Atelier de brassage

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Quels sont vos deux textes préférés ?

Le sondage est terminé depuis le 22 mars 2020 - 00:45

Texte 1
4
25%
Texte 2
2
13%
Texte 3
2
13%
Texte 4
5
31%
Texte 5
3
19%
 
Nombre total de votes : 16

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Pimy
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Atelier de brassage

Message par Pimy » 14 mars 2020 - 18:53

Bienvenue dans l'atelier de brassage !

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Rappel : L'alcool est à consommer avec Modération (nous :mrgreen: :arrow: ).


Nous vous proposons de préparer vos propres bières. Le principe est d'écrire un ou plusieurs petits textes. Les caractéristiques de votre bière seront définies comme suit :
  • Pour mesurer le degré d'alcool de votre bière, nous vous proposons une liste de mots. Chaque mot (ou groupe de mots) présent dans le texte représentera 0,5% vol. Attention aux bières trop alcoolisées qui pourraient vite donner n'importe quoi ! :mrgreen:
  • Brune, ambrée, blonde ou blanche ? Si vous voulez brasser une bière brune, votre texte devra être sur le genre du thriller. Pour les ambrées, votre texte sera un texte d'action action, les bières blondes correspondront aux textes comiques, et enfin le genre pour les bières blanches sera le drame. Vous pouvez aussi partir sur une bière artisanale avec un autre genre que ceux là.
  • Attention aux verres qui débordent ! Les textes ne devront pas dépasser les 500 mots.
  • Enfin, afin que votre bière soit pétillante et pas trop plate, les textes ne doivent pas se dérouler à la St-Patrick, ni en Irlande.
Liste de mots
Show
Arc-en-ciel
Arrosoir
Ballons
Barbe
Berger
Bièraubeurre
Broccoli
Chance
Château
Chaudron
Chien de berger
Croix celtique
Danse traditionnelle
Dix-sept
Drapeau
Dublin
Esclavage
Évêque
Famille
Fanfare
Farfadet
Fée
Fer à cheval
Fête
Feu d'artifice
Flûte
Gnome
Grenouille
Harpe
Haut-de-forme
Herbe
Hulk
Iguane
Irlande
Mars
Mouton
Musique
Noeud papillon
Olive
Patrick
Pâturage
Pièce d'or
Pipe
Pistache
Pluie
Poison
Pomme de terre
Religion
Salade
Sapin
Serpent
Tonneau
Trèfle à quatre feuilles
Trésor
Trinité
Trois
Ver
Verre
Vert-blanc-orange
Violon
Vous avez jusqu'à Vendredi 23h59 pour m'envoyer vos textes par MP.
Après ce délai, les textes seront publiés anonymement dans un topic dédiés et seront soumis à vos votes dans la journée du samedi.

Décompte des points :
  • A l'issue des votes, 3 points seront accordés au premier texte, 2 points au deuxième et 1 point au troisième.
  • 1 point sera accordé aux textes ayant inclus tous les mots imposés.
  • Les textes seront séparés en deux catégories, les bières à moins de 10 %vol. (moins de 20 mots imposés) et les bières à 10%vol ou plus (20 mots ou plus). 1 point d'originalité sera accordé aux textes de la catégorie contenant le moins de textes (ex: s'il y a 3 textes dans une catégorie et 7 dans l'autre, les 3 textes se verront attribuer 1 point chacun).
Le bluff est tout a fait autorisé à la suite de ce topic, choisissez bien votre stratégie. :mrgreen:

Bonne préparation !

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Tiiki
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Re: Atelier de brassage

Message par Tiiki » 17 mars 2020 - 21:39

Oh, chouette dis donc ! :boing: "Attention aux bières trop alcoolisées qui pourraient vite donner n'importe quoi !" :lol: Excellent, en tout cas les descriptions des événements sont alléchantes !

