[Textes] Nuits du 14 mars 2020

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Samantha Black
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[Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Samantha Black » 14 mars 2020 - 19:02

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !


Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Thème (écrit ou image) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe des séries dédiées aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !

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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par AlwaysLS » 14 mars 2020 - 20:44

Titre : /
Thème (écrit ou image) : « secret »
Fandom : HP
Nombre de mots : 517
Personnages : Lily Evans/Marlene McKinnon/Mary McDonald
Rating : Tout public
Mary McDonald et Lily Evans comptaient passer une bonne soirée. Une soirée tranquille de lecture. Emmeline était partie en vadrouille avec un Poufsouffle et Marlene était seul Merlin savait où. Bref, c’était une soirée calme. Lily lisait un manuel de potion et Mary était plongée dans un exemplaire des Contes des frères Grimm, que la Née-moldue lui avait offert. Le silence. On entendait seulement le bruit des pages qui se tournent et les crépitements du poêle au centre de la pièce.
La quiétude vola en éclat quand la porte du dortoir s’ouvrit avec fracas pour laisser entrer une tornade. Une tornade qui portait le doux nom de Marlene McKinnon. Doux, cela restait à voir. Puisqu’à peine entrée, elle laissa échapper un puissant hurlement. Lily manqua de renverser la tasse de thé qu’elle avait entre les mains. Mary soupira, hésitant entre être excédée et demander ce qu’il pouvait se passer. Une chose était sure : leur soirée était ruinée.
La sorcière, furieuse, claqua rudement la porte. Elle mit un coup de pied violent au pied de son lit en répétant d’une voix colérique : « JE VAIS LE TUER ! JE VAIS LE TUER ! » Et, évidemment, elle s’interrompit pour crier de douleur en se tenant son pauvre pied endolori.
- Pour l’amour de Dieu, commença Lily, que se passe-t-il ? Tu as eu une retenue ? Des Serpentards se sont moqués de toi ?
- C’est pire que ça ! répondit Marlene, dont la rage ne décroissait pas.
- Ils t’ont jeté un maléfice humiliant ? s’inquiéta la Préfète-en-Chef en se levant. Dis-moi qui c’est, et je leur collerai une retenue. C’est qui ? Avery ? Rogue ? Rosier ? Wilkes ?
- C’est pire que ça, je te dis !
Lily et Mary se regardèrent en fronçant les sourcils, à présent intriguées. Mary retroussa ses couvertures pour rejoindre le pied de son lit afin de mieux examiner son amie. Cette dernière avait les joues rouges. Ses cheveux blonds d’ordinaire en chignon, étaient hirsutes, presque électriques, autant que leur propriétaire. Marlene faisait les cent pas en fulminant.
- Vas-tu nous dire de quoi il en retourne à la fin, par Morgane ! s’impatienta Mary. Et arrête de tourner en rond, on dirait un hippogriffe qu’on a insulté.
Marlene s’arrêta et déclara avec haine :
- C’est Black.
- Regulus ? demanda Lily.
- BIEN SUR QUE NON ! C’EST SON IMBECILE DE FRERE. SIRIUS BLACK ! JE VAIS L’ETRIPER !
Lily et Mary se regardèrent à nouveau, perdues. Sirius et elle semblaient plutôt s’apprécier.
- Au moins, il n’y a pas que moi qui ne supporte pas les Maraudeurs.
- Très drôle, grinça Marlene.
- Qu’est-ce qu’il t’a fait ? interrogea Mary pour couper court.
Marlene haussa les épaules.
- Rien d’important.
Les deux autres Gryffondor la fixèrent, consternées. Tout ce bruit, pour rien ! Mais l’une comme l’autre savait que leur amie mentait. La sorcière baissa les yeux. Elle ne pouvait rien dire. Elle avait promis de ne rien dire. Après tout, c’était un secret entre eux deux, entre Sirius Black et elle, Marlene McKinnon.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par BellaCarlisle » 14 mars 2020 - 20:46

Titre : Insister
Thème : Secret
Fandom : HP
Nombre de mots : 550
Personnages : Maisie Iversen (OC), Cheryl (OC), Rufus Scrimgeour
Rating : Tout public
« Il faut qu'on parle, Iversen. »

La Scandinave lève le regard de l'ouvrage dans lequel elle était plongé, dévisageant Cheryl qui arbore une expression sérieuse. La Serpentard a cet air qui signifie qu'elle ne lâchera pas l'affaire et Maisie soupire avant de refermer son livre. Elle aura beau faire tout ce qu'elle veut, elle sait que la fille du ministre ne la laissera pas en paix tant qu'elle n'aura pas eu de réponse satisfaisante, ce qui risque de vite devenir pesant.

« Je suis en train d'étudier, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Nous pourrions avoir cette discussion plus tard, ne penses-tu pas ?
— Toi et ton incroyable politesse, ricane la vert et argent en prenant place en face d'elle. Crois-moi, je préférerais être tranquillement dans ma salle commune plutôt qu'ici.
— Qu'est-ce que tu fais là alors ? la questionne la Serdaigle. Si c'est pour l'entraînement de Quidditch, ma maison a réservé le terrain avant la tienne, et je ne compte pas céder. »

Leur rivalité sportive est connue entre les murs de Poudlard, Maisie s'est hissée au grade de capitaine par ses talents là où Cheryl a fièrement brandi le nom de sa famille pour s'assurer un rang d'honneur. Cette façon d'agir a attiré bien des ennuis à la Serpentard qui n'en demeure pourtant pas moins attachée à la réputation de son géniteur.

« Ce n'est pas le Quidditch qui m'intéresse aujourd'hui. Tu caches des secrets, Iversen, et je veux savoir lesquels. »

Les mains de la Norvégienne se resserrent sur la couverture du livre, faisant blanchir ses phalanges. Elle n'aime pas le ton de sa camarade, son regard suspicieux et la détermination qui luit dans ses pupilles. Maisie a dissimulé ses soucis familiaux de son mieux, répondant évasivement aux interrogations de Rufus alors qu'il est sans doute la personne qui lui est la plus chère. Elle n'a aucune raison de révéler ses sombres ennuis à une fille qu'elle apprécie peu et qui a un lien avec le ministère de la magie. La Serdaigle songe à cette femme qui lui rend visite dans ses rêves et qui l'a tant de fois mise en garde contre celui qui s'en prend à sa famille depuis des générations. Avouer tout ceci à Cheryl reviendrait à livrer des informations sur la magie de son pays natal et elle s'y refuse. Même si elle a eu de nombreuses disputes avec ses parents, Maisie tient encore à préserver leurs secrets.

« Je ne cache rien, pas plus que toi ou les autres.
— Arrête de me mentir, persiffle la Préfète en chef. Tu passes ton temps à vérifier s'il y a quelqu'un derrière toi, tu es toujours à l'affût. Je pourrais presque parier que tu dors avec ta baguette.
— Ton imagination te joue des tours, déclare la Serdaigle sur un ton neutre. Peut-être devrais-tu dormir un peu plus.
— Tu peux leurrer nos camarades, mais pas moi. Je te percerai à jour, Iversen. Et quand ...
— N'as-tu pas une ronde à faire Cheryl ? l'interrompt Rufus en les rejoignant. Sois un peu digne de ton insigne. »

La Serpentard plisse les paupières mais n'ajoute rien.
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Iphigenie Nasty
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Iphigenie Nasty » 14 mars 2020 - 20:53

Titre : Fais un voeu
Thème (écrit ou image) : Secret
Fandom : HP
Nombre de mots : 485
Personnages : Dougal McGregor, Minerva McGonagall
Rating :TP
Dougal McGregor : un homme, un écossais, des cheveux roux, des yeux verts,cette impression que rien dans le monde ne lui résiste. Il est pas très grand, pas très costaud, il est brillant mais il y a surement mieux. Et pourtant, où qu’il aille quoi qu’il fasse Minerva ne peut s’empêcher de voir en lui un homme intouchable, omniscient,et beau, si beau. Ce n’était qu’un moldu, mais aucun sorcier ne dégageait cette sécurité, cette confiance, cette puissance. Du moins pas à sa connaissance. Si puissant, mais si faible, Dougal ne voyait qu’une partie de ce monde qu’il disait connaitre. A tort évidemment.
Minerva elle connaissait le monde véritable, le monde le plus extraordinaire, celui de la magie, où elle avait su se forger une place de choix. Dix huit ans, l’aube de sa vie, sorcière de talent. Tout portait à croire qu’elle la réussirait cette vie. Sa maîtrise de la magie, si impressionnante qu’elle pourrait avoir tout ce qu’elle veut. Tout. Pourtant elle voulait plus, elle voulait Dougal McGregor. Surement la seule chose qu’elle ne s’autoriserait pas à avoir.

S’il savait, il adorerait la magie, il adorerait ce monde, nous serions heureux de l’autre côté. Je pourrais lui montrer tout ce que je peux faire. Mais il ne sait pas, et il ne doit pas savoir.
Comment cacher qui je suis ? Je le trahis à chaque seconde que je passe auprès de lui, je lui mens. Je ne lui cache pas une partie de moi je lui cache qui je suis tout court. Il croit me connaitre, m’apprécier, m’aimer peut-être, mais qui aime-t-il ? Une Minerva sans pouvoir. Je n’aime pas cette Minerva. Comment lui pourrait-il vraiment l’aimer ? Qui suis-je sinon une sorcière brillante ?
Une étoile filante, j’ai le droit à un vœux. Je le veux lui et je veux qu’il m’aie moi, toute entière, magique.
Vœu absurde pour une sorcière absurde. Je sais ce que je veux au fond. Je veux être une grande sorcière. Plus que tout. Je ne veux pas de ce monde. Je dois me rappeler de ça. Je dois m’en rappeler maintenant et je devrai m’en rappeler quand l’été s’achèvera.

-Alors t’as vu une étoile ? Il n’y avait plus vanille alors je t’ai ramené fraise. J’espère que ça te plaira.
-C’est parfait merci. Oui j’en ai vu une. J’ai fait un vœu.
-Oh ! En voilà une autre. A mon tour… Je veux, je veux, je voudrai etre capable de voler, non attend, de me transporter d’un endroit à un autre.
-Tu l’as dit à voix haute. Si tu le dis, ça ne se réalise pas Dougal.
-Tant pis, dit-il le sourire en coin, au fond, il n’y a aucun autre endroit où je voudrais etre.
"Or perhaps in Slytherin
You'll make your real friend,
Those cunning folk use any means
To achieve their ends"

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Charliz
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Charliz » 14 mars 2020 - 20:54

Titre : Dressed in black
Thème : Secret + Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 702
Personnages : Andromeda et Ted Tonks
Rating : Tout public
Il y avait encore de mauvaises nouvelles dans le journal… Andromeda n’avait pas lu la Gazette depuis des mois, mais les titres accrocheurs, les photos toujours plus sombres ne pouvaient passés inaperçu lorsque son regard glissait malgré elle sur le parchemin roulé.

Son cœur tressauta et une vague de panique s’empara d’elle. Elle se retourna fasse à l’évier en resserrant sa prise sur sa baguette pour que Ted ne saisisse pas son trouble, elle fut trahie par le sifflement de sa respiration accélérée. Son jeune époux s’empressa d’envoyer d’un sort la Gazette jusqu’à son bureau, maudissant intérieurement ce fichu hibou de toujours se tromper de fenêtre. Clôturer son abonnement ? Il y avait pensé mille fois bien sûr, mais son angoisse à lui était malgré tout là. Les siens étaient persécutés et massacrés, il ne pouvait fermer les yeux comme sa femme. Alors ils n’en parlaient pas, il la protégeait au mieux, et lorsque les loupés la faisait chanceler, il restait à l’affut. Mais de l’inquiétude il n’y en eut pas : Andromeda était forte, un vrai phare face à une houle énervée. La préserver à outrance ne l’aiderait pas.

Et puis, elle aussi avait besoin de nouvelles des siens malgré tout… Non ?

« Choupette dort encore ? »

La remarque de Ted lui tira un sourire. Si Nymphadora était là, elle aurait fait entendre sa voix, même du haut de ses six ans. Andromeda échangea un regard amusé avec son mari.

