains" — Cyril Missinga
Fandom : Divergente
Nombre de mots : 104
Personnages : Pauline, Valentina
Rating : Tout public
– Pourrais-tu répéter ?
Je levais mon regard vers Valentina. Laurie avait beau dire qu’elle était très sympathique, je la trouvais impressionnante. Elle était vraiment gentille et essayais de me mettre à l’aise mais elle parlait fort et elle parlait beaucoup et elle attendait que je fasse la même chose. Mais je sentais bien qu’à chaque mot que je prononçais elle jugeait. Elle jugeait mon intonation, elle jugeait mes mots et elle jugeait leur contenu. Je ne pouvais pas lui parler mais je devais. Alors j’essayais d’articuler mes mots du mieux que je pouvais mais elle ne les entendait pas. Le silence lui restait inaccessible.
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Nihil1
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Nihil1 » 06 juin 2020 - 20:01

Titre : Collectionneur
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Ecrit (collectionneur)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 568
Personnages : Horace Slughorn
Rating : Tout public
Il se leva. Doucement. Se baissa. Lentement. Se releva. Il y avait quelque chose de dur, d'affreux, dans le fait de se lever et de se baisser, il l'avait toujours dit, toujours pensé. Un rictus avide effleura la grande bouche, les lèvres sèches et craquelées de ce vieillard au teint rougeâtre, de ce collectionneur au mains rouillées. Il en riait, de cette décrépitude qui l'entourait, comme si, au fond, elle importait peu, comme si la douleur qui lancinait ses hanches et tançait la courbe grasse de ses reins n'avait que peu de valeur, peu d'histoire, peu d’intérêt. Trembler, ployer, mourir, n'avait plus d’intérêt pour cet homme. Furtivement, il souriait, de cette manière onctueuse et pourtant si joviale qui l'avait caractérisé durant tant d'années. Ses grands yeux pâles étaient injectés de sang, sa chevelure blonde avait presque disparu de son crâne, sa bouche charnue fléchissait sous le poids de la sénilité. Mais malgré tout, il souriait en songeant à la mort. Il serait là, étendu sur ce lit immense, plongé dans les caves de la plénitude humaine. Il serait laid, encore plus qu'il ne l'était aujourd'hui, avec sa moustache de morse. Il serait mort, un vieillard mort après tant d'années de vie. Ils viendraient tous. Il en souriait d'avance. La première serait Gwenog Jones, la jeune capitaine des Harpies de Holyhead, ses grands yeux noirs emplis de ces larmes qu'elle refuserait de voir couler sur ses joues brunes. Elle entrerait dans la pièce avec précaution et son regard s'attacherait au mort, pareil à une vieille baleine échouée dans ses draps de lin. Elle pincerait les lèvres, serrerait les dents, souffrirait en silence. Cette petite avait toujours été orgueilleuse. Il l'avait pincée, une fois, à voler de l'amortentia dans son bureau pour se venger d'un imbécile qui l'avait humiliée en public. Elle était d'origine moldue, une pauvre fille dont le seul objectif était de ramener du fric à ses parents. Il ne lui avait pas mis de retenue. Le lendemain, elle était invitée à une soirée chez lui, là où il lui avait parlé de Quidditch. Elle avait économisé pour lui payer des ananas confits et il s'en était souvenu, longtemps, très longtemps après. Il avait une photo d'elle sur la desserte de son salon. Cette photo était à lui maintenant. Le suivant serait Ambrosius Flume, dont on entendrait le pas claudiquant qui résonnerait dans toute la maison. Lui, ne se cacherait pas pour pleurer. Il saurait apporter quelques confiseries pour les autres, au cas où ils organiseraient une petite fête funéraire. Le vieillard savait qu'ils le feraient. Il tenterait sans succès de consoler les autres, dirait qu'il était un grand homme, chercherait confusément sa photo sur la commode Louis XV et la trouverait sans peine. Comme tous les autres. Comme la perle de sa collection, le grand Harry Potter, qui pénétrerait, timide comme à son habitude, dans l'antre d'un vieil ours qui l'avait tant gâté. Harry aussi, avait sa photo. Il lèverait les yeux au ciel et ferait mine de ne pas se sentir flatté, il fermerait les yeux et se remémorerait le vieillard auquel il serait venu rendre hommage. Il serait triste, aussi, comme tous les autres, comme tous ceux auxquels il avait rendu service, qu'il avait cajolés, encensés, créés. Ils étaient tous là, sur la lourde table de bois, et rendraient ce dernier cri et ce dernier service à un vieux collectionneur qui n'avait attendu que ça.

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Bevy
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Bevy » 06 juin 2020 - 20:02

Titre : Le fétichiste
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Collectionneur
Fandom : X_files ( saison 2, épisode 13)
Nombre de mots : 181 mots
Personnages : Donnie Pfaster, Dana Scully
Rating : - 12 ans
Donnie Pfaster ne regrette plus l’altercation qui l’a conduit tout droit en garde à vue. Certes, sa victime lui a échappé des mains et devra se montrer vigilant à l’avenir, mais déjà, ces précautions deviennent secondaires tant il est absorbé dans sa contemplation.
Si son voisin de cellule est des plus ordinaire, les deux personnes qui l’interrogent capturent toute son attention.

« Elle » surtout. Donnie ne peut pas voir si elle a les ongles manucurés, mais à l’allure soignée de la femme, il le devine. Ce sont surtout ses cheveux qui l’hypnotise. Rien à voir avec la femme morte dont il a coupé une mèche de cheveux. Aucune comparaison avec la prostituée blonde, ni avec la jeune femme de son cours du soir. Donnie a devant lui un joyau, la pièce de sa collection.

Sa collection personnelle est juste plus immorale et dérangeante que d’autres. Il ne se considère pas pire que ces collectionneurs de papillons ou de trophées de chasses.

Dana Scully ne lui porte aucune attention en sortant, pressée de partir.

Lui ne la quitte pas des yeux.
Dernière modification par Bevy le 06 juin 2020 - 20:12, modifié 4 fois.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

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Hazalhia
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Hazalhia » 06 juin 2020 - 20:02

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : mot de 20h
Fandom : Divergent
Nombre de mots : 119
Personnages : OC (Prudence Vargas)
Rating : /

Rarement quelqu’un avait aussi mal porté son nom que Prudence Vargas. Ses parents avaient espéré que son prénom tempèrerait son héritage génétique défaillant, mais l’échec de cette initiative n’avait pas mis longtemps à se révéler. La cadette collectionnait les péripéties depuis son enfance.
Aucun mur n’était trop haut à escalader, aucune bagarre trop effrayante et aucun couvre-feu capable de la retenir. Et en ses temps ou la colère grondait parmi les descendants des premiers cobayes des manipulation, tout son être se trouvait électrisé par cette ambiance de révolte.
En entrant dans la cuisine de l’appartement familial, Prudence se jeta sur le journal avant même de fouiller dans les placards pour le petit déjeuner.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.



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Alena Aeterna
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Alena Aeterna » 06 juin 2020 - 20:03

Titre : /
Thème : Collectionneur (mot de 20h)
Fandom : Esprits Criminels
Nombre de mots : 217
Personnages : Spencer Reid, Mackenzie Clark (OC)
Rating : - 16
Spoiler
Show
Spencer et Mackenzie entrent en même temps dans la cave, leurs lampes-torches et leurs pistolets pointés vers l’avant. Ils savent à quoi s’attendre mais le voir de leurs propres yeux rend le spectacle plus macabre. Le Collectionneur a rempli des dizaines d’étagères avec des bocaux transparents dans lesquels flottent des globes oculaires. Pour Reid, ce n’est pas la première fois qu’il découvre ce genre de folie, même s’il frissonne malgré tout face à tous ces regards incorporels. Mack n’est pas aussi à l’aise que lui, elle évite d’observer directement le contenu de la collection. Le profil qu’ils ont dressé au FBI était assez précis, y compris concernant l’étrange manie du criminel, mais elle n’imaginait pas qu’il y aurait une aussi grande quantité de globes.

« Il y en a combien ? demande Clark.
— Beaucoup trop, répond son coéquipier en fronçant les sourcils. Le Collectionneur a commis plus de meurtres que ce que nous pensions. Nous enquêtons sur une dizaine de victimes mais il doit y avoir plus d’une soixantaine de bocaux. »

La réponse de Spencer porte un coup au moral de Mackenzie et elle s’empresse de quitter la cave pour ne pas s’imprégner trop longtemps de la vision de tous ces yeux. Elle inspire longuement l’air frais puis contacte Prentiss afin de l’informer de leur trouvaille.
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Solune
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Solune » 06 juin 2020 - 20:03

Titre : La boussole
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : image et collectionneur
Fandom : HP
Nombre de mots : 829
Personnages : Derviche
Rating : Tout public
Francis Derviche n’était pas quelqu’un qui avait eu beaucoup d’amis dans sa scolarité. Il était plutôt solitaire et renfermé sur lui-même. Les gens ne lui avaient jamais beaucoup plu et il n’avait jamais été très à l’aise de leur parler. À chaque fois, cela lui demandait un effort considérable et il avait l’impression d’ennuyer les gens autour de lui. De toute façon, il y avait toujours quelqu’un qui aimait prendre suffisamment de place pour occuper la conversation et cela permettait à Francis de se plonger dans ses pensées et réfléchir aux prochaines idées qui fourmillaient dans sa tête qui lui permettrait de dénicher une nouvelle perle rare. Parce qu’il faut savoir Derviche était un passionné, un passionné d’histoire de la magie et plus précisément des objets qui en faisaient partie. Pour lui, si une image vaut mille mots, un objet, avec ses coutures, ses usures, ses traces de doigt et la magie qui l’avait forgé racontaient un récit. Mais ce n’était pas seulement les vieux objets que Derviche aimait, c’était tous ceux qui était spéciaux, différents des autres, semblaient présenter un défaut qui pour lui n’en était pas réellement un. Il pouvait passer des heures à observer, à scruter, à démonter et à remonter les objets qu’il trouvait, ces perles rares. Même sans un mot, Derviche avait toujours eu un talent pour faire parler ses trouvailles, leur faire raconter une histoire.

