[Evénement] À vos plumes !

Challenge destiné aux lecteurs les plus valeureux. Une seule Maison pourra remporter la Coupe !
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Responsable de Serpentard
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[Evénement] À vos plumes !

Message par Responsable de Serpentard » 22 juil. 2021 - 09:25

À vos plumes !




Échanger avec votre correspondant a déclenché une nouvelle passion chez vous : l’écriture.
Votre carnet et votre plume ne sont jamais bien loin, prêts à être dégainés dès que l’occasion se présente (et souvent pendant le cours d’histoire de la magie).
Vous avez des histoires plein la tête et, de plus en plus, vous songez à les partager avec vos amis.

Pour ce défi, vous devrez écrire une fanfiction sur le dernier livre/texte que vous avez lu ( à la date de publication de ce post.)
Si le livre/texte en question n'a pas encore été validé par les équipes, ce n'est pas grave, cela reste tout de même votre dernière lecture en date pour la coupe.
Si vous avez validé plus d'un texte/livre sur votre dernier post de validation, prenez le dernier de la liste ;)


Consignes :

:arrow: Votre texte devra faire entre 500 et 2000 mots selon ce compteur

:arrow: Vous posterez votre texte ici avec la balise spoiler (le petit oeil barré, juste à côté de "center" )précédé du formulaire disponible un peu plus bas ;)

:arrow: Tous les ratings sont autorisés, mais votre texte doit tout de même respecter le règlement du forum (et des plateforme de publication si vous décidez de le publier par la suite )

:arrow: À poster avant le 31 août 23h59

:arrow: Vous gagnez 25 points par tranche de 500 mots
(arrondis à l'inférieur. Si vous écrivez 1480, cela comptera comme 1000 mots)


Code : Tout sélectionner

[b]Pseudo sur le forum[/b]  
Votre maison : 
Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur :
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Nombre de mots : 
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À vos plumes pour l'écriture :superman:

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Seonne
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Seonne » 26 juil. 2021 - 20:00

Seonne
Votre maison : Serdaigle
Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Magie et Cristal, Stephen King
Titre (facultatif) : Ermot
Nombre de mots : 2000 pile
Rating : -16
-16 TW aggression sexuelle
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— Rhéa, face de rat !

Les larmes de la jeune fille s’écrasaient à la surface de l’étang. Perdue au milieu des marécages, l’odeur nauséabonde ne lui faisait même plus froncer le nez. Elle y était habituée. Cet endroit était son refuge. L’un des rares où elle pouvait se retrouver seule.

Les injures résonnaient toujours dans son esprit, comme un sale écho. Les eaux boueuses agissaient comme un miroir pour lui renvoyer l’image de sa figure. Elle se dévisageait. Était-elle si laide que les autres filles le disaient ? Si ce n’était que les filles… Son propre père ne manquait pas une occasion de le lui rappeler.

Ses yeux étaient d’une teinte commune qu’on n’appréciait guère dans les Hautes Familles. Ses cheveux refusaient de se plisser sous les fers ou de tenir dans les chignons que sa pauvre mère tentait de leur imposer, ses mèches noirâtres étaient d’une banalité assommante. Elle n’était pas intéressante à regarder. Elle n’avait pas la blondeur des autres gamines. Elle n’avait pas leurs prunelles bleu ciel. Même ses traits tenaient de la populace. Rien dans son visage ne reflétait ses origines. Ni beauté, ni charme.

Ernestina Molina avait peut-être raison. En plissant les yeux, elle réussissait à le voir. La comparaison avec le rat se tenait, au fond.

Elle avait seize ans. Seize années de moqueries, de chuchotements sur son passage. Oh, elle savait que ce l’on disait d’elle. Et les racontars étaient bien plus cruels que face de rat. Rhéa n’avait rien des Dubavito. On murmurait que sa mère devait avoir fricoté avec quelque fréquentation peu recommandable. Ou pire – peut-être était-elle issue d’une union violente, sale, incestueuse. Toute une branche des cousins, du côté de sa mère, était tombée dans la misère et la désuétude. On s’accordait à dire que la gamine n’était pas normale.

Elle se saisit d’un des cailloux qui traînaient sur la berge pour le jeter au milieu de l’étang. Il creva la surface avec un bruit sourd et troubla son miroir lisse. Des vaguelettes ridèrent l’eau pour venir mourir à ses pieds. Son image s’en trouvait déformée. Elle grimaça.

Les spectres des lieux s’amoncelèrent autour d’elle. Elle pouvait sentir leur ombre vaporeuse, froide, glauque. Elle ne frissonna pas. Un sourire fendit son visage.

Elle n’était pas la plus maligne des gamines de la ville, comme le lui rappelait aussi souvent son père – ni belle ni intelligente qu’allons-nous pouvoir faire de toi bong sang Rhéa – mais elle était en passe de devenir la plus retorde.

Ce sont les plus fort qui survivent, après tout.

Son reflet altéré par les remous était aussi hideux qu’inquiétant. Cela lui plut.

*

Dans le miroir, elle était plus superbe qu’elle ne l’avait jamais été. Sa coiffure complexe dégageait son cou et ses épaules. Les couleurs appliquées sur ses paupières et sur ses joues compensaient ses manquements naturels. Et ses lèvres – elles étaient si rouges qu’on les aurait cru peintes de sang. Ou bien se pouvait-il que…

Rhéa avait vingt-six ans. Et les dix années passées avaient vu la jeune fille à la face de rat se transformer en une jeune femme bien différente. On n’osait plus se moquer d’elle. Elle était passée de la risée de la ville à la plus crainte. Personne ne savait vraiment pourquoi ils avaient si peur d’elle. Après tout, on n’avait jamais pu prouver qu’elle fut responsable de quelque méfait.

Mais les histoires… trop d’histoires sombres l’entouraient, désormais. À commencer par la maladie fulgurante qui avait emporté sa mère. Et l’affaiblissement de son père, au fil des années. En dix ans, il semblait en avoir vieilli de cinquante. Personne ne savait comment tout cela était possible.

Rhéa Dubativo était maîtresse de la demeure familiale, à vingt-six ans. Quelques mois auparavant, elle avait mis en pension son père dans un hospice particulièrement reconnu entre ses paires. Interné était un terme plus exact.

Ces dix années lui avaient permis de régler ses différents avec la plupart de ses anciens tyrans. Elle en avait établi une liste qu’elle conservait précieusement dans son bureau. Dans le tiroir fermé à clef auquel elle seule pouvait accéder. Et presque tous les noms étaient barrés d’un trait d’encre. Presque.

Il n’en restait qu’un.

Ernestina Molina.

On frappa à la porte. Le majordome annonça l’arrivée de sa vieille ennemie à Rhéa et celle-ci renvoya tous les domestiques. Elle tenait à s’occuper de son invitée avec le plus grand soin. Comme elle le rappelait à quiconque mentionnait Ernestina depuis des semaines – pour la questionner sur leur étrange dîner ou pour tout autre chose – elles avaient été proches, fut un temps. Meilleures amies avant de devenir meilleures ennemies. Et même un peu plus que ça.

*

Elles se dévisageaient d’un bout à l’autre de l’immense table de la salle à manger.

— Que deviens-tu, Ernestina ?

La jeune femme avait perdu de sa superbe d’antan. Trois grossesses déstructuré ses courbes et la fatigue de s’occuper des marmots avait peint des cernes sous ses yeux doux. Ses prunelles d’azur avaient perdu leur éclat.

— Coupons court. Pas la peine de faire semblant. Qu’est-ce que tu me veux, Rhéa ?

— Ne soyons pas impolies. Ta vie m’intéresse véritablement, vois-tu. J’ai ouï dire que ton petit dernier faisait une satanée rage de dents ? Ce doit être difficile à supporter. Enfin, qu’en sais-je… Je n’ai pas d’enfant, après tout.