« Oui, elle a été un peu malade cette nuit, tu n’as pas entendu ?
- Non, répondit-il simplement, comme si c’était la plus grande normalité.
- Ah, ces hommes ! soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.
- ‘’ces’’ ?
- Oui, tu sais bien, mes deux autres amants que je séduits avec mes pancakes lorsque tu n’es pas là !
- Ah, ceux-là ! »

Andromeda rit en déposant une assiette des dits pancakes sur la table et Ted s’en servit un d’un air distrait.

En réalité, il les détestait, ses pancakes. Sa mère était un cordon bleu et malgré tous ses efforts, son épouse ne lui arrivait pas à la cheville, surtout concernant les plats d’origine moldue, mais bon… mentir sur la qualité de ses petits déjeuners n’étaient pas un très grand sacrifice !

Elle s’assit face à lui, le regardant manger le nez plongé dans son magasine spécialisé de pêche, remuant en silence la cuillère dans sa tasse de thé. Son sourire s’effaça, le méandre de ses pensées la firent chavirer.

Ces assassinats et ses disparitions. Rien ne l’étonnait, elle pouvait presque reconnaitre certains styles, y associer des noms. Quelques années plus tôt, peut être aurait-elle trouvé tout cela normale. Quelques années plus tôt, elle aurait tout donné pour s’appeler Selwyn, elle aurait même peut être participer.

Aujourd’hui, grâce à Merlin, il ne restait que le poids de l’inquiétude et la culpabilité de ne pas avoir su s’élever face à l’horreur. Au péril de sa vie, pourquoi pas… Peut être trouvera-t-elle la force un jour de tenir debout face à ceux qui l’avaient élevée, à ses sœurs, ses amis, sa vie…
Surement pas. Un coup d’œil vers Ted et elle comprit que sa place était ailleurs et que son fardeau devrait à jamais rester secret. Son passé les avait déjà tant fait souffrir, il avait tout abandonné et tout reconstruit pour elle, leur fille était si jeune… Et peut être même y en aurait-il d’autres un jour des bébés.

La gratitude vint finalement tout souffler. Elle vivait dans un havre de paix grâce à lui, et elle avait tout. Il l’avait retournée tout entière, elle, la Black, l’héritière, la gentille petite sang pure, la perdue. Elle avait fait le premier pas en fuyant, il l’avait maintenue loin en lui ouvrant les yeux sur cette enfance pourrie aux allures royales. Il avait percé une carapace dont elle ne soupçonnait même pas l’existence et la chute avait été dure…

Elle s’était relevée. Elle avait réussi et replonger dans l’enfer, jamais.

Elle lui devait tout.

Elle lui devait tout.

Il n’y eut besoin que d’un « Merci », soufflé à voix basse, presque inaudible. Un merci, un regard, un sourire.
Ted prit la main Andromeda et la serra.
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Bellatrix1992 » 14 mars 2020 - 21:01

Et voilà! pila à temps!

Titre: La Supérieure Angela
Fandom: Harry Potter
Rating: tout public
Nombre de mots: 935
Thème: Secret
Le vent soufflait, puissant et glacial en cette soirée de janvier. Comme il n’y avait aucun nuage dans le ciel et que la sororité du Blocksberg se trouvait en altitude et loin de toute pollution lumineuse, des milliers d’étoiles brillaient dans le ciel d’encre.
Un clair de lune aussi glacial que magnifique projetait sa clarté neigeuse sur les murs de la Aula, la grande salle de l’école surmontée des appartements de la supérieure.

Celle-ci, en dépit de l’heure tardive et d’une journée harassante, passée à traiter avec les êtres de l’eau, veillait encore.
Assise devant la cheminée ronflante de ses appartements, Angela Klein-Wlater discutait avec son demi-frère sur un ton grave.
- Ce que tu m’apprends est très inquiétant en effet, disait-elle d’une voix douce et triste. Mais, Ulrick, je me fais bien plus de soucis pour Federica que pour moi-même.

L’homme lui renvoya un regard affectueux et l’observa longuement. Comme à chaque fois qu’elle le recevait en privé, elle avait ôté sa lourde cape de laine bouillie et défait le voile qui lui couvrait les cheveux. Ainsi, ses traits fins ressortaient et sa lourde chevelure « blond lacustre » dégringolait sur son épaule en une lourde tresse.
Elle avait toujours été magnifique, mais la quarantaine l’avait dotée d’un charme particulier. A peine moins éclatant que dans sa jeunesse et chargé d’une aura de sagesse qui imposait le respect.

Plus jeune, Angela avait camouflé la couleur blonde à reflets bleutés de ses cheveux, marque indéniable de son statut de semi-ondine. Mais à présent qu’elle était la supérieure de l’école et que sa chevelure restait cachée sous son voile, elle avait cessé de la teindre et s’assumait telle qu’elle était, du moins en présence de son frère.
Aux autres, elle se gardait bien de dévoiler sa nature et, à sa connaissance, seule la perspicace Sœur Wladimir était au courant.

Outre la crainte d’être mise à part, c’était celle de la malveillance qui poussait la Supérieure Angela à se cacher des autres. Les pouvoirs des ondines dépendaient en effet de l’état de leur chevelure, et le simple fait de la couper pouvait les leur faire perdre.
Cependant, si ce soir Ulrick était là, ce n’était pas pour parler coiffure.
- Peu de gens au ministère savent que des anglais se sont penchés sur notre famille, lui dit Ulrick. J’ai fort heureusement été immédiatement mis dans la confidence et le ministre des Affaires internationales m’a promis le secret.
- Le ministère cherche à préserver ses ressortissants présents en Angleterre ?
- Surtout, il ne veut pas être mêlé à ce qui s’y passe. Tu es au courant ?
- Bien sûr, répliqua Angela. Je suis directrice d’une école à présent prestigieuse ! Pas une ermite perdue dans la Forêt Noire, quoi qu’il s’en dise.
- Je le sais bien, mais la politique anglaise est opaque en ce moment.
- Des vagues d’arrestation liées au statut du sang, un musellement de l’opinion et du terrorisme d’état ? Pour moi la situation est claire. Notre cousine est victime d’une dictature et nous devons la secourir. Comme nous devons secourir les victimes de cette barbarie.
- Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas aussi simple, et je m’inquiète pour ta sécurité.

Si Ulrick Walter espérait raisonner sa demi-sœur, il dut vite déchanter car elle se leva de son siège, soudain furieuse.
- Et bien moi, je cesse de m’inquiéter s’écria t-elle avec colère. Est-ce que tu crois que c’est en m’inquiétant que j’ai sorti cette école de sa marginalité ? Tu es le fils d’un moldu et d’une cracmole Ulrick, Federica est une descendante directe de Kleine Hexe et moi… Je suis la fille d’une ondine et d’un mangemort de la première génération ! Comment pouvons-nous prétendre ne pas être concernés par ce qui se passe en Angleterre.
- Mais que veux-tu donc faire ? Nous n’avons aucun moyen de secourir Federica. Révéler nos secrets familiaux ne fera qu’aggraver les choses alors qu’elle est en sécurité s’ils ne savent rien.
- Crois-tu que ce soit un hasard si un fils Malefoy s’intéresse maintenant à notre famille ? Tu penses que je suis si mal informée ? Les Malefoy se sont lancés dans la vente d’esclaves sortis d’Azkaban. Et juste après cela, ils s’intéressent à notre famille, précisément sur la question de notre sang… Ils ont quinze ou seize esclaves dans leur manoir mais une seule les intéresse véritablement…
- D’où est-ce que tu sors ça ?

Ulrick était ébahi. Comment sa sœur pouvait-elle affirmer de telles choses ?
- Je suis en contact avec l’Ordre du Phoenix depuis des années, répondit Angela. C’est mon petit secret, par eux je sais ce que je te raconte. Et je peux t’affirmer que les Malefoy ont Federica… Et qu’ils savent plus ou moins à qui ils ont à faire.
- Je suppose que tu as déjà mis au point ta stratégie, soupira Ulrick à l’adresse de sa sœur.
- Oui, répondit-elle. Et j’ai besoin de toi.
- C’est à dire ? Demanda t-il.
- Tu vas faire attendre les Malefoy pendant au moins dix jours, sous couvert de réaliser les études qu’ils demandent. Gagne un maximum de temps.
- Et toi ? Demanda Ulrick méfiant.
- Moi, je pars en Angleterre dès demain matin, chez un membre de l’Ordre de ma connaissance.

Elle baissa la voix et ajouta :
- J’ai une évasion à organiser.
- C’est de la folie ! Lui chuchota son frère horrifié.
- Je n’ai pas le choix, répondit Angela. Je ne l’ai plus jamais eu dès lors que ton père m’a révélé le secret du mien...
Dernière modification par Bellatrix1992 le 14 mars 2020 - 21:09, modifié 1 fois.
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Pas ma fille espèce de garce!

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Tiiki » 14 mars 2020 - 21:02

Titre : /
Thème : Secret
Fandom : Original
Nombre de mots : 869
Personnages : /
Rating : Tout public
Adossés au muret de la laverie, Brutus Prescott et Tristan Wheelin étaient vraisemblablement engagés dans une discussion des plus prenantes, si Hayden en croyait l’agressivité qui fusait de leurs éclats de voix. De là où elle était, elle ne parvenait pas bien à saisir ce dont il était question, et quand il fut clair que le volume sonore n’augmenterait pas pour l’aider à écouter plus attentivement leur conversation, elle s’avança, déterminée, sur le sol pavé de la cour principale, en direction des deux gaillards. Elle devait parler à Brutus quant à son comportement de la veille.

« Bonjour les garçons.
- Bonjour Miss, la salua le métisse en se détournant de son meilleur ami, passablement énervé, dont la contrariété plissait son grand front pâle. Comment allez-vous ?
- Je... »

Sans même tenter de dissimuler son agacement face à la monitrice, Brutus haussa ses larges épaules et s'éloigna à grandes enjambées vers les dortoirs.

« ...suis encore toute chamboulée par les récents événements, confia la jeune femme en jetant des coups d'oeils incertains aux alentours. C'est terrible. »

Elle n’avait pas osé retenir le roux – quelle adulte responsable prétendait-elle être ? – et regrettait de ne pas avoir repris ses signes d’humeur. Les plus âgés se permettaient décidément bien trop de choses sous prétexte qu’elle était jeune, nouvelle, et étrangère par-dessus le marché. Il faudrait qu’elle en touche un mot à Cathal, car si elle n’arrivait pas à mettre de la distance avec l’aîné des Corrigan, comment pouvait-elle prétendre exercer une quelconque autorité sur des adolescents à peine plus jeunes de deux ou trois ans ?

« Vous n'êtes pas la seule à être préoccupée par l'état de Laurel, fit remarquer Tristan en la ramenant à la réalité. Nous l'aimions tous beaucoup.
- Tous ? insista Hayden.
- C’est une gamine attachante. Ce n'est que le deuxième été qu'elle passe ici, ses caprices en exaspèrent parfois plus d'un, concéda-t-il. Je crois qu'elle a grandi dans la banlieue plutôt huppée de Belfast, difficile de lui en tenir rigueur. Elle n’est pas franchement taillée pour la vie à Redwood. »

Elle se sentit tressaillir car il s’était mis à la reluquer de bas en haut, ses yeux remontant de sa paire de bottines en cuir jusqu’au sommet de son crâne et à son brushing comme à son habitude parfaitement réalisé.

« Elle n’est pas la seule », crut-il bon de rajouter après son examen minutieux.

Elle l’aurait giflé si elle avait pu.

« Si tu ne veux pas être de corvée pour les deux semaines à venir, je t’invite à garder pour toi tes jugements de valeur. Laisse-moi te rappeler que tu es un pensionnaire à Redwoods, et que je suis un membre du personnel. Tu peux t’essayer à l’humour avec tes amis, mais pas avec moi. Compris ?
- Pardon. Ma remarque était déplacée ».

Et il avait l’air sincère.

« Prends cela comme un simple avertissement, dit-elle en secouant la main comme pour l’intimer de passer à la suite, sur un ton finalement moins sévère qu’enjoué. Laurel était-elle en mauvais terme avec certains enfants du camp ?
- Pas à ma connaissance.
- J'ai cru bon de m'entretenir avec Tara dans la matinée, elles semblent très amies...
- Amies ? s'esclaffa Tristan. Oh... je ne sais pas si j'aurais dit ça ainsi ! Tara n'est pas réellement amie avec grand monde, elle m'a toujours paru très solitaire malgré ce qu'elle laisse paraître. Elle considérait peut-être davantage Laurel comme une sœur de substitution – ou un larbin, comme dit souvent Sybil.
- Et toi ? Quels rapports entretenais-tu avec Laurel ? »

La surprise qui ornait son visage n’était pas feinte.

