[Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Charliz » 16 mai 2020 - 21:46

Titre :
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Citation
Fandom : Disney
Nombre de mots : 794
Personnages : Anastasia et Dimitri
Rating : tout public
« Et ils vécurent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants… Vous voulez bien me dire qui a inventé cette foutue pseudo fin heureuse ?! » explosa-t-elle.

Anastasia se laissa tombée sur son matelas, les mains sur son visage pour retenir ses larmes, et sentit une latte lâcher sous son maigre poids.

Excédée, elle se releva d’un coup, tapa du pied la chaise contre laquelle elle se fracasse le doigts du pied et hurla de douleur. La porte s’ouvrit en fracas, Dimitri accourra de l’extérieur alors que de la pluie dégoulinait encore de son manteau rapiécé et se figea au milieu de la pièce, à l’affut du moindre danger.

« Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? s’exclama-t-il. Tu t’es fait mal ? Quelqu’un t’a attaqué ? Je t’ai entendu crier de l’extérieur alors-
- Ce qu’il y a ?! Tu oses me demander ce qu’il- Tout ! TOUT Dimitri ! Ce taudis ! Notre vie ! MA vie ! J’en ai assez, je n’en peux plus. Je raccroche le tablier, tu m’entends ?! »

Elle le vit se décomposer, littéralement. Il faisait sombre à la faible lueur de la bougie, mais pas assez pour cacher toute la désillusion qu’elle lui envoyait à la face. Et l’idée de le blesser la rendit bien plus chèvre.

« Oh c’est bon. Si on en est là, c’est par ta faute ! Tu n’es qu’un bon à rien ! Je suis une princesse, moi ! Je suis née pour une vie de Palais, pas pour- Tu sais quoi ? Non, bah rien. Je m’en vais. Salut. »

Et sur ses mots, elle avait saisi son grand châle de laine et elle était sortie de la masure. Et le temps breton l’avait bien ramenée à la raison. Un coup de tonnerre, une trombe d’eau et une rafale de vents glacée plus tard, elle se sentit comme la plus lamentable des êtres vivants. Elle méritait le bucher, vraiment.

Penaude, elle entrouvrit la porte et se glissa dans l’unique pièce de la maisonnette. Dimitri n’avait pas bougé en fait.

Anastasia toussota et il tourna vers elle un regard sombre de reproche. Elle se sentit encore bien plus misérable… C’était bien fait pour sa poire.

« Je te dirais bien que je suis désolée mais…
- Oh c’est bon ! Moi aussi j’en ai marre, tu sais ! Ce n’est pas simple de… Je me tue à la tâche, tu ne le vois pas ? Tu crois que tout t’arrives tout cru dans le bec ? Que tout est donné sur un plateau ? Si c’est une vie facile que tu voulais, tu n’avais qu’à rester avec ta grand-mère. Je ne t’ai pas mis le couteau sous la gorge pour venir avec moi ! Je ne t’ai jamais vendu le Louvre, ou Versailles, ou que sais-je !
- Je… Dimi-
- Tu n’as qu’à retrouver ta précieuse famille ! Rien ne te retient, c’est ça ? Alors vas y, pars !
- Ma précieuse famille ?! Espèce de- »

Sa voix s’étrangla dans sa gorge. Anastasia se sentit étouffer comme à chaque fois qu’elle songeait à ses proches disparus tragiquement. Il ne lui restait que sa grand-mère. Une inconnue, elle ne l’avait que peut vu depuis son enfance. Et il osait lui dire de retrouver sa famille ? N’était-il pas le pire gougea de l’Univers ?

« C’est toi, ma famille ! Espèce d’abruti fini ! Je n’ai personne d’autre !
- C’est peut-être ça le soucis alors ! Tu m’as choisi par défaut parce que tu n’as personne d’autre ! Si tu crois que je veux jouer le lot de consolation…
- Tu n’es pas… »

La voix d’Anastasia fut avalée par de gros sanglots.

« Oh ça va ! Ne me refais pas le coup de la pauvre orpheline hypersensible !
- Tu n’es pas le lot de consolation, Dimitri, s’égosilla-t-elle en ravalant sa rage. Tu es mon mari et bien- bientôt tu -tu seras… tu seras le – le…
- Le quoi ?
- Je crois que je suis enceinte ! »

C’était dit et c’était bien pire ainsi. Anastasia n’arrivait presque plus à respirer et Dimitri était si pâle qu’elle crut un instant l’avoir tué sur le coup.

« Quoi ? couina-t-il.
- Et bien oui, ce sont des choses qui arrivent quand on- Tu crois que j’ai envie d’avoir un enfant ainsi, ici ? On le mettra où, hein ? Dans un vieux tiroir pourri ?
- Non, dans le lit. C’est moi qui irait dans le tiroir.
- Quoi ?
- Quoi ?
- Qu’est-ce que tu racontes ? »

Il secoua la tête, comme pour se réveiller ou sortir d’une sorte de transe, puis refixa son regard dans le sien.

« Je peux t’embrasser ? »
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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par The Night Circus » 16 mai 2020 - 21:46

Titre : Thème (écrit, image, citation ou musique) : Citation
Fandom : HP
Nombre de mots : 713
Personnages : Hermione
Rating : tout public

Les cheveux blancs d'Hermione, loin de son indomptable crinière d'autrefois, étaient coupés courts sur sa nuque longue et frêle.

Il lui arrivait désormais de mettre du rouge à lèvres écarlate, et des boucles d'oreilles de pierre bleue qui ressortait avec une élégance étrange de chaque côté de visage fragile. Elle qui n'avait jamais été coquette dans sa jeunesse, elle imitait en cela sa grand-mère, dont elle n'avait que de vagues souvenirs gracieux et élégants. Peut-être aussi qu'après une longue vie de magie elle aspirait un peu à un calme qu'elle n'associait qu'à son foyer moldu.

Elle était assise sur une belle chaise en osier, dans un salon aux jolis murs bleus, entourés d'une bande de gamins pourtant déjà plus vieux qu'elle lorsqu'elle était partie à la chasse aux horcruxes, et ils étaient tous pendus à ses lèvres. Ils étaient là depuis presque deux heures, mais ne s'étaient pas encore lassés.
Parfois, elle oubliait des mots. Elle commençait des histoires qu'elle ne finissait pas, et en finissait dont elle n'avait pas raconté le début.

Le soleil brillait à l’extérieur, implacable, inchangé en les 120 ans d'existence de la sorcière.

-Les aventures n'ont jamais de fin, disait-elle. Comme le ressac des vagues sur le rivage, elles vont et viennent, et ne s'arrêtent jamais. Voldemort par exemple. Pour moi il était une horreur noire, pour vous il est une page dans un livre d'histoire. Moi je me souviens de la douleur, je l'ai sentie jusqu'au plus profond de mes os. Personne n'oublie le doloris, jamais. Parfois, j'ai l'impression qu'il revient, alors que la première fois que je l'ai subi, j'avais dix-sept ans. Et j'avais dix-sept ans aussi lorsqu'il est mort. J'ai cru que l'histoire était terminée, mais c'était faux, puisque j'avais plus de cent ans encore à vivre devant moi. Mais si on l'avait arrêtée là cette histoire, la fin aurait été heureuse. Si on l'avait arrêté un an plus tôt, non. Quinze ans plus tard, non plus. Quinze ans plus tard, c'était un autre mage noir, certains dans vos familles l'ont peut-être plus connu que Voldmort. Le Roi Blanc. Un fanatique de la pureté, plus dézingué encore que Voldmort. Il avait compris que la mort n'était ni la pire souffrance, ni la pire punition. Il avait un couteau avec lequel il clamait pouvoir trancher les veines des nés-moldus en ne faisant couler que le sang impur, et les laverait. Si nous mourions égorgés, nous n'étions pas digne. Je me souviens encore de cette lame, de sa brûlure. Vous avez tous pris du thé les enfants ?

-Oui Madame Granger, lui répondit une chorale de jeunes gens de 20 ans pas vexés une seule seconde de se faire traiter d'enfants.

-Il y avait assez de scones pour tout le monde j'espère ?

-Oui Madame Granger.

-Bon, très bien.

Un long silence suivit ses paroles alors qu'elle fermait les yeux, et ils commencèrent à s'agiter un peu en se regardant les uns les autres, se demandant si elle s'était endormie.

-Cassius le Pelé, dit-elle enfin, et le silence se fit brutal.

-Vous le vaincrez. Vous, vos amis, vos enfants. J'en ai connu quatre comme lui. Voldemort, le Roi Blanc, Célia la Cruelle et Jack Spencer que vos parents ont tous connus. Aucun d'eux n'a réussi.

-Il gagne en puissance.
-Il est partout.
-Il a des espions et des pions dans le ministère...
-Même le ministère moldu !
-Il manipule la presse...
-Il dissimule des massacres partout dans le pays en faisant passer ses exactions pour des catastrophes naturelles !

-Madame Weasley, comment vous avez fait pour les autres ?

-J'ai continué l'histoire, répondit la vieille sorcière, les yeux toujours fermés et le souffle un peu court, sa longue main blanche crispée sur la manche de sa robe, qui dissimulait de vieilles cicatrices.

-Nous avons continué l'Histoire. Nous n'avons jamais baissé les bras. Ennemi, après ennemis après ennemis. Cassius n'est qu'un chapitre. Je suis trop vieille, trop fatiguée pour me mêler aux vagues. Mon histoire à moi est presque finie, et quand je mourrais je crois que le bon l'emportera sur le mauvais. Cassius le pelé n'est qu'un chapitre. Peut-être qu'il sera un peu long, mais il y aura un après. Et un autres après, et encore un autre après. Les histoires ne finissent jamais, seulement leurs personnages.


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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Bellatrix1992 » 16 mai 2020 - 21:46

Titre : Champs de lumière
Thème (écrit, image, citation ou musique) : la photo avec le champs de fleurs
Fandom : HP
Nombre de mots : 165
Personnages : Eris Malefoy et Joy Adrian
Rating : TP
Elle tournait sur elle-même dans le champs de lumière, incapable de s’arrêter, comme si les fleurs lui avaient fourni une énergie aussi infinie qu’incontrôlable.
Autour d’elle, des cris retentissaient mais elle ne comprenaient pas ce qui se disait et n’en avait de toute façon rien à faire. La douce euphorie qui l’envahissait achevait de lui faire perdre le sens des réalités. Elle n’aurait pas pu s’arrêter, l’aurait-elle voulu.

Était-ce la magie perturbée qui circulait dans ses veines ? Elle n’en savait rien, pourtant la réalité du phénomène qui l’envahissait était indéniable. Elle aimait la lumière, le soleil, l’odeur de l’herbe brûlée par la chaleur.

Lorsque, plusieurs heures plus tard, une Eris encore tremblante de peur lui raconta à quel point la nuée qui l’avait entourée était obscure, Joy eut d’abord du mal à la croire.
Ce n’est qu’en constatant à quel point tout son corps semblait vibrer qu’elle prit conscience avec horreur que, une fois de plus, elle avait perdu le contrôle de sa magie.
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Gred et Forge vous informent!

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Tiiki » 16 mai 2020 - 21:49

Titre : /
Thème : Chanson et Citation 22h
Fandom : HP
Nombre de mots : 100 + 100 = 200
Personnages : Remus, Tonks
Rating : TP
Chanson : First Dance a écrit :
Front contre front, yeux dans les yeux, les deux amis se regardent soudain comme ils ne s’étaient jamais vus. Deux êtres incandescents.

Les souvenirs de Remus se heurtent, confus, dans la valse d'émotions qui le submergent, et la seule image nette qu’il parvient à distinguer a pour prénom Nymphadora. Depuis quand est-il devenu si sentimental ?

Quand Nymphadora remue les lèvres, Remus fait toujours taire la Bête en lui qui lui ordonne de la dévorer. Mais pas cette fois-ci. La Belle s’est déjà jetée sur les siennes pour les dévorer.
Si vous souhaitez une fin heureuse, cela dépend du moment où vous arrêtez votre histoire (Orson Welles) a écrit :
Remus et Nymphadora, par leur petit Teddy, dans un monde en guerre ont trouvé du sens à leurs deux vies.
Remus et Nymphadora, par une sombre nuit, dans une école en guerre ont éclaboussé de sang leurs trois vies.

Où fallait-il s'arrêter de conter leur histoire pour ne pas trop vous émouvoir ? Sans doute avaient-ils été heureux, avant que leurs existences ne soient cruellement fauchées parmi des centaines d’autres.

Et depuis, chaque deux mai, la lune est rousse. Comme ensanglantée.

L’amour triomphe toujours, tant que la mort n’est pas passée par là.
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Fleur d'épine
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Fleur d'épine » 16 mai 2020 - 21:49

Titre : La Cabane dans les arbres
Thème (écrit, image, citation ou musique) : citation "Si vous souhaitez une fin heureuse, cela dépend du moment où vous arrêtez votre histoire" (Orson Welles)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 799
Personnages : Wilkes, Rosier
Rating : tout public
Leur histoire n’était pas finie ; elle venait tout juste de commencer.

— Où sommes-nous ?
— Qu’est-ce que j’en sais ?
— Je sais pas, tu sais toujours tout.

Wilkes lança un regard amusé à Rosier.

— Ça m’arrangerait qu'on sache où on est, j’aimerais bien qu’on puisse se raser.
— Je ne te savais pas si superficiel.

L’autre lui jeta un regard assassin.

— Moi j’ai envie d’une cigarette, reprit Wilkes.
— Sérieusement ?
— Non.

Depuis leur traversée du désert, nul besoin de fumer, ils avaient trouvé la paix.

— Tu vas pas me faire croire que ça ne te gêne pas, cette barbe hirsute et ces gueules de darons ?
— C’est le prix à payer pour la liberté, je ne pourrais pas moins m’en moquer. On est tous les deux, loin de tout, c'est ce qui importe.
— Tu as changé.
— Et ?
— J’aime ça.
— Alors tais-toi et marche.

Ils marchèrent, longtemps. La vue était revenue mais le décor était toujours aussi inconnu et ils n’avaient plus de baguette. Impossible, pour eux, de transplaner, de se sauver de là — ce là qui n’était peut-être d’ailleurs absolument pas terrestre — mais ça ne leur procurait aucune angoisse.

C’est après plusieurs jours qu’ils se retrouvèrent dans la forêt, un peu comme par magie. Ils avaient regagné le monde des humains. Ils ne surent pas comment ni pourquoi mais le calvaire était fini. Ils avaient déposé leurs bagages, ils étaient enfin au rendez-vous.

Face à eux s’élevait une cabane dans les arbres, toute prête à les accueillir.

— C’est ici ? demanda Rosier de son air empoté.
— Apparemment.
— C’est rustique.
— Tu ne vas pas te plaindre.
— Donc on va devoir vivre comme des Moldus ?
— J’en ai l’impression.
— C’est… ironique.

C’était effectivement ironique mais Wilkes ne releva pas. Alors Rosier enchaîna.