Deux questions qui me viennent à l'esprit en survolant (si vous acceptez d'y répondre bien sûr héhé) :
On peut accorder les mots au besoin ?
"Chien de Berger" c'est le mot compte double qui valide "chien de Berger" ET "Berger" ? :mrgreen:

Ou peut-être que je bluffe et que je vais faire un texte centré sur une salade de pommes de terre et une omelette de brocolis.
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Mais puisque je vous dis que j'ai ma carte de presse !
(vignette AliceJeanne, BellaCarlisle, Hazalhia)

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Pimy
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Re: Atelier de brassage

Message par Pimy » 17 mars 2020 - 22:47

Oui pas de problème pour accorder les mots, tant que ça reste des noms (ou adjectifs pour certains), ok pour le pluriel, mais pas pour transformer arrosoir en arroser ou fête en fêter. Si vous avez des doutes n'hésitez pas à demander ici ou à m'envoyer un MP.

Et "chien de berger" ne compte pas pour Berger, bien essayé. :mrgreen:
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hazalhia
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Re: Atelier de brassage

Message par hazalhia » 17 mars 2020 - 23:14

C'est vraiment très fun comme idée, je vais m'y essayer :boing:
J'espère réussir à caser le plus de mots possible et que ma bière fera rapidement tourner les têtes :mrgreen:

Juste quelques petites questions :
- Pour le mot dix-sept, est-ce qu'on peut le transformer en dix-septième siècle ?

-Pour vert-orange-blanc, est-ce que ça compte comme un groupe de mot qu'il faut caser ensemble ? Ou comme trois mots que l'on peut mettre à différents endroits du texte ?
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


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Re: Atelier de brassage

Message par Pimy » 18 mars 2020 - 08:57

Yes pas de problème pour transformer dix-sept en dix-septième.

Par contre pour vert-orange-blanc, il faut le garder d'un bloc. On aurait mis les trois mots séparément sinon. :D

Bon brassage ! :D :mouton:
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Eanna
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Re: Atelier de brassage

Message par Eanna » 18 mars 2020 - 09:37

Oh j'adooooore :boing: :boing:
Je vais réfléchir à des petits textes, j'aime beaucoup les mots proposés en plus, ça va être dur d'en rester à 500 mots ! :D
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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Pimy
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Re: Atelier de brassage

Message par Pimy » 18 mars 2020 - 09:56

Contente que ça vous plaise :boing:

Pour ce qui est du décompte des 500 mots, vous pouvez utiliser le compteur que vous avez sous la main, par contre merci de le préciser quand vous m'enverrez le texte par MP. ;)
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Alrescha
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Re: Atelier de brassage

Message par Alrescha » 18 mars 2020 - 17:39

J'avais une super idée mais ça dépasse.

Là, j'essaye autre chose mais j'ai du mal... :?
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hazalhia
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Re: Atelier de brassage

Message par hazalhia » 18 mars 2020 - 17:46

J'ai déjà réussi à caser 43 mots imposés sur 219 mots de texte. Mon objectif est carrément de réussir à caser tous les mots imposés :mrgreen:
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


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Re: Atelier de brassage

Message par Pimy » 21 mars 2020 - 00:43

C'est l'heure de la dégustation !

:beer:


Voici les textes reçus, vous pouvez voter pour 2 d'entre eux. Les auteurs des textes seront révélés a posteriori, en même temps que le nombre de mots intégrés et les points gagnés.

Les votes sont ouverts jusqu'à demain Samedi 17h.

Bonne lecture et bon vote ! :D
Texte 1
Show
Dix-sept ans en mars qu’il aurait quitté sa famille, Dublin, et l’Irlande. La barbe gorgée de pluie, la moustache en arrosoir, il avait abandonné son drapeau et son pays un beau matin, un arc-en-ciel au bout des cils.