« Cordiaux je crois. Nous ne sommes pas particulièrement proches, la différence d'âge y fait beaucoup.
- Je croyais que vous l'aimiez beaucoup.
- Une manière comme une autre de dire que je l'appréciais, reconnut-il finalement.
- Et quels rapports entretiens-tu avec Sybil ? Vous êtes plutôt proches, non ?"

Son regard s'assombrit.

« Plutôt. Qu’est-ce que cela a à voir avec Laurel ? »

La blonde jubila, victorieuse, et se risqua aux hypothèses :

« C'est pour cette raison que Brutus et toi vous disputiez tout à l'heure ?
- Cela ne vous regarde pas, riposta une fois de plus le jeune homme.
- Je me dois de tirer au clair toute cette affaire ! se justifia-t-elle. Vous ne pourrez pas éternellement garder tous vos petits secrets s’ils freinent l’avancée de l’enquête.
- Bien. Seulement, personne ne vous a demandé de jouer les détectives à vos heures perdues. Si vous voulez bien m’excuser, rien ne m’oblige à subir ces interrogatoires parfaitement déplacés »

Il lui tourna aussitôt le dos et rejoignit les escaliers extérieurs des dortoirs. L’Anglaise soupira, elle ne se fatiguerait pas non plus à le retenir. Elle lui cria, alors qu’il montait les marches une à une dans un grand vacarme :

« Et tu diras à Brutus que je le veux dans ma chambre à quinze heures tapantes ! »

Caitlinn, Tara et Madoc qui passaient par là jetèrent vers elle un regard interloqué et pouffèrent de rire. Dieu sait quelles bêtises leur passent par la tête des fois, songea Hayden, en rajustant sa queue de cheval.
Image
Mais puisque je vous dis que j'ai ma carte de presse !
(vignette AliceJeanne, BellaCarlisle, Hazalhia)

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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par AlwaysLS » 14 mars 2020 - 21:17

Titre : Un doute raisonnable
Thème (écrit ou image) : réflexion
Fandom : HP
Nombre de mots : 212
Personnages : héhé…
Rating : tout public
Était-ce le bon choix ? Ne faisaient-ils pas le mauvais choix ? Après tout, avec un raisonnement logique et rationnel, tout être normalement constitué dirait que c’est une bêtise, une bêtise monumentale. Mais, à présent, il était plus difficile de retourner en arrière, de tout annuler, et de faire comme si rien ne s’était passé.
Avant, elle avait eu peur qu’en ne faisant rien, elle le regretterait toute sa vie. A présent, elle craignait d’avoir des remords. Après tout, ils étaient différents. Elle était du « mauvais côté de la barrière ». Elle était en danger, et de fait, il le serait aussi. Ils la traqueraient sans relâche, puisqu’elle était considérée comme une erreur de la nature. Et lui, au sang-pur, serait associé à elle, et connaitrait la déchéance sociale. Certes, elle était intelligente, brillante même, mais ça ne la sauverait pas. Ni elle, ni lui. En fait, en y réfléchissant bien, elle s’inquiétait plus pour lui que pour elle-même. Elle ne voulait pas qu’il souffre. Ce qui était stupide, puisqu’il était grand, majeur, et capable de prendre ses propres décisions en toute connaissance de cause.
- A quoi penses-tu, mon ange ?
La sorcière fut tirée de ses sombres pensées. Elle repoussa une mèche rousse et répondit doucement :
- Rien d’important.
Dernière modification par AlwaysLS le 14 mars 2020 - 21:38, modifié 1 fois.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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Iphigenie Nasty
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Iphigenie Nasty » 14 mars 2020 - 21:35

Titre : L’abandon
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : OC
Nombre de mots : 516
Personnages : Angy et Paul
Rating : TP
- A quoi tu penses ?
- Au chat. Je l’ai abando…
- Ce n’est qu’un chat.
- Va te faire foutre.
- Ok excuse, raconte.

Elle le serrait fort dans ses bras. Le chat roux sentait l’atmosphère pesante de la salle. D’ordinaire, il n’aimait pas se faire pomponner. Un peu comme sa maîtresse d’ailleurs. Mais là, il se laissait faire. Pour cette fois.
Le sol tremblait. Quand elle croyait que c’était fini, une autre bombe arrivait. Elle avait tout laissé, tout sauf son chat. Elle n’avait pris que lui, de quoi avait-elle besoin d’autre ? Elle avait tout perdu.
Le hangar pour réfugiés était plein à craqué. Au début ils avaient essayé de contrôler les entrées, les femmes et les enfants, pas d’animaux bien sur, et puis dans la panique tout le monde s’était fait une place. Entassés les uns sur les autres, les rescapés ne savaient pas où donner de la tête. Certains avaient déjà tout perdu. Il ne restait que leurs petites vies à protéger, cette petite vie, entassée sur d’autres petites vies, s’acharner à rester en vie. Pour quoi faire, pour qui ?

Peut-être qu’ils ont été épargnés, que ses amis l’ont écouté, qu’ils ont pris le maquis et qu’ils n’ont pas été enrôlés. Ni dans l’armée, ni dans les programmes nuptiaux. C’était son dernier espoir, elle devait y aller.
Deux semaines après, elle avait une moto, un faux laisser-passer, une bonne excuse, des vivres, et encore un peu d’espoir. Elle ne pouvait pas emmener son chat roux sur une moto pendant 900 kilomètres.
Le compteur affichait 20 klm/h alors qu’elle sortait de la ville. Le chat était immobile sur le réservoir, entre les bras de la motarde, ne sachant pas trop ce qui était en train de lui arriver. Elle devait trouver où le déposer, où l’abandonner. Comment pourrait-elle ? Elle n’aurait pas le courage. Jamais. Mais si elle ne le faisait pas, elle ne retrouverait jamais ni ses amis ni une nouvelle raison d’avancer. Elle devait le laisser.

C’est un animal après tout. Il trouvera de quoi se nourrir. Son instinct reprendra le dessus. C’est la guerre Angy. Soit forte. Au loin, un quartier pavillonnaire encore debout. Miracle. Elle s’y approche et fait ronronner son moteur, personne aux fenêtres, pas de voitures, aucune trace de vie. Un quartier abandonné.Quand elle aperçu une maison avec une chatière, elle sut que c’était la meilleure chose à faire. Il aurait un toit, et il pourrait sortir chasser quand la faim réveille son instinct sauvage.
-Je croyais qu’il allait me suivre tu sais. QU’il ne resterait pas dans la maison. Mais il est resté. Je crois qu’il m’attendais. Qu’il attendait que je revienne. Peut être qu’il attend toujours d’ailleurs. Ou ou peut être qu’il ne voulait pas rendre les choses plus difficile. Ce n’était pas lui, qui venait de reprendre son instinct de survie, c’était moi. C’était la première fois depuis le début de la guerre que je ne me reconnaissais pas, que je trahissais qui je suis. Si seulement ça avait pu être la dernière. Même si je revenais, il ne me reconnaîtrait pas.
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Bellatrix1992 » 14 mars 2020 - 21:47

Second texte!!

Titre : Un train à prendre
Thème (écrit ou image) : Réflexion
Fandom : Original
Nombre de mots : 593
Personnages : Jeanne Madame Marsall
Rating : tout public

Elle réfléchissait depuis si longtemps qu’il lui semblait avoir tourné en rond pendant des années. Qui était derrière toute cette histoire ? Et pourquoi ?

Madame Marsall n’agissait pas seule et sans contrôle, cela elle en était convaincue. La crainte du scandale aurait été trop grande pour que plus haut on la laisse faire.

Jeanne frémit au souvenir de sa première année. Ses trajets en train du matin dans un état de semi-sommeil, le stress, les objectifs impossibles, et surtout cette peur affreuse. Elle ne revivrait cela pour rien au monde et, surtout, ne voulait pas le laisser revivre à quiconque.
Madame Marsall n’avait pas le droit d’agir ainsi vis-à-vis de Christopher. Elle l’avait harcelé dès le moment où elle avait perçu chez elle une faiblesse, prenant un malin plaisir à détruire ses projets.

Et Deshombres… l’inspecteur qui n’aimait pas ceux qui changeaient de corps de métier, le grand copain de Madame Marsall. Ces deux-là étaient de mèche depuis le début et elle soupçonnait depuis quelques mois qu’ils s’en prenaient aux personnes syndiquées et actives.
Deshombres utilisait-il Madame Marsall comme « homme de main » ? Elle en était sûre à présent.

Jeanne regarda un instant Monsieur Lagneaux et lui murmura :
- Quand je pense que c’est vous qui parlez de mauvaise herbe… Pourtant c’est d’autres qui désherbent à votre place…
- Expliquez-vous, gronda t-il sur un ton limite menaçant.

Jeanne se tourna vers Madame Marsall :
- Vous m’avez reproché d’avoir témoigné contre vous et « protégé un incompétent ». Sauf qu’incompétent il n’y a pas. Christopher est enseignant depuis des années et il a toujours été reconnu. Sauf que vous essayez de profiter de son statut précaire pour l’éliminer. Pas parce qu’il est incompétent, mais parce qu’il vous dérange.
- Il a changé de matière et n’a pas les connaissances nécessaires.
- Il est syndiqué et a fait grève. Et vous, vous êtes chargée de pourchasser les collègues qui vous semblent « meneurs » ou ceux dont on craint qu’ils ne le deviennent. Tous les professeurs que vous avez mis en difficulté étaient visés parce qu’ils dérangeaient. L’un était obèse, l’autre peut-être malade, celui-ci syndiqué, celui-là n’avait pas peur de donner son opinion, celui-là avait un accent étranger, ou s’était reconverti… Tous les stagiaires que je vous aie vue déstabiliser avaient ce genre de profil. Vous agissez par intolérance, comme s’il fallait entrer dans un moule totalement stéréotypé pour avoir le droit d’être enseignant.
- Nous sommes fonctionnaires ma petite.
- Fonctionnaires oui, quiche lorraine non !

Jeanne s’interrompit et ajouta sur un ton presque espiègle :
- Croyez-moi, je sais de quoi je parle.
- Il n’empêche que ces accusations sont totalement délirantes, répliqua Madame Marsall.
- Non, elles sont véridiques. C’est pour cela que vous avez peur.
- Prouve le donc, susurra la quinquagénaire avec un sourire tordu.

Jeanne répondit :
- Depuis la Moselle, j’ai pris le temps de récupérer pas mal de traces de vos actes. Je suis en contact avec pas mal de personnes, victimes ou témoins et… Je pense qu’il y a de quoi déclencher un beau scandale. Vos actes de malveillance sont indéniables, leur raison assez évidente… Et le soutien de votre hiérarchie est clairement en question.
- C’est totalement fou.
- Répétez ce que je vous ai dit à qui de droit, répliqua Jeanne. Et dîtes-leur aussi qu’on a des traces sur une dizaine d’année.

Madame Marsall à présent était extrêmement tendue. Jeanne se leva et partit sans se retourner en direction de la gare.

Elle avait un train à prendre pour la Moselle.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Tiiki » 14 mars 2020 - 21:55

Titre : /
Thème : Réflexion
Fandom : Original
Nombre de mots : 791
Personnages : /
Rating : Tout public
Cathal l’avait enlacée si fort qu’elle s’était étonnée de ne pas avoir été brisée sur le coup. « Réfléchis-y », avait-il soufflé dans le creux se oreille de sa voix chaude et douce. C’était indéniable, il lui faisait de l’effet. En temps normal elle aurait probablement fondu dans les bras de quiconque qui lui aurait procuré de tels frissons et un tel bien-être. Étonnamment, cette proximité soudaine l’avait juste mortifiée. L’ambigüité devenait soudain réelle, la tension palpable. Elle avait immédiatement regretté la porte qu’elle lui avait laissée grande ouverte pendant tant de temps. Elle mourrait d’envie de lui claquer cette porte au nez. Qu’il se coince une main dans l’entrebâillement. Qu’il se prenne les doigts dans la charnière. Que ça le ramène lui aussi durement à la réalité. Son « réfléchis-y » lui avait brusquement ancré les pieds dans le sol, comme si elle était lestée d’un poids désormais impossible à supporter davantage. Maintenant qu’elle songeait à ce qu’elle avait failli faire - non, à ce qu’elle n’avait déjà fait que concevoir - elle avait envie de s’enterrer six pieds sous terre. « Réfléchis-y… ». Elle ne lui avait pas rendu son étreinte et avait beaucoup pleuré cette nuit-là.