— Je pensais que tu aurais préféré mourir plutôt que ça.
— Il faut croire que j'ai changé d’avis.
— Tu es décidément plein de surprises.
— Tu veux me faire à nouveau changer d’avis ?

Le menace était suffisante pour faire reculer Rosier. En vérité, Wilkes était horrifié mais il se rappelait ce qui l’avait conduit à ce choix-là et, pour une fois, il décida d’éteindre la petite voix au fond de lui qui le dénigrait sans cesse.

— Nous n’aurons plus jamais de magie ? répéta Rosier, toujours aussi borné.
— Je ne crois pas. A moins que tu veuilles courir le risque d’aller à Azkaban. Et puis, nous sommes loin du Royaume-Uni ou de toute civilisation. Nous n’avons aucun argent moldu. Sans nos baguettes, nous ne pourrons jamais voyager. Nous mourrons de faim.
— Nous ne sommes pas morts dans le trou noir.
— Nous n’étions pas humains. C’était un non-lieu, mais pas le purgatoire que tu pourrais imaginer car nous n’étions pas morts. J’avais manipulé la magie, je n'en reviens toujours pas que cela ait marché. Nos cadavres sont restés là-bas tout le long de notre séjour dans les limbes, ou le trou noir comme tu l’appelles, mais dès que nous sommes arrivés ici, ils se sont volatilisés. Personne ne le remarquera car ils doivent être à présent enterrés six pieds sous terre, dans l'indifférence la plus totale. Je pense qu’une dizaine d’années a passé. Nous avons trente ans.
— Alors nous sommes coincés ici.
— C’est tout ce que tu retiens de ce que je t’ai dit ?
— Oui.
— Tu veux revenir en arrière ?
— Absolument pas.
— Alors veux-tu te taire ?

Rosier ne dit plus rien. Ils escaladèrent l’échelle en bois et l’ascension semblait interminable. Une fois là-haut, ils eurent le souffle coupé. Seule la nature, immense, les entourait.

Ils la contemplaient, Evan en première ligne, Edward contre son dos.

— Je crois que je suis prêt, annonça Rosier avec plus d’assurance qu’il n’en avait jamais eu. Et toi ?
— Moi aussi.
— Mais j’ai la froisse.
— Moi aussi.

Rosier se tourna face à Wilkes et le regarda avec étonnement.

— Tu n’avais jamais formulé ce genre de pensées à haute voix auparavant.
— Je suis bloqué ici pour l’éternité avec toi. Ça change la donne.
— Je vois. Tu ne le fais pas de gaieté de cœur.
— Vas-tu me reprocher sans cesse mes déboires passés ?
— Non. Je ne suis pas rancunier.
— Bien.

Wilkes pencha ses lèvres sur celles de Rosier et ce fut une évidence. Ils seraient heureux ici. Bien sûr, souvent, Evan continuera d’agacer Edward, et certaines disputes violentes les prendront. Mais ils ne seront que tous les deux, entourés d’arbres et de solitude. Ils devront apprendre à se nourrir. Ils recommenceront à zéro. Et cette fois, certainement, ils ne seront pas damnés.
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Liliana
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Liliana » 16 mai 2020 - 21:50

Titre : Couture
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Ecrit
Fandom : HP
Nombre de mots : 183
Personnages : Joy Wilson et Oliver Swan
Rating : TP
- Je peux savoir ce que tu fais ?
- Je bricole.
Le Serpentard haussa un sourcil dubitatif, tandis que son épaule se laissait nonchalamment tomber contre la colonne de pierre qui bordait la rambarde de pierre.
- … Tu sais qu’il existe des sorts pour ce genre de choses ?, demanda-t-il, enfin.
La sorcière ne releva même pas la tête, les yeux rivés sur sa robe qu’elle tentait tant bien que mal de rabibocher à coup d’aiguilles inspirés.
- Un simple Reparo-
- -Aurait fait brûler le peu de vêtement qu’il me reste, marmonna Joy en coupant rapidement le fil entre ses dents, et tu le sais très bien. De plus, un peu de couture n’a jamais tué personne.
Il y eut un bref silence, alors que les deux sorciers observaient le travail effectué.
- C’est... pire, d’une certaine manière, non ?, constata-t-elle calmement.
- Hum.
La Poufsouffle observa un second temps de réflexion.
- Tu me donnes un coup de main ?
Swan soupira.
- Parfois, je me demande ce que tu ferais sans moi.
- … Plus de couture, j’imagine.
Dernière modification par Liliana le 16 mai 2020 - 21:51, modifié 1 fois.

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Xuulu
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Xuulu » 16 mai 2020 - 21:51

Titre : Le bateau-dragon
Thème de 22h: Bricoler
Fandom : HP
Nombre de mots : 473
Personnages : Pommy et An
Rating : TP
- Tu veux m’emmener faire du bricolage ??

An lui avait lancé un regard indigné :

- Du bricolage ?? Tu oses qualifier cet art ancestral de vulgaire bricolage ? Serre tes lèvres l’une contre l’autre et suis-moi, espèce d’elfe mal élevée !

Pommy avait réprimé un rire. Elle adorait provoquer ainsi son amie. Elle était en Chine depuis huit semaines, et An lui avait promis aujourd’hui de lui apprendre des techniques de charpenterie, qui était sa spécialité.

Les deux elfes entrèrent dans le grand atelier résonnant d’interpellations et de rires. Pommy suivit An jusqu’à un établi, sur lequel se trouvaient plusieurs troncs de bambou. An prit le ton sévère et professoral qu’elle affectionnait :

- Le bambou est la plante qui pousse le plus vite au monde. Il est aussi très léger et souple. On peut en extraire de la fibre, le couper en lamelles, le tailler en toutes les formes possibles. Le bambou est idéal pour fabriquer un bateau-dragon.

Là, Pommy était impressionnée. Si elle n’avait jamais vu de bambou, elle avait entendu parler des dragons. Aider An à fabriquer un bateau qui avait un rapport avec les dragons, ça l’intéressait.

Elle passa donc les heures suivantes à suivre attentivement les instructions de son mentor improvisé. Elle tronçonna, écorça les branches de bambou, les fit bouillir dans une potion. Le « chaudron » l’étonna : il s’agissait d’une sorte de bac long, à rebord, dans lequel de grandes longueurs de bambous pouvaient effectivement tenir. La cheminée, au-dessous, était également longue et étroite. Elle rabota, ponça, assembla, lia, enduit encore le résultat d’une colle imperméabilisante. La magie n’était invoquée que ponctuellement, pour finaliser la potion et la colle, pour aider le bois à se serrer et à se soumettre aux liens qui lui donnaient la forme de l’embarcation. C’était surtout un travail manuel, physique même, loin du bricolage dont avait parlé Pommy légèrement.

An était satisfaite : elle voyait que Pommy était de plus en plus absorbée par son activité. Après de longues heures de travail, elles durent rentrer se nourrir et se reposer. Le lendemain, la colle avait séché. Pommy fit passer ses mains sur les rebords de l’embarcation, admirant les courbes du bois. Elles avaient fabriqué une pirogue simple, sans l’espèce de figure de proue en forme de tête de dragon à l’avant. Pommy avait été déçue d’abord, mais An avait expliqué, d’un air implacable, que ces fioritures étaient superfétatoires (Pommy avait écarquillé les yeux en entendant ce mot). An, aujourd’hui, semblait satisfaite du résultat de leur travail.

- A quels sorciers est destinée cette embarcation ? demanda Pommy.

- Des sorciers, faire du bateau-dragon ? Pommy, tu as encore beaucoup de choses à apprendre sur les elfes libres ! Aucun sorcier ne montera sur cette pirogue. Non, maintenant que je t’ai appris à en construire un, je vais t’apprendre… à pagayer !

Pommy pâlit.
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Samantha Black
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Samantha Black » 16 mai 2020 - 21:53

Titre : Le début d'une nouvelle vie
Thème : 22h / Citation : "Si vous souhaitez une fin heureuse, cela dépend du moment où vous arrêtez votre histoire" (Orson Welles)
Fandom : HP
Nombre de mots : 657 mots
Personnages : James Sirius Potter et Clarissa Selwyn (OC)
Rating : Tout public
Clarissa et James s’étaient rencontrés à Poudlard. Elle avait été répartie à Serdaigle, lui à Gryffondor. Ils avaient partagé des cours en communs pendant les quatre premières années de leur scolarité, tout cela sans jamais s’adresser la parole. Il avait fallu attendre la cinquième année et une table partagée en cours de Sortilèges pour qu’ils discutent pour la première fois. Bien entendu, James savait parfaitement qui elle était, tout le monde connaissait tout le monde dans un aussi petit microcosme que Poudlard.

Il avait rapidement été séduit aussi bien par ses jolis yeux noirs que par son sens de l’humour qu’il trouvait excellent. Il avait déjà eu des petites amies avant Clarissa, mais il pouvait dire sans mentir qu’elle avait été son premier amour et que lui avait été le sien. Ils s’étaient aimés, vraiment.

— James, l’appela-t-elle le coupant dans ses pensées.
—  Désolé, je pensais à quelque chose.

Clarissa esquissa un sourire. Leur histoire s’était étrangement bien finie, malgré la rupture. Ils ne se détestaient pas, s’appréciaient même encore. Ils auraient pu rester encore longtemps ensemble sans amour, s’ils l’avaient voulu. C’était simple, pas forcément désagréable, mais Clarissa désirait plus, ne souhaitait pas se contenter d’une tiède affection.

— J’ai vu avec mon grand-père pour les papiers de la garde, déclara-t-elle. Comme on en avait discuté, il est parti sur une semaine sur deux. On est toujours d’accord là-dessus, n’est-ce pas ?
— Oui, oui ! Bien sûr, répliqua James en commençant à lire le contrat.
— Je l’aurais un mois pendant en juillet et août, et pareil de ton côté. Bien entendu, on pourra toujours s’arranger pour que l’un ou l’autre la voit un week-end sur deux pendant cette période. Cela risque d’être difficile pour elle de supporter une aussi grande séparation sinon, expliqua-t-elle.

James ne leva pas le nez des papiers tandis qu’un long silence s’installait entre eux. Il connaissait assez bien Clarissa pour savoir que, tout comme lui, elle n’était pas une adepte de cela et qu’elle devait se sentir mal à l’aise.

— Tout me paraît en ordre, finit-il par déclarer en attrapant sa plume.
— Tu ne veux pas le faire lire à ton oncle ?
— Tu essayes de me rouler ? tenta-t-il de plaisanter.
— Non ! Non ! Bien sûr que non, rétorqua-t-elle en souriant, c’est juste que je pensais que tu voudrais le faire lire à tes proches avant.
— Je te fais confiance, Clarissa, répliqua-t-il, sincère.
— Merci, répondit-elle en rougissant légèrement.
— Bon ! Je mets mes initiales et je signe ? C’est ça ?
— Tout à fait !

Sans hésitation, le jeune homme attrapa la plume et parapha le document.

— J’ai toujours bien aimé ta signature, dit-il, pensif.
— Oh ! C’est juste beaucoup de fanfreluches ! s’exclama-t-elle, gênée.

Le silence s’installa de nouveau entre eux. Quand ils étaient ensemble, il était rare qu’ils restent ainsi sans parler pendant plusieurs minutes.

— Bon ! Au moins une chose de régler ! lança-t-il en tapant des deux mains sur la table.

Clarissa sursauta légèrement et esquissa un sourire.

— Je vais récupérer Matilda chez mes grand-parents, dit-il, et je te la ramène dimanche soir, comme prévu.
— Parfait ! Lança-t-elle. Tu leur passeras le bonjour, ajouta-t-elle quelques instants plus tard.
— A tes grand-parents ! Passe-leur le bonjour de ma part ! J’ai toujours bien aimé ton grand-père, avoua-t-elle.
— Il t’apprécie aussi beaucoup, répondit-il, sincère.

Parmi les adultes de sa famille, son grand-père avait été le seul à avoir accueilli son ancienne petite amie chaleureusement dès le début de leur relation. Sa grand-mère, quant à elle, avait été un peu froide dans un premier temps, avant de se rendre compte que bien qu’elle porte le nom Selwyn, Clarissa n’avait rien à voir avec son aïeul.

— A bientôt, James ! Et fais attention à toi !
— Toi aussi, Clarissa ! répliqua-t-il en lui offrant un dernier sourire.

Il lui fit un signe de la main auquel elle répondit et quitta l’appartement sans se retourner. Ce n'était que le début d'une nouvelle vie.
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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Lyssa7 » 16 mai 2020 - 21:54

Titre : Une dernière danse
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Citation + musique + image
Fandom : HP
Nombre de mots : 472
Personnages : Megan Jones et Eddie Carmichael
Rating : -12 (mention d'alcool)
— Tu sais quoi, Eddie ? Le monde ne tourne vraiment pas rond.
— C’est toi qui ne tourne pas rond, Megan.

Megan Jones est ivre. Elle tourbillonne au milieu de la piste, s’accroche à son bras. Elle rit, elle pleure, elle boit, elle danse, son verre de whisky à la main. Et elle l’entraîne dans ce rythme frénétique où les mains et les jambes, frénétiques, partent dans tous les sens. Le pub est presque vide, et la tenancière les considère d’un œil hagard derrière son comptoir. Eddie, d’un geste de la main, lui fait signe qu’ils vont bientôt partir.

— Je tourne plus rond que le reste du monde, lui souffle-t-elle à l’oreille alors qu’elle l’entraîne une nouvelle fois dans sa ronde diabolique. Je tourne plus rond que toi qui m’aime sans le vouloir.
— Tu crois ça ? rétorque-t-il dans un soupir las.
— Ouais. Tu ferais mieux de te taire maintenant…

Elle passe les bras autour de son cou, et leurs souffles se mélangent. Leurs yeux se croisent durant un instant. Un bref instant où elle lui sourit. Elle lui sourit, et le monde semble tourner avec eux pendant quelques secondes de latence. Ces quelques secondes où leurs mouvements semblent en accord, où le monde a du sens. C’est elle qui mène. C’est elle qui guide. Évidemment, c’est un peu maladroit, mal coordonné et pas du tout dans le rythme, mais cela n’a aucune espèce d’importance. Aucune, jusqu’à ce qu’une larme roule sur sa joue et qu’elle reprenne la parole dans un murmure. Un murmure presque inaudible qui transperce les tympans d’Eddie.

— Est-ce qu’on pourrait juste se dire que ce soir, c’est la fin de l’histoire ? Je veux dire, le monde ne tournera pas plus rond demain, alors peut-être que… peut-être que ce serait plus simple si… si toi et moi, on s’imaginait que ce soir, l’histoire se termine. Ce serait une jolie manière d’obtenir une fin heureuse, non ?
— Pour qui ? Pour toi ? Pour moi ? Ou pour Patricia ?
— Pour nous.