Lorsqu’il avait terminé sa scolarité à Poudlard en 1940, aucune guerre n’aurait pu l’empêcher de partir à l’aventure afin de découvrir ces trésors enfouis aux quatre coins de la planète. Il s’était équipé de ses vieilles bottes de marche mainte fois rapiécées et usées même par des sortilèges de renforçage, d’agrandissement, de séchage et d’imperméabilité qu’il avait réinventées pour être parfait selon ses propres utilisations. À elles seules, ses bottes étaient l’illustration même de sa passion pour ces objets aux grandes histoires. Il s’était ensuite déniché un sac de voyage qui avait appartenu à son père et à son grand-père moldu avant lui. Le cuir avait été réparé par du tissu et Derviche avait réussi à l’ensorceler pour qu’il puisse y mettre ce qu’il souhaitait. Puis, la baguette en poche, il avait voyagé à travers l’Europe dans tous les pays où il était assez loin de la guerre pour ne pas avoir à s’en mêler.

Derviche avait beaucoup marché. Il avait parcouru des milles et des milles à la manière moldue. Il avait rencontré des gens de tous les horizons et avait rempli son sac d’une collection d’objets qu’il avait trouvé fascinants, passionnants. Un soir, lorsqu’il s’arrêtait, s’allumait un feu à l’orée d’une forêt, il sortait ses trouvailles du jour, les analysait et cherchait à comprendre ce qui avait pu être leur utilité dans le passé. Avec des sorts qu’il créait ou croyait avoir créé, il pouvait voir ce que personne ne pouvait plus voir. Il révéla entre autres que les faces icosaèdres s’illuminaient en fonction à la lumière de la lune et suivait un cycle qui ne semblait pas régulier avec le cycle classique. Les gravures, après maintes recherches, représentaient différentes plantes qui se trouvaient être mûres à la récolte lorsqu’il s’illuminait.

Derviche continua longuement son périple. Il était de plus en plus perdu. Il collectionnait toutes sortes d’objets les plus incroyables les uns que les autres. Il réussissait grâce à ses talents d’ensorceleur à leur faire raconter des histoires qu’il notait scrupuleusement dans son carnet. Mais plus il ramassait, amassait, moins il comprenait le sens de la mission qu’il s’était donné.

Un jour, il tomba sur une vieille sorcière qui tenait une brocante à l’orée d’un village au nord de la Norvège. Il faisait particulièrement froid et malgré le printemps qui aurait dû être lancé, il y avait encore une fine neige qui couvrait le ciel. Lorsqu’il s’était approché du kiosque, le jeune homme s’était bien rendu compte que la plupart des objets n’étaient que des attrape-nigauds. Il soupira. Il n’avait pas envie de s’attarder, mais ne savait pas vraiment où aller non plus. Il y avait bien une auberge qu’il avait croisée en chemin, mais il ne voyait plus le but de ses recherches.

Alors qu’il était sur le point de partir, la vieille dame l’attrapa. Elle avait surement compris à sa montre antique qui n’indiquait pas l’heure, mais ses besoins qu’elle avait affaire à un connaisseur, lui avait attrapé la main et lui parla en Norvégien. Derviche fronça les sourcils, il ne s’y connaissait pas. Elle prit un objet derrière son comptoir et le mit dans sa main : une boussole.

Derviche observa la boussole sans comprendre. À première vue elle semblait totalement normale, mais la femme mit une main sur son menton pointa la boussole puis le cœur de Francis. Le sorcier observa plus attentivement la boussole. Elle ne pointait pas le nord, mais le Sud-Ouest. L’Angleterre.

Il sourit et paya la dame. Il savait ce qu’était sa prochaine mission, son prochain but. C’était de partager ses découvertes chez lui, chez les siens.
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GinnyWeasley
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par GinnyWeasley » 06 juin 2020 - 20:05

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Collectionneur
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 200
Personnages : Ginny Weasley
Rating : Tout public
Une croqueuse d'hommes, voilà ce qu'elle était. Enchaînant les conquêtes, brisant des cœurs, et ce sans aucune larme, sans aucun remord. Il n'y en avait qu'un qui l'intéressait, un qui ne voulait pas d'elle, alors elle se vengeait sur les tous autres pour un malheur dont ils n'étaient pas responsables. Elle trouvait des excuses pour les laisser tomber, des raisons ridicules qu'elle ne prenait même pas le temps de rendre crédibles. Du temps, elle n'en avait pas. A peine une relation terminée, elle trouvait une autre cible, un autre cœur à prendre et à détruire. Voilà ce qu'était Ginny Weasley.

Elle les entendait, ces murmures dans les couloirs, ces critiques à peine voilées, ces regards noirs non dissimulés. Michael Corner, Dean Thomas, Harry Potter. Ces noms tournaient en boucle dans sa tête, comme dans la bouche des autres élèves. Ils les plaignaient, tous, d'être tombés entre les griffes de celle qui collectionnait les hommes. Ils se demandaient qui serait le prochain, la pauvre victime dont elle briserait le cœur, encore, dans un éternel recommencement. Ils ne savaient pas, ils ne savaient rien. Elle les avait aimés, tous, à leur façon. Mais ils oubliaient vite l'histoire pour se remémorer la fin.

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par AliceJeanne » 06 juin 2020 - 20:13

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : citation de 20h
Fandom : HP
Nombre de mots : 904
Personnages : Drago Malefoy et Ellie Andrews (OC)
Rating : -16
Spoiler
Show
Les caves du manoir des Malefoy étaient le lieu le plus sordide qu’Ellie avait pu visiter depuis qu’elle avait rejoint le monde magique quelques années auparavant, tout n’était que douleur et putréfaction entre ses murs humides que longeaient souvent quelques rats. À ses côtés, Luna tremblait de peur, pelotonnée contre elle, les joues encore humides des larmes qui y avaient coulé quelques minutes auparavant, lorsque Peter l’avait ramenée après un interrogatoire, qu’elle devinait musclé, des mangemorts. Bientôt, ce serait son tour, et elle aussi frissonnait, de rage, cependant. Elle s’était fait avoir comme une petite fille stupide et pour cela elle s’en voulait. Maisie devait être morte d’inquiétude, tout comme Lupin qui ne devait cesser de se ronger les sangs. Elle aurait du être avec lui, avec eux, au lieu de fuir à cause d’une si banale dispute qui l’avait conduite directement dans le piège de Voldemort.

Elle le haïssait, peut-être encore plus que tous les autres sorciers pouvaient le haïr. Elle le rendait responsable de tout, tout ce qui lui était arrivé de mauvais dans sa vie était de son fait, elle en était intimement convaincue. Elle ne lui dirait rien, elle préférerait mourir plutôt que de trahir le secret que Priam avait légué à Maisie. Elle détesté son père, son égoïsme et son absence, son abandon et son déshonneur, en vérité, elle détestait beaucoup de monde et son cœur d’enfant se trouvait noyé sous tant de haine. Elle voulait les voir mourir, tous un à un, roulant à ses pieds tandis qu’elle courrait loin de cet endroit maudit avec Luna, pour retrouver Maisie. Sa sœur était tout ce qu’elle avait, comment avait-elle pu l’oublier à cause de paroles malheureuses?

Elle serra les poings et la grille de leur geôle grinça, dévoilant Drago Malefoy, l’air encore plus blême et pathétique que d’ordinaire. S’il ne s’était pas encore fait dessus c’était uniquement parce qu’il voulait conserver la face devant les deux jeunes sorcières. Il ne dit rien, se contentant de regarder pitoyablement ses pieds, comme si la seule expression coupable qu’il affichait suffisait à l’absoudre de ses pêchés, mais il n’en était rien pour Ellie qui lui lança un regard assassin. Luna sanglota contre elle, lui demandant de rester, mais elle n’avait pas le choix. Plus vite elle monterait avec Drago, plus vite elle redescendrait retrouver Luna. Elle retira délicatement les mains agrippées à son t-shirt déchiré et se leva, fière, intègre et méprisante du mal qu’ils répandaient tous.

Drago lui lança un autre regard indescriptible lorsqu’elle passa devant lui, elle devinait ce qu’il pensait, ce qu’il espérait. Mais hier n’était qu’un instant de faiblesse qui ne se reproduirait jamais. Les bras de Drago n’étaient pas pour elle, elle ne l’aimait même pas. Et pourtant, après les assauts des sors du Seigneur des ténèbres, ils lui avaient paru accueillants.