Lorsqu'Abigail eut fini de réveiller le groupe de filles, elle s'étonna de n'avoir pas encore vu son amie se lever. Elle se pressa dans leur dortoir et la secoua doucement. L'Anglaise grimaça et se retourna vers le mur. Si ses collègues voyaient ses yeux gonflés…

« Nous allons bientôt petit-déjeuner. alors tu arrêtes ton cinéma et tu t'habilles. Oscar et les garçons nous attendent déjà dans la cour. »

Hayden grommela en tentant de dissimuler son regard trouble aux yeux de l’autre.

« Quelqu’un n’a pas passé une très mauvaise nuit », plaisanta la jeune femme en enfilant un de ses pulls.

Elle ne croyait pas si bien dire. Hayden sauta brusquement du lit, encore toute habillée de la veille, et enfila la paire de bottes pleine de boue qu'elle avait négligemment jetées vers la fenêtre quelques heures auparavant.

« Tu n'as pas passé la nuit ici, constata froidement Abigail. Tu ne surveillais pas les gosses, tu…
- Mêle-toi de tes affaires.
- Tes histoires de fesses relèvent de mes affaires lorsque...
- Tais-toi. »

Elle avait hurlé. Un pas se fit entendre dans les escaliers, et lorsqu'Abigail fit mine de continuer la conversation, elle l'interrompit d'une voix forte :

« Tu ne sais rien. Tu crois tout savoir, mais tu ne sais rien du tout, alors tais-toi. »

La tête d'Oscar apparut dans l'entrebaillement de la porte. Abigail se mordit la lèvre inférieure et n'attendit que quelques fractions de seconde pour sortir en trombe. Elle avait été injuste. Elle l’avait blessée, cela ne faisait aucun doute. Hayden regretta immédiatement ses paroles et s'apprêta à la suivre mais l’autre moniteur ne lui en laissa pas l'occasion, lui bloquant le passage.

« Je me fiche de savoir ce que tu vas tenter de me dire, je ne suis pas bête, mais je t'entends encore une fois parler sur ce ton à qui que ce soit, et crois-moi que ça va mal se passer.
- Je suis assez grande pour faire ce que bon me semble, répliqua-t-elle, acerbe.
- A l'évidence, tu ne l'es pas, non. Il est temps de réfléchir ! »

Réfléchis-y…

« Tu es ici pour travailler, il va bien falloir que tu te rentres ça dans le crâne, tu n'es plus une adolescente. Tu es l’adulte ici. Tu ne peux pas te mettre à crier quand bon te semble. Tu ne peux pas non plus laisser les gosses seuls quand l'envie t'en prend. Tu n'as pas à découcher sans nous prévenir. »

Elle soutint son regard sans ciller, mais il n'était pas dupe.

« Si tu veux passer du temps avec Cathal, très honnêtement – et je vais être poli, moi - c’est le dernier de mes soucis. Il est majeur, vacciné, et même s’il est un peu jeune il n’est théoriquement pas sous ta responsabilité. Tu fais ce que tu veux tant que ça n’empiète pas sur ton job. Mais là tu déconnes. Parce que tu ne peux pas prendre ce genre de décisions seule et t’absenter toute une nuit, pas étant données les circonstances actuelles. Ce genre de choses il faut y réfléchir ens… »

Réfléchis-y…

« …ensemble, d’accord ? Il n’y aura pas de problème tant que tu nous en parles avant pour qu’on s’organise en conséquence.
- Ça n'arrivera plus », s'étrangla-t-elle.

C’était tout réfléchi.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par BellaCarlisle » 14 mars 2020 - 22:07

Titre : /
Thème : Réflexion
Fandom : La passe-miroir (spoiler tome 4)
Nombre de mots : 512
Personnages : Ophélie
Rating : Tout public
Spoiler
Show
Ophélie savait, en se lançant dans sa quête désespérée, qu’elle finirait par craindre son propre reflet. Tout demeurait inchangé, elle restait cette jeune femme aux boucles brunes indisciplinées. Le miroir face à elle lui renvoyait la même image, elle pouvait presque détailler le maillage de son écharpe. Cette dernière s’agitait autour de son cou, comme à son habitude, et elle l’attirait vers l’avant pour lui faire traverser la surface vitrée. L’animisme de la brunette était un don dans cette situation difficile puisque son écharpe remplaçait ses doigts désormais disparus et elle était heureuse de l’avoir avec elle. Pourtant, ce jour-là, elle patienta devant le miroir, la main à quelques millimètres de son reflet qui la dévisageait. Combien de fois avait-elle fait face à sa propre réflexion en espérant le retrouver ? Elle errait depuis des mois en attendant un signe, même le plus infime, qui lui prouverait qu’elle avait raison de poursuivre ses investigations.

Chassant son chagrin d’une simple pensée, Ophélie prit une profonde inspiration et franchit la surface du miroir. Elle ne ressentit rien à la traversée, aucune autre présence, ce qui la rassura tout autant que cela lui fit mal. L’absence d’un autre être lui permettait d’être certaine de ne plus recroiser l’Autre mais cela lui confirmait aussi un nouvel échec. Elle n’allait pas abandonner, elle n’en avait pas l’intention, cependant elle eut un pincement au cœur en découvrant que ce n’était pas le bon miroir. Tout lui soufflait qu’elle ne faisait pas fausse route, qu’il y aurait bien un moment où il y aurait un autre reflet dans l’un des miroirs mais elle commençait à perdre patience. Archibald était mourant, elle lui avait promis de revenir le voir une fois qu’elle serait de retour mais il lui semblait que ce moment n’était pas encore prévu. Jamais elle ne se pardonnerait de ne pas avoir tenu sa promesse s’il venait à arriver quelque chose à l’ancien ambassadeur, il était devenu son ami et il comptait beaucoup pour elle. Et il y avait Elisabeth qu’elle voulait aussi revoir, au moins une fois, avant sa disparition définitive de ce monde.

Toute à ses pensées, Ophélie ne remarqua pas son second passage de miroir de la journée. Elle l’avait fait par automatisme, en croisant à peine son reflet, et elle se retrouvait dans cet état entre deux espaces indéterminés. Elle en prit conscience en découvrant une silhouette dans son champ de vision. Son souffle se fit plus rapide en reconnaissant l’ombre plus grande qu’elle, d’une hauteur vertigineuse, avec ce corps sec et tout en angles aigus. Les cicatrices n’avaient pas disparu, de même que la froideur dans les yeux hivernaux, mais cela lui parut être une bonne chose. Il était bien plus simple pour elle de songer à des vraies retrouvailles avec quelqu’un qui ne changeait pas et elle esquissa un sourire heureux. Thorn était là, en chair et en os, à quelques centimètres d’elle. Ophélie croisa son regard et y lut tous les sentiments qu’elle éprouvait aussi à son égard.

Alors qu’elle tendait la main vers lui, il disparut, comme un mirage.
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Iphigenie Nasty
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Iphigenie Nasty » 14 mars 2020 - 22:26

Titre : Inattention
Thème (écrit ou image) : écrit, forteresse
Fandom : HP
Nombre de mots : 339
Personnages : Luna Lovegood
Rating : TP
Un océan de couleurs. Un océan dans lequel on ne se noie pas. On peut marcher dessus ou bien décider de se mouiller. Mais ce n’est pas obligé. Avant l’océan il y a les plaines, mais pas des plaines comme vous vous les imaginez. Ces plaines sont roses. Marcher dessus c’est comme marcher dans une immense piscine de barbe à papa. Après l’océan il y a des montagnes. Elles forment des ponts. Tout un tas de ponts de pierres. C’est facile de les escalader. On peut grimper par l’un ou l’autre côté du pont. Une fois en haut, il suffit de sauter. Si l’on s’écrase au sol, on ne meurt pas. Ici personne ne meurt, surement parce que personne ne vie vraiment d'ailleurs. Si on a un peu de chance, on atterrit sur un nuage. Les nuages c’est ce que je préfère. On peut les manger, il suffit d’extraire une poignée de nuage, d’y modeler un plat, n’importe lequel, et de croquer dans le modelage. Il aura le goût de ce que vous avez façonné. 100% garantie. Lorsqu'on veut descendre du nuage, inutile de sauter, il suffit de se faufiler à l’intérieur. Et d’attendre quelques secondes. Alors le nuage te mange, te transforme en pluie en une infinité de petites gouttelettes qui viennent se déposer dans l’océan de couleurs. Distinctes les unes des autres, l’océan et la pluie ne se confondent pas l’une dans l’autre. L’océan recueil les gouttes, puis les repose sur n’importe quel rivage, celui que les gouttes choisissent.
Luna avait décidé d’aller aux prairies, mais quand elle reprit sa forme solide, elle était loin de se trouver sur une prairie de barbe à papa.
-Alors miss Lovegood, nous feriez-vous l’honneur de faire, ne serait-ce que semblant, d’être attentive à ce qui se passe ici ?
-Pardon professeur McGonagall.
Tandis que le reste des élèves riait, Luna repensait à son monde. Elle y exerçait sa magie préférée, son imagination. Quoi de mieux que cette douce et chaleureuse forteresse pour la protéger de l’assaut déchaîné et tonitruant de la réalité.
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Bellatrix1992 » 14 mars 2020 - 22:28

Titre : Cosmopolis
Thème (écrit ou image) : Forteresse
Fandom : Original
Nombre de mots : 1056
Personnages : Astrid Midsommar
Rating : tout public
Astrid réajusta sa robe de coton fin imprimée de feuilles de lierre sur fond rouge que ce vieux briscard d’Anton Bharbar lui avait offerte. Elle s’observa dans la glace sans la moindre complaisance mais fut forcée d’admettre qu’il avait raison : Elle était plus magnifique que la jeune savante pétillante et spontanée d’il y a quinze ans ne l’avait jamais été.
Son charme avait mûri et gagné en noblesse, ce qui convenait parfaitement à son ascendance nymphique, mieux en tout cas que la démarche de grenadier qui était la sienne à son entrée dans le corps des savants d’Amazo, juste après son service militaire au sein des artificiers royaux. Elle eut un pincement de cœur au souvenir de ce corps d’armée complètement décimé lors de l’éruption, à l’exception d’Agostin du Pic et d’elle-même qui avaient survécu.
A présent, plus personne ne maniait la poudre noire, autrefois toute nouvelle spécialité de l’île. Astrid songea avec amertume qu’au vu du climat de guerre qui régnait actuellement sur le continent, il n’était pas plus mal que cette invention aie été tuée dans l’œuf avant de pouvoir être copiée ou rachetée par l’Empire.