Elle vrille ses prunelles aux siennes et, pendant un instant, un court instant, il oublie le reste du monde. Il oublie qu’il n’a aucun sens, et qu’il ne tourne pas rond. Jamais. Les fins heureuses ne se trouvent que dans les contes de fées. Eux, ils n’y ont pas le droit. Ou alors, ils ne savent pas comment s’y prendre. Ou peut-être que c’est un peu des trois. Tant pis, il s’en contentera. Ce soir, il oubliera. Il oubliera Megan et sa folie, lui et sa misanthropie. Il oubliera Patricia, la timide Patricia qui, hier encore, embrassait Megan.

Tant pis pour elle. Tant pis pour le monde. Tant pis pour eux. Les fins heureuses ne sont que des histoires inachevées. Ce soir, c’est lui qui l’embrassera.

Et, tandis que leurs lèvres se soudent, l’univers se scinde en deux.
Le sort est un poème, le destin est un roman
Avec la mort comme emblème, pour que chaque moment compte

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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Seonne » 16 mai 2020 - 22:00

Titre : Parfaite imperfection
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Image de 22h + citation + chanson (et ouais rien que ça)Fandom :
Nombre de mots : 1203 mots
Personnages : Dominique Weasley, Teddy Lupin
Rating : TP
Au milieu des champs qui entourent Loutry-Sainte-Chaspoule, les Weasley s’étaient rassemblés pour une après-midi d’été comme ils en avaient déjà connu tant. James, Roxane, Fred, Lily, Lucy et Rose s’étaient lancés dans une partie de Quidditch improvisée dans le verger de pommiers. Victoire, Louis et Hugo jouaient tranquillement aux cartes. Albus dessinait, un peu à l’écart, et menaçait de mordre quiconque tentait de regarder par-dessus son épaule.

Allongé entre les brins de blé, appuyé sur un de ses coudes, Teddy ne regardait en rien le spectacle pittoresque offert par sa famille d’adoption. Le match était pourtant très animé et il était imbattable à la Bataille Explosive. C’était à peine s’il avait conscience de tout ce qui se déroulait autour de lui.

Parce qu’une seule silhouette occupait ses pensées. Celle de Dominique, son pull jaune qui se détachait sous le soleil, ses cheveux qui se balançaient au rythme de ses déhanchements. Étourdissante. Elle dansait au rythme d’une musique qu’elle était la seule à connaître, pirouette sur pirouette, et il était incapable de détacher ses yeux d’elle.

Il ne savait dire ce qu’il le passionnait le plus. Son rire qui éclatait par moment, sans qu’aucun ne sache à quoi elle pensait ? Son insouciance qui lui donnait la force de faire ce qu’elle avait envie, sans se soucier de l’avis des autres – ni le regard réprobateur de sa sœur, ni les moqueries de James et Roxane ? Sa beauté naturelle, ce mélange parfait de la grâce d’une danseuse avec une énergie animale, presque sauvage. S’il avait pendant des années été fou amoureux du tableau de perfection qu’offrait Victoire, maintenant qu’il avait ouvert ses yeux à Dominique, il découvrait une toute autre
délicatesse. Parfaite imperfection. Elle était superbe et faisait fit de ses imperfections. Non. Elle en faisait une force.

Elle était un soleil qui éclipsait celui qui brûlait au-dessus d’eux.

Teddy porta une main à son front. Il avait un peu trop chaud ; peut-être aurait-il dut se mettre à l’ombre. Sa tête tournait un peu. Mais il n’avait pas la moindre envie de bouger. Il aurait pu rester là éternellement, à la contempler danser, danser, danser.
Il ferma un instant les yeux et son image tout en mouvement fut remplacée par l’immobilité du regard qu’ils avaient échangé, ce soir d’hiver, six mois auparavant. Il se souvenait de la profondeur de ses yeux ; il avait cru s’y noyer. Elle avait posé ses lèvres contre les siennes. Il l’avait repoussée. Il avait eu peur. Tout en lui criait qu’il s’agissait d’une erreur, d’un fantasme impossible d’adolescente. Il l’avait repoussée, effrayé.
Tout en douceur, il s’était dégagé de son étreinte. Elle n’avait pas eu besoin de mots pour comprendre. Il se souvenait de toute la douleur qu’il avait lu sur son visage. Mais elle n’avait rien dit. Elle avait sa fierté, Dominique. On ne la prenait pas à se morfondre. Elle avait relevé la tête, soutenu son regard, même lorsqu’il lui avait dit « Trop de champagne ? Ne t’inquiète pas, c’est déjà oublié ».

Sauf qu’il n’avait pas oublié.

Récemment, le souvenir le hantait de plus en plus.

Cela l’avait d’abord confus. Il sortait à peine de sa rupture, il venait de perdre son premier grand amour : pourquoi avait-il fallu que Dominique s’en mêle ? Il avait été en colère, un peu. Il savait bien qu’il était injuste d’en vouloir à la jeune fille ; mais c’était tellement plus facile.
Quand la douleur s’était dissipée, elle avait place à une nouvelle émotion qui grandissait chaque jour un peu plus en lui. L’envie.

Il rouvrit les paupières. Ces lèvres charnues dont il apercevait même à cette distance le rouge carmin l’appelaient dangereusement. Quel goût avaient-elles ? Il ne s’en souvenait plus, et il s’en voulait de s’être forcé à l’oublier. Il avait été stupide. Désormais, il était terrifié qu’il soit trop tard.

Des points noirs volaient dans son champ de vision. Il se releva ; le soleil lui tapait décidément sur la tête, tandis que Dominique tapait définitivement sur son cœur. Il chancela et manqua de trébucher. Il attendit de retrouver son équilibre avant de bouger de nouveau. Elle l’aperçut, debout, droit comme un épouvantail au milieu du champ. Pirouette après pirouette, elle se rapprocha jusqu’à lui faire face.

— Tout va bien ?
— Je… J’ai la tête qui tourne. Rien de bien important.
— Besoin d’un soutien ?

Elle lui tendit la main. Cette fois-ci, il n’hésita pas et la saisit.

Elle lui prêta un des écouteurs branchés au walkman qu’Arthur avait réussi à réparer. Quelques sortilèges de la confection de George lui permettaient de fonctionner malgré la magie environnante qui aurait dû le détraquer. Il mit l’étrange objet dans son oreille.

Les notes étaient lentes et douces. Le timbre feutré d’une flûte de pan, les accords d’une guitare, et d’autres instruments qu’il était bien incapable de reconnaître. D’autres sons s’y mêlaient. Le clapotement d’un ruisseau. Le chant d’un oiseau. Pas la moindre parole. Une mélodie atypique comme Dominique en écoutait. Une mélodie aux effluves de tendresse, d’insouciance. D’été.

Dominique referma ses doigts sur les siens, et d’une main ferme, l’entraîna dans son sillage. Teddy hésita, pataud. Il n’avait jamais été doué pour ce genre de choses. Il avait hérité de la maladresse légendaire de sa mère, comme on aimait un peu trop le lui répéter, et une honte introvertie qui en découlait. Il ouvrit la bouche pour s’excuser, lui dire qu’il se sentait mal. À peine eut il posé les yeux sur son sourire que ses craintes se dissipaient. Son cœur lui parut plus léger. Et il se laissa emporter dans la danse.

Il se laissa guider par le corps de la jeune fille. Elle lui enseignait sans rien dire. Il n’avait jamais connu si bon professeur. Une fois qu’il eut maîtrisé les pas les plus simples, elle tenta de le déséquilibrer, espiègle. À sa propre surprise, Teddy se prit au jeu. Ils tournoyaient l’un autour de l’autre, se sautaient à moitié dessus ; il la porta au-dessus de sa tête avec une force qu’il ne se connaissait pas. Ils avaient commencé dans la langueur de l’été, ils prenaient maintenant la fougue du soleil. De plus en plus vite.

Teddy ne réalisa pas ce qui s’était passé. Il sentit simplement son pied droit glisser et comprit qu’il était trop tard. Une seconde plus tard, il était étalé sur le dos, Dominique au-dessus de lui. Comment était-il tombé ? Aucune importance.

La futilité et les rires s’envolèrent bien plus vite qu’ils n’étaient apparus. Ce qu’il lut dans les yeux foncés de la jeune fille, il l’avait déjà vu. Une seule fois auparavant. Il crut qu’il allait s’embraser. Prendre feu, purement et simplement, au milieu des champs de blé.
Au lieu de quoi il lui rendit, après six mois, son baiser. Elle y répondit avec un désir brûlant.

Teddy soupira de soulagement.

— J’ai cru… Qu’il serait trop tard, chuchota-t-il.

Sa voix tremblait. Il ne s’était jamais senti si fébrile qu’en cet instant, à la merci de celle qu’il avait repoussé sans la moindre explication, pour se rendre compte avec tant de retard de la vérité. Elle l’attirait comme un amant et il était incapable de lui résister.

— J’ai failli attendre, lui glissa-t-elle avait d’embrasser furieusement son cou.

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Ella C.
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Ella C. » 16 mai 2020 - 22:02

Titre : /
Thème (écrit, image, citation ou musique) : citation + chanson
Fandom : Marvel
Nombre de mots : 437
Personnages :Nat, Sam et Steve
Rating : TP
Natasha s’était réveillée seule, étonnée de ne pas trouver de main pressant son épaule. L’appartement était encore silencieux ; aucun signe de Steve bien qu’il soit huit heures passées. Son téléphone portable ne l’aidait pas plus, ses appels redirigés automatiquement vers la messagerie.

Elle appela Sam. Il n’y avait rien de grave à ce qu’un adulte ait une demi-heure de retard en rentrant de sa course matinale, mais pas quand cet adulte était un Steve aux nerfs lessivés. Son ami fut du même avis qu’elle, et débarqua un quart d’heure plus tard. Natasha s’était assurée entre-temps que ni Hill ni Fury n’avaient plus d’informations. Elle prépara le café elle-même, regrettant avec inquiétude les tasses en carton que son mari aurait dû ramener.
Celui-ci arriva finalement à dix heures, le souffle étonnamment court, les cheveux ébouriffés et la mâchoire crispée, et son escale hebdomadaire à l’échoppe d’en face fut rapidement oubliée.
‒ Hydra cherche Bucky pour se venger, lâcha-t-il en même temps que son sweat qui chuta sur le canapé.
‒ Pardon ?
‒ Deux types cherchent Bucky, et ne le trouvent pas depuis qu’il s’est barré. Ex-Hydra. Viennent de sortir de prison.
‒ Bordel…
‒ ‘Voulaient que je lui fasse passer un message, ou je ne sais quelle menace. C’est pour ça qu’il est parti !
Il s’écroula à son tour sur le divan, sortit la feuille chiffonnée de sa poche. Sa tête tomba dans ses mains. Natasha et Sam lurent, en rythme avec sa respiration lourde et hachée, les lettres en partie effacée par la moiteur de ses doigts mais horriblement reconnaissables. La main de la rousse atterrit sur son épaule et la serra, fort, autant en soutien pour lui que pour elle.
‒ Il faut appeler Fury, disait le brun à la même seconde. Qu’on en finisse avec ces secrets.
‒ J’ai essayé tout à l’heure, mais mon portable est mort.
‒ S’il ne répond pas cette fois, on va le tirer de son bureau nous-mêmes.
‒ Cette fois ? souffla le blond, pendant que Sam s’engueulait avec le directeur.
‒ On a eu quelques discussions amicales avec lui, ces deux derniers jours. Il nous disait de lui faire confiance mais…
‒ C’était pour ça, vendredi… ?
‒ Hey. De ce que l’on sait, Bucky vit sa meilleure vie à la plage. Il ne va pas forcément plus mal que ça.
‒ On va au Shield, coupa l’ex-parachutiste. Steve, tu te rappelles du visage de ces types ?
Il acquiesça. Ça, il ne risquait pas de l’oublier, il mourrait trop d’envie de les revoir derrière les barreaux.
Ils laissèrent un mot à Carol puis détalèrent.

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Eanna
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Eanna » 16 mai 2020 - 22:02