Ernestina parut sur le point de lui lâcher une remarque bien sentie – sur son absence de mariage due à une absence de prétendants, probablement – mais elle se retint. On n’insultait plus Rhéa Dubativo depuis longtemps, elle le savait, pourtant. Les vieilles habitudes étaient difficiles à perdre.

— Ne comptes-tu donc pas piper mot ? C’est plutôt impoli. J’avais un souvenir de toi plus… raffinée. Maniérée. Ne disait-on pas que tu étais si merveilleuse que les cristaux de la côte Nord faisait pâle figure en comparaison ?

— Je ne suis pas venue pour parler, Rhéa.

— Pourquoi donc, alors, avoir accepté mon invitation à dîner ? Ne disait-on pas aussi que tu avais le plus brillant des esprits de notre génération ? Pour une fille, tout du moins. Ce qui doit expliquer que tu te retrouves à changer des couches alors que tu pourrais enseigner à l’université.
Ernestina ne répondit toujours pas et baissa le regard alors que Rhéa continuait de la dévisager. Son front et ses joues prirent une teinte écarlate.

— Pourquoi as-tu accepté de manger en ma compagnie si tu ne comptes pas m’adresser la parole ? répéta Rhéa en jouant avec le bout de sa fourchette.

— Parce que je n’ai pas le choix, finit par lâcher Ernestina sans perdre ses nouvelles couleurs. Et tu le sais très bien.

— Oh, je n’ai jamais forcé personne, voyons…

— Mais quiconque te contrarie finit couvert de pustule ou six pieds sous terre. Je ne sais pas comment tu fais ça, Rhéa – personne ne sait. Mais tu dois te douter de ce que tout le monde dit. Et s’il s’avère que tu es vraiment une… une… une sorcière… Alors tu seras maudite ! Si les sortilèges et les malédictions appartiennent à un ancien temps, c’est parce qu’ils causent la perte de ceux qui les utilisent !

— Allons, allons ! coupa Rhéa en se levant de sa chaise. Laissons de côté ces contes de bonne femme que les paysans racontent pour se rassurer. Nous valons mieux que ça, l’une comme l’autre, n’est-ce pas ?

Elle fit le tour de la table pour se positionner derrière Ernestina puis elle posa ses mains sur le dossier de sa chaise. L’invitée se redressa. Ses épaules étaient tendues et elle serrait les dents. Mais elle n’osa pas se retourner.

— Pourquoi m’as-tu invitée, Rhéa ?

La question fut prononcée d’une voix si faible qu’elle s’apparenta à un gémissement. Une supplication. Un nouveau sourire éclaira le visage menaçant de Rhéa. Elle aimait qu’on lui parle avec ce genre de ton. Elle aimait sentir la crainte des gens face à elle.

Et l’odeur de la peur qui suintait de Ernestina Molina était particulièrement savoureuse. Délectable. Encore meilleure que ce dont elle avait rêvé.
Les mains de Rhéa glissèrent du dossier pour se poser sur les épaules de Ernestina.

— En souvenir du bon vieux temps. Le vieux, vraiment – avant que tu ne deviennes une sale pimbêche. Une puterelle qui s’est cherché un époux pour l’entretenir afin qu’elle puisse s’amuser pour toujours. Tu te souviens ? Avant.

Ses doigts parcourent les épaulettes de la robe et se rapprochèrent de son cou. Ils butèrent sur la couture du tissu puis se posèrent sur ses clavicules, à même sa peau. Ernestina eut un tremblement mais ne se dégagea pas. Rhéa continua son exploration ; elle caressa son cou, sa bouche. Puis elle descendit, lentement, vers le décolleté de sa victime.

— Tu te souviens ? Il va falloir apprendre à me répondre plus vite que ça, Ernestina. Je ne suis pas très patiente.

— Oui. Oui je me souviens.

Un nouveau gémissement, plus rauque, plus guttural.

— Alors, raconte-moi.

Rhéa continua de descendre. Elle passa sous le tissu. Elle faufila ses ongles à l’intérieur du soutien-gorge et pinça les seins de Ernestina. Celle-ci émit un hoquet de surprise.

— Tu n’étais pas si farouche, alors, susurra-t-elle avec une cruauté non dissimulée. Comment était donc la première fois où tu t’es adonnée au sexe, Ernestina ? Raconte-moi.

Ernestina pleurait, à présent. Des larmes rondes, salées, chaudes, qui dévalaient jusque dans son cou, et sur son vêtement. Elle ne se débattait pas, de crainte de ce qui lui arriverait. De ce que Rhéa pourrait lui faire.

— C’était… c’était avec toi. Je…

— Et c’était comment, Ernestina ? C’était bon, hein ?

Elle garda ses lèvres scellées pour ne lâcher qu’un nouveau gémissement. Hm-hm. Rhéa pétrissait sa poitrine, si fort qu’elle lui faisait mal. Aucun plaisir dans ses gestes. Rien qu’un moyen de la faire souffrir.

De la punir.

— Réponds plus fort. Ne joue pas avec mes nerfs.

— Oui.

— Tu as aimé ça ? Dis-le !

— Oui ! avoua-t-elle dans un cri d’animal apeuré. Oui, j’ai aimé ça.

— Et les fois d’après aussi. Toutes celles où l’on a recommencé.

— Oui, oui, toutes les fois.

— Jusqu’au jour où il a fallu trouver un petit mari pour te payer les études que ta famille ne pouvait pas financer. Jusqu’au jour où tu es devenue calculatrice. Oh, pas que tu ne te moquais pas de moi auparavant. Tu as toujours joué ton double-jeu à la perfection. Mais il y a eu ce jour-là où je suis devenue une moins que rien. Et j’étais partie pour l’humiliation publique.

— Je suis désolée, Rhéa, si désolée ; je le regrette, je l’ai toujours regretté, j’étais jeune et stupide et je ne savais pas…

— Il est l’heure de payer, maintenant.

Rhéa remonta brusquement ses mains pour enserrer son cou. Ernestina se vit morte ; étranglée.

Son sort fut pire.

La sorcière marmonna quelque formule occulte et l’air parut se charger de souffre. Ernestina sentit tout son corps se tordre, la faire souffrir. Elle se sentit rapetisser. Le monde changea de forme autour d’elle. Sa vision se troubla.

Une minute plus tard, Rhéa tenait un serpent mal formé, mutant, entre ses doigts sales.

— Voilà ce que tu méritais, sale petite vipère. Ernestina Molina ; ma tendre Ernestina. Er… Mo… Ermot. Tu es à moi, maintenant. Tu ne me quitteras plus jamais, pas vrai ? Les malédictions ne sont pas d’un autre temps, très chère. Et nous sommes liées pour toujours, désormais.
Plutôt contente d'ouvrir le bal pour glaner quelques points pour ma maison ! En espérant en inspirer d'autres (allez les @Serdaigle soyons honnêtes, on passe l'été dans nos bouquins et nos parchemins, autant rendre ça utile pour la collectivité).
Je suis un peu désolée quand même car ce texte est assez glauque à lire, il fallait que je suis inspirée par la pire antagoniste du bouquin : Rhéa du Cöos – mais avant qu'elle ne soit Rhéa du Cöos. À titre informatif, elle nous fait comprendre dès son introduction qu'elle a un penchant pour les jeunes filles – et qu'elle aime leur faire du mal. Ah, et Ermot est son serpent domestique...

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Sifoell
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Sifoell » 29 juil. 2021 - 08:27

Hello,

C'est à mon tour, les Gryff !