Mais à présent, fini de s’abîmer dans de sombre pensées, son « maître » était invité au palais pour une réception mondaine de premier ordre, et elle allait paraître à son bras comme une démonstration éclatante de sa richesse. S’offrir une suivante nymphe ou semi-nymphe était en effet un luxe que pratiquement personne ne pouvait se permettre, excepté l’Empereur et la famille Bharbar. Astrid, issue du deuxième mariage de son père, était la seule semi-nymphe de toute l’île d’Amazo. Elle avait tiré de son ascendance la mémoire visuelle, la finesse, le goût et la précision qui la caractérisaient, autant qu’un caractère fier, parfois colérique ou rancunier.
Son côté humain l’avait fort heureusement dotée d’une solide intelligence qu’elle avait appris à dissimuler, les humains considérant les nymphes comme sous-évolués en dépit de leur beauté. Ses oreilles légèrement pointues lui avaient d’ailleurs valu bien des moqueries lorsqu’elle était enfant, au point qu’elle avait encore du mal aujourd’hui à s’empêcher de les cacher. Ce soir encore, elle devrait lutter contre le tic nerveux qui la poussait systématiquement à cacher ses oreilles derrière une épaisse mèche de cheveux, rien que l’idée de les exposer à la vue lui donnait le trac.
En même temps, tout son plan lui paraissait si facile à mettre en échec que même sans cela elle aurait eu l’impression d’être sur le point de se ridiculiser en se donnant en spectacle. Ce plan reposait sur plusieurs pré-supposés qui s’étaient révélés parfaitement vrais par bonheur :
Premièrement, les nymphes étaient recherchées dans l’empire : considérées comme d’adorables et inoffensives femelles, promesses d’agréables divertissements. Astrid avait envie de vomir à cette simple idée. Et il était de notoriété publique que le général Anton Bharbar recherchait fréquemment leur compagnie.
Deuxièmement, Astrid était belle avec des traits humains et nymphiques mariés à la perfection, ce qui ajoutait encore à son charme par rapport à d’autres. Elle avait toujours été considérée comme belle et ce fardeau, car cela en était un, avait toutes les chances de faire la différence face à un dignitaire de l’empire selon Méa. Astrid songeait à présent que sa sœur aînée avait vu juste sur toute la ligne. Elle s’était présentée devant le portier à l’hôtel des Bharbars comme une jeune femme immigrée naïve ayant entendu dire « qu’on recherchait du personnel nymphique dans cette maison, des hommes lui avaient dit cela à la taverne du Chat bleu ».
Comme le portier la rabrouait, elle s’était mise à pleurer, attirant ainsi le major-d’homme. La suite était allée de soi et elle était depuis une semaine la maîtresse officielle du général d’Empire, ce qui soit dit en passant, n’était pas une sinécure. Anton Bharbar avait un caractère effroyable et elle n’avait jamais côtoyé un homme aussi bête, c’était à se demander comment il avait fini général. Il la couvrait de cadeaux, l’exhibait en toutes circonstances et, pire que tout, considérait qu’elle était dotée des mêmes capacités mentales qu’une autre nymphe et agissait en conséquence.
Astrid devait ainsi rester concentrée en permanence pour jouer correctement son rôle de plante verte, rire d’un air innocent à ses grimaces et ses plaisanteries calamiteuses, se pâmer lorsqu’il bombait le torse ou montrait ses muscles en général et sourire à chaque personne à laquelle il la présentait.
Troisième présupposé, le plus dangereux de tous : Rashi d’Amazo, si elle se trouvait en même temps qu’elle à la Cour impériale, ne la reconnaîtrait pas, cela Méa en était convaincue. C’était pour cette raison qu’Astrid s’observait à présent si intensément dans le grand miroir de sa chambre. Elle n’était pas aussi assurée que sa sœur à vrai dire. Oui, elle avait changé, mais cela pouvait-il suffire à berner celle qui avait été son amie d’enfance ?
Astrid s’observa méticuleusement dans le miroir, traits par traits. Plus âgée, sa chevelure teinte en blond et son visage maquillé, il est vrai qu’elle n’avait plus du tout la même allure. Rajouter à cela un air simplet et ignorant augmentait encore ses chances de passer inaperçue. Le reste relevait du jeu d’actrice.
L’Amazone s’arracha du miroir et entreprit de mettre de l’ordre dans ses pensées. Elle s’apprêtait ni plus ni moins à conquérir une forteresse, et quelle forteresse ! Le palais impérial lui-même.
Jamais encore elle n’avait fait une chose pareille, s’infiltrer dans un palais. C’était probablement pour cela qu’elle n’avait qu’un plan très imprécis. Entrer était simple à présent, mais s’approcher de la reine Sylvestrine et organiser son évasion… tandis que les hommes de son expédition déclencheraient une diversion et couvriraient leur fuite ?
Elle savait que c’était de la folie, mais elle n’avait pas le choix. Elle ne l’avait plus jamais eu depuis que son honneur avait été détruit par la reine Rashi et ses complices.
Lorsque, au bras du général Bharbar, elle franchit le grand portail du palais impérial et s’inclina devant l’empereur Ruber qui saluait la foule depuis son balcon, elle prit conscience qu’elle n’avait aucune chance de réussir à percer cette forteresse.
Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’elle n’était pas la seule à chercher à la percer.
Agostin du Pic et plusieurs de ses hommes préparaient également un coup d’éclat. Et eux visaient beaucoup plus haut que la jeune reine otage de l’Empereur.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Tiiki » 14 mars 2020 - 22:43

Titre : Fort
Thème (écrit ou image) : Forteresse
Fandom : HP
Nombre de mots : 163
Personnages : Remus Lupin
Rating : tout public
La tête dans les baisers vaporeux, Remus surplombe les nuages sans effort. Inaccessible, les défenses sont érigées autour de lui car il s'est mis hors d’atteinte. Invincible, il est petit prince de ses propres songes et derrière les murailles il dessine des moutons. Belle métaphore. Le chant du loup sous sa poitrine se fait affable mélodie, et la raison du plus fort devient celle de l’agneau. La bête n’est plus que douceur et la belle n’a jamais été que cela. Dans l’abandon momentané, Remus baisse sa garde et c’est pourtant par-là que viennent les plus grands renforts. Car pour Remus, l’amour est réconfort. Il se réfugie dans la forteresse de l’instant, mais après quelques secondes devenues éternités il redevient vulnérable. Alors l’illusion s’effondre et c’est son cœur qui se mure et devient château-fort. Lorsque l’amour finit, il n’est qu’un homme. Enfin… même pas tout à faible.
Dernière modification par Tiiki le 14 mars 2020 - 22:51, modifié 1 fois.
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Mais puisque je vous dis que j'ai ma carte de presse !
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Mathy » 14 mars 2020 - 22:46

Titre : Rien ni personne
Thème (écrit ou image) : écrit (quoique maintenant je me dis que ca touche aussi un peu l'image :lol:)
Fandom : Original
Nombre de mots : 92
Personnages : /
Rating : Tout public
Rien ni personne.

Rien ne m’ébranlera plus. Rien ne me brisera. Personne ne m’anéantira.

Je suis forte. Je suis résiliente. Je mérite d’exister.

Il faut y croire. Il faut être confiante. Il faut me protéger.

Je suis riche. Je suis précieuse. J'ai de multiples facettes.

Ils m’ont blessée. Ils m’ont détruite. Ils n’avaient aucune considération.

Je suis belle. Je suis essentielle. Je ne vous appartiens pas.

Bleue ou rouge. Blanche ou noire. Merveille est mon surnom.

Je suis ma forteresse. Je vais me défendre. Vous êtes chez moi.

Je suis la Terre.
Sois toi même et avance !
:superman:

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selket
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par selket » 14 mars 2020 - 22:58

Titre : Depuis quand ?
Thème (écrit ou image) : Forteresse
Fandom : HP
Nombre de mots : 367
Personnages : Teddy et Victoire
Rating : TP

Il l’avait laissé s’enfermer. Elle s’était caparaçonnée, fermée. Il l’avait laissé se replier sur elle-même.
Tandis qu’il entend un plaid sur le petit bout de femme qui dort recroqueviller sur le canapé il se demande quand ils se sont éloignés. Quand leur chemin ont cessé d’être unique. C’est peut-être ça le soucis ils avaient cru toute leur vie qu’ils marchaient ensemble, main dans la main, sur un chemin unique tracé pour eux.
Mais ils étaient unique, deux entités distinctes contrairement à ce qu’ils avaient crus, ce qu’on leur avait fait croire. Ils étaient Teddy et puis Victoire et non Teddy et Victoire. La nuance tenait seulement à un mot, un regard différent.

Fatiguée, las de ses disputes et différences qui ne faisaient que s’accumuler sans qu’il s’en rende compte Victoire avait pris les choses en main. Elle avait brisé son rêve de gamine d’un coup de talon sec alors qu’elle lui broyait le coeur. Elle avait mis fin à une utopie, un rêve qui devenait petit à petit un cauchemar.
Depuis quand gardait-elle tout ça pour elle ? Victoire avait toujours été douée pour garder ses humeurs, ses doutes et angoisses pour elle, mais avant elle lui confiait toujours. Depuis quand c’était enfermé dans sa forteresse de solitude ? Depuis quand ne l’avait-il plus vraiment regardé ? Avant elle ne pouvait rien lui cacher. Mais depuis quelques temps il fuyait leur appartement et ses responsabilités. Il se sentait étouffé dans un mariage arrivé bien trop vite. Ils étaient encore jeunes, ils avaient leur vie devant eux. Alors pourquoi ? Peut-être que pour Victoire, sans aucun doute pour leur entourage six ans de relation c’était assez de temps pour ne pas faire un mariage précipité. Mais ils avait tout juste vingt ans. Cela faisait trois mois qu’ils étaient mariés, trois mois qu’ils étaient devenus des inconnus l’un pour l’autre.

Fatigué, confus, il regardait Victoire dormir. Les larmes avaient creusés son fond de teint, ses cheveux étaient emmêlés tant elle les avait tortillés. Elle faisait toujours ça Vic quand elle disait enfin ce qu’elle avait sur le coeur, angoissés, elle tournait de grosses mèches autour de ses doigts, ou passait une main fébrile dans son impressionnante masse blonde.
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hazalhia
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par hazalhia » 14 mars 2020 - 23:00

Titre : /
Thème (écrit ou image) : image de 22h
Fandom : divergent
Nombre de mots : 398
Personnages : peter et tris
Rating : /
C’était la première fois qu’elle le voyait comme cela. Vulnérable, faible, rempli de doute sur l’utilité de son existence. Elle l’avait prit par surprise. Le dortoir était censé être vide, mais elle était entrée en trombe. Enervée ou pressée, il n’aurait sut le dire. il n’y avait même pas fait attention en fait.

Cela faisait une bonne heure qu’il notait de manière compulsive les limites de son monde connu sur des cartes fournies par le bureau du bien-être génétique. Et il s'avérait que son monde n’était rien du tout. A peine quelque centaines de kilomètres carrés. Une minuscule tête d’épingle à l’échelle de la planète.

C’est à ce moment qu’elle l’avait trouvé, en pleine interrogation sur l’insignifiance de son existence sur toute cette surface. Il n'avait eu ni la force, ni l’envie de lui sortir l’une de ses remarques habituelles. Et pour la première fois depuis leur rencontre, ils avaient parlés. Calmement, sans insultes ni menaces. C’était une expérience nouvelle, tant pour lui que pour elle. Assise en face de lui, sur un autre lit, ils se mirent à observer les cartes tous les deux. Il lui répéta ce que lui avaient dit les scientifiques du bureau, à propos des planètes, de l’espace, des continents et des océans.

Peter ne le dit jamais clairement, mais il avait peur. Jusqu’à présent, l’objectif de toute sa vie avait tourné autour du fait de devenir quelqu’un d’important. Il avait rejoint les Audacieux dans ce but. Il s’était montré sans pitié pour se hisser au sommet de l’initiation, et il avait bien l’intention de devenir un jour un Leader Audacieux. Mais maintenant, au coeur de cette immensité, dans cette ville qui n’en était qu’une parmi tant d’autres, à quoi avaient servis tous ses actes. Ruer de coups ses adversaires pendant les combats, éborgner Edward au milieu de la nuit, tenter de tuer Tris….

Il avait pensé que cette violence n’était qu’un moyen comme un autre d’atteindre son objectif. Un mal pour un bien. Une nécessité qui ne le faisait pas culpabiliser. Mais maintenant, tout cela n’avait plus aucun sens, et il avait peur. Peur de n’être plus rien dans ce monde. Peur d’avoir à changer. Peur de continuer à faire les même mauvais choix.

Quand il frôla le bras de Tris en voulant lui montrer l’un de ses griffonnage sur la carte, il la sentit frémir. Alors il réalisa qu'elle aussi avait peur, de lui.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Mikoshiba » 14 mars 2020 - 23:03

Titre : Le gardien de la forteresse
Thème (écrit ou image) : Forteresse (22h) (les 130 premiers mots ont été inspirés de l'image de 20h. C'est de la triche, je sais :mrgreen: )
Fandom : HP
Nombre de mots : 451 (+ les 137 du texte à peine commencé à 20h)
Personnages : Gabrielle Jones (OC)
Rating : /
Je me suis aperçue ce matin que le gros nounours que je-ne-sais-plus-qui avait offert à Megan il y a quelques années et qui trainait depuis dans un coin de sa chambre avait disparu de manière impromptue. J'ai cherché dans toute la maison, mais rien à faire.
Quand j'ai croisé Maggie, je lui ai demandé si elle n'avait pas vu chez elle, et sa réponse m'a mis la puce à l'oreille.
— Ha, non, je n'ai pas croisé de peluche. Mais j'ai croisé un petit tas de mousse de rembourrage, et ça me rassure de me dire qu'il ne vient donc probablement pas de mon canapé. Ha, et pas loin, j'ai trouvé des ciseaux et un marqueur indélébile que je croyais avoir bien cachés, de la terre et des petits restes de bouts de bois. Bonne chance !
J'ai décidé d'éclaircir ce mystère. En vrai, avec le recul, je me dis que j'aurais mieux fait de ne pas m'en préoccuper, mais sur le coup, je n'ai pas anticipé les conséquences psychologiques qui pouvaient en découler.