Titre : Si vous voulez bien me faire l'honneur...
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Citation d'Orson Welles et chanson "First Dance"
Fandom : HP
Nombre de mots : 1042
Personnages : Neville, Ginny, Fleur
Rating : TP
— On ne saurait mieux dire* !
Neville sursauta presque lorsque la main de Roger Davies s’abattit sur la table qu’il partageait avec Fleur à quelques mètres de là, dans une parfaite imitation du geste de Fleur lorsqu’elle avait mimé l’expulsion d’un esprit frappeur de Beauxbâtons. Il n’entendait que des bribes de leur conversation, et devait se retenir de sourire en entendant Fleur critiquer l’intégralité des décorations de Noël de la Grande Salle. A côté de lui, Ginny lui jetait des regards mauvais.
— Elle n’est jamais contente, celle-là. Nos décorations sont très belles, je ne vois pas en quoi ses sculptures de glace seraient plus jolies, c’est Noël, après tout…
Neville acquiesça vivement, et garda son regard posé sur la tarte à la mélasse qui venait d’apparaître dans son assiette.
— Hermione est tellement jolie… soupira Ginny. J’aurais cent fois préféré avoir une robe comme la sienne.
— Tu es t-très jolie aussi ! protesta Neville avec un léger balbutiement.
Le sourire radieux que lui adressa Ginny le rassura, il avait peur qu’elle prenne mal le compliment. Elle aurait probablement préféré qu’il vienne d’Harry après tout…
Les Bizarr’ Sisters firent enfin leur apparition, et Neville dut se retenir de se boucher les oreilles lorsque les acclamations de tous les élèves retentirent dans la Grande Salle, résonnant terriblement contre les murs. Du coin de l’œil, il vit la chevelure argentée de Fleur bouger, et glissa un regard vers elle, pour se rendre compte qu’elle l’observait, l’air préoccupé.
« Tout va bien ? » lut-il sur ses lèvres.
Il acquiesça discrètement. Il avait du mal à croire qu’elle se soit réellement souvenue que les lumières violentes et les bruits assourdissants le gênaient. Ce n’est pas comme si ce qu’il racontait d’habitude avait quoique ce soit d’intéressant, mais elle s’en était souvenue. Il se sentit instantanément mieux, le cœur soudain plus léger – et tambourinant vigoureusement sans sa poitrine.
La musique qui s’éleva dans la Grande Salle se révéla être une mélodie lente, à son grand soulagement. Il vit Roger Davies se lever et inviter Fleur beaucoup trop cérémonieusement. A côté de lui, Ginny pouffa de rire, et se leva à son tour, pour l’imiter.
— Monsieur Londubat, me ferez-vous l’honneur ? demanda-t-elle en s’inclinant exagérément.
Neville éclata de rire et la suivit avec joie vers la piste de danse. Il était ravi qu’elle ait accepté son invitation au bal, même s’il savait que c’était surtout pour pouvoir y aller puisqu’elle n’était pas en quatrième année. Au moins, on ne s’ennuyait pas avec Ginny Weasley.
Tout se compliqua lorsqu’il fallut se mettre à danser. Et malheureusement, Ginny n’était pas beaucoup plus douée que lui.
— Mets ta main sur ma taille, souffla-t-elle, regarde, c’est comme ça que Harry fait.
Il vit qu’elle regardait Parvati avec une envie non dissimulée, et eut soudain de la peine pour elle. Si seulement Harry avait pensé à l’inviter plus tôt, et pas uniquement en désespoir de cause alors qu’elle avait déjà accepté d’aller au bal avec lui… Elle aurait probablement passé une meilleure soirée.
— Je suis désolé, dit-il, j’aurais dû m’entraîner un peu avant le bal…
— Ce n’est pas comme si on avait des cours… aïe ! de danse à Poudlard… aoutch, Neville, mes pieds…
— Oh pardon, pardon ! Je vais faire attention, mais j’ai déjà du mal à marcher correctement, alors danser…
Il aperçut un éclat argenté sur sa gauche, et ne put s’empêcher de tourner la tête. Il n’y avait pas de mots pour décrire Fleur à cet instant. « Éblouissante » semblait infiniment trop faible. Elle tournoyait, virevoltait, à peine guidée par Davies qui se contentait de suivre ses mouvements, et de remettre une main sur sa taille lorsqu’elle se rapprochait de lui.
A la fin de la chanson, il devait avoir marché sur les pieds de Ginny une bonne vingtaine de fois, et il se sentit horriblement coupable en la voyant boîter légèrement lorsqu’ils quittèrent la piste de danse.
— Je suis vraiment désolé, répéta-t-il pour la dixième fois.
— Bah, ça ne fait rien, tu sais j’ai grandi avec six frères, alors j’ai l’habitude de me faire marcher sur les pieds !
Neville eut un petit rire.
— Je suis sûr que Harry aurait été ravi de danser avec toi…
Ginny haussa les épaules.
— Parvati se débrouille mieux. Et puis je suis très contente que tu m’aies invitée, Neville. J’ai bien plus de chance que cette pauvre Padma par exemple.
Neville tourna la tête, et vit Ron toujours assis, et Padma à côté de lui, qui essayait désespérément d’attirer l’attention d’un garçon sans cavalière pour la sortir de son ennui. Peut-être que si Fleur se lassait de Davies, il irait l’inviter, et Neville pourrait essayer d’aller lui parler… ou de l’inviter à danser…
Il les vit revenir tous les deux à leur table, et croisa le regard de Fleur. Elle esquissa un mouvement vers lui, et Neville sentit son cœur battre à tout allure. Pourvu qu’il soit encore à peu près coiffé, et que sa robe de soirée soit encore bien mise… Mais à cet instant, Davies prit la main de Fleur, et lui adressa un sourire enjôleur. « Tu viens ? Je vais te montrer le parc », lut Neville sur ses lèvres.
Il regarda Fleur s’éloigner, la suivant du regard, incapable de s’en détacher. Au milieu de tous les autres hommes qui la fixaient comme lui, il était invisible. Mais c’est à lui qu’elle adressa un discret signe de la main signifiant qu’elle était désolée. Il aurait voulu que le temps s’arrête au moment où elle avait fait ce mouvement vers lui, celui de venir le voir, devant tout le monde.
C’était probablement mieux ainsi. Il aurait été incapable de lui parler en public, et elle était si belle dans sa robe argentée, et il se sentait si gauche, et si stupide à côté d’elle… Oui, cela aurait été un désastre si elle lui avait parlé. Et puis il ne voulait pas faire de peine à Ginny, elle avait mérité rien que ce soir d’avoir de l’attention, et de profiter du bal.
Alors, lorsqu’un nouveau morceau commença, semblable au premier, Neville lui tendit la main :
— Allez, on refait une tentative ?
Et Ginny le suivit, les yeux brillants de bonheur.
*Réplique de Harry Potter et la Coupe de Feu, JKR.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Carminny » 16 mai 2020 - 22:03

Titre : Introduction
Thème (écrit, image, citation ou musique) : 22h citation
Fandom : HP UA
Nombre de mots : 363
Personnages : Euh...
Rating : Tout public
Chaque histoire a un début. Enfin, un début où elle commence réellement. Du moins c’est l’impression qu’on a. Est-ce qu’on peut être sûr que ce début est le début ? Tous les personnages ont une histoire avant l’histoire. Et l’histoire d’Harry Potter ne commence certainement pas le premier novembre 1981. D’ailleurs, l’histoire que je vais vous raconter maintenant n’a quasiment rien à voir avec cette date. Il se passent pas mal de choses avant, et il y en a pas mal qui se passeront après. Certaines seront en lien avec l’histoire d’Harry, d’autres non. Mais toutes se passeront dans un univers où Harry a une famille un peu éloignée qu’il va découvrir bien après ce premier novembre. Car en ce premier novembre cette famille est à son plus bas et personne ne peut leur confier le Survivant.
Cette histoire a une fin aussi. Si nous nous concentrions sur les évènements jusqu’en mars 1981, nous pourrions être certains d’une fin heureuse. Mais dès mai de cette même année, nous sombrerons dans la tragédie. Ne vous en inquiétez pas trop, nous continuerons malgré toutes les difficultés. Et à un moment donné, nous pourrions à nouveau conclure à une fin heureuse. Mais cela ne durera pas trop longtemps, je vous le promets. La tragédie rattrapera rapidement l’histoire et elle finira certainement là-dessus.
Mais après tout qu’est-ce qu’une fin heureuse ? Faudrait-il continuer l’histoire jusqu’au point de « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ? Et qu’est-ce qu’une fin qui n’est pas heureuse ? Est-ce que cela a de l’importance en réalité ? Pas pour les personnages de cette histoire en tout cas. Ils font joliment leur vie avec ou sans nous. Et nous ? On rit, on pleure et on désespère parce que le sort s’acharne et que les personnages ne sont pour la plupart pas dotés d’un optimisme très présent.
Finalement, si cette histoire devait avoir une fin heureuse, ce serait probablement avant même son début : une rencontre dans un petit village au nord de l’Angleterre entre un sorcier et une cracmole. Mais la narration de cette histoire ne commence que douze années plus tard, lorsque Bluebell Ann Roberts entra à Poudlard…
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Alena Aeterna
Cannibale nocturne
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Alena Aeterna » 16 mai 2020 - 22:05

Titre : /
Thème : Mot 22h
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 607
Personnages : Q, James Bond, Gareth Mallory
Rating : Tout public
La montre émit un petit sifflement avant de s’arrêter, ses aiguilles figées. Un bruit sourd l’agita puis une légère fumée s’en échappa. À l’autre bout de la pièce, Q poussa un soupir avant de noter quelques observations. L’objet qu’il étudiait n’aurait pas dû être intact, il avait chargé un explosif à l’intérieur, avec assez de puissance pour créer des dégâts matériels dans l’entourage de sa création. Il ne comprenait pas à quel moment il avait pu faire une erreur, d’autant plus qu’il avait vérifié à huit reprises la bonne installation des éléments. L’idée lui était venue d’un ancien modèle bricolé par l’un de ses prédécesseurs et il avait voulu l’améliorer. Le résultat lui prouvait que son bricolage n’était pas du tout à la hauteur de ses espérances et cela le mettait de mauvaise humeur. Il avait déjà une voiture à réparer – une de plus, merci à double zéro sept – et si sa dernière invention s’ajoutait à ses difficultés, il ne rentrerait pas chez lui avant plusieurs jours.

« Encore dans les murs, Q ? lança la voix terriblement familière de l’agent de terrain. »

Le quartier-maître fit comme s’il n’avait rien entendu, concentrant son attention sur son écriture pour trouver l’origine du problème de la non-explosion. Bond n’abandonna pas pour autant et le rejoignit, jetant un coup d’œil par-dessus son épaule pour voir ce qu’il faisait.

« Une montre explosive ? Ce n’est pas un peu dépassé comme idée ?
— Rappelez-moi qui est le quartier-maître ici ? s’agaça le plus jeune. Je peux vous couper les vivres au niveau de mon département, double zéro sept, et vous auriez alors de gros problèmes.
— Vous ne le feriez pas, s’amusa l’espion en souriant, parce que vous auriez des comptes à rendre à M. Et de nous deux, je crois que vous en avez le plus peur.
— Je n’ai pas peur du patron, marmonna Q en barrant une ligne d’instruction. Quant à vous, Bond, vous devriez le craindre un peu plus, il pourrait vous envoyer à l’autre bout du monde sans protection.
— J’ai des arguments pour éviter ce genre de situation, répliqua James. »

Le responsable du département Q se figea un court instant en analysant les paroles de l’agent. Le jeune homme se demandait souvent jusqu’à quel point il y avait un double-sens dans tout ce que disait l’autre homme et cela de plus en plus. Il finit par hausser les épaules et par s’occuper de sa montre, défaisant le mécanisme pour l’observer plus attentivement. Il avait conscience de la présence de Bond non loin et il espérait que l’ignorance serait suffisante pour le faire fuir. Ce ne fut toutefois pas tel qu’il l’avait imaginé car si la porte s’ouvrit, ce ne fut pas pour un départ mais bien pour une arrivée.

« Q, avez-vous réussi à … Oh, bonsoir double zéro sept.
— Bonsoir Mr, répondit aimablement James. »

Trop aimablement au goût du quartier-maître qui releva légèrement les yeux vers l’entrée de la pièce. Son supérieur et l’agent de terrain étaient bien trop proches pour une simple salutation polie. Sans compter la lueur espiègle dans le regard de Bond et le léger sourire – léger mais réel ! – sur les lèvres de Mallory. Q ne s’attarda pas sur cette étrange découverte, ayant l’intime conviction qu’il venait d’assister à quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir, et il reprit son bricolage comme si tout était parfaitement normal. Il était payé pour ses créations et la protection qu’il pouvait accorder aux agents grâce à ses trouvailles, pas pour observer à la dérobée la parade amoureuse entre les deux hommes qui semblaient avoir oublié qu’il y avait un spectateur dans la pièce.
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Haru Nonaka
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Haru Nonaka » 16 mai 2020 - 22:06

Titre : heu... ne mérite pas de titre :lol:
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Citation d'Orson Welles et chanson
Fandom : HP
Nombre de mots : 334
Personnages : OC
Rating : /
Ce premier baiser avait été humide, maladroit, rapide et emplis de leur gène respective. Pas d’étincelles, pas de révélation soudaine, malgré ce désir entres eux présent, il avait été définitivement un baiser qui sur n'importe quelle stupide échelle aurais frôlé le zéro. Mais ça lui avait juste donné encore plus envie de recommencer. Dans les histoires qu’elle écoutait à la fois dubitative et ravie enfant, un baiser passionné scellait la fin heureuse, du premiers coup. Elle savait qu’il n’en était rien depuis bien plus longtemps que ses camarades de dortoirs. On choisi d’éviter de raconter la suite parce que si on ne finit pas en ellipse, le compte de fée rend ses armes, la promesse d’un bonheur éternel brisée par la réalité. Souvent les baisers parfait apportent avec eux par la suite des tonnes de déceptions, de désillusion. Après tout la perfection une fois atteinte, si tant qu’elle soit atteignable un jour, plongerait ses créateurs dans une catatonie profonde, ou dans le même manque qu’un junkie éprouve lorsqu’il cherche a retrouver ce moment précis. Un baiser parfait mènerait à l’autodestruction si facilement. Celui qui venait de survenir au contraire était comme un défi du destin, une proposition narquoise qui susurrait à son oreille: « c’est tout ce que vous êtes capables de ressentir et de faire ressentir ensemble, vous deux? ». Depuis elle ne pouvait s’empêcher de passer ses yeux subrepticement sur les lèvres de son condisciple, de rougir comme l’adolescente qu’elle n’était plus, c’était agacant, frustrant, mais merlin que c’était plus excitant que tous les souvenir de baiser qu’elle avait gardé en mémoire. Il avait un gout de découverte, ouvrait des milliers d’évolutions possibles ce baiser ridicule et mutuellement non désiré sur le moment. Il était une boite à outils entière de fantasmes possibles sur un autre, milles autres qui sans doute serait cent fois meilleurs. Elle se tapa sur la tête avec sa louche tant qu’il avait le dos tourné, il fallait qu’elle arrête une fois pour toute de penser a ce fichu baiser raté.
Dernière modification par Haru Nonaka le 16 mai 2020 - 22:14, modifié 3 fois.

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Hazalhia
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Hazalhia » 16 mai 2020 - 22:09

Titre : /
Thème (écrit, image, citation ou musique) : musique de 22h
Fandom : NCIS
Nombre de mots : 761
Personnages : Ellick
Rating : /
C’était Nick qui avait lancé l’invitation. Si on lui avait demandé, il aurait répondu que c’était pour s’en tenir à son rôle, que c’était juste une danse. Mais c’était faux, cette danse n’était qu’un prétexte, une excuse pour avoir Ellie près de lui. Pour sentir la chaleur de son corps et avoir une bonne raison de poser la main contre sa taille.

- Qu’est ce que tu fais Nick, je ne sais pas danser, lui souffla Ellie à l’oreille quand il pris sa main dans la sienne.

- Regarde moi, et laisse toi guider. Suis mes pas.

Depuis qu’ils avaient rejoint la piste de danse au milieu du restaurant, il ne l’avait pas quitté des yeux. Il ne le voulait pas, il ne le pouvait pas. Et maintenant elle le regardait à son tour. Nick et Ellie avaient déjà été proche de bien des façons, mais c’était la première danse qu’ils partageaient.

Nick menait leurs pas comme il l’avait promis. Ce n’était qu’une danse, mais ce moment paraissait bien plus intime que cela. Bientôt leurs mains s'enlacent, front contre front, ils dansaient calmement. Un peu plus doucement que le demandait la musique mais cela ne leur importait pas beaucoup.
Ils avaient conscience que ce moment était unique. Une bulle qui ne contenait rien qu’eux, et leur tendresse. Quand ils accrochait le regard de l’autre, il savait qu’il n’y avait rien à dire, que tout ce qu’il pouvaient faire pour le moment était de savourer cet instant fugace.

- J’aimerais que cette danse ne soit pas la dernière, murmura Nick à l’oreille de Ellie dont la tête reposait contre son épaule.

Ellie ne savait pas ce qu’elle devait penser. Comme à chaque fois qu’elle était trop proche de Nick, sa raison se brouillait, ses barrières se baissaient. Il était l’une des raisons pour laquelle elle avait érigé ces défenses, et pourtant il arrivait toujours à les faire tomber comme un château de carte.

Il y avait tant de chose à dire sur elle et Nick, sur leur relation, sur cette chose entre eux dont aucun ne voulait prendre le risque de mettre un nom dessus. Devait-elle aussi attendre que ce soit Nick qui la guide, ou bien était-il temps qu’elle prenne les devait. Elle ne savait pas quoi faire, il y avait tellement à à penser, tellement à redire. Elle ne savait même pas si elle était prête. Elle n’était même pas sûre que cela puisse mener quelque part, si ce n’est à des problèmes.

- A quoi tu penses?