Dès que la Bergère s’était parée d’un pardessus en sapin, c’en avait été fini de la vie à trois. Le chien de Berger avait abandonné ses pâturages pour l’herbe du Maine. Le Berger s’était retrouvé seul, comme un con, parmi ses regrets et ses pommes de terre. Car le ton de ses reproches n’avait plus la légèreté de ce parent qui lui aurait simplement demandé, un brin embêté, de finir son assiette de salade ou de brocolis. Ses rappels insistants à la religion et à la Trinité avaient le goût du poison ; il avait voulu se faire évêque de la vie de son fils. Il l’avait fait se sentir ver, parasite, mais c’était lui qui les avait dévorés de l’intérieur.

Seamus enleva un mouton de poussière qui courrait sur son veston d’un geste brusque et remit en place son nœud papillon et son haut-de-forme. Aujourd’hui, il se mariait. Il avait trouvé son trésor, et il ne laisserait nul gnome ou farfadet le dérober à son conte de fée. Les Dempsey avaient mis les petits chaudrons dans les grands, et rien ni personne ne viendrait perturber la fête. Nulle danse traditionnelle à l’ordre du jour, nulle association vert-blanc-orange parmi les banderoles, et nulle croix celtique ornant la décoration de table, car il n’était plus réduit à l’état d’esclavage par ce père abhorré. Il était désormais maître en ce château. Il caressa du regard l’objet de toute sa tendresse et de toutes ses pensées. Si l’autre était son fer à cheval, il savait qu’il était son trèfle à quatre feuilles. N’y avait-il pas de plus douce sensation que celle d’aimer et de se savoir aimé en retour ?

Les sourires et la Biéraubeurre au bord des lèvres, les convives levèrent encore une fois leurs verres avant de les vider d’un trait. Il faudrait bientôt ouvrir un autre tonneau… La joie coulait à flots ; ils prendraient tous une pistache mémorable.

Alors qu’il posait ses lèvres sur celles, douces, de Patrick, il songea qu’il avait de la chance. Quand le Serpent — son Iguane — l’embrassait, la misérable grenouille devenait homme. Surhomme. Presque Hulk, plaisantait parfois Dean, pipe à la bouche.

Oui, ses yeux olive plantés dans les siens le rendaient comme invincible. Il avait mis la main sur la pièce d’or la plus précieuse d’Amérique, et il ne la lâcherait pas.

Dans le creux de son ventre crépitait un grand feu d’artifice, dans sa tête les ballons étaient lâchés par milliers, et dans son cœur la fanfare entama le clou du spectacle : le premier violon intima au hautbois d’initier ses tendres vibrations mêlées à la mélodie des flûtes en sol, et il se sentit soudain palpiter avec les cordes des harpes diatoniques. Quelle belle musique que l’amour.
Texte 2
Show
Cette histoire ne se déroule ni à la St-Patrick ni en Irlande. Nos trois compagnons Grenouille le farfadet, Pistache le gnome, et Mars la fée sont dans une taverne. Tout le monde est là pour la fête de la trinité.
Cette fête n’a aucun rapport avec une quelconque religion. Se déroulant le 3 mars, son seul but est, et bien, de faire la fête. Les créatures magiques de la région se réunissent pour boire, s’amuser, et profiter des festivités. L’endroit est décoré pour l’occasion, avec des drapeaux et des ballons.
Même les bergers ont délaissé leurs pâturages et leurs moutons. La clientèle compte aussi une famille de serpents, un évêque de Dublin et un iguane avec un noeud-papillon.

Sur la scène, une fanfare composée d’une flûte, une harpe, un violon et un arrosoir distrait les clients en musique. Pour les accompagner, un chien de berger déguisé en Hulk exécute une danse traditionnelle.

- Que puis-je vous servir? Voulez-vous essayer notre nouveauté du mois, la Bièraubeurre, demanda un serveur au groupe.

- Non, juste un verre de jus herbe-pomme de terre, commanda la fée

- Il vous reste de la salade de sapin? demanda le gnome

- Oui, vous avez de la chance, c’est la dernière.