Mes pas m'ont dirigée vers le petit groupe d'arbres qui, dans l'imagination de Megan et Sean, est une forêt dense remplie de mystères, de forteresses et de passages secrets. Attends donc d'aller à Poudlard ma fille, tu verras ce que c'est un château avec des passages secrets dignes de ce nom. Non, une seconde. Elle ira à Poudlard dans trois ans, et trois ans c'est loin, et si proche à la fois. Non, elle n'ira pas à Poudlard tout de suite, le temps passe déjà assez vite, elle ne peut pas avoir onze ans dans trois si petites années, ce n'est encore qu'un bébé !

Le bébé en question a visiblement encore des progrès à faire en langage au vu de la pancarte en carton posée en travers du chemin (j'ai reconnu son écriture, et franchement, je préfère quand c'est Sean qui affiche ses fautes au monde entier). Le message invitait à FAIRE INTENSION À L'OURS-GAROU. Faire intension, c'est pas bon, mais un ours-garou, ça l'est encore moins. Méfiance.

Les enfants avaient tout de même bien travaillé ce matin, je dois le reconnaitre : ils avaient changé tous les branchages qui leurs permettent de délimiter les murs de leur forteresse imprenable (peut-être avaient-ils peur de l'ours-garou ?), la planche vermoulue qui leur sert de pont-levis avait été balayée (comment arrivent-ils à rendre propre une vieille planche toute moche tout en étant parfaitement incapable d'avoir une chambre en ordre ne serait-ce que cinq toutes petites minutes ?) et le drapeau (un slip visiblement volé sur le fil à linge d'une maison voisine) claquait au vent. Qu'il est beau le château !

Puis, j'ai compris. Toutes les pièces du puzzle se sont assemblées d'un coup. L'ours-garou. La peluche. Les bouts de bois. La pancarte.

Les enfants avaient découpé le museau tout mignon du nounours innocent, en avaient enlevé le rembourrage, avaient rempli le museau de terre, y avaient planté des bous de bois pointus pour faire de redoutables crocs, avaient dessiné autour des gentils petits yeux de la peluche pour lui faire un regard redoutable, et l'avaient déposée là, pour monter la garde. Il foutait les jetons ce truc ! Ha bien je veux bien le croire qu'il fallait y faire attention à cet ours-garou ! Je crois que je vais en rêver cette nuit de ce truc. Ces gosses sont barges.

Quand j'en ai parlé à Megan ce soir, elle m'a dit que c'était la meilleure défense de l'univers pour leur forteresse.
Ben tu m'étonnes.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par BellaCarlisle » 14 mars 2020 - 23:06

Titre : /
Thème : Forteresse
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 333
Personnages : James Bond
Rating : Tout public
James avait toujours pris soin de bâtir une forteresse imprenable autour de son cœur. Il était plus facile pour lui de s’impliquer dans ses missions s’il restait froid et distant. Les femmes l’approchaient parce qu’il les séduisait mais il ne restait jamais bien longtemps en leur compagnie. Il avait autorisé Vesper à franchir les premiers murs qui entouraient ses émotions mais, à sa mort, il avait reconstruit des fondations plus solides en renforçant ses défenses. Il ne voulait plus souffrir à cause de ses sentiments, à cause d’un attachement inutile qui ne lui apporterait rien de plus qu’une immense déception. Désormais, l’espion jouait avec le cœur des autres pour ne pas briser le sien : il n’accordait qu’une nuit aux femmes et ne leur laissait plus la possibilité de distinguer ce qu’il cachait derrière sa forteresse.

Il n’imaginait pas qu’il ouvrirait sciemment la porte de ses remparts à quelqu’un d’autre. Son cœur aurait dû être à jamais inaccessible mais il fallait croire que même lui ne pouvait pas tout prévoir. Quelques discussions sérieuses autour d’un verre avaient réussi à établir un lien entre lui et son supérieur, un lien qui lui avait semblé amical mais qui avait grandi au fil des rencontres. James s’était détendu en compagnie de M, il lui avait parlé de son passé avec des détails qu’il ne livrait jamais à personne. En retour, Mallory lui avait aussi fait des aveux sur sa captivité, avec une si grande confiance que le double zéro se demandait encore s’il la méritait réellement. Il avait tant de fois fait fi des ordres pour agir comme bon lui semblait qu’il doutait parfois de ce qu’il lisait dans les yeux de Gareth.

Pourtant, peu à peu, la forteresse avait livré ses secrets et James s’en était éloigné. Avec Mallory, il n’avait plus besoin de faire semblant, il était enfin lui-même, et il ne nécessitait plus cette protection autour de ses sentiments. Gareth lui avait appris à aimer sans crainte et il lui rendait cet amour.
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Eanna
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Eanna » 14 mars 2020 - 23:07

Titre : Pierre à pierre
Thème (écrit ou image) : Forteresse
Fandom : HP
Nombre de mots : 1037
Personnages : Lavande Brown
Rating : /
Il y a des nuits plus rudes que d’autres. Lavande les voit venir, lorsque la lune passe d’un mince sourire à un disque immaculé. Elle l’observe, chaque nuit précédant son apogée, avec un mélange d’appréhension et de défi. Les années ont passé, elle sait à quoi s’attendre, chaque mois, mais elle ne l’accueille pas avec sérénité pour autant.

Ces nuits-là, et en particulier la dernière – la plus difficile -, elle se referme au monde. Elle redevient celle qu’elle était, peu de temps après sa sortie de coma, six mois après la Bataille de Poudlard. Elle redevient la jeune fille sinistre, pétrie d’angoisses et d’idées noires. Elle qui a fait tant de chemin depuis, qui s’est tant battue, c’est comme si tout ce qu’elle avait accompli s’écroulait, tel un fragile château de carte.

Alors elle s’en construit un solide, de château. Une forteresse, dans laquelle elle se barricade. Elle n’arrive pas à lutter contre sa nouvelle nature – mais peut-elle vraiment la qualifier de « nouvelle », alors qu’elle l’habite depuis tant d’années ? Six ans déjà. A ce stade de son existence, elle constate avec effroi qu’un quart de sa vie a été consacré à une lutte vaine et épuisante contre quelque chose qui fait désormais partie d’elle, et qu’il lui faut apprivoiser.

Elle a accepté ses cicatrices, son apparence à jamais modifiée. Elle a accepté son asymétrie, elle a fait la paix avec son reflet dans le miroir, parce que d’autres regards se sont posés sur elle. On lui a dit qu’elle était belle, et elle a mis si longtemps à y croire. Mais elle a appris à ne plus douter de ses amis, de ceux qui sont restés près d’elle, ou de ceux qui sont venus après, qui sont passés outre les cicatrices et le rejet massif que Lavande leur infligeait. Ceux qui ont, pierre à pierre, détruit la forteresse dans laquelle elle s’était barricadée nuit et jour. Ceux qui lui ont tendu la main, qui l’ont regardée dans les yeux, et lui ont dit qu’elle était courageuse. Forte. Belle. Qu’ils l’aimaient.

Elle n’arrive pourtant pas à accepter cette autre part d’elle-même. Ces émotions qu’elle apprend à connaître mais qu’elle déteste, car elles persistent à lui sembler étrangères. La colère, l’amertume, la soif de violence… Ce n’est pas elle. Elle ne se reconnaît pas, et voudrait arracher de son cœur, de son esprit, ces démons qui s’éveillent quelques nuits par mois et font ressurgir ce qu’elle a de plus sombre en elle. Elle les hait, parce que c’est de lui que ces démons viennent. On lui disait auparavant qu’elle avait hérité des beaux cheveux de son père, du talent de dessinatrice de sa mère. Elle aimait ce patrimoine, elle aimait ces caractères hérités qui la rattachaient à ses parents.

Mais ces démons lui donnent l’impression d’avoir désormais quelqu’un d’autre à qui se rattacher, quelqu’un d’autre dont on pourra lui dire qu’elle tient son caractère. Personne n’oserait, évidemment. Jamais Parvati, Olivier, Bill ne lui diraient une chose pareille. Jamais elle n’entendrait de vive voix qu’elle leur rappelle ce monstre de Fenrir Greyback. Mais elle sait qu’ils le pensent parfois, impossible qu’il en soit autrement. Bill surtout. Bill, parce que lui aussi est hanté par ses propres démons. Il donne l’impression d’avoir fait la paix avec eux, mais deux personnes au moins savent qu’il lutte plus ardemment que jamais à l’approche de la pleine lune, pour que Victoire, Louis et Dominique ne se doutent de rien, et ne se sentent pas menacés. Lavande ne possède pas la moitié du contrôle qu’il exerce sur ses émotions et ses accès de colère.

Mais Bill a Fleur, depuis le premier jour. Elle est là pour lui, elle ne l’a jamais abandonné, et sans elle il coulerait à pic. Lavande envie de façon douloureuse leur lien quasi fusionnel. Elle a mis si longtemps à accepter de l’aide, et elle sait que le fait d’avoir rejeté massivement le soutien que ses amis lui proposaient a contribué à ancrer l’amertume dans son caractère. Pourtant, elle avait elle aussi une Fleur près d’elle, qui n’a jamais abandonné, qui est toujours revenue vers elle, malgré les portes claquées et les cris de colère. Parvati, sans qui elle aurait probablement sombré pour ne jamais refaire surface.

Ce soir, la lune est pleine. Lavande la fixe, elle sent déjà ses démons s’éveiller. Son cœur se serre, il bat plus vite, de manière erratique. Elle a l’impression qu’un poids s’abat sur sa poitrine, comprimant ses poumons, rendant sa respiration difficile, saccadée. Elle essaie d’inspirer à fond, mais l’air ne passe pas. Elle ferme les yeux, brisant son lien avec la lune, elle essaie de se concentrer sur ce qu’elle ressent autour d’elle. Le plancher sous ses pieds nus. Le tissu soyeux du fauteuil dans lequel elle est assise. Elle entend le bruissement des rideaux, légèrement agités par le vent qui s’infiltre dans la pièce, par la fenêtre ouverte. Un tintement retentit, au rez-de-chaussée de la maison. Elle sait qu’Olivier se prépare un thé, et qu’il hésite à lui en monter une tasse, mais il ne le fera pas. Elle lui est reconnaissante de respecter la distance qu’elle lui impose cette nuit-là. Et d’accepter de ne pas être celui qui lui tiendra la main pour l’aider à passer cette épreuve.

La porte de la chambre s’ouvre, dans un très léger grincement. Le parfum du jasmin précède le bruit feutré des pas de Parvati dans la pièce. Lavande garde les yeux fermés, mais elle sent déjà les battements de son cœur ralentir, et le poids sur sa poitrine s’alléger. Son amie glisse une main dans la sienne, et s’assoit sur l’accoudoir du fauteuil. Elle reste là, silencieuse, sereine.