Pseudo sur le forum Sifoell
Votre maison : Gryffondor
Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Catherine Morland (Northanger abbey), de Jane Austen
Titre (facultatif) : Les herbes folles
Nombre de mots : 2000 tout pile
Rating : TP

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Le regard de la société est constamment tourné vers les Allen de Fullerton, couple sans enfants mais à la fortune conséquente. Le regard s'est intensifié quand ils ont accueilli la jeune Catherine Morland, puis il s'est lassé, comme il se lasse toujours, quand Catherine Morland a épousé Henry Tilney. La société est volatile, et tourne son attention au gré des rumeurs vers d'autres familles, d'autres unions en devenir.
Mais le jour où l'orpheline la plus fortunée du Hampshire a été accueillie à bras ouverts chez les Allen, parce qu'une jeune femme non mariée ne peut pas vivre seule dans la maison de son défunt père, tout Fullerton n'a parlé que de cette brûlante situation pendant des semaines.

Mme Allen observe la jeune fille à la mine revêche. Grace Graham est furieuse d'être là. La vendeuse du magasin de vêtements pour femmes piétine d'un pied sur l'autre, ne sachant comment se comporter face à une jeune fille de la haute société qui a un comportement qui dément toute éducation.
D'un geste brusque, la beauté brute qu'est Grace ôte les rubans que la vendeuse a accroché à sa coiffure, et arrache les manches froufrous de sa robe.
« Tout ceci est ridicule. »
Grace fait mine de partir, ses longues boucles brunes désormais libérées, et ses yeux noirs semblant lancer des éclairs. Mais la petite voix raisonnable de Mme Allen la ramène à la raison.
« Nous en avons déjà parlé, Grace. »
Mme Allen jette un œil à la vendeuse.
« Pouvez-vous nous laissez, ma pupille et moi, Nathalie ? »
La vendeuse acquiesce et quitte précipitamment la pièce, encombrée d'une dizaine de robes, de rubans, de chapeaux, de chaussures. Grace respire rapidement, et porte ses mains à son visage. Mme Allen se lève alors d'un coup de son fauteuil et vient prendre les mains de Grace dans les siennes.
« Allons, allons... Grace. C'est le début de la saison, et vous avez vingt-cinq ans passés. Je sais votre attachement à votre père, Lord Graham, mais vous savez que vous devez faire enfin votre entrée dans la société. Votre père était un cher ami, à M. Allen et moi, mais nous savons toutes les deux qu'il était fantasque, et qu'il a négligé votre éducation. Vous êtes une jeune femme fortunée, Grace. Vous aurez le choix, parmi tous les prétendants que vous aurez à vos pieds. »
La jeune fille fait un grand effort pour prendre sur elle, ses souvenirs s'envolant vers le Brockenhurst, qui a été sa demeure depuis toujours.
« Je ne suis qu'un titre, des terres, et une fortune, Madame Allen. »
Le visage de Madame Allen s'approche de celui de Grace qui plonge ses yeux noirs dans les yeux bleus de la petite dame.
« Et bien plus, Grace. Vous êtes cette belle jeune femme, intelligente, vive d'esprit... »
Grace acquiesce, et esquisse un sourire que Mme Allen sait feint.

La jeune fille s'observe dans son miroir, examine avec une attention hostile les rubans de soie tressés dans sa chevelure noire, la fine dentelle qui orne son décolleté. Elle serre sur elle la capeline, sachant que lorsqu'elle sera à la soirée de Monsieur King, dans les Lower Rooms, tous les yeux seront braqués sur elle, et Mme Allen et elle n'auront aucun mal à trouver une chaise où s'asseoir ou un cavalier empressé.
C'est au bras de Mme Allen que Grace s'agrippe presque trop fort. Elle n'a jamais su mentir ou faire semblant, et sa nervosité est palpable. La reconnaissant, Monsieur King les escorte jusqu'à une table, et toutes les conversations s'arrêtent quand elles y prennent place. Mme Allen se réjouit de cette attention qui rebute tant Grace qui soupire en gonflant ses joues, enfantine. Elle agite son éventail devant elle, étouffant littéralement tellement il y a de monde autour d'elles. Son regard est attiré par un grand homme drapé dans sa prestance et qui arbore un sourire en coin en accrochant ses yeux. Il se rapproche d'elle, portant la veste rouge des dragons, et s'incline, prenant sa main dans la sienne et y déposant un baiser.
« Mademoiselle Graham, Frederick Tilney, pour vous servir. M'accorderez-vous une danse ? »
L'éventail de Madame Allen s'agite dans ses mains, montrant son inquiétude.
« J'ai bien peur que mon carton d'invitation ne soit déjà plein, monsieur Tilney. »
Le soldat relâche sa main et son regard la détaille de haut en bas, s'attardant sur sa gorge. Inconsciemment, Grace pose son éventail contre elle, s'attirant un regard moqueur du soldat, qui s'incline de nouveau et prend congé.
« Parfaitement détestable », marmonne-t-elle en le suivant des yeux, drapé dans sa suffisance.

Le lendemain, après une soirée passée à éconduire de potentiels cavaliers, Madame Allen a la surprise de déjà recevoir une lettre de Monsieur Tilney. L'aîné, Frederick, et pas ce cher Henry qui a épousé Catherine. Bien que Catherine soit de nature discrète, elle a jugé nécessaire de l'informer des agissements de Frédérick, qui est bien moins gentleman que son cadet. C'est pourtant avec une joie empressée qu'elle confie cette lettre à Grace, qui la décachète puis la lit avec une attention désabusée. Elle finit par la chiffonner et la jeter au feu, sous le regard horrifié de Mme Allen.
« Ce... rustre m'a à peine accordé un regard que déjà il s'enquit de moi et m'avoue m'aimer tendrement. C'est parfaitement ridicule ! »
Grace se lève de son fauteuil et se met à faire les cent pas dans le salon, devant Monsieur et Madame Allen qui sont sans voix. Plus pour elle que pour ses interlocuteurs, elle tempête.
« Un titre, des terres et une fortune. C'est donc ce à quoi je suis réduite maintenant que Père nous a quitté ? »
Grace lève la main pour empêcher Madame Allen de dire quoi que ce soit, bien consciente de son impolitesse.
« Une fille orpheline. Une femme veuve. Sans homme, nous ne sommes donc rien, Madame Allen ? Depuis trois ans que Père était malade, c'était moi qui m'occupait du domaine, des domestiques, des écuries. Père lui-même a reconnu que je le faisais mieux que lui. Je refuse d'être réduite à un statut d'enfant, dussè-je passer ma vie sans homme. »
La voix de Grace se brise et elle quitte en trombe le salon, puis la maison des Allen, pour aller marcher furieusement dans les rues de Bath, échevelée, les poings serrés.

Les soirées dansantes, les thés pris dans quelques familles huppées, les balades en calèche ou à cheval. Le défilé des prétendants. De ceux qui prétendent, ceux qui feignent un intérêt pour sa personne, alors qu'ils lorgnent sur son titre, ses terres et sa fortune. Toutes ces choses matérielles qui ne lui appartiennent plus parce que son père est mort, et qu'elle a le sexe d'une femme.
Frédérick Tilney est certainement le prétendant le plus empressé. Grace n'aime pas la manière dont il la regarde, comme si elle était une bête curieuse, exotique. Précieuse.
Madame Allen a imposé la présence de Frédérick Tilney qui s'est fait inviter dans son salon, et ne quitte pas Grace du regard, qui fulmine déjà.
« Quel bon vent vous amène, monsieur Tilney ? »
Il esquisse un sourire sûr de lui, que Grace aimerait lui arracher.
« J'imagine que vous avez du être bien occupée, pour ne pas avoir eu le temps de répondre à mes lettres quotidiennes. »
Grace ne sourit pas.
« Et cela a du vous prendre bien du temps de toutes les écrire, monsieur Tilney. »
Le sourire de l'homme s'agrandit, et Grace a soudainement l'envie pulsionnelle de lui jeter quelque chose à la figure.
« Vous pouvez m'appeler Frédérick, Grace. »
« Et vous pouvez m'appeler Mademoiselle Graham, Monsieur Tilney. »

Les jours passent, les semaines aussi, et la fin de la saison approche, les journaux locaux se remplissant de publications de bans de mariage, et les invitations se raréfiant.
« Cela ne peut pas durer, Grace. Cela fait des semaines que vous l'éconduisez. C'est un homme, il le prendra moins légèrement. »
« Il le prendra comme il le voudra, monsieur Allen. Monsieur Tilney est un rustre, et je ne souhaite pas l'épouser. »
« Et qui donc trouve grâce à vos yeux ? »
Personne, pense-t-elle sans que les mots ne s'échappent.