- Avec un supplément ver alors, et 17 olives, s’il vous plaît

- Très bien. Et pour le petit monsieur avec la barbe?

- Le petit monsieur il en a ras le haut de forme qu’on lui dise qu’il est petit. Je suis un farfadet de taille tout à fait normal, alors dépêchez vous de me ramener un Martini trèfle 4 feuilles avant que je vous lance mon chaudron.

- Calme toi Grenouille, le sermonna Mars une fois le serveur parti. On est là pour s’amuser, pas pour réduire le personnel en esclavage. Si tu veux te défouler, va donc lancer des fer à cheval avec les nains.

- Non jamais! Et puis de quoi tu te mêle, retourne jouer avec tes arc-en-ciel, grogna le farfadet en se renfrognant sur son tonneau et en allumant sa pipe.

Pour se calmer, il se mit à lancer des pièces d’or sur les mulots qui passaient au sol pour essayer de les assommer. Mars leva les yeux au ciel, habituée au comportement de Grenouille en société. A force, elle était habituée à faire preuve d’un trésor de patience. Heureusement que Pistache savait se tenir. Enfin plus ou moins. En ce moment pas vraiment, car il gobait un par un les vers de sa salade. Mars le regarda avaler ce poison avec une grimace de dégoût mais se reconcentra sur la fanfare. Ce chien de berger était rudement doué.

Plus tard dans la soirée, la foule commença à s’agiter. “ ça va commencer” entendait-on de tous les côtés pendant que tout le monde sortait dehors.
Dans la nuit, une pluie de feux d’artifices magiques vert-orange-blanc illumina le ciel.
Il y en avait un en forme de château, un autre en croix celtique, symbole du pays voisin qu’ils trouvaient sympa.

- Oh, un brocoli, mon préféré, murmura quelqu’un.
Texte 3
Show
« Je crois qu’il m’a mordue ».

Luna suça son doigt rouge et endolori d’un air rêveur.

« Quelle chance ma chérie ! Saviez-vous que la salive de Gernumbli jardinsi a des propriétés surprenantes ? s’enthousiasma Xenophilius en se tournant vers le Trio tandis que le regard de sa fille se faisait plus vague. Qui sait ? Peut-être que ma petite Luna va bientôt développer un talent de gernunblie ! »

Hermione semblait se retenir de lever au ciel en serrant fermement son verre contre elle tandis qu’Harry se mordillait la lèvre inférieure pour ne pas éclater de rire. Ronald, lui, avait préféré piocher dans un bol d’olives qui passait par là. L’air absent, la Serdaigle se dirigea vers la piste où se déchaînaient déjà quelques blondes de la famille Delacour sur des danses traditionnelles. C’était comme si une puissance magique lui avait ordonné de se mouvoir à son tour au rythme de la musique. Alors elle fit furieusement claquer ses talons contre le sol, en mouvant les bras comme si elle cherchait à chasser des Joncheruines particulièrement pénibles. Mais les Joncheruines s’étaient tout à coup mués en fées, taquines, qui virevoltaient autour d’elle, et, du côté du buffet, les bras de Ron gonflaient et verdissaient à vue d’œil. Était-ce la salive du gnome ou bien le monde qui soudainement lui révélait ses plus intimes secrets ? Que faisait Hulk au mariage de Fleur et Bill ? Au milieu de la fête, Luna hallucinait. Depuis quand y avait-il une fanfare ? Les trombones se révélaient être des trompes d’éléphants tandis qu’une grosse grenouille orange se déchaînait sur la contrebasse en fond de scène. Sa vue se brouilla momentanément. Elle aperçut plus loin sous le chapiteau un curieux arc-en-ciel, et son regard suivit la course colorée de ces lignes courbes qui se jetaient toutes ensemble sur un farfadet comptant avec attention les pièces d’or de son chaudron.