Au bout d’un moment, elle se met à fredonner. Un air des Bizzar’ Sisters qu’elles ont chanté à tue-tête un nombre de fois incalculable. Lavande l’écoute, elle replonge dans ses souvenirs d’adolescente, dans la soirée du bal de Noël, en quatrième année, et elle esquisse un sourire.
Et elle admire la patience et la persévérance de Parvati qui s’échine à défaire, pierre à pierre, les murs que Lavande dresse autour d’elle. Chaque nuit de pleine lune, chaque mois, Parvati pénètre la forteresse, indéfectible renfort dans la bataille que livre Lavande contre ses démons.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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Iphigenie Nasty
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Iphigenie Nasty » 14 mars 2020 - 23:42

Titre : Le grand jour
Thème (écrit ou image) : carnaval
Fandom : HP
Nombre de mots : 601
Personnages : Les Weasleys et Hermione Granger
Rating : TP
C’est le grand jour. Est-ce que tout le monde se dit ça en se réveillant le matin de son mariage ? Ginny elle, se le disait. Et elle se disait aussi que ça ne voulait rien dire. Comment un jour pouvait-il être grand ? Si ce jour est particulièrement grand, cela implique nécessairement que les autres soient plus petits. Pourquoi s’infliger une éternité de petits jours. Décidément, l’anxiété ne réussissait pas à l’âme poétique de Ginny.
Tout un tas de questions se bousculaient dans sa tête : est-ce que tout se passera comme prévu ? Est-ce qu’elle rentrera dans sa robe ? Est-ce que ce ne sera pas dur pour Harry, de se marier sans avoir aucun membre de sa famille auprès de lui. Et surtout en ayant face à lui la famille Weasley à son grand complet. Une tempête, un ouragan, un tsunami, pire encore. Ce soir, ce serait elle sa famille. Quel honneur ne lui faisait-il pas, mais surtout quel angoisse !
Onze heures. Elle est prête. Ses cheveux roux forment une magnifique… qu’est-ce que c’est au juste Hermione ?
-C’est ben, c’est… c’est beau quoi ? Pourquoi veux-tu que ça ressemble à quelque chose ?
-Bon où sont-ils ? Il faut que je leur parle, mettre au point quelques règles pour m’assurer qu’aucun Weasley ne fasse émerger d’idées loufoques durant la cérémonie. Ou après d’ailleurs.
-Ils sont dans le grenier, ils attendent tes ordres.
-Mais qu’est-ce-qu’ils foutent dans le grenier ?!
Ginny écarquilla les yeux. Ils étaient tous là. Ses frères sont père et sa mère. L’expression étrangement satisfaite.
-Tu es magnifique ma chérie, dis Mr Weasley à sa fille qui restait sans voix.
-Mais clairement pas vous, déglutit-elle ! Qu’est-ce que c’est que ces haillons que vous portez ? C’est pire que la robe du bal de noêl de Ron. Et par Merlin quelle immondice !
-Ginny voyons calme toi, interrompit Mme Weasley. Tu sais que ta tante sera présente, si on ne porte pas les robes qu’elle nous a brodé, nous la vexerons.
-Ben oui ben oui mais bien sur. Habillons-nous comme des guignols pour ne pas vexer la tante. Peu importe si nous avons un demi kilo de dentelles et de poussières sur le corps. Après tout ce n’est qu’un mariage. Et où étaient ces merveilleux déguisements lorsque Bill c’est marié ?
-ça n’a pas d’importance rétorquèrent les parents.

Ginny pensa que décidément, ses parents étaient les meilleurs. Elle hurlait dessus à tout va et ils restaient toujours aussi réconfortants et calmes. Ils sentaient son angoisse et faisait contre-poids. Magré sa fureur elle ne pouvait s’empêcher de reconnaître leur bonté. Elle avait de la chance de les avoir.

Puis elle les dévisagea un par un.
Ron, inconfortable dans un vêtement plus massif que lui. Enfin plus que d’habitude.
Percy, son air supérieur dans un costume ridicule.
Bill, dont le charisme était bien enfoui sous une immense couche de tissus rafistolés les uns aux autres.
Et George accompagné de son fidèle air satisfait après avoir trouvé son costume à lui, le moins pire de tous. Pour une fois que George était le moins ridicule.
A côté de Georges, se trouvait un autre ensemble, mais il n’avait pas d’occupant, il était posé au sol. Personne pour le porter.
Face à ce spectacle carnavalesque. Ginny ne put s’empêcher d’éclater en fou rire. Elle riait tellement qu’elle finit par en pleurer. Son maquillage coula. Hermione devait tout refaire. La journée venait tout juste de commencer et déjà rien ne se passait comme prévu. Mais jamais, pour rien au monde, Ginny n’aurait échangé cette troupe de comiques pour une famille normale.
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selket
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par selket » 14 mars 2020 - 23:50

Titre : En avoir pleins les yeux
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 325
Personnages : Teddy et Victoire
Rating : TP
Elle avait l’image de leurs baisers imprimés dans la rétine. Collés au fond de l’oeil. A chaque fois qu’elle fermait ses longs cils noirs elle voyait danser sur sa pupille leurs étreintes passés. 
Le temps s’en était allé, et son odeur avec lui. Elle n’avait plus que les souvenirs de ses bras pour lui tenir chaud sous sa couette et l’écho de sa voix dans le crâne pour lui tenir compagnie. 
Elle savait que c’était sa décision, que s’était elle qui avait fait ce choix mais cela ne l’empêchait pas d’être triste.

Parfois elle se disait qu’elle aurait bien préféré que ça soit lui qui assume que leur mariage allé a vaut l’eau. ça aurait été plus simple pour elle. ça n’aurait pas été elle qui aurait à subir les regards pleins de reproches de sa famille. ça ne serait pas elle qui se prendrait les remarques a peine déguisés à chaque repas au Terrier. Elle n’aurait eut qu’a se pointer, la mine défaite et les yeux rougis pour qu’on la prenne avec pitié. Au lieu de ça on lui disait qu’elle avait tout foutu en l’air, qu’elle avait été bien bête à divorcer si vite et qu’elle aurait mieux fait de ne pas se marier si elle n’était pas si sure d’elle. 

Sauf qu’elle n’était pas la seule en tord. Teddy était tout aussi responsable qu’elle de leur échec. Mais les gens préféraient fermer les yeux sur ses erreurs, car lui il avait été laissé de côté. Il n’était que la victime. Et pourtant, elle aussi s’était senti si seule quand Teddy l’abandonnait dans leur appartement pour partir en vadrouille elle ne savait où, parfois pour plusieurs jours.
Mais c’était elle qui avait demandé le divorce alors elle n’avait pas le droit de se plaindre, ni de pleurer. Elle avait fait son choix. Mais l’avait-elle vraiment eut ?
Elle avait l’image de leurs échecs imprimés sur sa rétine et des souvenirs pleins le coeur.
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hazalhia
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par hazalhia » 14 mars 2020 - 23:50

Titre : /
Thème (écrit ou image) : mot de 23h
Fandom : original
Nombre de mots : 380
Personnages : Suzette, Josette et Marcellin
Rating : aucun pour cette première partie
Trois coups sonnèrent à la porte. Assise à la table du salon devant un puzzle, Suzette soupira, elle savait d’avance ce qui l’attendait. Sa meilleure amie, Josy, pour la traîner au carnaval du village comme chaque année. Quand elle lui ouvrit la porte, elle la trouva parée de l'une de ses plus jolie robe, bleu ciel avec des manches bouffantes. Elle avait même relevé ses cheveux avec un ruban pour parer à la chaleur de l’après midi d’été. SOn déguisement consistait en un maquillage de chat sur le visage, réalisé avec les crayons de maquillage de sa mère.

Il ne lui fallu pas longtemps à Josy pour convaincre son amie, ou plutôt pour la traîner de force. Hors de question qu’elle la laisse cloîtrée chez elle le jour de la fête la plus amusante de l’année. C’était l’une des rare fois que le village était animé. Josy comptait bien s’amuser, avec son amie à ses côtés.


- Suzy, suzy, maman à dit que tu devais rester avec moi, se mit à crier le petit frère de Suzette en débarquant dans le salon.

Leurs parents avaient dû rendre visite à de la famille en urgence durant le week end, aussi Suzette avait la charge le garder son petit frère en leur absence.

- Emmène le, proposa Josy en haussant les épaules. Qu’est ce qui peut arriver de toute façon?

Face à l’insistance de Marcellin pour sortir, Suzette céda, en lui intimant tout de même de ne jamais s’éloigner d’elle et de rester dans son champs de vision en permanence sans quoi il serait puni. Du haut de ses onze ans, le petit garçon sauta de joie.

Ensemble, ils prirent la direction de la place du village. L’endroit grouillait de monde. Un patchwork d’enfants et d’adulte déguisés avec des vêtements de toutes les couleurs. Cette année, le thème des animaux avait été désigné. On se serait cru dans un zoo.
En se mêlant à la foule, Suzette et Marcellin qui, n’ayant pas prévu de sortir n’avaient aucun déguisement, se sentirent un peu à part mais très vite cela fut arrangé. Quelqu’un sorti de nulle part leur tendis un masque et un chapeau, aussi bariolés que les autres. Marcellin devint un poulet, avec une belle crête rouge sur la tête, et Suzette une délicate biche.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
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Mathy
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Mathy » 14 mars 2020 - 23:51

Titre : Carnaval
Thème (écrit ou image) : écrit
Fandom : original
Nombre de mots : 189
Personnages : Elise
Rating : Tout public
De la musique, des costumes et de la joie. Voilà les ingrédients d’un carnaval parfait.

Ceci était inconnu pour Élise. Elle avait été éduquée chez les bonnes sœurs, dans un internat privé. Quelle joie, elle avait ressentit lorsqu’elle avait passé pour la première fois les portes de l’université. Une université de province, publique, pire, pour des études de biologie marine. Elle en était passionnée. Ainsi Élise était partie à Nice. Elle avait eu besoin d’un moment pour s’accorder à moins de retenue.

Heureusement elle avait rencontré quelques personnalités merveilleuses : Annie, Vera et Fary. Ils formaient un groupe soudé et attachant. Elle se sentait elle même avec eux. Et c’est tout naturellement que ses amis lui proposèrent de participer ensemble au carnaval de Nice.

Élise, jeune fille de bonne famille, se retrouvait aujourd’hui au milieu des danses, chants et lancés de fleurs. Un sourire si grand sur le visage, elle applaudissait à chaque char qui passait devant elle. Entourée d’amis précieux, elle se rendit compte que c’était ça qu’elle désirait. Des moments simple mais remplis de bonheur. Pas de règles, de bienséance ou de politesse outrancière.

De la joie.
Sois toi même et avance !
:superman:

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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Bellatrix1992 » 14 mars 2020 - 23:55

Titre: sur la mer
Fandom: Original
Personnages: Rashi d'Amazo, le comte de Serre Nègre, Mirahi, Valence Forêtsombre
Thème: image avec l'oeil et le couple.
Mots: 614
Rating: tout public
Ce ne pouvait être qu’un rêve, pourtant Rashi le voyait aussi nettement que si la scène s’était produite devant ses yeux, comme si elle n’en avait été qu’un témoin extérieur.

Le couple flottait avec peine, la femme cramponnée à une poutre semblait épuisée, l’homme qui se maintenait hors de l’eau en face d’elle encore plus. Tous les deux grelottaient et regardaient autour d’eux avec angoisse.
Mais le paysage désolé semblait n’être constitué que de cette épaisse nuée de cendre qui avait dévalé les pentes de la montagne d’Amazo. Et autour d’eux, l’eau ondulait doucement dans la nuit.
- A ton tour, murmura la femme à son compagnon d’une voix éteinte.

Elle avait le ton de ceux qui sont résignés à mourir, et Rashi savait exactement pourquoi, autant qu’elle redoutait à présent ce qui allait suivre.
l’homme l’arrêta avant qu’elle ne lâche la poutre :
- Non, murmura t-il. Il faut que ce soit l’un de nous deux, mais ce ne sera pas toi…
- Valence.
- Tu es la reine Rashi. Et tu as trop à faire pour que je te laisse mourir. De toute façon, je serai trop lourd pour cette poutre bien avant le matin.
- Que me restera t-il, en admettant qu’il y ait d’autres survivants ?
- Il te restera nos fils, et ta couronne à porter.
- Tu sais aussi bien que moi que j’en suis totalement indigne…

L’homme ne la laissa pas finir, il la saisit et l’embrassa avant de la repousser contre la poutre et de se laisser couler.
- Valence !! Hurla la reine Rashi en même temps que la femme dans l’eau.

La femme tentait de retenir son mari, mais il disparut dans les eaux sombres et elle resta seule à sangloter.
- Non, non…

Rashi sanglotait aussi à côté d’elle, elles n’étaient que deux versions de la même femme brisée. Mais soudain, elle comprit. Ce n’était pas son souvenir, car elle observait la scène depuis la poutre flottante.
- Mirahi ! Arrête ! Hurla t-elle avec l’énergie du désespoir.