Bien que d'une patience infinie, durement éprouvée par le tempérament de feu de leur pupille, les Allen jamais n'envisagent de ne plus accueillir Grace. Et c'est Madame Allen et ses sages paroles qui commencent à faire flancher la volonté de la jeune femme.
« C'est un soldat de sa majesté, de bonne naissance, et de bonne famille. Son frère cadet est un homme charmant, sa sœur est une douce créature. Il sera toujours par monts et par vaux, si vous l'épousez, vous serez libre, Grace. »
La jeune femme relève la tête avec des yeux agrandis par l'effroi.
« Mais il me répugne. C'est un rustre ! »
« Grace, ma chère enfant. Quand j'ai rencontré Monsieur Allen, j'étais à peine sortie de l'enfance, et il avait seize ans de plus que moi. Regardez comme nous nous accordons bien, maintenant. »
« Isabella Thorpe l'a éconduit. »
« Isabella Thorpe est une fieffée manipulatrice, et une femme intéressée. Monsieur Tilney a besoin d'une femme de caractère, qui est capable de lui tenir tête, et de survivre en son absence. Il paraît rustre de prime abord, mais vous n'avez pas essayé de le connaître. »
« Mais lui non plus ! Il ne voit en moi que... »
« Votre titre, votre nom et votre fortune, c'est ce que vous vous évertuez à répéter depuis que vous êtes notre pupille. Qui espérez-vous donc convaincre ? »
Pour une fois depuis bien longtemps, Grace ne sait que répondre, alors elle se tait.

La jeune femme fait appel à toute sa patience et toute son éducation, alors que Madame Allen reçoit une énième fois dans son salon Frédérick Tilney qui a ce satané sourire en coin que Grace observe avec circonspection. Elle se rappelle alors de son père, qui avait pour habitude de lui laisser une liberté telle qu'elle n'avait jamais goûté à la moindre frustration, jusqu'à sa mort. Lord Graham était un homme pour le moins fantasque, évitant les événements mondains, passionné par la musique, le théâtre, la littérature. Il préférait parcourir son domaine à cheval plutôt que prendre le thé dans un salon confiné. Lord Graham n'avait d'autre maître que lui-même, et Grace est bien comme son père, ce qui, dans la bouche de qui que ce soit, n'est perçu que comme un compliment qui l'emplit de fierté plus que tout autre.
« Nous devons apprendre à nous connaître, Monsieur Tilney, avant que je ne consente à quoi que ce soit. »
Le sourire de l'homme s'agrandit considérablement. Il la considère comme acquise. Il est homme qui convoite et qui prend.
« Et avant toute chose, sachez que je ne suis pas une femme comme les autres, et jamais je ne renoncerai à ma liberté. Alors, n'attendez pas de moi obéissance ou soumission. Ce sont des mots dont je connais les définitions mais qui sont loin d'être des idéaux. »
Son sourire ne faiblit pas, pourtant, et Grace sent ses lèvres s'étirer elles aussi, sans qu'elle ne puisse réprimer son amusement. Pourtant, la gravité revient, toujours, quant à sa condition de femme.
« Mes parents m'ont faite fille. Les lois font de moi la pupille de mon père, puis celle de Monsieur et Madame Allen, et enfin, de celui qui sera mon époux. Au regard de la loi, seulement, je serai l'inférieure de mon mari. Mais, ce serait lutter contre ma nature que de promettre à un homme qui me convoite qu'il en sera de même dans notre foyer, ou dans notre lit. »
C'est super chaud d'écrire ça en 2000 mots ! Et en plus, pour la petite blague (j'ai une petite tendance à le radoter partout), j'ai eu beaucoup de mal à lire Catherine Morland que je trouvais chiant à mourir. (Pourtant j'aime bien l'univers de Jane Austen, mais j'ai du me promener plutôt du côté de sa filmo que de sa biblio). Et j'ai ADORE écrire ce petit bout de texte.
Evidemment, en 2000 mots, la caractérisation des perso et l'épaisseur du scénario c'est pas ça, mais la petite Grace, j'ai vachement envie de la développer (elle a presque des caractères communs avec Iola Black, tiens).

En tout cas, lisez bien, écrivez bien, profitez bien de vos vacances si vous en avez :) :hug:

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« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.
Vous ne savez pas par où commencer mes fics, ou histoires originales ? Zieutez mes séries (les fics et histoires originales y sont classées par ordre chronologique), ou le premier post de ma fiche auteur sur le forum, dans la Bibliothèque de Poudlard, celle du Héron, et celle de l'Ailleurs.

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Dedellia
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Dedellia » 21 août 2021 - 01:20

Dedellia
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Marianne était mariée également maintenant. Seulement un an après le départ d’Elinor, sa seconde soeur la quittait, la laissant seule avec leur mère. Cela faisait déjà plusieurs longs mois, mais elle ne s’habituait pas à leur absence et encore moins à la surprotectivité de sa mère. On aurait dit que l’absence de ses deux ainées la rendait plus consciente du départ possible de sa benjamine. Elle n’avait plus le droit d’aller marcher aussi loin qu’avant ni de partir trop longtemps, elle devait lui dire exactement où elle allait, si quelqu’un d’autre y serait et quand elle reviendrait. Ça en était étouffant. Ainsi, lorsque sa mère eut une migraine qui la força à se reposer, elle n’eut aucun scrupule à lui mentir.

— Je ne vais que me rendre près de l’étang profiter du soleil et de la fraicheur de l’eau.

N’ayant aucune raison, et sûrement pas l’énergie, de ne pas la croire, Mrs Dashwood laissa sa fille partir quelques heures. Cette dernière se dirigea rapidement vers l’ouest là où elle était certaine de retrouver son ami qu’elle espérait être son futur prétendant. Pas que sa mère ne l’approuverait… Gabriel était un paysan. À quelques lieux de leur chaumière, il travaillait du matin au soir, sous le soleil dans les champs. Sa famille, très nombreuse, n’avait que peu de moyens. À peine de quoi vivre. En fait, elle-même ne pensait pas qu’il était possible de vivre avec si peu.

Lors de leur première rencontre, elle l’avait jugé, elle l’avait pris de haut, mais lui l’avait traité comme quiconque. C’était peut-être ça qui l’avait surprise et l’avait attirée. Ou alors c’étaient ses yeux si bleus, si purs… Elle ne savait pas trop en fait, mais il était… Merveilleux. Il méritait ces mensonges et ses escapades elle en était convaincue.

Le chemin vers la ferme où travaillait Gabriel était plutôt terrifiant. Margareth devait traverser la forêt par un sentier lugubre qui lui donnait des frissons dans le dos. À l’image de ce qu’elle devait elle même affronter dans sa vie pour le voir. Elle devait affronter les risques que sa mère la découvre, elle devait battre ses préjugés, elle devait mettre de côté ce qu’elle avait, ce qu’elle pouvait avoir pour être avec lui et c’était terrifiant.