La sœur de la mariée, Gabrielle, lui tendit la main pour l’inviter dans leur ronde. Les taches de rousseur dévoraient joliment son visage d’opaline et sa chevelure dorée semblait tellement douce que Luna lui demanda si elle pouvait y glisser les doigts. L’autre n’eut pas le temps de s’étonner de la demande incongrue qu’elle se changeait déjà en mouton et qu’un Berger roux accourait pour lui tenir compagnie.

Luna ne s’en offusqua pas.

Maintenant qu’elle y faisait plus attention, le sol avait des allures de champ fleuri, et les trèfles s’étendaient à perte de vue. La jeune fille s’agenouilla pour cueillir l’un d’entre eux, mais celui-ci n’avait que trois feuilles. Elle haussa les épaules ; la chance lui sourirait bien assez tôt.

Elle entonna la mélodie que lui chantait sa mère, petite. Irradiant, elle se plut à penser que l’intense chaleur qui se dégageait sa paume n’avait rien à voir avec la morsure de l’hargneuse créature, mais était bien la preuve que, d’une manière ou d’une autre, Pandora avait glissé sa main dans la sienne et qu’elle n’avait jamais cessé de veiller sur elle.
Texte 4
Show
La bruine tombait déjà depuis plusieurs heures. C’était une de ces petites pluies si fines et si glacées qu’elle vous faisait frissonner de la tête aux pieds lorsqu’elle s’écrasait contre votre nuque, s’infiltrait à travers vos vêtements pour en imprégner tous les tissus, puis coulait le long de votre colonne vertébrale jusqu’à vous tremper jusqu’à l’os.

Emmeline Vance était étalée de tout son long sur le trottoir froid et gorgé d’eau de Downing Street, un masque de fureur collé contre le visage. Simplement drapé d’une cape sapin, un homme d’une quarantaine d’années était agenouillé auprès d’elle et murmurait tout bas, dans la barbe qu’il n’avait pas, quelle chance elle avait. Avant de rajouter qu’il n’aurait manqué cette fête pour rien au monde. Qu’il regrettait presque de ne pas avoir revêtu pour elle son plus beau costume, un nœud papillon fait de la plus belle soie, ainsi qu’un de ces élégants hauts-de-forme que l'on réservait pour les plus grandes occasions. Oh, bien sûr, dans cette fête-là, la musique n’était pas de mise. Ses deux acolytes avaient ricané d’un air mauvais et il s’était senti s’enorgueillir, gonflant le torse comme un coq. Son haleine était chargée de relents désagréables de menthe mêlée de Biéraubeurre venant caresser en volutes, suaves, le grain de peau déjà boursouflé par les larmes et le ciel orageux déversé au grand complet sur le visage de la Sorcière.

Douchée, Emmeline n’aurait jamais pu imaginer que leur histoire se terminerait ainsi. Eux qui avaient été si proches lorsqu’ils vivaient encore à Poudlard. Eux qui avaient refait le monde pendant des centaines d’heures, les têtes et les jambes nues, baignées par l’herbe fraîche du Parc. Eux qui avaient erré dans les couloirs du château et qui avaient partagé tant de nuits blanches. Eux qui avaient fumé ensemble leur première poudre de fée au sommet de la tour d’Astronomie. Eux qui avaient échangé en cette nuit de mars 1974 leur premier… C’était étrange à quel point les premières expériences adolescentes pouvaient créer des liens aussi forts, et c’était terrible de se rendre compte que le temps avait finalement eu raison d’eux. Le temps et la force de leurs convictions. Juillet 1996. Ils n’avaient plus dix-sept ans, et ils s’étaient tous deux trouvé une autre famille. Une raison de vivre dans un monde d’adultes en guerre.

Ce n’était pas la première fois qu’ils se revoyaient depuis qu’ils avaient tous deux choisi un camp, mais c’était la première fois qu’il était parvenu à la retenir. Mais pas par le bras.