Les mots étaient sorti de la bouche d’Ellie tout seuls. Elle avait appris à déchiffrer les expressions de Nick, elle savait dire quand il était heureux ou troublé comme à cet instant.
Ses grands yeux marrons étaient inlassablement plantés dans les siens, et ils esquissa un sourire. C’était un sourire, doux, et pensif, presque énigmatique. Il était à l’image de Nick en ce moment qui lâcha la main de Ellie pour laisser courir ses doigts le long du cou de Ellie.

- Demande moi plutôt à qui je pense?

Il avait parlé sans lâcher Ellie du regard, si ce n’est pour observer l’effet de ses caresses. Un sillon de chair de poule qui provoqua un froncement de sourcils de Ellie. Elle n’aimait pas que ses émotions soient aussi visibles. Elle n’aimait pas être transparente, et plus que tout elle aurait aimé que Nick ne voit pas l’effet qu’il pouvait avoir sur elle.
Cette danse avait prit un autre aspect. Elle remuait les souvenirs des moments passé ensemble. Elle leurs rappelait des gestes, des paroles, des sentiments. Des choses qui avaient toujours été là et qu’ils préféraient ne pas voir mais qu’ils ne pouvaient plus cacher.

Nick repris le rythme de la musique. Il leva le bras pour faire tourner Ellie sur elle même. Une seule fois, puis plusieurs. Jusqu’à ce qu’il la voit rire. Il aimait ce visage, heureux et souriant. Il aurait pu donner n’importe quoi pour le voir à son réveil tous les matins.
Il continua de guider sa partenaire. La souriante Ellie. La belle Ellie. La seule qui était capable de lui couper le souffle par sa simple présence. Cette femme si spéciale et pourtant tellement inaccessible.
Sur la dernière note, il la fit basculer en arrière. Il la rattrapa avant qu’elle ne lâche un cris de surprise, mais il sentait ses doigts crispés autour de son cou. Quand il la remonta contre lui, il murmura une pensée. Il parla si bas qu’il n’était même pas certain de l’avoir prononcé.

- Accroche toi Ellie. peut importe ce que tu diras, je me battrai pour toi.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.



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chrisjedusor
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par chrisjedusor » 16 mai 2020 - 22:10

Titre : Coup de coeur
Thème : Mot de 22h
Fandom : Hp
Nombre de mots : 466 mots
Personnages : Arthur Weasley
Rating :
Au milieu de son abri de jardin, Arthur a les yeux qui brillent de fierté face à son nouveau chef d’œuvre. Celui-ci est devenu son nouveau passe-temps. Il s’est amusé à le modifier en dehors de ses heures de travail. Et cela lui vide l’esprit de toutes les affaires dont il peut avoir à faire face au Ministère de la Magie. Les derniers ajustements ont été fait et après des semaines de dur labeur à bricoler sur cet engin, il peut désormais admirer ce véhicule qu’il a un jour retrouvé au sein de ce que les moldus appelle une fourrière.

Ce fut un pur hasard. Il s’est promené dans les rues de Londres de la manière la plus moldue qui soit et l’a trouvé à l’abandon au milieu d'autres de ces objets. Il a eu un coup de cœur. Dès que son regard eut posé les yeux sur ça, une brillante idée lui a traversée l’esprit et il n’a plus su se l’ôter de la tête. Après-tout, avoir entre les mains n’importe lequel objet moldu attisait toujours grandement sa curiosité. Et les améliorer avec la Magie est vraiment son passe-temps favori. Celui qui le rend tout aussi heureux que d'être entouré de sa Famille.

Au grand damne de Molly qui doit souvent tempérer ses ardeurs.

- Tu penses qu’on pourrait te l’emprunter, Papa ? demande Fred Weasley avec un étrange sourire en coin.

Arthur sort de ses pensées et se retourne vers l’un de ses deux jumeaux. La lueur malicieuse qui anime le regard de son fils ne lui échappe pas et il sait pertinemment que cela veut dire qu’une nouvelle idée de bêtise lui traverse l’esprit. Fred et George l’ont aidé à traficoter cette voiture mais il est clair qu’il ne pourra pas l’utiliser à la vue de tout le monde. Et sa femme n’aimera certainement pas l’idée qu’il a eu en améliorant cette machine à quatre roues.

La faire voler.

Un doux sourire s’affiche pourtant sur ses lèvres face à l’engouement de Fred et il le voit lancer un regard complice son frère, lui-même vautré sur le capot de cette voiture en espérant qu’il lui donne une réponse positive.

- Je vous laisse l’essayer accorde-t-il, mais ne vous faites pas prendre part votre Mère. Et ne faites pas n’importe quoi avec. D'accord ?

Au fond de lui, et même si Molly lui a interdit de faire n'importe quoi avec cette Ford Anglia, il espère la voir fonctionner. Alors, il fait confiance à ses jumeaux qui l’ont tous deux aider avec joie pour la faire marcher et lui rendre des comptes sur ce qu’il doit encore améliorer au sein de cette Machine moldue.

Les jumeaux se tapent dans les mains avec victoire face à son affirmation.

Certainement également au grand damne de sa Femme.
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Je te retrouverai en passant au dessus de la mort elle-même. # Lianna Sauwer ( oc)

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Tiiki » 16 mai 2020 - 22:30

Titre : /
Thème : Écrit 23h (Culpabilité)
Fandom : HP
Nombre de mots : 100
Personnages : Remus
Rating : TP

Rongé. Rongé par le sentiment honteux et insupportable qu’il était responsable de ce qu’il s’était passé la nuit précédente. Cent fois il s’était repassé la scène dans son esprit sans cesser de se torturer. Sans doute aurait-il fini par étriper le Serpentard si James ne lui était finalement jamais venu en aide. Les adolescents avaient fini par lui avouer : c’était Sirius qui avait tendu un piège à Rogue.

Dévoré par la culpabilité. Remus se rongeait les sangs. Et nourrissait maintenant une haine sans précédent pour Black.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par ninipraline » 16 mai 2020 - 22:32

Titre : Un soir sur terre
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Culpabilité
Fandom : HP
Nombre de mots : 100 mots
Personnages : Pétunia Dursley
Rating : Tout public
La neige tombait. Ce n’était pas la saison la plus propice au voyage. Le besoin de voir ce village, cette dernière demeure, avait grandi tout au long de la guerre, jusqu’à devenir impérieux. Les yeux embués de larmes détaillaient les ruelles, les petites maisons, croisaient des enfants déguisés qui réclamaient des bonbons, menaçaient de sorts.
Sort, ce mot lui faisait horreur.
Les maisons s’arrêtèrent de défiler et un papier froissé barré de quelques mots apparu. Le terrain vague laissa place à une ruine, et Pétunia fixa la tombe-monument de sa sœur et son beau-frère. Pourquoi cette querelle idiote ?
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Catie » 16 mai 2020 - 22:39

Titre : /
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Culpabilité + image banc
Fandom : HP
Nombre de mots : 761
Personnages : Surprise :mrgreen:
Rating : -12 ? TW : mention d'un cadavre
Assis sur le banc de pierre inconfortable, il regarde l’eau calme du lac clapoter contre ses chaussures. Dans son dos, il entend le vent se frayer dans les branches aux couleurs de rouille du saule pleureur qui ombrage la berge.

Il est entouré des seuls bruits de la nature. L’eau, le vent, les oiseaux qui pépient, les canards qui s’ébrouent un peu plus loin. Le brouillard qui s’élève a chassé les promeneurs et il est entièrement seul.

Si l’on excepte le cadavre devant lui.

Le corps de la jeune femme n’est qu’à moitié visible. Ses jambes s’enfoncent dans l’eau trouble, il voit à peine la couleur de sa peau pâle. Son buste s’étale sur le sol sableux, à quelques dizaines de centimètres de ses pieds à lui. Elle est vêtue d’une robe à fleurs printanière, malgré la température fraîche. Son décolleté met astucieusement en valeur sa petite poitrine aux seins ronds. Son teint est totalement livide dans la mort.

Sur sa gorge fine se détache nettement de longues traces de doigts qui ont viré au noir. Ses lèvres sont bleus, ses yeux marron écarquillés d’horreur. Ses longs cheveux blonds s’étalent autour de son visage telle une corolle morbide.

Teddy ne sait pas ce qui est le pire. Qu’il ait tué Victoire dans un élan de colère, ou qu’il n’en ressente pas la moindre culpabilité.

Il a beau sonder son cœur, il reste vide. Il a beau la regarder, il ne ressenti rien d’autre que de l’indifférence. Il devrait être horrifié d’être capable d’une telle atrocité. Il devrait hurler, pleurer, paniquer, appeler les secours.

Tout ce qu’il fait, c’est regarder l’eau mouiller de plus en plus la robe de Victoire, ses chaussures à lui, et la brume monter peu à peu du lac, dissimulant la forêt de l’autre côté de la rive.

L’absence de culpabilité lui fait plus peur que le cadavre à ses pieds, la manière dont il pourrait le justifier, ou les années qui l’attendent à Azkaban et la haine de la famille Weasley. Est-il fou ? Risque-t-il de tuer encore ?

Une moue au visage, il secoue la tête, peu convaincu. C’est de la faute de Victoire, tout ça, pas la sienne. C’est elle qui l’a trompé. C’est elle qui l’a provoqué en lui disant qu’elle le quittait pour un autre. La semaine avant leur mariage, elle l’a mérité, pas vrai ?

Son regard penseur se tourne de nouveau vers le corps immobile. Immobile ?

Sous ses yeux horrifiés, Victoire se lève sur son séant. Il sent son cœur s’arrêter dans sa poitrine. Il était pourtant sûr qu’elle était morte. Il a senti l’absence de pouls sous ses doigts, son cœur s’arrêter, la vie quitter ses yeux.

Pourtant, à présent, elle le fixe, d’un regard fou, ses lèvres bleuies s’ouvrent sur un sourire grimaçant. Elle tend vers lui des mains aux doigts recourbés en griffes. Ses ongles plongent vers son visage et…

Et Teddy se réveille en sursaut, le corps couvert d’une sueur froide. Ses violents frissons réveillent le corps endormi à côté de lui.

— Qu’est-ce qui se passe ? marmonne sa fiancée en se tournant vers lui, les yeux encore fermés.
— J’ai fait un cauchemar horrible, marmonne-t-il en retombant sur ses oreillers.
— Raconte, soupire-t-elle en se nichant contre lui.

Il passe un bras autour de sa taille, apaisé par le contact de son corps nu contre le sien.

— J’étais un vrai psychopathe.
— Plus que d’habitude ? le taquine-t-elle.
— Haha, répond-il sans aucun humour. J’avais tué ta sœur.

Dominique se réveille tout à fait, ses yeux s’écarquillant à ces mots. Elle se redresse sur un coude et plonge ses yeux bleus dans les siens. Teddy finit par détourner la tête, son regard se perdant dans les boucles rousses qui coulent le long de ses épaules nues.

— Et je n’en ressentais aucune culpabilité.

Cette fois, sa voix fait passer le tourment qu’il ressent. Il a cette peur sourde en lui. Celle de ne pas être normal.

— Ce n’était qu’un cauchemar, Teddy, chuchote Dom d’une voix apaisante. Elle est bien vivante.

Il hoche le menton, la gorge serrée. Ça n’en rend pas moins son rêve affreux.

Maladroitement, ils tentent de se rendormir, serrés dans les bras l’un de l’autre. Hantés par le fantôme de Victoire, dont le nom n’a même pas été prononcé.

C’est comme si elle était dans les draps avec eux, son souffle dans leurs nuques et ses yeux emplis d’une lourde accusation sur leurs omoplates.

Et la culpabilité les étouffe, comme toutes les nuits lorsqu’ils s’endorment l’un contre l’autre.
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To all of the queens who are fighting alone
Baby, you're not dancing on your own

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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par AlwaysLS » 16 mai 2020 - 22:39

Titre : /
Thème (écrit, image, citation ou musique) : culpabilité
Fandom : HP
Nombre de mots : 100 ( !)
Personnages : Remus Lupin / Emma Hurd (OC)
Rating : TP
Remus la regarda s’éloigner. Il regretta instantanément. Il sentit la culpabilité l’envahir. Remords ou regrets ? Il fallait faire un choix.
Il se lança à sa poursuite.
- Emma ! Hé ! Emma ! Attends !
Elle arrêta de marcher, se tourna vers lui bras croisés. Il déglutit. Son cœur battait à cent à l’heure.
- Tu as raison. Je suis ridicule. Mais je t’aime. Et qu’importe ce qui arrivera. Je veux être avec toi. Ce ne sera pas facile tous les jours. Je t’aime.
- Il était temps, souffla-t-elle dans un sourire.
Remords ou regrets ? Il avait choisi.
Titre : /
Thème (écrit, image, citation ou musique) : culpabilité
Fandom : HP
Nombre de mots : 413
Personnages : Hermione Granger / Harry Potter
Rating : TP
- Qu’est-ce qu’il y a, Harry ?
Hermione fixait avec attention son meilleur ami. Ce dernier soupira de lassitude et attrapa la bouteille de Whisky-Pur-Feu, déjà bien entamée. Il but plusieurs longues gorgées avant d’esquisser la volonté de répondre.
- C’est juste que je me sens un peu coupable.
La sorcière se redressa aussi vite qu’elle le put, compte tenu de tout l’alcool qu’elle avait consommé. Elle fronça les sourcils.
- Qu’est ce que tu veux dire par là ?
Le Survivant haussa les épaules. Le silence s’installa. Hermione pensait qu’elle n’aurait pas réponse. Elle n’était pas étonnée par cet aveu. En fait, cela faisait longtemps qu’elle attendait qu’il le prononce. La guerre les avait tous marqué. Ce n’était pas chose aisée que de reprendre une vie normale et d’admettre que certains visages familiers et aimés n’étaient plus. Harry avait tendance à se prendre pour un preux chevalier, qui défend la veuve et l’orphelin. Elle s’allongea sur le tapis de sa chambre, près d’Harry. Joue contre joue. Ses cheveux noirs chatouiller ses narines et ses yeux. Elle basculait doucement dans le sommeil quand la voix rauque du sorcier résonna dans la petite pièce.
- Je me sens coupable pour tout le monde. Pour Dobby. Pour Maugrey. Pour Cédric. Pour Sirius. Pour Fred. Pour Remus. Enfin pour tout le monde quoi. Si je n’avais pas agi comme je l’ai fait, rien de tout ça ne serait arrivé. Rien, Hermione.
- Que je sache, tu ne les as pas tués.
- Heureusement que tu es la sorcière la plus douée de sa génération, grinça Harry. Tu sais ce que je veux dire Hermione. Tous sont morts à cause de moi. Les gens ont souffert à cause de moi. Les Weasley, toi. Je suis sûr que j’aurai pu te sauver au Manoir Malefoy.
- Arrête de penser que tu es le centre du monde Harry, l’interrompit Hermione sèchement. Tous, on a fait des choix. On a choisi de se battre avec et pour toi. On a choisi et on en a accepté les conséquences. Ce qui est fait est fait. Et tu ne vas remonter le temps.
Harry se redressa brusquement. Il se mit à quatre pattes, de façon à regarder Hermione dans les yeux.
- Hermione, qu’est-ce que tu as fait de ton Retourneur de Temps de ta troisième année ?
Cette dernière éclata de rire. Puis, avisant le regard grave de son meilleur ami, elle demanda :
- Tu es vraiment sérieux, Harry ?
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par The Night Circus » 16 mai 2020 - 22:49

Titre : Bolero de Ravel
Thème (écrit, image, citation ou musique) : culpabilité
Fandom : HP
Nombre de mots : 613
Personnages : Remus Lupin
Rating : /
Alto et caisse claire.