Mais elle continuait. Dès qu’elle le pouvait, elle traversait cet horrible chemin et elle s’y frayait une place. À chaque fois, c’était plus facile, moins terrifiant, mais surtout elle se concentrait sur le sourire qu’aurait Gabriel lorsqu’il la verrait. Et ça, ça valait toutes les peines du monde, tous les combats intérieurs, tous les sacrifices et les mensonges et toutes les forêts terrifiantes. Il valait tout ça et bien plus.

Elle passa finalement les derniers arbres et elle décela sans peine la ferme des Johnsons avec son toit rouge comme l’argile. Elle s’approcha d’un pas qui ne se voulait pas trop empressé, mais elle avait du mal à ne pas partir en courant vers lui.

Malheureusement pour elle, se fut son frère ainé qui la vit. Il lui fit un sourire et un signe de la main, puis se détourna rapidement pour aller chercher celui qu’elle venait voir. Lorsqu’il la vit, il fit un énorme sourire qui devait se refléter sur son propre visage. Il était enfin là. Ils étaient enfin ensemble. Et pour quelques heures, c’était tout ce qui importait.
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Hazalhia
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Hazalhia » 22 août 2021 - 20:40

Bon, j'y suis enfin arrivé ! Ce n'était pas de la tarte avec ce fandom, mais ça restait un bon exercice.

Hazalhia
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Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Northanger Abbey, Jane Austen
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Le soleil perçait dans le salon de la demeure de Hughes, annonçant une après-midi radieuse. La vicomtesse Eléanor Hughes, anciennement Tilney, venait d'accueillir chez elle Violet Evans, la nièce d’une de ses plus proches amies.
Trop occupée à préparer la réception qui se tiendrait le soir même pour le retour de leur voyage de noces de son frère Henry et de sa chère amie Catherine, Eléanor avait laissé Violet le soin de trouver à s’occuper dans la maison pendant que le vicomte et ses invités étaient partis à la chasse.

Installée près de la fenêtre du salon, Violet se laissait distraire par les domestiques qu’elle entendait s'affairer dans tous les sens pour achever les préparatifs.
La jeune fille avait espéré se changer les idées en se mettant à l’écart, et en se concentrant sur sa broderie mais elle eut rapidement été obligée de constater que chaque coup d’aiguille se faisait plus rageur que le précédent, n’effaçant nullement de ses pensées ce qui la troublait. Poussant un soupir, elle abandonna sa broderie sur un coin du sofa, faisant ainsi disparaître de sa vue la lettre qu’elle venait de lire. Elle en était maintenant sûre, coudre n’aiderait en rien.

Elle songea à aller confier ses pensées à lady Eléanor, l’ayant toujours considérée comme une femme avisée mais Violet se ravisa, la vicomtesse avait bien assez à faire avec la réception de ce soir.
À la place, elle considéra l’idée de faire une promenade. Le temps était idéal, et la tranquillité de la forêt l’apaiserait sûrement. Elle ne trouva personne en vue à prévenir de son départ, aussi se contenta-t-elle d’écrire une note à l’intention de la vicomtesse Hughes, de nouer son chapeau et de s’échapper pour une ballade.


Après une longue marche, le couvert des arbres apporta une ombre bienvenue. Un sentier bien aménagé permettait de marcher aisément, tout en profitant du pépiement des oiseaux et du bruissement des feuilles dans le vent. Violet espérait que l’ambiance bucolique viendrait à bout de ses nerfs.
Pendant qu’elle marchait, le nez perdu dans l’étendue verte qui s’offrait à elle, Violet repensa à son séjour à Bath dont elle revenait tout juste. Et qu’elle n’était pas mécontente de voir se terminer. Elle était allée rendre visite à sa marraine, qui, sous l’impulsion de ses parents, avait pris à cœur de lui trouver un prétendant pendant son séjour. Ses parents, et le reste de sa famille, attendaient ce jour avec impatience depuis que la réputation de la famille Evans avait été entachée par sa sœur aînée. Une idylle fiévreuse avec un artiste qui n’avait abouti à aucun mariage, et à la naissance du petit Edward qui fêterait le mois prochain son premier anniversaire.

Depuis cet épisode, le futur mariage de Violet était au cœur de toutes les attentes familiales. L’espoir que l’on plaçait en elle la rendait fébrile et nerveuse. Le matin même, elle avait reçu une lettre de John Thorpe, un jeune homme rencontré lors d’un bal à Bath. Avec sa marraine, elle avait pris le thé trois fois chez lui, deux fois chez elle et réalisé deux balades en voiture aussi interminables l’une que l’autre.
John était un homme qui aimait s’entendre parler et à l’égo grandissant dont la compagnie plaisait peu à Violet. Un détail que sa marraine avait totalement occulté, et qui avait cherché toutes les occasions pour qu’ils se voient. Et voilà qu’en plus de la lettre de Mr Thorpe tout autant remplie de banalités que leurs discussions de vive voix, elle en avait reçu une autre de sa mère qui comptait sur elle pour donner une issue favorable à cette rencontre.
L’idée du mariage ne repoussait pas Violet, mais celle de passer le reste de sa vie avec cet homme suffisait à lui former une boule au fond de l’estomac. Bien que la réputation de sa famille soit entachée, à défaut d’amour, ne pouvait-elle pas au moins espérer un peu de considération de la part de son futur époux ?


Toujours en proie à ses pensées confuses, le regard de Violet fut détourné d’abord par un oiseau qui s’envola précipitamment d’un buisson. Puis, par des grappes de baies bleues qui luisaient dans un rayon de soleil. Elle s’approcha pour les inspecter, et attrapa délicatement une myrtille qu’elle croqua entre ses dents. Puis une autre, et une autre.
Un coup d'œil un peu plus loin lui apprit la présence d’autres buissons de myrtilles. Le chemin qui y menait n’était pas aussi bien entretenu que le sentier principal, mais il restait praticable avec sa robe et ses bottines. Violet songea que Eleanor pourrait apprécier quelques fruits frais pour les desserts de ce soir. Et sinon, elle en ferait une collation au milieu des bois. Violet se saisit d’un mouchoir, et commença la cueillette.

Suivant la piste des baies, Violet s’éloigna du sentier principal. Bientôt, elle se retrouva à l’orée d’une clairière qui devait être bordée d’un cours d’eau si elle se fiait au ruissellement qu’elle entendait non loin. En faisant le point sur son butin, elle constata que son mouchoir ne pourrait bientôt plus contenir grand-chose. Elle croqua quelques dernières myrtilles, en se léchant les doigts pour éviter de tâcher sa toilette et se décida à faire marche arrière. Alors qu’elle s’apprêtait à faire demi-tour, un grand fracas lui fit pousser un cri. Les buissons à sa gauche s’agitèrent furieusement, laissant échapper une silhouette bondissante qu’elle ne reconnut pas tout de suite, suivie de coups de fusils.

D'instinct, Violet recula de plusieurs pas pour s’éloigner de ce qui se révéla être un daim affolé fuyant ses poursuivants. La jeune femme n’eut pas le temps de reprendre ses esprits que les chasseurs à cheval étaient déjà sur les talons de la bête. Ils ne remarquèrent pas Violet, déjà à moitié camouflée par les fourrés qui, à cause de la surprise provoquée par cette deuxième vague, s’écarta encore un peu plus. Elle recula sans prêter attention où elle posait ses pieds ou à son environnement, ne se laissant porter que par son instinct de s’éloigner de ces armes bruyantes.