Il y avait d’abord eu ce jour, des semaines auparavant, lorsque sur le point de flancher, Ellie avait saisi la lueur dans les yeux de Drago qui l’observait se tortiller avec pitié. Elle l’avait fixé, d’abord pour lui montrer à quel point elle le détestait et le faire se sentir plus coupable encore qu’il ne devrait décemment l’être, puis, il était devenu son rocher d’amarrage durant les séances de torture. La haine était devenue de la souffrance et la pitié du soutien. Drago savait qu’elle ne dirait rien, qu’elle mourait par loyauté envers sa sœur, envers Hermione, envers Harry, envers l’Ordre du Phénix. Et une partie de lui vénérait cette capacité qu’elle avait de regarder les choses en face, sans jamais fléchir, et plus que tout, ils partageaient le désespoir et la douleur, la trahison, la rancœur.

Drago l’arrêta d’une main dans un renfoncement, Ellie se figea. Il plongea ses yeux dans les siens et lui parla dans un langage qu’ils étaient le seul à entendre, celui du silence. Ellie parlait peu, mais tout en elle exprimait ses pensées et Drago, lui, n’avait jamais appris à exprimer les siennes, prisonnier de l’embrigadement paternel.

Les lèvres du jeune-homme s’entrouvrir comme s’il voulait pour la première fois employer des sons, mais Ellie l’en empêcha, fondant dessus avec l’ardeur de la rage qui l’ensevelissait petit à petit chaque jour. Le goût du sang se répandit dans leurs bouches lorsque Drago mordit sa lèvre supérieure quelques instants plus tard, avant d’agripper ses cheveux pour l’attirer un peu plus à lui. C’était violent, comme l’époque qu’ils traversaient et les sentiments qui les habitaient. Lorsque la main d’Ellie se glissa dans le pantalon de Drago, il lui avait déjà ôté son t-shirt, comme si le temps même était un luxe qu’ils ne pouvaient se permettre. Leurs respirations haletantes étouffées par leurs baisers dénués de sens, résonnaient contre les parois des couloirs étroits du souterrain et lorsqu’il la plaqua contre le mur le plus proche tout en cherchant du regard son approbation, elle laissa échapper un sursaut de frayeur, comme si le contact du corps du jeune-homme était la dernière caresse qu’elle recevrait de sa vie. Ses mains se glissèrent sur ses fesses avant de remonter dans son dos, le lacérant de ses ongles. Il avait mal, mais la douleur physique le reconnectait au monde, le faisait vivre, elle le lisait dans ses yeux brillants de passion tandis qu’il goûtait à ses seins, en mordillant les mamelons.

Ils étaient fous, ils ne s’aimaient pas, et pourtant ils parlaient un même langage qu’ils étaient les seuls à décrypter, celui du silence face au désespoir.
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minigriffon
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Inscription : 01 juin 2020 - 11:40

Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par minigriffon » 06 juin 2020 - 20:15

Titre : Le chasseur d'écho
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : image principalement (un peu mot et citation)
Fandom : original
Nombre de mots : 637
Personnages : Schnezee, le professeur, son serviteur
Rating : TP
La piste n'avait plus été pratiquée depuis des années, et Schnezee ne s'était jamais aventurée aussi loin dans les montagnes. Il fallait qu'elle se repère.
- Attendez ici, lança-t-elle, je reviens dans l'heure.
L'étranger fronça ses sourcils broussailleux et froissa sa barbe.
- Il y a un problème ?
- Non, je dois juste vérifier quelque chose.
Et elle s'élança sur les rochers. Instantanément, le poids qui lui pesait depuis le matin se fit plus léger. Rien ne valait un peu de solitude. Le professeur excentrique n'était pas une compagnie facile. De quoi était-il professeur d'ailleurs ? Tandis qu'elle grimpait, s'aidant parfois de ses mains, elle se rappela qu'il s'était défini comme un "chasseur d'écho". Appellation pour le moins étrange. Et ce gros paquet que son serviteur portait, que contenait-il ? Quelque chose pour capturer l'écho ?

Schnezee haussa les épaules, reportant son attention sur le flanc de la montagne qu'elle gravissait. Du moment qu'il payait, elle pouvait bien l'emmener où il voulait. Elle sentait ses muscles chauffer alors qu'elle bondissait en quête d'un point de vue. Quel bonheur d'avancer à son rythme. Qu'elle aimait ces montagnes !

Au détours d'un contrefort le soleil, déjà haut dans le ciel, l'éblouit. La main en visière, elle regarda vers le nord et découvrit ce qu'elle cherchait. Là, après le prochain col, s'ouvrait le défilé du Raz. C'était la première fois qu'elle le voyait, mais impossible de se tromper. Il était bien tel qu'Agnos le lui avait décrit : abrupt, oblong et semblant avoir été taillé à la serpe dans la montagne. On pouvait même, en regardant bien, distinguer ces accrétions rocheuses si particulières.

Rassurée sur leur progression, elle s'apprêtait à redescendre quand un bruit strident la fit sursauter. Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle rata un appui et elle se rattrapa in extremis. Mais quel était ce... Était-ce un cri ? Ah, ça recommençait... Des battements sourds et des grincements presque mécaniques, presque... mélodieux ?

Inquiète, elle s'empressa de rejoindre son client. Elle l'aperçu enfin en contrebas. Il s'était installé sur le bord du sentier et tenait ce qui ressemblait à un cor massif et bizarrement coudé. Le bruit qu'elle avait entendu provenait de la chose. Mi intriguée mi méfiante, elle avala en quelques bonds la hauteur qui les séparait et atterri souplement derrière le porteur, qui sursauta.
- Par les saintes cimes, qu'est-ce que vous faîtes ?
Le professeur se tourna vers elle, le visage rouge. Il écarta ce qui ressemblait à un instrument cuivré et mécanique et le posa doucement dans la boite qui avait tant suscité sa curiosité.
- Ah, j'ai profité de cette pause pour accorder mon instrument, pardi ! L'altitude change les sonorités, et il faut qu'il soit bien réglé lorsque nous arriverons.
Il commença a démonter quelques tuyaux et à les ranger dans l'étui.
- A ce propos, avez-vous pu vérifier ce que vous vouliez ? Il serait temps de se remettre en route !
Schezee s’aperçut que le porteur lui jetait des regards implorant. Il n'avait certes pas l'air taillé pour la randonnée en montagne celui-là. Elle haussa les épaules. Ce n'était pas lui qui tenait les cordons de la bourse.
- J'ai repéré le défilé. Si nous ne traînons pas, nous y serons avant la nuit.
Le professeur sourit jusqu'aux oreilles.
- Qu'est-ce que nous attendons alors ?

Le soupir à fendre l'âme de son serviteur ne paru pas l'émouvoir le moins du monde. Après avoir remis son précieux instrument dans sa boite, il s'élança en sifflotant. Schnezee décocha un regard compatissant à l'homme qui hissait de nouveau l'instrument sur ses épaules et emboîta le pas à son fantasque employeur. Une certaine curiosité l'aiguisait à présent, et elle avait hâte de voir ce que ce "chasseur d'écho" allait bien pouvoir accomplir avec son instrument dans ce fameux défilé.

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Alrescha
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Alrescha » 06 juin 2020 - 20:29

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : image
Fandom : HP
Nombre de mots : 109
Personnages : Harry, Arthur Claws (OC)
Rating : G
Arthur et Harry s’arrêtèrent. Ils marchaient depuis le matin. Ils avaient pris de l’altitude, l’air s’était fait plus rare, l’oxygène leur manquait par moment. Ils avaient tous les deux des points de côté. Même Arthur, aussi bon marcheur qu’il était, souffrait. Mais il y avait autre chose : Harry n’y avait pas fait attention mais maintenant qu’ils étaient arrêtés, il remarqua qu’Arthur évitait de regarder en bas.
-Tu as le vertige ? lui demanda-t-il.
-… Pas du tout, répondit Arthur avec une mauvaise foi palpable.
Il sortit une carte et une boussole de son sac.
-Bon, on est où ?
-Il faut continuer. Faut qu’on aille de l’autre côté…

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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par ninipraline » 06 juin 2020 - 20:30

Titre : Fermer les rideaux
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Diapason + l'image
Fandom : Original
Nombre de mots : 100 mots
Personnages : OC
Rating : Tout public
« Dehors ! »
Un seul mot et c’était la fin. Carmichaël redressa doucement la poignée de la porte : ne pas troubler d’avantage la séance. En silence, sur ses semelles de crêpes, il s’éloigna dans le couloir, éclairé par les lumières vertes des panneaux indiquant la sortie de secours. Pas d’autres lumières. La pénombre masquait sa déroute. Il avait échoué. Des années de préparation, des années de travail, un instrument soigneusement accordé et en quelques minutes, tout était terminé. Le projet venait de prendre fin, avant d’avoir commencé. Une fausse note. Une seule. Qui aurait cru cela ? Une chute pouvait fausser un diapason.
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Alrescha
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Alrescha » 06 juin 2020 - 20:39