Elle voulut se débattre mais c’était comme si ses membres refusaient de lui obéir, restant fixés à la poutre. Plus elle tentait de les arracher, plus elle se sentait faible et sa respiration saccadée faiblissait.
Des voix extérieures lui murmuraient des choses qu’elle ne comprenait pas. Tout ce qu’elle voyait, c’était la femme qui sanglotait et hurlait dans l’eau, la petite main de son fils posée sur la sienne, comme pour la retenir si elle décidait de se laisser couler à son tour.
Mirahi l’avait bel et bien retenue, comme il avait retenu l’empereur, et elle comprenait à présent l’étendue de son pouvoir. Mais la révélation était cruelle. La scène était insoutenable et Rashi aurait voulu mourir, elle le supplia une dernière fois :
- Mirahi, par pitié…

Les voix s’amplifiaient dans sa tête, elle se mit à hurler de douleur, persuadée que la mort s’apprêtait à l’emporter.
Soudain, la lumière l’aveugla et les voix devinrent des cris paniqués ou des appels :
- Reine Rashi ! Reine Rashi, revenez à vous !

Elle connaissait cette voix juvénile, des ombres s’agitaient autour d’elle et pourtant la sensation de roulis ne cessait pas. Mais tout devint bientôt plus net et Rashi finit par reconnaître l’homme penché au dessus d’elle :
- Reine Rashi, vous m’entendez ?
- Serre-Nègre ? Bredouilla Rashi d’une voix pâteuse.

Le jeune homme sourit avec soulagement, elle le distinguait à présent correctement, mais la sensation de roulis persistait et le bruit des vagues parvenait à ses oreilles. Elle se sentait terriblement mal.
- Que… Où sommes-nous ? Murmura t-elle.
- Nous voguons vers l’île de Charios ma reine, pour y trouver refuge.
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Pas ma fille espèce de garce!

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Clo
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Clo » 15 mars 2020 - 00:01

Titre: /
Fandom: Original
Personnages: Ben
Thème: Carnaval
Mots: 185
Rating: tout public
Des bruits et des couleurs partout.

C'est comme ça que Ben décrirait le carnaval à Louise. Sa voisine n'avait pas pu venir en ville et il avait promis de lui raconter en détail, pour qu'elle puisse se l'imaginer comme si elle y était.

Les cris des enfants, leurs rires aussi, étaient recouverts par les trompettes et percussions des chars. Le rythme donnait envie de suivre les danseurs dans la rue, de bouger avec eux, c'était enivrant. Le soleil avait fait son apparition après la matinée grisâtre et comme il y avait eu une légère averse en début d'après-midi, un arc-en-ciel était également de la partie. Ben ne l'avait pas vu au départ et c'était les hourras de la foule qui lui avaient permis de s'en rendre compte.

Au milieu des gens déguisés et tout en n'importe quoi, Ben regardait les danseurs multicolores danser, suivis par les chars immenses. On leur lançait des confettis à la figure, il en avait partout dans ses cheveux bouclés mais qu'importe. Il les ramènerait pour Louise.

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par BellaCarlisle » 15 mars 2020 - 00:04

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Carnaval
Fandom : Agents du Shield
Nombre de mots : 438
Personnages : Amélia (OC), John Garrett, Grant Ward
Rating : Tout public
« Notre homme est sûrement déguisé, fait la voix de Grant dans l’oreillette.
— Belle déduction, Sherlock, remarque Amélia sur un ton cinglant. Au vu de la situation, ce n’est pas surprenant. »

Le carnaval de Rio bat son plein en un mélange de sons et de couleurs qui la désarçonnent un instant. En voyant tous ces gens autour d’elle qui portent masques et costumes, elle devine que la mission risque d’être plus longue que ce qui était prévu à l’origine. L’individu suspect n’a laissé aucune trace visible derrière lui, rien de repérable sans connaître son identité et il n’a sans doute pas loupé l’occasion de se fondre dans la foule sous un aspect festif.

« Est-ce que tu as réussi à avoir d’autres infos plus utiles ? demande John sans se départir de son sérieux.
— Il aurait été arrêté pour vol à main armée il y a deux ans.
— Pourquoi du conditionnel ? s’enquiert Amélia en fronçant les sourcils.
— Le dossier d’arrêt figure dans les notes du Shield mais pas dans celles de la police. »

La voix de Ward est supplantée par la musique d’ambiance du carnaval et les deux agents sur le terrain décident de couper la communication. Les danseuses peu vêtues attirent les sifflements des spectateurs, le rythme de la samba va crescendo tandis que les coéquipiers tentent de retrouver l’homme qui leur a filé entre les mains. Amélia ne s’intéresse pas aux différents chars, elle n’y jette que des coups d’œil rapides, principalement pour surveiller si leur suspect ne s’est pas glissé entre les décors mouvants. En même temps, elle surveille son officier superviseur pour ne pas le perdre de vue alors qu’ils sont en terrain étranger avec tous les risques que cela implique. Au milieu de cette foule trop dense, elle sent que son pouvoir est prêt à lui échapper et cela la terrifie : si sa magie venait à se manifester en cet instant, elle ferait de nombreuses victimes innocentes et elle sait qu’elle se le reprocherait jusqu’à la fin de ses jours.

A ses côtés, l’agent Garrett paraît plus détendu. Elle aimerait prendre exemple sur lui afin d’être plus assurée, comme elle l’était avant l’accident, mais c’est la peur qui l’étreint fortement. Une main saisit soudain la sienne et elle croise l’expression compatissante de son collègue. La chaleur de la peau de John l’apaise malgré son angoisse et elle lui accorde un léger sourire reconnaissant. Elle en oublie tous ces inconnus qui scandent la musique, tous ces costumes qui s’agitent au fur et à mesure de leur avancée. Elle peut se reconcentrer plus sérieusement sur leur mission, par un simple geste.
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Dreamer
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Dreamer » 15 mars 2020 - 00:04

titre : /
fandom : original
perso : /
thème : image
mots : 419
rating : -18
Spoiler
Show
Un couple qui s’embrasse à pleine bouche. De la passion. De l’amour. Ils semblent tous deux en dégager assez pour réchauffer tout ce qui les entoure. A les voir, on entend presque leurs coeurs battre la chamade.

Moi, mon coeur est glacé.

Je les regarde. Avec envie. Et mon âme se craquelle sous le poids du désespoir et de la tristesse. Jamais je n’ai senti ce feu emplir mon corps. Mon cœur a déjà battu la chamade en croisant le regard de quelqu’un. Mais jamais mes lèvres n’ont effleuré celles d’une autre personne. Et elles ne le feront sans doute jamais.

Il y a ces démons qui règnent en moi. Ces angoisses qui me dominent et m’accablent. Ces voix qui me chuchotent que jamais je ne serai aimée.

Les amants s’écartent, et leur embrassade devient plus tendre. Ils chuchotent quelques mots, échangent des sourires, toujours enlacés.

Le dégoût m’emporte, et je me détourne.

Leurs murmures me rappellent les douloureuses sensations que je cherche à enfermer à jamais en moi. La sensation de doigts qui me caressent, à des endroits qu’ils ne même devraient pas frôler. Les menaces susurrées à mon oreille pour m’enjoindre à ne rien répéter à personne. La douleur, pénétrante jusque dans mes os.

L’écho de leur rire me sort de ma stupeur. Tremblante, je m’approche d’eux. Enfin d’elle, plutôt. Je me tiens aussi éloignée de la gente masculine que cela m’est possible. Et je lui tends son téléphone porte. Merci, pour la photo, me dit-il en souriant, avant d’afficher les fruits de mon travail improvisé et de les montrer à son copain.

Je marmonne de rien avant de reprendre ma route, laissant derrière moi l’angoissante réalité qu’ils ont fait surgir en moi.

Je suis comme une poupée abîmée, à qui on a arraché des poignées de cheveux, déboîté un membre, ou écorché la peau. Complètement bousillée. Bonne à jeter.

Au loin, je vois les vagues s’écraser sur les rochers avec une violence inouïe. L’odeur d’iode m’emplit les narines. J’arrive enfin à la plage. Je délace mes chaussures et avance pieds nus sur le sable froid. Le vent fouette mes cheveux contre mes joues, et je ne vois plus rien.

Je n’ai pas peur. Car je suis seule. Il n’est plus là, à attendre tapi dans l’ombre, que je sois à sa merci.

Alors j’avance jusqu’à la cime des rochers. Puis je grimpe, et la pierre s’enfonce légèrement dans ma peau pendant mon ascension.

Enfin en haut, j’observe l’océan. Puissant. Majestueux. Indomptable.

Et je n’ai plus peur.
It ain't easy to keep going when it's hard, Keep shining in the dark, When you wanna fall apart, But I'm a dreamer ♥

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Eanna
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Re: [Textes] Nuits du 14 mars 2020

Message par Eanna » 15 mars 2020 - 00:05

Titre : Caro Vale
Fandom : HP
Personnages : Narcissa Black, Autre personnage
Thème : Carnaval + image
Mots : 602
Rating : Tout public
Notre monde est un perpétuel carnaval. Mais j’aimerais qu’il soit de ceux que l’on voit chez les Moldus, tout inférieurs que nous les considérons. J’aimerais qu’il ait leurs vives couleurs, leurs chants, leurs rires, comme celui que j’ai pu voir à Venise, cet été où nous nous sommes retrouvés.
Tu n’étais pas encore fiancée à ce moment-là. Ta sœur aînée était déjà partie, déshonorant votre famille en épousant un Sang-de-Bourbe. Et tu déambulais dans le quartier sorcier de la Sérénissime accompagnée de ton autre sœur, à côté de laquelle tu semblais plus étincelante que jamais. Tes cheveux blonds, tes grands yeux bleus contrastaient tellement avec ses boucles noires et son regard sombre.
Dans cette ville, il est de tradition pour les sorciers de se mêler aux Moldus, le jour du carnaval. On passe aisément inaperçus dans la foule, avec un masque et un vêtement un peu coloré. Et alors on peut s’amuser à leur jeter quelques sortilèges. Les autorités sorcières imposent qu’ils soient inoffensifs, on ne peut pas toujours s’amuser…
Nous nous sommes croisés le matin du carnaval. Je m’en souviens comme si c’était hier, tu étai assise à la terrasse d’un glacier, et tu portais une robe vert émeraude. Le tissu était magnifique, mais le bleu te va tellement mieux. Celui de ce peignoir en soie que tu portais lors de notre première nuit ensemble, et que tu as mis si longtemps à oser enlever.
Il était évidemment hors de question pour tes parents de te laisser aller à ce carnaval. Tu les suppliais pourtant, à la terrasse de ce glacier. Ils étaient intransigeants. Quand vous êtes repartis vers votre hôtel, je vous ai suivis, et vous ai dépassés l’air de rien, en glissant dans ta main un morceau de parchemin. Nous n’étions pas des inconnus l’un pour l’autre, nous nous étions quelque peu côtoyés à Poudlard, mais tu avais deux ans de plus que moi, et je ne t’avais presque jamais adressé la parole. Cet été-là, à Venise, je venais d’avoir dix-huit ans. Hors de Poudlard, sans nos uniformes, la différence d’âge se voyait moins, alors j’ai osé.
Et je t’ai invitée à ce carnaval, en te disant de te mettre à ton balcon à minuit si tu étais d’accord. Je viendrais alors te chercher et nous irions ensemble…

Les souvenirs affluent, des lames de fond qui dérobent le sable sous mes pieds et manquent de m’entraîner sous l’eau. La suffocation serait probablement semblable à celle qui me menace alors que je t’observe face à lui, dans ta délicate robe blanche, tes yeux bleus levés vers son visage ô combien détestable. Tu ne l’aimes pas. Tu l’épouses parce que ça arrange bien sa famille. Il ne te mérite pas.
Je suis le seul à voir le masque que tu portes. Et tu es la seule à savoir qu’à chaque nouvelle étape annoncée par le maître de cérémonie mon cœur se brise un peu plus. Mon masque est aussi parfait que le tien. Je parais sincèrement heureux pour Malefoy. Je le hais. Je hais sa main dans la tienne. Je hais ses yeux sur ton visage. Il ne te voit pas vraiment. Il voit ta beauté – comment ne le pourrait-il pas ? – mais il ne sait pas celle que tu es à l’intérieur, et il ne le saura jamais.
Nous vivons dans ce carnaval morbide, ce monde de faux-semblants, de mensonges, de tromperies. A partir de maintenant, nous devrons garder nos masques. Je ne verrai plus jamais ton vrai visage, ni toi le mien. Je redeviens le soldat de plomb, et toi la poupée de porcelaine.
Caro vale. Adieu la chair.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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