Sans le voir, elle s’approchait de plus en plus du ruisseau. Elle ne remarqua pas tout de suite l’homme assis à quelques pas, plongé dans un livre chaudement recommandé par sa sœur. Ce n’est qu’au dernier moment, quand Violet fit un pas de trop sur la berge glissante et qu’elle se sentit partir en arrière qu’elle croisa le regard de l’homme, tout aussi surpris qu’elle de croiser quelqu’un dans cette partie de la forêt. Avant qu’elle n’ai le temps de faire quoique ce soit pour l’éviter, Violet se retrouva les fesses dans le lit du ruisseau, son mouchoir emporté par le courant, le visage figé par l’incrédulité.
L’homme se pressa à son secours et lui tendit une main pour l’aider à se relever qu’elle mis quelques secondes à accepter. Elle se redressa aussi gracieusement que possible, malgré le poids de son jupon mouillé. Dans sa chute, elle avait perdu son chapeau, et son butin de myrtilles. D’une main humide, elle remit en place les mèches qui lui tombaient devant les yeux, s’efforçant de garder la tête haute. Violet, qui était d’abord restée mutique de surprise, sentit la colère monter en elle.
Elle se mit en rogne contre tout ce qui lui passait par la tête. Qu’avait-elle fait pour mériter cela ? Et pourquoi les chasseurs s’étaient-ils senti obligé de venir par ici ? Ne pouvaient-ils pas laisser cette pauvre bête tranquille.
Ses manières étaient inexistantes, ses parents auraient été horrifiés de la voir se comporter ainsi, qui plus est en face d’un gentleman inconnu, puis Violet se souvint de ce qu'ils attendaient vis à vis de ce John Thorpe et cela ne lui donna aucune envie de se calmer. Tant pis pour son image, Amélia avait déjà tout ruiné de toute manière.


Depuis qu’il avait croisé la route de Isabella Thorpe, et la mésaventure de leurs fiançailles écourtées, James Morland n’avait plus porté beaucoup d’attention à la gente féminine.
Pourtant, cette jeune femme au milieu de la forêt, attira son regard. Aussi dégoulinante d’eau et échevelée qu’elle était, pestant contre elle-même puis contre les chasseurs qui l’avait effrayée, elle piqua sa curiosité. Sous son visage rouge de colère, et probablement de honte, pointait un charme qu’il n’aurait sans doute jamais distingué s’il l’avait rencontré dans des conditions normales. Elle avait l’air honnête et passionnée. Elle lui donnait l’occasion de voler un aperçu de la personne qu’elle était au-delà des politesses, des rubans et des rencontres chaperonnées.
Et si d’autres auraient jugé ce comportement inopportun et repoussant de la part d’une jeune femme, il donnait à James l’envie d’en savoir plus.
Après s’être assurée qu’elle n’avait rien de cassé, James tenta d’en savoir plus sur l'identité de la mystérieuse promeneuse et décida de se présenter en premier.

— Je manque à tous mes devoirs, mais vous l’avez sans doute déjà constaté. Je suis Violet Evans. Je suis navrée que vous ayez été témoin de ...cela, déclara-t-elle en se désignant, les joues rouges.


— Toutes les jeunes femmes qui souhaitent faire une première impression marquante devraient prendre exemple sur vous, Violet.


Violet se retrouva partagée entre l’amusement et la honte provoquée par cette remarque maintenant que son humeur était redescendue. Pour trancher elle se laissa aller à un sourire, l’homme qui se tenait en face d’elle ne semblait porter aucun regard dédaigneux. Mêlé à l’inquiétude des premiers instants, peut-être pouvait-on lire une pointe de moquerie dans ses yeux face à cette situation incongrue.
Bientôt James appris que Violet était également une invitée de Eléanor Hughes. Arrivé en début d'après-midi, et parti directement en forêt avec les autres hommes, James n’avait pas eu l’occasion de croiser Violet plus tôt. S’étant d’abord essayé à la pêche, James avait préféré se tenir à l’écart pour profiter d’un peu de tranquillité avant les festivités.

Les deux jeunes gens échangèrent quelques mots sur leurs connaissances respectives avant de se mettre d’accord sur la nécessité de rentrer au plus vite. Violet se demanda comment elle allait expliquer son état, et encore plus la présence de James Morland à ses côtés.
Sur le chemin du retour, ou le soleil encore haut fut bienvenu, Violet et James échangèrent une conversation agréable. Ils en virent rapidement à parler de Bath et de fil en aiguille de la famille Thorpe, et à échanger leurs sentiments sur le frère et la sœur. Chacun avait un avis très tranché sur la fratrie, et la mauvaise impression mutuelle qu’ils partageaient les amusa.

Quand ils eurent la demeure des Hughes en vue, James fit la dernière chose à laquelle on se serait attendu

— Miss Evans, avez-vous déjà un cavalier pour ce soir ? demanda-t-il tout à fait sérieusement.

Violet se tue et papillonna des yeux, incertaine de ce qu’elle venait d’entendre. Incertaine d’avoir bien compris.
Ne faisant pas vraiment confiance à sa voix, elle se contenta de hocher la tête par la négative.

— Dans ce cas, me feriez-vous le plaisir de m’accorder une danse ? Et peut-être une ou deux autres ?

Incrédule, Violet fixa James Morland pendant un long instant avant d’accepter avec enthousiasme. Si elle avait imaginé ce qui l’attendait, elle se serait jetée dans l’eau un peu plus tôt.
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par rowinter » 27 août 2021 - 23:54

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Je regardais George sans trop savoir quoi dire. J’étais partagée entre me jeter dans ses bras et continuer mes calculs comme si de rien n’était. En faite, je crois eu j’ai peur que si je reste trop avec lui, je n’arrive plus à partir.

Je sens le regard de Fred sur moi et je décide de l’ignorer, retraçant proprement mes chiffres comme si je réfléchissais. Il se pose des questions, comme nous tous, je le comprends. Ce n’est pas évident pour tout le monde cette situation.

— Messieurs Weasley ? Un client souhaite faire une commande spéciale, je peux vous l’envoyer ?

Opale est à la porte comme si elle n’osait pas interrompre cette ambiance studieuse. Je l’aime bien. Elle est gentille et surtout elle est efficace dans son travail. George se lève pour lisser sa veste du coin de la main et s’approche de la porte pour accueillir le client. Ça lui va bien les costumes, j’aime bien, il a toujours cet air de malice cependant malgré le sérieux de leur tenue.

Une commande spéciale je connais, ça veut dire gros montant. Ledit client arrive et ils commencent une négociation. Les jumeaux sont parfaits, ensemble ils mènent l’homme où ils veulent. Je me ferme dans ma bulle et continue ma feuille de calcul. Il ne me reste que quelques lignes puis je me recule pour observer le résultat en m’étirant un peu. Je suis toute ankylosée d’être restée courbée sur ma table.

— Merci Mr Smith, tout le plaisir est pour nous, laissez-moi vous raccompagner, dit George qui indique le chemin au client après une poignée de main.

Ils disparaissent dans l’escalier et Fred s’approche. Je souris et lui aussi, il sait que j’ai compris.

— Je ne te dirai rien tu sais.
— Je peux au moins demander ?
— Ai-je le choix ?

Il rigole et ça me serre le coeur. Ce rire, cette atmosphère dans leur boutique, je l’adore, ça partage mon quotidien depuis si longtemps.

— Tu vas faire quoi June ?
— Je ne sais pas exactement.
— C’est la mission de Dumbledore, c’est ça ?

Je le regarde un peu surprise, comment le sait-il ?

— On a parlé avec George. Il m’a dit que Poudlard c’était fini, vous n’y retournerez pas. Il se fait du soucis, et moi aussi. Seulement lui il ne te le dira jamais.
— Il a raison, commencés-je en pesant chaque mot, au moindre pas de travers je le regretterai. Je vais suivre Harry.

Il espère que j’en dise plus, mais il peut toujours rêver, je m’arrête là.

— Putain June, soupire t-il. Tu ne vas pas rompre quand même ?

Je souris, mais c’est loin d’être de joie. C’est amère et ça me reste au fond de la gorge.