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Citation
Fandom : Original
Nombre de mots : 331 mots
Personnages : Alexia Duval (OC)
Rating : Tout public
C’était pour elle qu’elle le voulait. Le pardon. Son pardon. Juste parce qu’elle ne pourrait jamais le regarder dans les yeux autrement. Elle lui avait dit qu’elle était désolée mais ce n’était pas pareil. Il avait dit qu’il était désolé aussi mais ça ne voulait pas dire qu’il lui pardonnait. Cela faisait trois ans qu’elle l’attendait, plus ou moins consciemment. Quand elle avait été dans sa chambre pendant son hospitalisation, c’était sans doute qu’elle était venue chercher. Si elle avait été frapper à sa porte lorsqu’il était revenu, il lui aurait peut-être pardonnée à ce moment-là.
Elle avait l’impression que c’était trop tard maintenant. Elle ne savait plus comment aborder le sujet, elle n’en avait plus la force. C’était passé. Elle voulait croire qu’il était passé à autre chose. Après tout, ils s’en étaient bien sortis, non ?
Mais le besoin était toujours là, transperçant son âme à chaque fois qu’elle le voyait c’est-à-dire tous les jours, toute la journée quand ils allaient en cours. Il ne côtoyait pas d’autres filles. Il attendait peut-être aussi qu’elle se lance. Ou alors il était gay, mais elle ne croyait pas à cette hypothèse. Elle l’avait vu quelques fois rendre des regards à des filles qui l’avaient dévoré des yeux mais ça n’avait pas été plus loin à sa connaissance.
Elle ne vivait pas entièrement. Tant qu’il ne lui pardonnerait pas, ce ne serait pas le cas. Elle avait même l’impression de mourir à petits feux à chaque fois que leurs regards se croisaient.
Un soir, elle décida de s’entraîner. Elle fixa son reflet dans la vitre de la fenêtre de sa chambre. Elle voyait bien la chambre de Delphin de l’autre côté de la rue.
-Hé…
Elle ne savait même pas par où commencer. Comment saurait-elle comment l’approcher ? Elle ne le connaissait même pas… Elle n’en avait jamais pris le temps. Elle avait été égoïste en pensant que tout s’arrangerait en l’éloignant d’elle, aujourd’hui elle était égoïste en voulant qu’il lui pardonne.

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Charliz
Vigile à baguette du Ministère
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Charliz » 06 juin 2020 - 20:41

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Diapason
Fandom : HP
Nombre de mots : 534 mots
Personnages : Andromeda Black
Rating : Tout public
Andromeda ramène ses cheveux courts en un chignon serré. Quelques boucles tombent, elle manque de râler. La sueur qui perle sur sa nuque humidifie ses mèches rebelles, elle jette un sort pour les rendre brillantes et soyeuses.
Sa longue chevelure lui manque. Les séances de coiffure avec ses sœurs aussi. Elle avait toujours été très douée, bien plus que leurs elfes, tressant les cheveux de Bella et Cissy de multiples manières, mais avec cette longueur… Elle regrettait, amèrement ! Les larmes montèrent et elle se cru un instant prête à user de la magie pour retrouver ses longues boucles. Sa baguette resta suspendue dans les airs : qu’en penserait les moldus qui l’attendaient en dehors de la tente ?
Au pire, elle n’avait qu’à transplaner. Retourner au manoir… Sa famille l’accueillerait bras ouvert, non ? Elle était partie, mais ce n’était pas si grave. Elle n’avait pas vraiment fauté. Ce n’était qu’une erreur de jeunesse, une angoisse.
Son regard se fixa dans celui de son reflet, rouge, cerné, perdu. Déterminé.
Et puis Hannah tira sur la toile de tente, passa sa tête avenante et tout sourire par l’ouverture, lui tendit un verre.
« Bon, tu viens ? Shawn a fini sa mixture, on t’attend ! »
Andromeda peina à empêcher sa respiration de s’emballer. Elle fondit en larmes d’un seul coup, laissant son amie un peu bête.
« Ok… Shawn ! On va avoir besoin d’un peu plus fort là ! » hurla-t-elle au dehors en se rapprochant tant bien que mal de la jeune femme.
La jeune américaine commença par prendre son amie dans les bras, ignorant les mouvements de recul de celle-ci. Elle lui tapota le dos, Andromeda se sentait si gênée qu’elle sanglota plus encore mais cela fut sans doute interprété autrement puisque l’étreinte se resserra.
« Chuuut… Bon bon bon, je te laisse un petit quart d’heure de craquage, et après on sort.
- Non… Non. Je rentre chez moi. Je- Je vais…
- Tu rentres chez toi comment ? A dos de poney ? On appelle le MI6 ? On est au fin fond du Texas et il est 19h. Tout le monde est bien trop bourré pour t’emmener quelque part. »
Elle l’avait pris tendrement par les épaules et l’avait appelée à se ressaisir. Hannah avait cet aura forte. Elle avait vécu, Andromeda le sentait. Elle donnait l’impression de pouvoir tout tenir sur ses épaules fines et musclée et sa voix ferme était rassurante, d’une certaine manière. Elle lui avait tendu le verre glacé et la jeune sorcière l’avait bu d’une seule traite. Elle l’avait écouté parlé, comme à chaque fois, et doucement sa respiration s’était apaisée et son visage avait retrouvé un peu de couleur. Ses cheveux s’étaient à nouveau collés à sa nuque mais elle ne s’en formalisa pas. Tant pis… Ils se trouvaient dans un terrain vague et poussiéreux, personne n’avait d’allure.
Elle n’était plus Andromeda. Elle n’était plus héritière, elle n’était plus sorcière. Elle était juste une fille. Elle était juste elle. Ou en tout cas à la recherche d’elle-même. Et en écoutant son amie, elle parvint à s’apaiser, à trouver sa place.
Qu’importe son éducation et ses origines. Ici, ça ne comptait pas.
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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Lyssa7 » 06 juin 2020 - 20:49

Titre : Le privilège des vainqueurs
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Citation
Fandom : HP
Nombre de mots : 463 mots
Personnages : Theodore Nott et Hannah Abbot
Rating : Tout public
Ce n’était pas la première fois qu’il venait au Chaudron Baveur, ce ne serait pas la dernière. Comme d’habitude, il s’installait à la table du fond. Vêtu d’une cape noire qui lui recouvrait la moitié du visage afin de passer inaperçu, elle n’avait pourtant aucun mal à le reconnaître. Hannah Abbot avait toujours eu un certain don de physionomiste, ce qui était appréciable quand on venait de décrocher un poste de serveuse dans l’auberge sorcière la plus célèbre de Londres.

Patiemment, elle attendait qu’il lui fasse signe. Elle savait ce qu’il allait commander, il prenait toujours la même chose. Pourtant, c’était presque devenu un rituel de se déplacer jusqu’à lui, et de faire semblant de l’ignorer. Elle le saluait toujours, immuable défi qui était presque devenu un rituel dans sa vie quotidienne. Il levait ensuite les yeux vers elle avec cette froide neutralité qui avait toujours été la sienne. Pourtant, comme à chaque fois, il se voyait contraint de lui répondre.

— Nott.
— Abbot.
— Un chocolat chaud, je présume.
— Tu présumes bien. Tu gagnerais du temps à me l’apporter directement.
— Certainement, mais si je le faisais tu ne prendrais pas la peine de me saluer.

Elle n’avait jamais besoin d’en dire plus, il comprenait à travers ses mots et ses silences que ce salut n’était rien d’autre que la rédemption qu’elle s’échinait à vouloir lui accorder. Il n’en voulait pas, mais elle ne lui laissait pas le choix. Elle lui avait dit, la première fois qu’il était venu à l’auberge, que le pardon était le privilège des vainqueurs. L’atout des gagnants. Et il n’était définitivement pas l’un d’entre eux. Il était un perdant, un lâche. L’autre côté de la balance. Alors, si on prenait le temps d’y réfléchir, sans doute que ce salut était un symbole de révolte. L’arrogance des combattants, des héros, des pourvoyeurs de la paix.

Parfois, lorsqu’il était tard et qu’elle ne croulait plus sous les commandes, Hannah poussait même le vice à s’asseoir en face de lui. Elle dégustait simplement sa bièraubeurre en silence, mais il était tout aussi conscient de sa faiblesse, de sa vulnérabilité face à cet acte. Il aurait pu fuir. Il aurait pu, mais étrangement Theodore Nott restait figé sur sa chaise, le dos droit, à boire son chocolat. Peut-être qu’une part de lui avait fini par accepter ce pardon qu’il estimait ne pas mériter. Peut-être aussi parce qu’elle lui avait dit qu’elle ne le faisait pas pour lui, mais pour elle. Pour ne pas vivre dans la rancœur, elle l’avait pardonné. Elle lui avait dit, un jour, que c’était loin d’être charitable de sa part. Elle avait siroté une gorgée de son breuvage et elle avait ajouté, en le regardant droit dans les yeux, que « rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon ».
Le sort est un poème, le destin est un roman
Avec la mort comme emblème, pour que chaque moment compte

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Bevy
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Bevy » 06 juin 2020 - 20:54

Titre : L'invisible
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Diapason
Fandom : HP
Nombre de mots : 469 mots
Personnages : Neville, Dean, Seamus
Rating : Tout public


Ce soir-là, Harry et Ron étaient absents du dortoir. Encore, pour ne pas changer. Depuis le début de la semaine, le premier collectionnait les heures de colles avec le professeur Ombrage, revenant tard et de mauvaise humeur. Le second était de corvées de préfet.
Dans d’autres circonstances, Neville ne s’en serait pas formalisé. Bien souvent, il passait sa soirée seul ou avec les autres Gryffondors mais si effacé qu’il lui arrivait de se demander si sans l’insistance de Dean ou la mine déçue de Lavande, cela aurait changé la face de leurs soirées. Au fil des semaines et des mois, tel le lionceau pataud de la bande, attachant mais pas indispensable à la meute, Neville observait ses camarades. Les rires et les échanges de Lavande et Parvati. Les clins d’œil complices et les accolades amicales de Seamus et Dean. Les silences d’Hermione, plongés dans ses devoirs. Les parties d’échecs que Ron gagnait hait la main. La distance qu’Harry mettait entre eux, peut-être même sans s’en rendre compte, semblant réaliser qu’au-delà de Ron et Hermione, il avait peut-être d’autres amis.
Neville avait cessé de s’en formaliser, sa sociabilité n’était pas celles des autres.