Lorsque les autres gardes du corps du Premier Ministre Moldu passèrent la porte du 10, Downing Street, les trois Mangemorts venaient tout juste de transplaner.

La bruine tombait déjà depuis plusieurs heures. C’était une de ces petites pluies si fines et si glacées qu’elle vous faisait frissonner de la tête aux pieds lorsqu’elle s’écrasait contre votre nuque. Mais vous ne pouviez plus la sentir lorsque vous étiez raide mort et que vous embrassiez déjà depuis de longues heures le béton mouillé.
Texte 5
Show
Inspirant un grand coup, Dean adressa un dernier signe de la main à sa mère, sur le quai de la voie 9 ¾, au moment où la locomotive rutilante s’ébranlait. À mesure que le train s’éloignait, la silhouette maternelle s’effaçait, avalée par la vapeur et le lointain. La gorge serrée, le ventre noué, Dean referma la fenêtre de son compartiment, et échangea un bref regard avec son camarade de voyage. Il avait l’air renfrogné, et peu sympathique, peu de chance qu’il veuille lui parler mais cela valait le coup de tenter.
— Salut, je m’appelle Dean…
— J’attends des amis, le coupa le garçon.
Dean se tut et ne chercha pas à réengager la conversation. En silence, il sortit de son sac son carnet à dessin, un crayon, et fixa la page blanche, priant instamment la fée Inspiration de lui venir en aide. Il releva brièvement les yeux vers l’autre garçon, qui gardait son regard rivé sur la porte du compartiment, attendant visiblement toujours ses amis. Alors Dean laissa courir son crayon sur la page, essayant de rester discret quand il observait son modèle. Il lui ajouta un haut-de-forme, qui lui donna l’air encore plus snob, et regretta que ses crayons soient au fond de son sac, il l’aurait volontiers affublé d’un costume aux couleurs de l’arc-en-ciel !
La porte du compartiment s’ouvrit soudain, et le garçon se redressa vivement. L’espace d’un instant, son visage s’était éclairé, mais comme il reprit bien vite son air renfrogné, Dean comprit que le nouvel arrivant n’était pas l’ami attendu.
— Salut ! dit le nouveau en brandissant un petit chaudron d’étain. J’ai trouvé ça dans le couloir, tout à l’heure, je cherche à qui ça peut bien être.
— Oh c’est à moi ! s’exclama Dean.
Les yeux bleus du garçon pétillèrent, et il pencha la tête sur le côté.
— Il va falloir me le prouver, je ne peux pas te donner ce chaudron d’une valeur inestimable sans la preuve indiscutable qu’il t’appartient…
Dean répondit aussitôt :
— Il y a un trèfle à quatre feuilles gravé au fond… pour me porter chance.
Le garçon prétentieux renifla avec mépris, et Dean se sentit rougir. Mais le nouvel arrivant n’eut pas du tout la même réaction. Il regarda attentivement le fond du chaudron, et un grand sourire illumina son visage.
— C’est bien le tien ! s’exclama-t-il. Tu es irlandais ?
— Non, mais ma maman est un peu superstitieuse. Je suis sûr qu’elle a caché un fer à cheval dans ma valise…
— Ces bêtises irlandaises… marmonna l’autre garçon avec morgue, avant d’enfin se lever et sortir du compartiment, pétri d’arrogance.
Dean regarda son interlocuteur, qui s’était rembruni, et hésita un peu avant de murmurer :
— Je m’appelle Dean…
— Enchanté, moi c’est Seamus !
Seamus vint s’asseoir à côté de lui, au grand soulagement de Dean, qui vit son regard s’éclairer lorsqu’il aperçut son dessin.
— Plus vrai que nature, ton Zacharias Smith ! Tu sais quoi Dean ? Je crois qu’on va bien s’entendre.
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