— Je suis trop égoïste pour faire comme Harry. Je devrais, mais… C’est au delà de mes forces. Je lui laisse le choix… S’il souhaite continuer… et bien tant mieux.

Il passe une main dans son visage et son air inquiet disparait immédiatement que les bruits de pas de George se font entendre. Je ne le connais pas aussi sérieux, je dois dire que ça n’aide pas à me détendre et quitter cette boule de stress dans mon ventre. Je sais que nous sommes fous tous les quatre de partir. Je sais que c’est risqué. Mais Harry, je le suivrai jusqu’à la mort s’il le fallait, mon bonheur passe après.

— Ça va ? demande George d’un air faussement enjoué.

Je le connais par coeur.

— J’ai finis un nouveau calcul, dis-je en lui tendant mon parchemin qu’il se met aussitôt à étudier.

Dieu que je l’aime. Personne ne paraissait vraiment sur eux, sauf pour amuser la galerie. Leur projet a demandé tellement de travail de leur part. Ils n’avaient même pas arithmancie en options à Poudlard. Alors quand ils ont compris qu’ils en auraient besoin, ils ont appris. Comme ça. Rien ne les arrête.

La fin de journée se poursuit comme ça, entre calculs et rapide missions en bas dans la boutique. Les chiffres sont des valeurs sûres où c’est facile de se réfugier. Je me plonge dans leur logique et j’oublie le monde et le reste. Puis je commence à avoir le ventre qui gargouille, George s’en rend compte et il rigole, me volant un baiser.

— On s’arrête là ?

J’hoche la tête et l’embrasse à mon tour.

— Oui, je suis fatiguée, j’ai envie de faire une pause.
— Fred, tu veux quelque chose ?
— Non, ça va merci, je vais aller chez Angelina, c’est bon pour aujourd’hui, vous avez raison.

On sort, Opale est toujours en boutique, elle va bientôt fermer, mais on sera de retour avant, puis nous nous dirigeons vers le Chaudron de Baveur pour George et moi, tandis que Fred transplane.

— Alors, tu veux manger quoi ce soir ?
— Une pizza, dis-je en souriant ce qui le fait rire.
— Pourquoi je demande encore ?

Il m’attire contre lui, avec son bras autour de mes épaules, en pleines rues moldues, on pourrait croire que nous sommes un couple normal.

Si seulement…

— Mais c’est trop bon !

Il rigole à nouveau et je souris fière de moi. Si au moins on peut rigoler un peu avant La conversation. On trouve notre dealer habituel de napolitaines et nous revenons rapidement à la boutique. Certes quand on se balade comme ça, on pourrait croire qu’il n’y a plus de guerre, mais ce n’est qu’une illusion.

— Bonne soirée Opale, tu fais attention en partant.
— Oui Monsieur George, répond-elle avant de sortir, sa cape sur ses épaules.

Elle appelle les jumeaux Monsieur Fred, Monsieur George et eux ils adorent. Au début ils ont essayé de la convaincre d’arrêter, peine perdue, depuis ça gonfle leur égo un peu plus.

Ahlala…

On ferme bien tout avec des sortilèges de protection, puis on monte dans l’appartement situé au dessus de la boutique. Depuis quelques temps, c’est plus le mien et celui de George, Fred en profite pour voir Angelina. Peut-être nous laisse t-il du temps tous les deux, ou c’est un heureux hasard, quoi qu’il en soi, ça nous arrange bien tous. On se pose dans le salon alors que d’un coup de baguette il ouvre les fenêtres pour laisser entrer l’air d’été. Tiens, encore un truc qu’ils ne feraient jamais en cours : les sortilèges informulés. C’était juste qu’ils n’avaient pas envie. En réalité ils y arrivent très bien.

— Tu penses à quoi ? dit-il, remarquant mon regard posé sur lui.
— J’admire ta musculature, me moqués-je.
— Ouais, deux ans sans quidditch, ça ne pardonne pas, il faut que je fasse attention pour garder ton coeur.
— Oui attention, ironisais-je. J’ai repéré un petit gars bodybuldé, parfait pour moi. Gros biscoteaux tu vois ?

Il rigole et s’approche, sa bouche s’arrêtant à quelques centimètres de la mienne.

— Oui, vas-y, je ne veux pas te retenir…
— J’ai un truc à faire avant…

Je souris malicieusement, frôlant mes lèvres contre les siennes, nos souffles se mêlent puis on s’embrassent. Je glisse du siège petit à petit, me retrouvant allongée sur le canapé, George au dessus de moi.

— June… fit-il en se redressant.

Je me mords la lèvres : il va en parler maintenant.

— Je ne peux pas continuer à faire comme si de rien n’était.
— Tu ne veux pas qu’on finisse ce qu’on était en train de faire avant d’aborder ce sujet ?
— Je ne rigole pas June.

Je m’assois et repose ma tête contre le dossier du canapé, faisant face à George. Sa veste de costume est par terre, sa chemise à moitié déboutonnée laissant apercevoir sa peau blanche parsemée de taches de rousseurs. Il est beau comme ça, dans une sorte d’innocence négligente. Bon innocence peut-être pas.

— Tu vas où June ?
— Tu veux la réponse du poète ou du savant ?
— Je déconne pas.

Je ne peux pas lui en vouloir, il veut savoir, je serai pareil à sa place.

— Je ne sais pas exactement où je vais.
— Harry, il sait lui ?
— Il a une idée, comme moi, mais non, on n’a pas une feuille de route précise.
— Ron, il va vous suivre ?
— Oui très certainement, c’est ce qu’ils disaient avant l’enterrement de Dumbledore.
— Hermione aussi j’imagine…

Je lui souris, passant une main sur son bras, il est tendu, la question qui fâche arrive ensuite. Jusque là je répondais, maintenant je ne garantis plus rien.

— Vous allez faire quoi ?
— Tu le sais déjà ça.
— June…
— La mission de Dumbledore.

Il soupire et passe une main sur son visage. J’aimerai le serrer dans mes bras, qu’on s’embrasse et oublie tout le reste. Foutue guerre.

— C’est quoi cette mission ?
— Ça, je ne peux pas te le dire George et tu le sais aussi.
— June… me supplie t-il. Je ne le dirai pas à l’Ordre.
— C’est pas l’Ordre qui me dérange.

L’inquiétude lui ravage le visage. Je remarque qu’il a des cernes noires sous les yeux. Je ne l’ai jamais vu comme ça, et je dois dire que ça me perturbe un peu.

— Ne pas savoir, ça me rend fou, je n’arrive plus à dormir. Comment… Comment ça va se passer. Toi, tu seras je-ne-sais où, à risquer ta vie…
— Je suis désolée George.

J’ai la voix rauque et il est hors de question que je laisse mes émotions me submerger.

— Si tu veux arrêter, je comprendrais…
— Ne dis pas de bêtise, me coupe t-il.

Il se tourne vers moi, ses yeux sont rouges et il s’approche pour se blottir contre moi. Je le serre dans mes bras, caressant son dos distraitement. Son odeur est si familière et rassurante, je souhaiterai m’en souvenir pour quand on cherchera les horcruxes je-ne-sais-où comme il dit. Je veux que ça me donne de la force pour quand ça me manquera.

— Je ne peux rien te promettre, commencés-je doucement. Je ne sais pas combien de temps cela nous prendra. Six mois ? Un an ? Aucune idée. Je ne pense pas non plus que nous pourrons entrer en contact. Pour ta sécurité et pour le bien de la mission on va se cacher. Ce que je peux te dire c’est… c’est que je t’aime et que…

Je reprends mon souffle, inspirant profondément pour ne pas avoir ma voix qui tremble. Il me serre un peu plus contre lui, il sait.