Ce soir-là n’aurait pas dû faire exception. Une montagne de devoirs et tous un chacun ruminant une journée épuisante. Même sans l’ombre des BUSEs, ce début d’année était sinistre.

Dean et Seamus, à voix basse, débattent de la folie possible de Harry. L’un est septique, ouvert à la discussion et l’autre obtus. Seamus n’en démord pas, Harry est fou, Dumbledore sénile et il rentrerait bien chez lui, là, maintenant. Profitant de son passage, Dean pose son regard sur lui et lui sourit.

« Cool, tu as retrouvé Trevor !
-Oui, Parvati l’a récupéré dans les toilettes des filles…
-Sérieux, il nous aura tout fait ! Il ne te manque que la parole, Trevor.
-Neville, par pitié, raisonne-le ! s’insurge Seamus. Dis-lui que Harry déraille !
-Ne le mèle pas à ça ! Qu’est ce que ça peut te faire, ce que je pense ! Je ne t’impose pas de passer du temps avec Harry, non plus !
-Moi, je crois Harry. »

Les deux Gryffondor se tournent vers lui. Le premier choqué par son avis tranché, le second par son audace à s’imposer.
«
Moi, je crois Harry et le professeur Dumbledore, répète Neville. Vous vous rendrez vite compte qu’il dit la vérité. »
Sans leur accorder un regard de plus, Neville dépose Trevor dans son terrarium.

L’affaire est trop importante pour qu’une fois encore, il soit en diapason avec la majorité.
La porte qui claque l’informe que Seamus est sorti, contrarié d’être en minorité.

« Te montes pas le bourrichon pour lui, il finira par comprendre…et merci Neville. »

Sur un dernier sourire, Dean sort à son tour, le laissant seul avec Trevor et ses pensées.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par The Night Circus » 06 juin 2020 - 20:57

Titre : Une seconde
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Diapason
Fandom : Pandora and the Flying Dutchman
Nombre de mots : 250 mots
Personnages : Hendrick Vanderzee
Rating : Tout public
Seul sur le pont, immobile, Hendrick attendait l'heure à laquelle toutes les ombres disparaissent sous le zénith du soleil.

Le vent gonflait les voiles de l'antique caravelle, l'élégante barre à roues sculptée et son gréement tenaient le cap sous les mains d'un timonier invisible et silencieux. Loin de toute terre, pas un oiseau ne froissait le ciel limpide de son éclair blanc ; pour les siècles des siècles le hollandais volait hantait seul les flots et l'écume.

La mer était douce et transparente comme du cristal ; Hendrick connaissait si bien les moindres de ses nuances, de l'azur de sa surface étincelante au noir absolu de ses abysses sans étoiles qui l'appelaient chaque jour un peu plus que ses iris autrefois si sombres se teintaient de bleu.

Lorsque les ombres disparaissaient sur le pont, avalées par un soleil si écrasant que la mer, le ciel et la caravelles semblaient se noyer dans un lac blanc de craie insoutenable à contempler, il entendait pour une fraction de seconde qui aurait put durer une éternité des hommes chanter.

Ces voix harmonieuses et dissemblables, au diapason les unes des autres, ne tombaient pas du ciel, ne s'élevaient pas des poitrines invisibles des marins inconnus et insaisissables qui guidaient le navire : c'était un fragment des rêves de ceux qui n'étaient pas damnés comme lui, de ceux qui vieillissent et qui meurent, et qui lui venaient du rivage.

Une infinie seconde d'éternité immaculée, insoutenable et vibrante de vie, avant de revenir à la solitude.
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Eanna
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Eanna » 06 juin 2020 - 21:01

Titre : /
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Diapason et image
Fandom : HP
Nombre de mots : 1371 mots
Personnages : Katie et Leanne
Rating : Tout public
Il y avait ces regards qu’elles échangeaient parfois, au détour d’un couloir. Leanne sentait les battements de son cœur s’accélérer lorsque Katie lui souriait, et elle s’en voulait. Elle s’en voulait de rougir dès que leurs mains se frôlaient, car elle-même ne savait pas vraiment ce qui se passait dans sa tête à ce moment-là. Elle s’en voulait d’avoir ces pensées pour son amie, dont les sentiments n’étaient visiblement pas au diapason des siens. Rien dans les sourires lumineux de Katie ne lui laissait deviner autre chose que de l’amitié, et les contacts physiques qu’elles avaient n’étaient en rien différents de ceux que Katie échangeait avec Angelina, Alicia, les jumeaux Weasley – dont elle regrettait le départ…
Mais elle ne parvenait pas à lutter contre le trouble qui l’envahissait. Elle avait peur de comprendre, et peur que leur amitié vole en éclat si jamais elle regardait la vérité en face.
— Ça va ? demanda Katie en sortant de chez Honeydukes, après avoir dévalisé leur rayon de Fizwizbiz. Tu es bizarre aujourd’hui…
Leanne hocha vivement la tête et sourit, sans avoir vraiment à se forcer tant le regard de Katie était chaleureux.
— Tu veux un Fizwizbiz ? J’ai de quoi tenir un siège, avec tout ce que j’ai acheté, mais c’est la friandise préférée de mon petit frère, ça lui fera plaisir pour son anniversaire.
— Oui, je sais, tu me l’as dit, répondit Leanne.
— Je sais, mais je ne pensais pas que tu t’en rappellerais. Enfin, si, c’est idiot ce que je dis, de tous mes amis tu es de loin la seule qui sait réellement écouter.
Leanne dut réprimer l’immense sourire qu’elle sentait poindre, à l’idée d’avoir quelque chose de plus que les autres amis de Katie. Ils étaient tous si gentils, si intelligents, si drôles, à côté d’eux elle se sentait toujours comme la cinquième patte de l’hippogriffe. Pourtant, ils faisaient toujours tout pour la mettre à l’aise, malgré le fait qu’elle soit plus jeune, et qu’elle ne soit pas à Gryffondor.
« Tu es l’amie de Katie, avait un jour dit Angelina sur le ton de l’évidence. Tu es forcément quelqu’un d’exceptionnel, et nous mettons un point d’honneur à nous lier avec les gens exceptionnels. »
Leanne n’avait jamais vraiment su si elle plaisantait ou si elle était sincère, mais Angelina était si gentille qu’elle ne pouvait l’imaginer se moquer d’elle.
— Tu es vraiment silencieuse, reprit Katie. Non pas que tu sois particulièrement bavarde d’ordinaire, cela dit…
Elle eut un rire malicieux, sans moquerie aucune, et Leanne ne pouvait pas lui donner tort. Elle se rendait bien compte qu’elle était encore plus discrète que d’habitude, et fut prise de la peur que Katie se lasse de sa présence et aille rejoindre ses amis, pour passer une meilleure après-midi.
— Ce n’est rien, j’ai un devoir à rendre en Sortilèges, et je n’ai pas encore commencé, ça m’angoisse un peu. Mais je demanderai à Ernie de m’aider, il est le meilleur dans cette matière.
— Moi aussi je peux t’aider, répondit Katie. Tout dépend du devoir en question, mais avec un peu de chance Flitwick nous en avait donné un semblable l’an dernier, je devrais pouvoir me rappeler de ce que j’avais fait.
— Mais je ne veux pas tricher ! s’indigna Leanne.
Katie leva les yeux au ciel avec un sourire amusé.
— Ce n’est pas de la triche, je ne te parle pas de te donner mon travail pour que tu le recopies – il y a de fortes chances pour qu’il ait fini au feu de toute façon. Ce n’est qu’un coup de main, Leanne, le même que celui que te donnerait Ernie. Mais avec l’avantage que je ne m’exprime pas comme le Ministre de la Magie.
Leanne pouffa de rire, et se sentit plus légère. Visiblement, Katie l’appréciait suffisamment pour que son mutisme ne l’agace pas, et elle était même prête à passer du temps avec elle pour l’aider à travailler.
— Je veux bien, alors, murmura-t-elle en détournant les yeux.
Katie prit son bras d’un geste énergique.
— Parfait ! Alors j’espère que tu vas profiter de ta première sortie à Pré-au-Lard en tant que diplômée de BUSE, maintenant !
L’animation du village était contagieuse, et Leanne finit par sentir son angoisse s’envoler. La neige fondue qui tourbillonnait lui rentrait parfois dans les yeux, et elle manqua plusieurs fois de glisser sur le sol gelé, rattrapée vigoureusement par Katie qui éclatait de rire à chaque fois.
— Heureusement que j’ai des réflexes pour deux ! disait-elle en riant.
Il faisait un froid inhabituel pour une mi-octobre, d’ordinaire les premières neiges n’arrivaient pas avant début novembre. La plupart des élèves qu’elles croisaient étaient emmitouflés jusqu’aux yeux dans leurs écharpes aux couleurs de leurs maisons, offrant un patchwork très coloré à la principale rue du village.
— Ces Capteurs de Dissimulation sont une plaisanterie, scanda une voix nasillarde près d’elles lorsqu’elles approchèrent de chez Scripenbenne. Manipulés par un Cracmol, ils ne risquent pas de détecter grand-chose…
— Tu as bien raison Flint, répondit tout à coup Katie en s’arrêtant. Ils ne sont pas bien utiles. Les vraies nuisances, ce sont les gens comme toi, et malheureusement il n’y a pas besoin de Capteurs pour deviner que tu n’es pas le couteau le plus affûté du tiroir.
Sans attendre de réponse, elle se remit à marcher, Leanne toujours rivée à son bras, qui ne put s’empêcher de la fixer un instant, ébahie d’admiration.
— Comment est-ce que tu fais ça ? souffla-t-elle lorsqu’elles entrèrent dans la papeterie.
Elles enlevèrent leurs bonnets trempés de neige fondue, et aussitôt la propriétaire de la boutique leur jeta un sortilège qui les sécha en quelques secondes. A voir son air furibond, elle aurait préféré qu’elles y pensent elles-mêmes avant d’inonder le parquet de la boutique.
— Comment je fais quoi ? répondit Katie après avoir adressé une horrible grimace à la vieille sorcière qui leur tournait le dos.
— Cette façon que tu as de… réagir au quart de tour, avoir la répartie qu’il faut… ne pas bégayer.
Katie semble réfléchir quelques secondes, comme si elle n’avait jamais eu conscience de cette capacité que Leanne trouvait extraordinaire. Elle qui avait déjà du mal à aligner deux mots sans trembler lorsqu’un professeur l’interrogeait…
— Je suppose que j’ai trop fréquenté Fred et George, répondit-elle avec un sourire.
Elles se mirent à déambuler entre les étagères, se frayant un chemin parmi les autres élèves venus renouveler leurs stocks de plumes et de parchemins. Leanne prit un flacon d’encre au hasard sur une étagère, et fit mine d’en lire la description, laissant ses yeux suivre Katie qui flânait, l’air distrait. Lorsqu’elle se tourna vers Leanne, cette dernière baissa aussitôt les yeux et sentit ses joues s’empourprer, horrifiée à l’idée que son amie l’ait surprise en train de la regarder.
Mais lorsqu’elle la rejoignit, son sourire ne laissait pas deviner la moindre irritation.
— Je pensais t’offrir une plume, pour ton anniversaire, qu’est-ce que tu en dis ?
— Pour… mon anniversaire ? répéta Leanne, abasourdie.
— Oui, c’est dans quelques jours non ?
— Le 19.
— Parfait ! Comme l’an dernier il était déjà passé lorsque nous nous sommes rencontrées, cette année je voulais marquer le coup.
— Mais tu n’es pas obligée…
Katie lui adressa un clin d’œil, et Leanne sentit son cœur rater un battement, priant pour que cela ne se lise pas sur son visage.
— J’aime beaucoup ces plumes de faisan noir et or, dit-elle en désignant un magnifique écrin que Leanne avait repéré lors de leur précédente sortie à Pré-au-Lard, sans oser l’acheter. Je crois me rappeler que toi aussi…
— Tu… tu t’en souviens ?
— Eh, tu n’es pas la seule à écouter ce qu’on te raconter, moi aussi il m’arrive d’être attentive ! répondit-elle avec un grand sourire.
Pour la troisième fois depuis qu’elles étaient sorties de chez Honeydukes, Leanne sentit ses joues la brûler. À chaque fois que Katie lui prouvait qu’elle l’appréciait, elle sentait son cœur se gonfler d’un sentiment qui ressemblait à un fol espoir, doublé d’un élan de tendresse indescriptible. Il lui semblait impensable que son amie éprouve les mêmes sentiments…
Mais elle pensait à son anniversaire, elle voulait lui offrir un cadeau, et elle s’était même rappelée de cette plume qu’elles avaient vue plusieurs mois auparavant. C’était donc qu’elle devait l’aimer un peu, après tout.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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Solune
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Solune » 06 juin 2020 - 21:01