Le Bolero de Ravel avait toujours accompagné Remus. Le hantait, le traquait, le mettait en rage et l'apaisait tout à la fois. L'obligeait à décomposer ses pensées pour les réarranger, le forçait à effeuiller son cœur comme on arrache les pétales d'une marguerite.

Flûte

Sa mère le lui faisait écouter sur un tourne-disque, avec un petit fascicule qui expliquait les instruments de musique, lorsqu'il était petit. Ils avaient remarqués après qu'il se soit fait mordre que le rythme immuable et lancinant de la musique avait une sorte d'effet, presque infime lorsqu'on ne le connaissait pas, sur ses transformations en loup. Il semblait un peu plus calme, comme hypnotisé.

Clarinette

A Poudlard, avec les maraudeurs, il avait un peu oublié Ravel et son boléro. Ses amis avaient su rendre son loup un peu plus humain sans musique et sans tourne-disque. Il se sentait un peu moins coupable aussi, loin de la souffrance qu'il causait à ses parents et près de ses amis, comme si on pouvait être coupable d'une maladie. D'un virus. D'une saloperie pareille.

Basson

Lors des premières années de l'ordre, il n'était plus question de retenir le loup. Il était question d'infiltrer, d'aider, quitte à appeler la bête au plus profond de lui ; mais l'ambivalence de l'homme et de la bête lui coûtait. Il se demandait parfois s'il n'aurait pas utilisé n'importe quel prétexte pour laisser libre court à la bête, parce qu'elle le répugnait autant que ce qu'elle pouvait lui donner un grisant sentiment de liberté, et il se détestait pour ça.

Hautbois

Et puis il y avait eu la trahison de Sirius, la mort de James, de Lily et de Peter, Harry chez les moldus, et plus rien à quoi se raccrocher. Un jour, par hasard, il avait entendu le Boléro de Ravel. Il avait été stupéfait. Le va et vient incessant de la musique l'avait saisi aux tripes, fait remonter toute sa tristesse, sa haine de la vie, sa violence rentrée, sa culpabilité en tout, après 17 minutes de torture, il avait atteint un calme qu'il n'aurait jamais cru connaître.

Saxophone

Souvent, lorsqu'il était professeur à Poudlard, pendant les quelques mois les plus heureux de sa vie d'adulte, les soirs de pleine-lune il prenait sa potion tue-loup et s'allongeait dans son lit à baldaquin en écoutant le boléro.

Cor Anglais

Sirius était innocent, et Remus se vomissait de l'avoir cru coupable.
Peter était coupable et Remus se vomissait de l'avoir pleuré.

Trombone

L'ordre reprenait du service, et Remus était presque heureux. Presque heureux. Il avait de nouveau un but, un combat, mais une inlassable petite voix lui murmurait qu'il aimait la guerre parce qu'il était fait pour ça. Pour sentir le sang chaud bouillonner contre sa langue.

Bois, violons et trompettes.

Tonks. Tonks. Tonks. Tonks.

Tout l'obsédait chez elle. Absolument tout. Elle était drôle, gentille, dévouée, intelligente.

Tonks, Tonks, Tonks.

Le son de sa voix, l'odeur de son corps. Il aimait les jours où elle arrivait au QG de l'ordre après une mission sans avoir eu le temps de prendre une douche, sa peau exhalait une odeur de chair, de sueur et de sang absolument délicieuse, et qui lui tournait la tête.

Il était trop vieux, trop dangereux.

Il l'aimait et la voulait comme il n'aurait jamais un jour pensé aimer et vouloir qui que ce soit. 

Mais cette odeur. Ce regard. Cette peau.


Flûtes, Saxophones, trompettes.


Remus était immobile sur son lit, le Bolero de Ravel le noyait tout entier.

Grosse Caisse, cymbales, tamtam, glissando de trombones.

Une main frappa trois coups secs, un rien indécis à sa porte. Il savait que c'était elle, il reconnaîtrait cette odeur entre milles.
-Entre...

Grand accord dissonant et écroulement final.
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Xuulu
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Xuulu » 16 mai 2020 - 22:49

Titre : Deux elfes dans un bar
Thème de 23h: Culpabilité et « La vie est un mystère qu’il faut vivre, pas un problème à résoudre » et chanson
Fandom : HP
Nombre de mots : 674
Personnages : Pommy et Sunny
Rating : TP
Pommy ne se sentait pas du tout, du tout bien, ce soir là. Elle n’avait accepté l’invitation à sortir de Sunny qu’à contrecœur, et seulement parce qu’elle l’avait menacée de la transformer en chauve-souris. Cette vieille elfe était décidément intraitable. Elles étaient à présent accoudées au minuscule comptoir d’un minuscule bar new-yorkais, tenu par un jeune elfe qui portait un nombre incalculable de boucles d’oreilles. Il se balançait derrière son bar, au rythme de la mélodie que diffusaient des hauts-parleurs. Pommy distinguait le mot « remedy », et se dit qu’elle aurait bien besoin d’un remède contre la mélancolie, ou plutôt la culpabilité. Sous forme liquide, ce serait encore plus idéal, se disait-elle en regardant le fond de son verre.

Un hibou lui était parvenu, plus tôt dans la journée. La lettre lui apportait des nouvelles de ses maîtres, mais beaucoup moins bonnes qu’elle ne l’avait espéré en l’ouvrant. L’un de ses maîtres avait été transporté à Ste-Mangouste, lui écrivait le second. Il était tombé malade, avait essayé de se reposer, mais son état nécessitait à présent une hospitalisation. Ils lui écrivaient bien sûr de ne pas s’inquiéter, de rester à l’étranger, de continuer à découvrir et à vivre, mais elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’elle avait tort de le faire. Si elle avait été à la maison, peut-être qu’elle aurait pu prendre soin de son maître… Lui faire sa soupe merveilleuse, dont elle tenait la recette de son propre père, et le veiller, de manière à éviter que son état n’empire… C’est vrai que ses maîtres atteignaient maintenant un âge fort avancé, pour des sorciers…

Elle ne put s’empêcher de s’en ouvrir à Sunny :

- Sun, tu sais, je n’arrive pas à me débarrasser de l’impression que je devrais rentrer m’occuper de lui.

Son amie la regarda longuement, à travers ses petites lunettes.

- Pommy, chérie. Je pense que tu te trompes. Tes maîtres t’ont donné une chance merveilleuse en te laissant partir, ils tiennent assez à toi pour t’informer de leur santé, et ils te font aussi assez confiance pour croire que tu ne vas pas te précipiter à son chevet.

Pommy savait tout cela, elle l’avait compris en lisant la lettre. Mais elle se tordait les mains, dans ce bar.

- Pourquoi est-ce qu’il est tombé malade maintenant ? Ça fait presque soixante-dix ans que je suis à leur service, ils ont toujours eu une santé de fer, je ne pars qu’un an après des mois de négociation, et après deux mois d’absence seulement, voilà que je regrette d’être partie ! Comme j’aurais voulu ne pas quitter la maison… J’ai cherché les ennuis, tout est de ma faute !

- On dirait que quelqu’un a besoin d’un autre verre. Bloom ! Une nouvelle tournée de vin des elfes, s’il te plaît.

Bloom lui fit un clin d’œil en remplissant à nouveau leurs verres. Ses boucles d’oreilles tintaient les unes contre les autres.

La vieille elfe, après avoir bu une gorgée, soupira.

- Je suis désolée que tu te sentes si mal ce soir. Mais je pense que tu devrais prendre cette année qui débute à peine comme une nouvelle manière d’envisager ta vie. La vie, c’est pas un problème à résoudre. Il n’y a pas de réponses à des questions comme « est-ce que j’ai bien fait de partir », « pourquoi les sorciers ont-ils la vie si courte » ou « est-ce que j’aurais pu empêcher qu’il aille à Ste-Mangouste ». J’essaie de ne pas avoir l’air d’une vieille chouette en disant ça, mais je serai soulagée si mon expérience peut te profiter. La vie m’a appris qu’elle était, bien plutôt, un mystère qu’il faut vivre. Si tu pars là-dessus, tu verras, ça changera tout.

Les oreilles de Pommy s’étaient redressées peu à peu pendant le discours de Sunny. Le vin de Bloom était vraiment délicieux. Une brise fraîche lui caressait la nuque. Son maître lui avait précisé dans la lettre qu’il lui enverrai d’autres nouvelles très bientôt. Elle était à New-York. Sa culpabilité, sans s’évanouir tout à fait, s’apaisa quelque peu.
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Haru Nonaka
Stagiaire chez W&W
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Haru Nonaka » 16 mai 2020 - 22:50

Titre : sombrer
Thème (écrit, image, citation ou musique) : culpabilité et l'image
Fandom : HP
Nombre de mots :
Personnages : OC
Rating : -12 (plus rating psychologique)
attention pas joyeux, idées sombres du personage
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La culpabilité courait dans ses veines comme un fleuve glacé. La nuit, alors qu’elle tentait de dormir c’était encore plus évident que le reste du temps. Sous sa peu la glace tranchante se heurtait aux troncs des arbres déracinés, dérivant tel les cadavres de ceux dont l’absence la hantait dans l’eau irrégulière des battements de son coeur. Ses cernes se creusait, elle les cachait derrières de piètres sorts. Elle était gelé dans les regrets. Elle aurait préféré être rongée de remords, on mentait quand on affirmait avec assurance que ce qui n’avait pas été tenté était pire encore que ce qu’on avait tenté. Elle n’en voulait pas au mots, elle les avait elle même prononcé tant de fois, mais au moins, quelques soit l’obscurité de l’imagination elle n’était pas peuplée d’horreurs aussi vives, elles laissait une part d’espoir. L’espoir était aussi froid dans son coeur que ses bras et ses jambes glacés. Son corps avait compris avant elle qu’elle était retourné a ce point là, dans ces gouffres insondables qui faisait d’elle une ombre. Ce n’était pas un détraquer qu’on chassait d’un patronus, on était au delà. Elle se laissait aspirer par le gouffre de la tristesse, emporter comme spectatrice de la personne qu’elle tentait de laisser paraitre. Encore ce vieux jeu passé, cette vielle rengaine lancinante et les sentiers de bruyères n’avait plus de couleur, la nourriture un gout de pourriture et les paroles des autres ne lui parvenait qu’a travers un brouillard. Elle ne ressentait plus, a part l’envie de marcher un pas de trop au delà des falaise, de porter à sa bouche la digue du jardin, pour que les voix se taise la nuit, pour que la douleur cesse. Mais elle savait, elle savait que ça passerait sans doute, après tout le gout du déjà vu était là. Elle était déjà passée par la, et puis d’autres mots, d’autres visages étaient la, de court instants elle avait l’impression de sentir un instant le voile du filet l’enserrant se briser, de respirer, de voir d’autres issues. Elle n’infligerait pas ça a ceux qui avait déjà perdu bien trop, et aux autres qu’elle avait tenté de protéger de cette noirceur, la douleur de perdre cette personne qu’elle ne réussissait plus à retrouver. Alors pour combler les insomnie elle sortait la pierre et fixait ses milles facettes, lui murmurait ce qu’elle ne pouvait dire aux autres, sans jamais céder à son appel. Il fallait qu’elle trouve une façon de réapprendre à vivre, peut ètre était il temps de cesser de prétendre. Elle se répétait ce mantra jusqu’a l’aube, mais inlassablement elle ne pouvait s’empecher de feindre devant les autres. Les autres aux failles ouvertes, ou blindées. Elle culpabilisait trop pour leur imposer un poids supplémentaire, alors elle se taisait, elle jouait tant que ses forces lui permettait. Enfermée en elle même, et dans cet effort la, elle ne s’était pas aperçu qu’un des regard, acéré, de ses compagnons d’infortune avait vu au dela du masque, et la surveillait, inquiet, en silence, rongeant ses propres nuits à fixer sa fenêtre, ses journée à chercher des mots pour aborder cette conversation nécessaire si dure à aborder. Elle pensait le monde comme cette écrin de solitude aux reflets verts de cette pierre qui l’hypnotisait toujours plus a chaque regard, a chaque tentation, mais elle n’était pas seule, elle ne l’avait jamais réellement été.

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Ella C.
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Ella C. » 16 mai 2020 - 22:51

Titre : /
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Culpabilité
Fandom : Marvel
Nombre de mots : 335
Personnages : Nat, Sam, Steve, Fury
Rating : TP
Finalement, ce qui énervait le plus Natasha, plus que Bucky qui prenait des vacances à l’autre bout du continent du jour au lendemain, plus que Steve qui risquait sa idiotement vie en suivant deux criminels sans prévenir personne, plus que les heures de recherche infructueuses, plus que la quantité de fausses pistes qui l’avaient tenue éveillée et creusait des cernes violettes sous ses yeux, plus que son meilleur ami et son directeur qui lui mentaient en la regardant droit dans ces mêmes yeux qu’ils exténuaient, plus même que ces mots en russe dont elle aurait préféré ne jamais deviner l’utilité, ce qui énervait le plus Natasha fut l’air absolument impassible qu’arborait Nick Fury lorsqu’ils se jetèrent dans son bureau, sans donner plus d’importance aux regards surpris et réprobateurs des secrétaires qu’à la porte qui laqua, et qu’ils le mirent devant le fait accompli.
Elle avait eu envie de se battre, avait été consumée par la détermination de ne pas laisser son ami affronter ses démons seuls, pas quand ils les partageaient, ces démons, avait brûlé de peur à l’idée d’arriver trop tard. Maintenant, sous le regard calme du directeur toujours maître de lui-même, elle avait envie de s’effondrer. Ses doigts s’emmêlaient dans les plis de son pull. Sam avait serré les poings à s’en faire craquer les phalanges, Steve avait été ramené des années en arrière et luttait pour repousser les souvenirs orageux, et Fury affirmait une fois de plus que la décision du départ avait été prise d’un commun accord par Bucky et lui, après de longue discussions, et qu’ils devaient maintenir leur confiance en leur ami, à défaut de la lui accorder à lui.
La culpabilité tordait le ventre de Natasha parce qu’elle constatait, avec une clarté horrifiante, que Bucky avait seulement voulu que son choix les protège et qu’ils avaient, tous les trois, échoué à le faire se sentir en sécurité. Ça les déchirait, tous les trois, qu’il ait préféré les fuir, elle le voyait mais Fury ne semblait pas s’en apercevoir.