Titre : \
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : citation
Fandom : Monde d'Harry Potter, Cross avec avec Raiponce, Rebelle, Cinq légendes et Dragon
Nombre de mots : 769
Personnages : Raiponce Gothel, Mérida DunBrush, Jack Overland, Harold Haddock et Pevees
Rating : Tout public
Lorsqu’il vit le visage de Mérida, Jack su que pour la première fois, il était allé trop loin, beaucoup trop loin. Il vit son ami se décomposer, ses traits qui dégageaient un instant auparavant une colère froide se transformer en peine en désolation. Il avait dit un mot de trop et il avait touché la gryffondor qui s’était laissé démolir par ce qu’elle considérait comme son meilleur ami. Jack eut à peine le temps d’entendre Harold dire :

« Mery, il ne voulait pas dire… »

Mais elle s’était déjà retournée pour fuir la scène, fuir ce moment de faiblesse qu’elle avait si rarement devant ses amis. Et Jack eut honte, très honte que ce soit à cause de lui.

« Je vais aller lui parler », affirma Raiponce et Jack la laissa faire.

Il laissa Raiponce courir derrière Mérida alors qu’il savait que c’était à lui de s’excuser. Par contre, il n’était pas sûr de trouver le courage pour ça, le courage d’aller la voir pour lui demander pardon. Et pourquoi lui pardonnerait-elle ? Il avait dépassé la ligne et seul Merlin sait à quel point la ligne de Mérida était dure à franchir. En fait, la seule fois qu’il l’avait vu blessée de la sorte devait être en première année où elle s’était mangée la soupe de Mimi geignarde et que des serpentards plus âgés s’étaient moqués d’elle. Depuis, Jack ne l’avait plus revu pleurer ou ouvertement blessé de la sorte. Il se maudissait pour ça. Se maudissait d’avoir été aussi idiot de ne pas avoir mesuré ses paroles. Harold à côté de lui semblait mal à l’aise. Il fit un sourire compatissant à Jack, comme s’il comprenait comment il pouvait se sentir, mais ne cautionnait pas. Même Harold et Raiponce lui en voulaient, c’était évident. Le poufsouffle se passa une main dans son coup et lui proposa :

« Tu devrais aller les rejoindre. Mérida ne reste jamais fâchée longtemps contre toi, de toute façon. »

Jack grimaça. C’était différent cette fois, il le savait et il savait qu’Harold en avait conscience, mais n’oserait pas le dire, ne voudrait pas retourner le couteau dans la plaie. Et puis, méritait-il réellement d’être pardonné ? Rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon, après tout. Il n’arriverait jamais à reprendre ses mots et s’il réussissait à se faire pardonner, seul lui se sentirait réellement mieux. Elle, elle repenserait toujours aux paroles qu’il lui avait dites sous le coup de l’émotion.

« Vas-y, toi. Moi, je vais prendre une marche. »

Harold hésitait, il ne voulait pas le laisser tout seul, mais Jack savait qu’il aurait mieux aimé être avec Mérida qui était celle qui souffrait réellement dans l’histoire. Jack soupira, tourna le talon et laissa Harold seul. Il n’avait pas envie de voir personne de toute façon. Il se sentait jugé et il culpabilisait suffisamment seul pour que les autres viennent lui tourner le fer dans la plaie.

Après plus d’une heure à déambuler dans les couloirs, il avait heureusement pu éviter Pevees qui avait décidé de sortir l’ensemble des chaises d’une salle de classe pour les mettre dans le couloir, il se mit à réfléchir tout en se dirigeant vers sa salle commune pour la nuit. Ce que lui reprochait Mérida était son manque de courage, il devait donc lui prouver que du courage, il en avait. Le couvre-feu commençait dans moins de quinze minutes et Mérida devait déjà être dans sa salle commune, mais il allait lui prouver qu’il ne manquait pas d’audace. Il courut à travers les sept escaliers qui menaient à la tour et gryffondor et une fois devant la grosse dame et demande :

« J’aimerais voir Mérida DunBrush ! »

La grosse dame haussa un sourcil.

« Il faut être à gryffondor et détenir le mot de passe pour entrer, Monsieur. J’ai bien peur que vous deviez attendre qu’elle sorte pour la voir. »

Jack, qui s’attendait à cette réponse haussa les épaules.

« Très bien, alors je vais l’appeler. »

« Elle ne vous entendra pas, Monsieur. »

« Oh que si ! Sonorus. »

Jack pointait sa gorge de sa baguette et se mit à chanter, à chanter mal, à chanter pour l’appeler. Il dérangerait, s’il le fallait tous les tableaux de ce château Mérida verraient qu’il avait le courage, le courage de lui demander pardon, de lui prouver qui était ses vrais amis et dans quel camp il était. Il lui prouverait qu’il avait le courage de chanter dans le couloir pour le voir et qu’elle comptait plus que n’importe quelle retenue que Madame Têtejoy se ferait un plaisir de lui accorder.
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Bellatrix1992 » 06 juin 2020 - 21:01

Titre : Chapitre 1
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : citation
Fandom : Original
Nombre de mots : 1923
Personnages : Jeanne, Mme Marsall
Rating : Tout public
Chapitre 1 : "Rien n'est peut-être plus égoïste que le pardon"

Depuis que Jeanne avait appris la nouvelle, cette citation d’André Chamson s’était imposée dans son esprit en même temps qu’une vague de culpabilité intense.
Elle assistait de loin et parfaitement impuissante à la destruction de Christopher depuis le début d’année, et ces jours-ci, les choses s’étaient brusquement accélérées. Son ancien camarade d’université était en arrêt depuis maintenant quelques semaines et un rapport à charge était venu l’accabler dans la matinée, il l’avait appris par un mail du proviseur.