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Bevy
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Bevy » 16 mai 2020 - 22:53

Titre : Yesterday
Fandom : hp
Nombre de mots : 492
Personnages : Percy, Olivier et Amos
Rating : -12 ans
**************
« Il y a forcément une autre explication, Olivier ! »
Percy manque de renverser de la main sa tasse de café. La boîte cabossée qu’Olivier a trouvé sous les lattes du plancher de la chambre d’Amos le nargue, avec son logo composée d’une fiole et d’une baguette d’un bleue électrique.
« Percy, personne ne planque des fioles sous le plancher de sa chambre. Sauf si on ne veut pas que ça se sache.
-Amos n’est pas un drogué ! maintient Percy. Je l’aurais vu. Je l’aurais su…
-Percy, les gens qui consomment des substances illicites savent le cacher. Ce n’est pas toujours écrit sur leur front. »
Posément, calmement, Olivier démonte avec tristesse toutes ses tentatives d’innocenter Amos. Le pire n’est pas le jugement de d’Olivier, qui lui a conté plus tôt l’histoire de Jules Lebrun, le jeune poursuiveur français du Club de Flaquemare qui avait vu sa carrière réduite à néant pour quelques fioles illégales. Le pire est sa culpabilité à n’avoir rien vu et rien fait alors qu’Amos l’a toujours soutenu. Percy sait que nier l’état de folie d’Amos est inutile, que nier l’existence de la boîte de fioles posées sur la table ne lui rendra pas service. Mais le jeune Weasley sait qu’à l’instar de Jules Lebrun et de ses rêves de gloire envolées, Amos sera discrédité au Ministère. Il est impossible pour lui d’imaginer Amos, homme fiable et droit, tombé dans une consommation illicite et dangereuse. C’est bon pour les autres, les paumés, les largués et les voyous de l’Allée des Embrumes. Pas pour les homme de bien comme Amos Digorry.
« C’est la même substance que j’ai trouvé dans la cuisine et dans le verre, l’informe Olivier, pour réorienter le débat. Amos avait des troubles de la mémoire ?
-Non, je n’étais pas au courant.
-« Memorian Corporation » est une firme américaine qui cartonne dans le domaine des potions aiguises-méninges et contre la dégénérescence cognitive. Ils cherchent à commercialiser librement leurs produits mais la guilde des médicomages s’y oppose.
-Comment tu sais ça ? s’étonne Percy.
-Ma petite-amie est apothicaire, tu te souviens ? Elle et la Stroganov refusent de vendre les produits de cette filiale.
-Ne le prend pas mal, je suis toujours un peu surpris que maintenant, ça soit toi qui t’y connaissent mieux en potions que moi.
- Tu devrais vraiment remettre ça aux médicomages. A mon avis, c’est la source des problèmes d’Amos Diggory.
-ça va lui attirer des ennuis. Si ça se sait, il peut dire adieu à sa carrière au Ministère. C’est tout ce qu’il lui reste, soupire Percy. »
Olivier s’approche et lui tapote l’épaule.
« Il t’a toi, mon vieux. Tu comptes plus pour lui que sa carrière, tu ne crois pas ? ça fait quoi, plus de dix ans qu’il est au même poste. Il aurait décroché une promotion, s’il le voulait, tu ne crois pas ? »
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

Mark Twain

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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Seonne » 16 mai 2020 - 22:54

Titre : Dans un monde de fous
Thème (écrit, image, citation ou musique) : culpabilité + image de 23h
Fandom : HP
Nombre de mots : 1404 mots
Personnages : Pansy Parkinson, Ginny Weasley
Rating : TP
Les yeux sombres de Pansy se perdaient dans les eaux troubles du lac. Enfin, lac était un bien grand mot, tout de même, songeait-elle. Marre ou étang aurait été plus approprié. On n’y voyait pas grand-chose, en cette saison, de toutes façons. Le brouillard s’accumulait au-dessus de la surface et formait un écran qui lui masquait les alentours. Qui lui masquait le reste du monde. On n’aurait pu songer meilleure cachette, se dit-elle, amère. Elle se sentait un peu plus protégée, ici.

La jeune femme serra sa lourde cape autour de ses épaules. Elle avait toujours détesté le lin. Une matière grossière, piquante, inélégante. Le genre de choses que devaient porter les Moldus. Et aujourd’hui, elle était bien contente de pouvoir s’envelopper dans cette vieille couverture et de pouvoir rester quelques minutes de plus dehors, alors que le jour déclinait et que la morsure du froid se faisait de plus en plus acerbe sur sa peau. Elle n’avait pas envie de rentrer. À l’intérieur, elle avait l’impression d’être chez les fous – et c’était un peu le cas, pas vrai ? Un éclair de colère passa sur sa figure, déforma ses traits, puis son visage se lissa de nouveau alors qu’elle retrouvait son apathie.

Elle l’avait bien mérité, se répétait-elle. Elle ne savait pas si cette pensée qui la liait à la réalité l’empêchait de sombrer dans la folie, ou témoignait au contraire de la perversion de son monde.

Au crépuscule, le parc prenait des allures lugubres. Pas vraiment effrayantes, il y avait des choses bien plus horribles à craindre en ce monde que les ombres qui se cachaient entre les arbres de Poudlard. Non, l’endroit se teintait de morbidité, tout en nuances de gris, comme s’il perdait sa saveur. Un peu comme sa vie, qui perdait ses couleurs. Elle était drôlement amère, ce soir. Mais elle avait bien le droit de l’être.

Une bourrasque arracha envoya valser une de ses mèches noires dans ses yeux et elle s’en débarrassa du revers de sa main. Pendant une fraction de seconde, sa peau nue passa devant ses yeux. Suffisamment longtemps pour qu’elle puisse apercevoir les hématomes qui marquaient sa peau. Elle tira nerveusement sur les manches de son pull mais même ainsi, elle était bien incapable de cacher l’intégralité de son corps. Elle savait qu’une petite visite à l’infirmerie aurait suffi à effacer ces vilains bleus mais elle se refusait à aller quémander l’aide de Mrs Pomfresh. Elle ne voulait pas raconter ce qui lui était arrivé, elle ne voulait pas qu’on s’apitoie sur son sort. Et puis, elle n’avait besoin de l’aide de personne. Elle n’était pas faible.

Pourtant, elle n’avait pas réussi à se défendre seule. Quand ces quatre crétins de Grynffondor – il lui semblait que l’un d’entre eux était de Serdaigle, mais elle n’en était pas sûre – lui étaient tombé dessus, elle avait été dépassée par le nombre. Que leur avait-elle fait ? Absolument rien. Ni à eux, ni à personne. Son seul crime avait été l’insigne de Serpentard, cousu sur sa robe. Elle était l’une des rares parmi ses camarades à encore réussir à passer entre les mailles du filet et refuser de torturer sous les ordres des Carrow. Mais cette guerre de clans se fichait bien des individus. On était d’un côté, ou de l’autre. Blanc ou noir, gentil ou méchant, partisan de saint-Potter ou du Seigneur des Ténèbres. Pas de place pour les nuances. Pas de place pour les gens comme elle, qui se contentaient d’être perdus.

Rejetée par son ancienne bande d’amis car elle refusait d’approuver la cruauté des Mangemorts. Tabassée par les chevaliers servants sauveurs du monde sorcier parce qu’elle refusait de prendre part à leur rébellion.

Pansy ne s’était pas rendue compte que les larmes lui étaient monté aux yeux. De grosses perles salés dévalaient ses joues et se perdaient dans son écharpe, là où le tissu dissimulait son cou meurtri.

Ce devait être de sa faute, pas vrai ? Ce genre de chose n’arrivait pas sans qu’on l’ait bien mérité. Une culpabilité sourde et sans objet lui broyait les entrailles. Son crime était de ne pas savoir. De ne pas choisir.

— Parkinson ?

Elle n’avait pas entendu qu’on s’approchait d’elle. Pansy se retourna en sursaut. À travers le brouillard de ses pleurs, elle n’aperçut qu’une tâche orangée qui se détachait dans le morne paysage.

Weasley ?

— Tu pleures ?
— Va-t’en !

Elle lui tourna le dos, fulminant de rage. L’humiliation était cuisante. Il ne manquait plus que ça. Elle imaginait déjà la petite cheffe des rebelles, accueillie en véritable héroïne, acclamée lorsqu’elle crierait sur tous les toits qu’elle avait vu Parkinson chouiner comme un animal blessé.
Il y eut un moment de silence, durant lequel Pansy pria de toutes ses forces pour que l’autre la laisse tranquille. Au lieu de quoi elle se rapprocha. Pansy paniqua. Elle n’avait plus la force de combattre quiconque.

Ginny Weasley passa un bras autour de ses épaules et la serra contre elle avec tendresse compassion.

Pansy crut qu’elle allait s’évanouir. Son cauchemar prenait des tournants de plus en plus psychédéliques.

— Je suis désolée, lâcha la rouquine.

Il aurait été infinimment plus simple de se dire qu’elle mentait. Qu’elle n’était qu’une hypocrite qui tentait de la faire tomber dans un nouveau piège. Mais les remords qui faisaient résonner sa voix étaient bien trop profonds pour être feints. Décontenancée, Pansy se calma quelque peu.

— Qu’est-ce que tu racontes ? Si tu es venue te moquer…

Elle tenta de la repousser d’un coup d’épaule, en vain. Elle était trop abattue pour dénigrer une épaule sur laquelle pleurer, et des bras prêts à la consoler.

— Susan Bones m’a dit ce qui t’étais arrivé. Je suis… Je suis désolée.
— Mais qu’est-ce que tu peux bien avoir à faire avec tout cela ? Tu n’étais pas là, que je sache. Alors laisse…

Ginny soupira bruyamment.

— Les quatre imbéciles qui t’ont… attaquée. Ils font partie de l’AD.
— Sans blague. Le petit club de la résistance prêt à nettoyer Poudlard des monstres de Serpentard, c’est ça ? Je ne vois pas en quoi vous pouvez vous croire meilleurs que…
— Justement. Ce qu’ils ont fait c’est… C’est dégueulasse. C’est impardonnable. Et je veux que tu comprennes bien que l’AD ne cautionne en rien leurs actes.
— Ton AD, je m’en contrefous comme de mon premier balai.
— Alors que moi, je ne cautionne pas. Non, je les désapprouve, je… Ils méritent d’être punis pour ça.
— Je ne les dénoncerai pas, si c’est ça que tu es venue me demander. J’ai beau détester ta bande de zigotos du plus profond de mon âme, je ne vais pas leur imposer une retenue avec Carrow. Alors tu peux arrêter ta mascarade et rejoindre tes petits copains, d’accord ? Pas de faux semblants entre nous, Weasley.

Elle parlait avec une acidité cruelle, compte tenu du fait que l’autre ne paraissait que vouloir l’apaiser. Mais Pansy ne croyait plus en les bonnes intentions de personnes. Elle avait vu trop d’horreurs pour continuer de croire qu’il existait du bon dans ce monde. Ils étaient tous des monstres, les uns comme les autres, elle comprise.

— Tu es différente des autres, observa Ginny comme si elle avait lu dans ses pensées.
— Qu’est-ce que tu racontes ?
— Tu n’es pas une mauvaise personne, Parkinson.
— Bonne ou mauvaise personne, hein ? Il n’est pas un peu manichéen, ton monde parfait, Weasley ?

Elle ne lui répondit pas. Pansy regretta vaguement son agressivité. Peut-être que Ginny ne voulait réellement que la consoler. Difficile à croire, venant d’une personne qu’elle avait toujours cordialement détestée, et réciproquement. Que voulez-vous, une guerre, ça vous change une pire ennemie en réconfort, songea-t-elle. Pitoyable.

— Nous sommes tous en train de devenir fous, lâcha Pansy malgré elle, troublant le silence.
— Peut-être que c’est tout ce qu’on mérite, répondit Ginny en faisant écho à ses sombres pensées.
— Non. On mérite de se faire des crasses comme des adolescents normaux, on mérite de se battre pour la coupe des quatre maisons, et de se huer sur le terrain de Quidditch. Pas de s’entretuer.

Son ton était dur, implacable. Cruelle vérité.

— Crois-moi, je préfèrerais pouvoir te haïr en tout bonne conscience, Weasley. Voilà que je vais devoir te remercier.
— Toujours à ton service pour t’emmerder, Parkinson.

Pour la première fois de la journée, Pansy rit.

Ils étaient tous fous. Elles-deux en particulier.

Dans un monde fou, seuls les fous sont saints d’esprits, c’est bien ce que l’on dit ? songea Pansy.

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Fleur d'épine
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Fleur d'épine » 16 mai 2020 - 22:55

Titre : Ton invitation
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Culpabilité
Fandom : HP
Nombre de mots : 1183
Personnages : Wilkes, Rosier
Rating : tout public

« Chez Iago et Philomène Wilkes », lisait Rosier devant la grille du manoir. C’était la première fois qu’il s’y rendait, après des années d’amitié y’avait de quoi halluciner mais Edward avait toujours insisté pour l’éloigner le plus possible de ses parents. « Pourquoi ? » demandait Rosier, sans n’obtenir jamais de réponse. Aujourd'hui, c’était le jour J, ils allaient enfin se rencontrer et même si ça n’avait rien d’officiel, rapport à leur relation, cela faisait plaisir à Rosier. Dans le fond, Wilkes aimait faire plaisir à Rosier, même s’il le regrettait toujours après.

Il passa la grille et traversa l’allée pour atteindre l’immense porte d’entrée à laquelle il asséna trois coups. Une vieille elfe de maison vint lui ouvrir et lui demanda de la suivre dans le salon. Quand il y pénétra, il fit face à ce qui lui semblait être une fresque romantique, Iago Wilkes se tenait droit, lisant une lettre qui nécessitait toute sa concentration. C’était un homme à l’allure grave et austère mais avec beaucoup de prestance. Sa longue moustache et ses lunettes lui donnaient un air encore plus sévère. Il intimida tout de suite Evan.



Edward et sa mère reposaient sur un beau canapé en velours vert. Le fils faisait la lecture à la mère qui, étendue contre l’accoudoir, se prélassait.

Son arrivée surprit l’harmonie ambiante. En moins d’une seconde, tout s’accéléra. « Oh, Evan Rosier, enchantée. », « Notre fils nous a beaucoup parlé de vous », « Bonsoir Evan ». Tout fut solennel et cérémonial. Monsieur Wilkes le regarda de haut en bas et lui demanda « Comment vous êtes rodé ? », ce que Rosier ne comprit pas, mais il fut sauvé par la mère qui s’exclama que ce n’était pas le temps pour ce genre de conversation et qu’il fallait se mettre à table dès à présent, alors ils changèrent de salle pour la dégustation.

Le regard de Wilkes était fuyant. C’était un garçon différent en compagnie de ses parents. Soudain, Evan regretta d’avoir tant insisté pour venir ici. Il désirait se faire connaître de la famille de son amant mais c’était plus désagréable que prévu. Cela valait-il vraiment le coup ? Wilkes lui-même n’était pas à l’aise.