Jeanne, pourtant, restait dans l’indécision la plus totale, et s’en maudissait d’ailleurs. A la demande de Christopher qui voulait porter l’affaire beaucoup plus loin, elle avait rédigé son propre témoignage qui viendrait s’ajouter à celui de Sam. Il y en aurait-il d’autres ? Elle ne savait pas vraiment mais la démarche lui posait de plus en plus question.
Elle-même avait eu le temps de prendre du recul, depuis presque quatre ans qu’elle était titulaire et vivait au fin fond de la Moselle, mais les deux années passées dans l’académie de Montpellier lui restaient encore en travers et les difficultés de Christopher ces derniers mois faisaient douloureusement écho aux siennes. Pourtant elle hésitait avec le témoignage qu’elle venait d’écrire.

Pour commencer, il ne lui plaisait pas dans sa forme et elle se dégoûtait elle-même de ce qu’elle avait écris. C’était pitoyable, maladroit et larmoyant. Pourtant, elle n’arrivait pas à dire les choses autrement et les vestiges de la jeune fille de vingt-et-un ans qu’elle avait été se trahissaient clairement dans ce torchon.


Angoissée, elle le relisait une énième fois, sans parvenir à le corriger :

« Stagiaire durant l’année 2014-2015 (puis 2015-2016) dans l’académie de Montpellier, Madame Marsall a été une de mes formatrices de septembre à décembre.

De nombreux incidents ont émaillé le déroulement des cours et, quand bien même je sais que l’enseignement était loin d’être dénué d’intérêt, ce sont ces incidents qui m’ont surtout marquée, d’autant que l’un d’eux m’a directement concernée et s’est soldé par une dispute violente entre Madame Marsall et moi.
Très rapidement après la rentrée, venir en classe s’est révélé un cauchemar. Je me sentais stressée dès le réveil et complètement démotivée. Je ne m’en suis d’abord rendue compte que partiellement malgré une dégradation rapide de la relation entre ce professeur et moi. Nous avons eu quelques échanges assez vifs durant les cours durant tout le premier semestre.

Je peux encore restituer le déroulement quasi-systématique des séances :
9h - Accueil des stagiaires, musclé et humiliant pour les retardataires dès les premières minutes, que cela soit exceptionnel ou arrivé plusieurs fois. Je n’en ai personnellement jamais fait les frais car jamais arrivée en retard durant cet atelier. Mais même pour quelqu’un d’extérieur c’était très désagréable d’y assister, stressant et c’était d’autant plus injustifié qu’il n’y avait pas vraiment d’abus de ce côté-là.
- Réponses à des « questions logistiques » concernant les démarches à effectuer, les remboursements possibles pour diverses choses... Ce moment pouvait durer jusqu’à une heure et se trouvait entrecoupé de sermons qui visaient une ou plusieurs personnes du groupes sans les nommer, généralement en relation à ce qui se passait dans les établissements de rattachement. C’était également un moment pénible, et même anxiogène.
- Brainstorming sur le thème de la séance, présentation d’une pratique par un stagiaire, ou autre discussion. J’ai plusieurs fois reçu des remarques cassantes pour avoir exprimé mon avis ou fait une erreur. Il est arrivé plusieurs fois que des collègues lui exposant un problème durant ce temps s’entendent rétorquer que « on n’était pas dans une séance psy » (ou autres remarques au contenu similaire), sur un ton cassant ou sarcastique. J’ai plusieurs fois eu droit à ce genre de remarques et je n’étais pas la seule.

Vers 10h30 : Généralement une courte pause.
Puis – Mise en activité sur le thème de la séance, ce qui constituait un répit même si les réflexions cassantes ne cessaient pas forcément.
- Présentation du travail effectué devant le reste des stagiaires, avec toujours des réflexions blessantes en cas d’erreur selon les groupes qui passaient. Le groupe était peut-être hétérogène en terme de niveau, mais pour les plus faibles c’était vraiment un moment redouté.
L’ambiance de classe était pesante et on n’avait l’impression qu’il n’y avait que deux solutions : être un bon ou être un incapable.

Une séance de début décembre, les choses ont complètement dégénéré entre Madame Marsall et moi, après plusieurs semaines de montée des tensions.
Durant la première partie de la séance dans laquelle elle nous expliquait qu’il était nécessaire d’aller voir notre tuteur régulièrement, ainsi que d’autres collègues d’autres disciplines pour observer surtout leur gestion de classe, Madame Marsall m’a brutalement prise à partie devant tout le monde.

Qu’elle ait eu des choses à me reprocher, j’aurais parfaitement pu le comprendre. Mais elle m’a crié dessus devant les autres stagiaires que je n’allais pas voir ma tutrice. C’était une véritable humiliation publique.
J’ai eu le sentiment que Madame Marsall prenait un véritable plaisir à le faire et cela explique sûrement ma réaction. En effet, cela a déclenché chez moi une véritable crise de nerfs (pleurs et gribouillis sur ma feuille de note) qui m’a valu une injonction à sortir de la classe.

Je me suis effondrée dans le couloir une fois la porte refermée. Il me semble qu’un monsieur qui passait m’a demandé si tout allait bien. Cependant, à travers la porte j’ai entendu que Madame Marsall continuait de parler de mon cas aux autres stagiaires. Cela m’a mise dans une colère encore plus forte et j’ai décidé de rentrer immédiatement.

J’ai rouvert la porte pour recevoir une nouvelle remarque cassante : « J’étais en train de leur dire que si tu avais accepté… Tu aurais quand-même moins de difficultés ». Encore une remarque d’ordre personnel, injustifiée à ce moment-là, par quelqu’un qui assumait totalement ses pratiques : divulguer en public des informations personnelles.
Et, bien entendu, la phrase que j’ai bredouillée pour me défendre a été balayée par une menace de nouvelle exclusion de cours. Sur le moment, l’incident s’en est arrêté là et j’ai repris place.


Juste après cette séance qui s’est finie comme elle le pouvait, nous avons eu environ une demi-heure d’entretien, sans aucun témoin. Cela a très mal démarré : nous nous sommes littéralement hurlé dessus.
Elle m’a reproché mon agressivité et une certaine immaturité « tu n’as pas douze ans... », mais honnêtement, je ne vois pas comment j’aurais pu témoigner autre chose que de l’agressivité à ce moment-là. Cela a duré plusieurs minutes.
Le ton ayant fini par se calmer des deux côtés, Madame Marsall m’a très fermement demandé « de me mettre en arrêt maladie » car, selon elle j’étais au bout du rouleau et elle a ajouté « si tu t’énerves avec tes élèves comme avec moi... ».
Je peux le dire maintenant, au bout de presque six ans : aucune classe, aucun élève ne m’a poussée à bout autant que Madame Marsall ce jour-là.
Je me suis bien sûr déjà mise en colère avec des classes, par rapport à des situations de travail ou des attitudes incorrectes, c’est quelque-chose qui est parfaitement humain et parfois justifié. Mais jamais à ce point-là, heureusement d’ailleurs car autrement ce ne serait pas la peine de continuer dans ce métier.

Je ne dis pas n’avoir aucun tort dans toute cette histoire. Il est vrai que j’étais très en difficulté cette année-là, mais cela ne justifiait pas de tels actes.
Madame Marsall ayant quitté la formation fin décembre, elle a été remplacée et j’ai alors eu l’impression de « respirer » et de retrouver de la motivation à venir en formation. Je comprenais également beaucoup mieux ce qui nous était demandé.

Aujourd’hui, en temps que titulaire, je ferais très clairement part de mon mécontentement si un formateur quelconque se comportait ainsi, avec moi ou avec n’importe qui d’autre. Aussi, je ne vois pas pourquoi en temps que stagiaire on devrait rester impuissant à regarder détruire son moral et sa réputation.

Aucune difficulté ne justifie de traiter quelqu’un de manière dégradante, de se moquer de lui ou de l’agresser, encore moins de faire tout cela à la fois. Si, en temps que professeur, nous nous permettons avec nos élèves ne serait-ce que le quart de ce que Madame Marsall se permettait avec nous, nous sommes passibles de sanctions lourdes. C’est une simple question de droit et de dignité humaine.
Ces actes seront malheureusement le principal de ce que j’aurai retenu de cette période de formation. Et, avec le recul, je regrette profondément que mon manque d’expérience et de maturité m’ait empêché de discerner le danger assez vite. Les réflexions s’accumulaient depuis le début de l’année et si j’avais su voir à temps qu’elles relevaient de la violence verbale, voire d’une forme de harcèlement, j’aurais réagi autrement.

Deux ans après ces faits et sur les conseils de quelqu’un de confiance qui avait parlé, semble t-il, de ce sujet avec elle, j’ai présenté des excuses écrites à Madame Marsall puisque après tout je m’étais mise en colère autant qu’elle. Mais si c’était à refaire je pense que je m’abstiendrais. »



Non, vraiment ce texte était horrible… Elle n’assumait pas…
Et puis, pourquoi diable avait-elle envoyé à Madame Marsall ce foutu mail l’année suivante ? Qu’est-ce qui lui avait pris ?

Ce qui lui avait pris en réalité, elle le savait très bien. Lorsque Jonas lui avait téléphoné pour lui raconter l’inspection… Non, qu’elle lui avait téléphoné le cœur battant d’angoisse pour en avoir le récit, en bonne bourrique qu’elle était, elle s’attendait à tout sauf à ce qui avait suivi.
Il avait trouvé Madame Marsall géniale, très ouverte… Et Jeanne avait senti son cœur tomber dans sa poitrine. Une fois la communication coupée, elle avait eu très envie de pleurer mais aucune larme n’était sortie étrangement. Pourtant elle n’était pas du genre à savoir les retenir.

Si elle avait eu un peu plus de recul, et surtout un peu plus de courage, elle aurait compris que Madame Marsall s’était tout simplement vengée. Aujourd’hui, elle se maudissait encore de sa précipitation. Jonas lui avait proposé d’écrire à Madame Marsall, et d’écrire avec son aide mais elle avait préféré agir seule durant le week-end, l’excluant ainsi de l’affaire et précipitant leur prise de distance.
Et aujourd’hui, elle avait d’autant plus de raisons de se maudire que son mail laconique constituait l’obstacle principal qui l’empêchait d’apporter une aide efficace à Christopher. Car, dans son courrier, elle s’était excusée et cela pourrait se retourner contre elle si elle choisissait de témoigner.

Mais pourquoi s’était-elle excusée d’ailleurs ? Jonas ne le lui avait même pas conseillé ! Par lâcheté, plutôt que de l’affronter elle avait préféré plier ? Par égoïsme ?
Elle l’avait fait avant tout pour être en paix avec sa conscience, torturée depuis sa violente altercation avec l’enseignante.

Car, si Jeanne s’était soigneusement gardée de citer qui que ce soit d’autres dans son témoignage, elle savait parfaitement que Madame Marsall n’était pas à elle seule le problème.

Le problème véritable, c’était le système qui l’entourait et qui l’avait créée : les inspecteurs qui la couvraient et se servaient d’elle à la fois pour écarter les candidats qui leur déplaisaient, également d’autres enseignants alliés ou concurrents dans leurs perspectives de carrière.
Et puis, Jeanne s’en voulait. Car c’était à la suite de leur dispute que Madame Marsall avait quitté la formation, lorsque l’affaire était remontée.

Et, si aujourd’hui elle avait plus d’éléments qu’à l’époque, elle ne s’en sentait pas mieux pour autant.
Dernière modification par Bellatrix1992 le 06 juin 2020 - 21:39, modifié 1 fois.
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Serlu
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Serlu » 06 juin 2020 - 21:01

Titre : " Forgive or not forgive ? That is the question."
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : Mot image citation (21 heures)
Fandom : Original
Nombre de mots : 427
Personnages :
Rating :
Pour être au diapason avec le chant divin et notre morale chrétienne, il faut pardonner... "PARDONNER : mot de neuf lettres qui ne pourrait pas être posé au scrabble... Cherchons des synonymes : AMNISTIE 7 lettres, voici notre scrabble ! 58 points, si il se trouve sur la case mot compte double : 66 points, ABSOUDRE fonctionnerait aussi. Youpi ! ... 9 lettres, ouais, bof, bof. On gagne peu finalement ... Mais pardon ! je me dissous dans les lettres, et m'égare dans les points, alors que ce mot si généreux devrait nous enrichir et nous délivrer des sentiments néfastes pour notre âme !

Retournons à nos moutons ! J'ai eu du mal à retrouver la prescription biblique : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », qui ne provoque aucune écho chez moi. Ce que je retiens : Pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Le mot "offensé" me semble intéressant parce qu'il renvoie à notre ego : être blessé parce qu'on a porté atteinte à notre honneur, on nous a causé un trouble. De ce point de vue, n'est-il pas facile de pardonner ? Une bonne thérapie et ça repart !

Mais le pardon me semble plus profond, plus sérieux car cela vous demande d'avoir suffisamment de force pour soutenir ce que l'autre vous a fait et d'être capable de vous relever du raz de marée qui vous a ébranlé jusqu'au plus profond de votre être, qui vous a submergé et qui vous submerge par surprise.

Oui ! pardonnons nous serons libérés de ce sentiment destructeur qu'est la haine et nous montrerons ainsi notre ouverture d'âme, notre indulgence, magnanimité, oserai-je dire ? notre esprit miséricordieux... Ne nous envolons pas et restons sur terre.

Non ! tout acte n'est pas pardonnable. Pardonner est-il indispensable puisque Pardonner, ce n'est pas oublier, en plus, on garde des traces visibles ou invisibles, dicibles ou indicibles qui se cachent puis qui surgissent parfois sans crier gare... Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va ...

"Rien n'est peut-être plus égoïste que le pardon" m'intrigue et j'ai envie de lui répondre : Le pardon, quel acte généreux ! mais à y bien réfléchir, tout acte est égoïste. Un bel acte renvoie une image plaisante, admirable, séduisante de soi-même aux autres et à sa conscience.

En définitive, pardonnez si vous pouvez pardonner, mais si vous ne le pouvez pas, surtout soyez indulgents avec vous-mêmes, parce que vous l' valez bien et dessinez votre chemin.

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 6 Juin 2020

Message par Tiiki » 06 juin 2020 - 21:02

Titre : Le Miséricordieux
Thème (écrit et/ou image et/ou citation) : "Rien n'est peut-être plus égoïste que le pardon" - André Chamson
Fandom : HP
Nombre de mots : 635
Personnages : George Weasley, Percy Weasley
Rating : TP
Le champ de bataille n’avait été déserté que depuis quelques jours et Fred n’avait été mis en bière que depuis quelques heures que, déjà, l’unité de façade du clan Weasley volait en éclat. George s’était mis dans une colère noire lorsque Percy lui avait officiellement présenté ses excuses :

« Mais tu es tout pardonné ! avait-il ironisé alors que le rouge lui montait aux joues. Comme si la décision de t’accueillir de nouveau dans cette famille m’appartenait pleinement. »

Percy avait posé une main sur son épaule droite, dans une tentative un peu gauche de l’apaiser, mais l’autre l’avait immédiatement rejeté. George semblait se retenir de quitter la pièce, mais ç’aurait été admettre que c’était lui qui était en tort. Que c’était son traître de frère qui avait gagné.

« Tu sais, Percy, je te pardonne, admit-il après de longues secondes.
— Vraiment ? demanda un Percy plein d’espoir.
— Oui. Mais si je te pardonne, c’est uniquement pour moi que je le fais…
— Tant que tu m’accordes ton pardon… accepta l’autre.
— …pour mieux me délecter de ta souffrance et de ta culpabilité ! acheva durement George.
— Georgie…
— Tu as craché au visage de papa et maman, à nos huit visages, pendant deux longues années…
— C’est plus compliqué que…
— Ah oui ? s’insurgea-t-il. En quoi cela pourrait-il être si complexe ? Nous crois-tu bêtes au point de ne pas avoir compris que ta soif de pouvoir et de reconnaissance importait plus pour toi que tout le reste, y compris ta propre famille ?
— Le monde n’est pas tout noir ou tout blanc. J’ai été pris dans cette zone grise sans pouvoir m’en dépêtrer, sans savoir où devait aller ma loyauté. Au début, je pensais servir la communauté ! Et ensuite… ensuite, c’était trop tard. Tu ne sais rien de ce que j’ai fait pour lutter de l’intérieur !
— Ce que je sais, en tout cas, c’est que tu nous as lâchement abandonnés au moment où nous avions le plus besoin de toi, continua le plus jeune sur un ton accusateur. Quand papa a passé Noël à Sainte Mangouste, quand Bill a été défiguré par un Mangemort, quand il était de notoriété publique que Ronald avait attrapé une forme particulièrement sévère d’éclabouille, quand Fred est MORT ! » beugla-t-il.

George reprit son souffle et le regarda en étirant un sourire mauvais :

« Si je te pardonne, Perce, ça n’est certainement pas pour que tu puisses te soulager de ton fardeau. Oh non... Tu ne le mérites pas. Il paraît qu’il n’a rien de plus égoïste que de demander pardon, et c’est peut-être vrai. Tu as toujours été d’un égoïsme monstre, et aujourd’hui encore tu ne présentes tes excuses que pour que ta petite personne se sente mieux, sans prêter une seule oreille à tout le mal que tu as causé autour de toi. Alors je vais te dire pourquoi, moi, Grand Miséricordieux, je les accepte tes excuses. Pour que tu sentes bien sur tes frêles deux épaules, à chacun de tes pas, le poids de la culpabilité. Pour que tu te rappelles chaque jour à quel point tu as été minable avec la famille qui t’a toujours accueilli et qui continue encore aujourd'hui à t'accueillir à bras ouverts. Il paraît qu’il n’a rien de plus égoïste que le pardon, et c’est vrai. Je te pardonne mon très cher frère, et c’est mon plaisir le plus égoïste. »
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