A table, le silence était de mise. Rosier n’avait jamais assisté à un repas aussi sinistre et pourtant, il venait lui aussi d’une maison de grande lignée. Mais il y avait au moins les commentaires de son père, les discussions politiques, et quelques légères animations. Ici, pas un souffle, l’ambiance était décidée par Iago Wilkes. S’il était taciturne, tout le monde se taisait. Mais Philomène tenta tout de même de renverser la donne, semblait se rendre compte de l'impolitesse de la situation, en le questionnant vaguement sur sa vie et ses projets. Il répondait brièvement, sentant bien que ses réponses n’intéressaient personne. Wilkes ne le regardait toujours pas.

Au moment du dessert, la mère se ranima :
— C’est bien qu’Edward ait trouvé un garçon d’une aussi bonne trempe que vous pour l’accompagner. Vous avez été initiés ensemble si je ne me trompe pas ?
— Non, c’est vrai.
— C’est ça qui forme une bonne camaraderie. Maintenant vous vous soutiendrez jusqu’à la fin de votre vie.
Cette idée le fit frémir et il osa un regard à Wilkes qui gardait la tête baissée.
— Oui, c’est certain. Cela nous a vraiment lié.
— Quand est-ce que tu vas te décider à te marier ? vociféra soudainement le père.
Rosier sursauta ; Wilkes se redressa et bafouilla avec un semblant de confiance :
— Je ne sais pas, père. Aucune prétendante ne m’intéresse.
— Tu fais le difficile.
— Je vous assure que
— Silence. Au lieu d’être fourré tout le temps avec ce Rosier, tu pourrais te centrer davantage sur ces questions primordiales. A ton âge, je faisais déjà la cour à ta mère. N’oublie pas qu’il te faut une descendance. Qu’attends-tu, je me le demande ? Dites-le lui, vous aussi, Rosier, que c’est une négligence. A moins que vous ne soyez la raison de ce retard.

Evan ne savait plus où se cacher.

— Il ne cesse de me le dire, répondit Edward à sa place. Mais je n’y peux rien si je n’ai pas de coup de cœur. J’attends le véritable amour.
— Avec ce genre de discours stupides, tu peux attendre longtemps. C'est désespérant.

Un lourd silence prit la relève. Evan se sentait de plus en plus mal à l’aise.

— Et vous, Evan, fréquentez-vous quelqu’un ? demanda gentiment la mère.

Rosier ne put s’empêcher de constater le reniflement méprisant du père à cette question.

— Non, moi, madame, je suis libre comme l’air.

Il sentait que ce n'était pas la bonne réponse à donner, mais la véritable réponse aurait été encore pire à leurs oreilles.

— Wapa ! Débarrassez la table, nous avons fini. Et apportez-nous l’hydromel.

Le fameux hydromel de Iago Wilkes, celui auquel Rosier s’était saoulé avant même d’entrer à Poudlard, il le voyait pour la première fois.

— Vous pouvez supporter ça ? demanda le père avec mépris.
— Bien évidemment.
— Vous les Rosier, vous tenez beaucoup de paroles en l’air, je me méfie.
— Je ne savais pas que vous étiez en froid avec ma famille.
Iago explosa d'un rire faramineux.
— Nous verrons bien si vous êtes un homme ou une mauviette.
Wilkes soupira dans son coin.

La suite de la soirée eut lieu dans le boudoir où Rosier dut affronter Iago aux échecs. Il se fit, comme l'on pouvait s’en douter, laminer. Iago voulait l’humilier, c’était certain, et Rosier ne savait pas ce qu’il avait fait pour mériter cela. Il ne pouvait tout de même pas être au courant du lien secret entre son fils et lui, sinon il l’aurait renié, Wilkes le lui avait toujours dit. Alors pourquoi le détestait-il ? La mère, tout au contraire, avait pour lui une relative sympathie et ne cessait de le remercier de sortir Edward de sa solitude forcée.

Au bout d’une heure interminable, il fut autorisé à quitter le Manoir, ou plutôt, il en fut chassé. Edward le raccompagna à la porte et c’est au moment des adieux qu’il reconnut enfin l’homme dont il était amoureux.

— Rosier. J’aurais préféré que ça se passe autrement. Malheureusement mon père est… comme il est. Ne m’en tiens pas rigueur, je t’en prie.
— Ça change quelque chose entre nous ? demanda Evan, inquiet.

Wilkes ne répondit pas. Il était rempli de culpabilité. Il avait observé le manège de son père, cruel, qui avait pour unique but de rabaisser devant lui l’homme qu’il aimait. Il se sentait fautif vis-à-vis d’Evan mais en même temps, les manœuvres de son père n’avaient pas été totalement vaines. Alors il ne répondit pas. Il ferma la porte et ajouta simplement un « A la prochaine » peu convaincant. Avec tristesse, Rosier transplana.
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CacheCoeur
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par CacheCoeur » 16 mai 2020 - 22:58

Titre : Tu n'es pas comme les autres, toi !
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Culpabilité
Fandom : HP
Nombre de mots : 1048
Personnages : Théodore Nott, Sally-Anne Perks
Rating :
- Tu te sens coupable parfois ?
Théodore leva la tête de son manuel de potions. Sally-Anne était penchée au-dessus de lui, ses yeux gris en train de l’étudier.
- Je n’ai pas le temps de me sentir coupable, répondit-il.
- Quand tu as lancé ton doloris sur cette gamine, et qu’elle s’est mise à pleurer de rage, tu ne t’es pas senti un tout petit peu coupable ?
- Non.
Sally-Anne se demandait comme il faisait, parce qu’elle, elle n’en trouvait plus le sommeil. Dans sa tête, elle entendait ces enfants sangloter et hurler, la suppliant d’arrêter. Elle commençait à détester la magie, à force de n’en voir que la noirceur.
- Quand cette guerre sera terminée, dans plusieurs siècle et dans les livres d’Histoires, on parlera des gens comme toi et moi. On dira d’eux qu’ils n’ont rien fait, qu’ils se sont cachés et qu’ils ont obéit par peur. On nous méprisera et on nous détestera.
Théodore haussa simplement un sourcil, intrigué.
- Le professeur Binns nous présentera comme des lâches qui ont torturé leurs camarades, juste pour ne pas avoir à subir un doloris ou un impero à leur place.
- Si le Seigneur des Ténèbres gagne, les livres ne parleront pas du tout de toi.
- Et de toi ?
- Peut-être, soupira Théodore.
Il jura que la peau d’opaline de Sally-Anne était devenue encore plus blanche.
- Tu vas les rejoindre, n’est-ce pas ? Demanda-t-elle d’une voix tranchante.
Théodore ne répondit pas tout de suite. A vrai dire, il n’en savait rien… Son père était un mangemort, trop vieux pour servir convenablement Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et les Nott étaient des sang-purs respectés, des nobles… Théodore bénéficiait de beaucoup de privilège grâce à son nom. Les Carrow le laissaient en paix et les autres élèves n’osaient plus le regarder dans les yeux. Ca ne le dérangerait pas. Théodore n’avait jamais aimé les gens de toute façon… Qu’ils s’écartent tous sur son passage lui facilitait grandement les choses et rendait sa vie moins pénible. Il s’attendait à ce que le Seigneur des Ténèbres fasse de lui un mangemort. Il se préparait à le devenir… Il resta silencieux.
- Tu me dégoûtes, souffla-t-elle.
Théodore eut l’impression de recevoir deux paires de gifles. Ses yeux étaient si plissés, qu’il les croyait fermés. Elle s’assit en tailleur, à même le sol, aux pieds du canapé sur lequel il était assis. Elle l’affrontait, attendant qu’il flanche.
- Pourquoi tu les rejoindrais ?
Théodore eut envie de lui répondre que les sorciers étaient devenus laxistes, faibles, en laissant des êtres moins purs entrer dans leur communauté magique. Les nés-moldus, les sangs-mêlés, les traitres à leur sang, n’avaient pas leur place. Pour se protéger, il fallait rester soudés. Mais il garda ses lèvres scellées, incapable de parler. Comme si elle lisait dans ses pensées, Sally-Anne renifla avec dédain :
- Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?
- Qui ça ?
- Ceux qui ne sont pas comme toi ?
- Personne n’est comme moi, haussa-t-il les épaules.
- Je ne parle pas du fait que tu as un vrai problème d’anxiété sociale, que tu es psychorigide, trop sérieux, méprisant et hautain… Je ne parle pas du fait que tu es toi, et que de ce fait, Merlin merci, tu es unique. Je te parle de ceux qui ne sont pas des sangs-purs.
Théodore resta de marbre en écoutant Sally-Anne énumérer tous ces défauts. Ainsi, c’était ce que les gens pensaient de lui ?
- Tu es bavarde, grossière, bizarre et tu t’habilles comme une prostituée ! Rétorqua-t-il.
Un éclair passa dans les prunelles de l’adolescente et il s’attendait à ce qu’elle s’énerve. Mais au lieu de ça, elle éclata de rire, réchauffant la salle commune et faisant drôlement gargouiller le ventre de Théodore.
- Je suis tout ça, admit Sally-Anne.
- Je ne suis pas tout ce que tu as dit.
- Ah oui ?
- Je ne te méprise pas…
- Ah oui ? s’étonna davantage la blonde.
- On est pareil.
- Je ne serai jamais une mangemort.
- Pourquoi ?
- Parce que je ne crois pas en l’idéologie du sang.
- Pourquoi ?
Théodore était sincèrement intéressé. On lui avait toujours présenté les choses de cette façon. Il était méthodique, raisonnable, intelligent. Il voulait des faits, des preuves, des thèses, des anti-thèses. Il était convaincu, mais pas obstiné.
- Beaucoup de grands sorciers et sorcières sont des nés-moldus.
- Exact.
Il ne pouvait pas le nier.
- On ne choisit pas de naître. On ne choisit pas sa famille. Ta mère et ton père auraient pu être des moldus.
- C’est ridicule.
Il détestait la persuasion. Le faire essayer de se mettre à la place de ces gens, c’était inutile.
- T’es pas un crétin, Nott.
- Tu n’aimes pas quand je t’appelle Perks. Alors pourquoi m’appeler Nott ?
- Parce que manifestement, tu accordes plus d’importance au nom qu’on te lègue, plutôt qu’à celui que tu pourrais construire.
Sa remarque le piqua et cru recevoir sa troisième paire de gifles de la soirée. Ses joues commençaient à chauffer. Il n’était pas du genre à perdre le contrôle de ses émotions. Mais Sally-Anne commençait à le contrarier, et à lui taper prodigieusement sur le système.
Sally-Anne posa ses coudes sur ses genoux et appuya son menton sur ses mains. On aurait dit une gamine, fière d’avoir taquiner un enfant plus grand qu’elle.
- T’es pas un crétin.
- Et quand je serai un mangemort ? Tu penseras toujours, ça ?
Elle soupira, les lèvres pincées.
- Tu te sentiras coupable.
- Non. Je ferai mon devoir.
- Théodore. Tu trembles quand tu lances tes sorts sur ces gamins, chuchota-t-elle comme un secret.
Il se figea et son souffle se perdit dans sa gorge. Sally-Anne se mit à sourire jusqu’aux oreilles et se releva d’un petit bond énergique et souple.
- Tu verras Nott. Quand tu laisseras parler la culpabilité que tu t’évertues à enterrer au fond de toi, tu péteras un câble.
Elle grimpa les premières marches pour monter jusqu’à son dortoir. Théodore se sentait déjà seul. Il n’aimait pas quand elle partait avant lui… Elle se tourna vers lui.
- Ne deviens pas un mangemort.
C’était presque une supplique et il en perdit davantage son souffle et la tête.
小时候的梦境里 那时候的人们说想要得到的太多永远找不到尽头

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Katiebell
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Re: [Textes] Nuit du 16 Mai 2020 - Nuit Cent-sationnelle

Message par Katiebell » 16 mai 2020 - 22:59

Titre : \
Thème (écrit, image, citation ou musique) : Culpabilité
Fandom : \
Nombre de mots : 493
Personnages : Siegfrid et Nolwenn
Rating : Tout public
Siegfrid était en train de dessiner avec sa petite sœur, il avait comme modèle un vieil arbre qui fut planté pour la naissance de Colombe, son arrière arrière arrière grand mère. Cela faisait deux semaines que Jordan Skliros, son beau père était mort et que la culpabilité le rongeait, lentement mais sûrement.
Lorsque deux dames prénommées Catherine et Nolwenn vinrent interroger sa mère, il prit peur et se promit de jamais lui en parler. Il était en train de peindre les feuilles vertes pâles de l'arbre quand il vit les deux vautours s'approcher d'eux. Celle qui s'appelait Nolwenn s'assit en face deux et la dénommée Catherine arriva avec des citronnades.
« C'est l'heure du goûter, les enfants. Posez vos pinceaux et dites moi comment est cette citronnade »
- Hum, délicieuse, y a pleins de sucre !, s'écria Ophélia.
- Si tu as faim, je crois qu'il y a du pain et du chocolat dans la cuisine, glissa Catherine.
L'effet ne se fit pas attendre et la petite Ophélia courut vers la maison. Nolwenn en profita pour prendre sa place.
- Ta mère s'inquiète beaucoup pour toi, tu sais.
- Et alors ?
- Alors je suis venue t'annoncer que j'ai fini mon enquête, ce que je vais te révéler est confidentiel.
- Vous savez, ce n'étais que mon beau père. Je ne suis pas trop touché par sa mort. Sa mère et sa sœur sont prioritaires.
- Ah tiens et pas ta mère ? C'est pourtant son mari qui est mort.
Siegfrid se mordit la langue, il s'était promis de ne pas en parler avec sa mère et il déballait tous ses secrets avec une inconnue !
- Durant mon enquête, j'ai appris quelques petites informations sur M. Skliros qui rendent sa vie parfaite un peu plus noire.
- Et alors ?
- Alors je tiens à te préciser que vouloir tuer quelqu'un et le tuer n'est pas pareil. Dans tes circonstances, c'est même très compréhensible. Tu sais comment il mort ?
- Avec du cyanure ?
- Pas exactement, il mort à cause d'un tasse de bouillon. T'es tu approché d'un bouillon le soir de sa mort ?
- J'avais été punis tout l'après midi pour avoir cassé un vase, un carreau et un miroir.
- Tu n'es pas allé plus loin que le bout du couloir de ta chambre ?
- Non...
- Donc tu n'as pas pu tuer M. Skliros.
- Merci pour le renseignement mais je le savais.
Il se sentait léger, il n'avait plus l'impression d'être coupable même si la culpabilité était encore bien ancrée en lui.
- Je crois qu'on s'est tout dis. Au revoir Siegfrid, à bientôt peut-être. Ah oui ! Ta mère n'a rien à se reprocher.
Cette fois-ci, le poids de sa culpabilité portée et enrichie depuis deux semaines partit presque pour de bon. Il eut faim et courut lui aussi vers la cuisine. Que serait-il devenu sans elle ?
Vive la vie :yipee:
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