— Que je ne cesserai de penser à toi. C’est nul, je suis d’accord, moi non plus je ne veux pas qu’on se sépare sans savoir quand on se reverra. Seulement, Dumbledore a confié serre mission à Harry, et je dois y aller aussi.
— Je sais, murmure t-il contre mon épaule.

Il se recule un peu et m’embrasse tendrement.

— Je sais June, je sais que tu ne le laisseras pas seul. C’est pour ta foutue loyauté que je suis tombé amoureux de toi.
— Juste pour ça ?

Il sourit avant d’embrasser mon bout du nez, ma joue, mes lèvres… Je voudrais prendre en photo ce moment si c’était possible. Pour pouvoir m’en rappeler.

— Non, c’est loin d’être l’unique raison, je t’aime pour ta gentillesse, ta malice, ton intelligence, ta beauté aussi, oh oui, que tu es belle, et puis aussi parce qu’il n’y a aucune autre personne sur cette Terre qui me donne envie de me surpasser chaque jours pour donner le meilleur de moi-même.

Je ne sais pas quoi répondre tant ça m’émeus.

— Et puis on se retrouvera après, ce sera chouette, non ?

Si seulement...
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Juliette54
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Juliette54 » 28 août 2021 - 17:42

Et hop, quelques points en plus pour Serpentard j'espère. :mrgreen:

Juliette54
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Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Sans feu ni lieu, Fred Vargas
Titre (facultatif) : Par devers lui
Nombre de mots : 594 mots
Rating : TP
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Par devers lui, Clément vit Colas empoigner son verre de bière en découvrant les dents pour rire de la machinerie de la blague de Nina. Par devers elle, Nina piochait des cacahuètes dans le petit pot en plastique rouge transparent qui comme qui dirait avait probablement été un cendrier. Clément les regarda attentivement pour retenir leurs gestes et leurs mots nouveaux puis ouvrit personnellement son accordéon pour montrer qu’il reprenait sa musique pour les clients du bar. Les têtes de tous les autres se tournèrent par devers lui. Il essaya de s’annoncer personnellement :
« Je vais personnellement jouer à nouveau, dit-il en faisant attention à bien parler respectablement de pour les clients. Je commence par le morceau cinq, puis je ferai ensuite le morceau six. Ensuite, je ferai le morceau sept. Et puis je ferai le morceau huit et après je ferai une autre pause. »
Tous les autres se contentèrent de l’écouter et d’hocher la tête pour reconnaître qu’il avait parlé respectablement. C’était bien, le bar-là, pour jouer et faire sa besogne. Tous les autres lui donnaient un petit quelque chose et écoutaient sa musique d’accordéon. C’était bien le bar-là. Ce n’était pas aussi bien que le jardinage dans l’école de par l’autre côté de la ville, mais c’était bien aussi. Tous les autres étaient gentils par devers lui et tous les autres ne riaient pas par devers lui. Tous les autres écoutaient sa musique de par la patience et l’attention.
Il se tortilla sur sa chaise pour être personnellement bien installé et reprendre sa besogne respectablement. La chaise du bar grinça sous lui personnellement et il n’aima pas ce bruit bruyant alors il se leva pour s’asseoir sur une autre chaise disposée un peu plus loin sur la droite. Toutes les chaises étaient disposées autour des tables dans le bar et il y en avait tout autour par devers lui. Il y en aurait au moins une de par toute la salle qui ne ferait pas de couinement couinant.
La chaise-là était respectablement mieux. La musique pour la direction des clients ne devait pas être embêtée par le grincement grinçant de la chaise.
Il put enfin appuyer sur les touches de l’accordéon et le refermer doucement. Il se concentra durement sur sa musique pour qu’elle soit agréablement écoutée par les clients. Il ne fallait pas se tromper sur les notes et sur l’ouverture de l’accordéon. Il fallait faire bien respectablement. Il devait personnellement dérouler la musique de par la douceur et la mémoire des notes. Il se trompa de seulement une seule note alors il recommença le morceau depuis le début. Heureusement tous les autres ne dirent pas de méchancetés et ne firent pas de machinerie par devers lui. Il avait fait tout personnellement respectablement par devers lui pour que tout soit bien à nouveau.
Colas lui apporta un verre d’eau en posant la main tout à fait sur son épaule pendant qu’il buvait personnellement le verre d’eau froid. Le verre était froid. L’eau dans le verre était aussi froide.
« Tu joues de mieux en mieux, Clément, lui dit-il. Un jour, tu pourras même monter jouer à la grande capitale si ça continue ! »
Clément pensa personnellement que c’était gentil ce que disait Colas mais qu’il n’était pas sûr que quelqu’un d’autre puisse penser la même chose par devers lui.
En tout cas, Colas parlait respectablement bien comme à la grande capitale.
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Caroliloonette
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Caroliloonette » 28 août 2021 - 19:45

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Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Le Pacte de l'Ombre de jalea
Titre (facultatif) : Ne surtout pas succomber !
Nombre de mots : 2000
Rating : déconseillé moins de 12
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Preslov se rapproche encore un peu plus de moi et je ne sais plus si ça me plaît ou non. Ma tête me crie de lui dire non mais mon corps n'est pas de cet avis. Ma chambre s'est transformé en chaudron d'un coup. J'ai l'impression d'être comme une potion qui entre en ébullition. J'ai chaud, je ne me sens pas très bien, j'éprouve des difficultés à respirer. Ce parfum qui l'enveloppe, chatouille mes narines et m’enivre peu à peu. Cela ne m'aide pas à reprendre mes esprits. L'air devient irrespirable ici. L'ambiance est étouffante.

Ne pas succomber ! Ne surtout pas succomber !

Je me remémore ce baiser échangé, en fin de soirée, lors du prestigieux banquet organisé par son père. Un moment d'égarement qui ne doit en aucune cas se reproduire. Aujourd'hui Preslov se montre beaucoup plus audacieuse que dans mes souvenirs. Ses mains baladeuses s'aventurent sur mon torse. J'essaie de penser à autre chose cependant sa présence est compliquée à oublier.

Je ne sais vraiment pas ce qu'il lui prend de me sauter dessus ainsi. Ma mère pourrait nous surprendre. Et je doute que cette image de son fils en charmante compagnie lui plaise. Déjà qu'elle n'a pas du tout apprécié quand elle m'a retrouvé dans la chambre de Preslov avec la porte fermée. Pourquoi fait-elle ça, elle va m'attirer des ennuis encore ?

J'ai pourtant fortement recommandé à la Serpentard de garder ses distances avec moi. Encore une fois elle n'en fait qu'à sa tête. Cette fille n'écoutera donc jamais ce qu'on lui dit. Sentant ses mains trop aventureuses, je la repousse mais elle ne s'avoue pas vaincue, loin de là. Elle revient à la charge encore plus fort.

"Arrête ce petit jeu Potter, je sais parfaitement que tu en as autant envie que moi, précise-t-elle en me forçant à m'allonger sur le lit et s'installant à califourchon sur moi. Inutile de lutter ! "

Ses longs cheveux noirs détachés effleurent mon torse. Cette sensation est douce et ne me laisse pas de marbre. Ses mains reprennent leur exploration précédente. Mais que fait-elle ? Je ne donne pas cher de ma peau si elle se montre entreprenante comme ça.

"Alors, ça te plaît, Potter ? La vue est plus belle ?"

Elle se penche vers moi, ses lèvres fusent droit sur les miennes. Non ! Ce n'est pas possible ! Je ne trouve rien de mieux à faire que de fermer les yeux et tourner la tête brusquement.

"Non, non …


- Comment ça, non ? Ta mère ne va pas être contente si tu refuses.
- Ma mè...re ? m'étouffai-je. Parce qu'elle est au courant en plus ? "

Preslov se tient dans l'embrasure de la porte de ma chambre et me scrute interloquée. Moi je suis allongé sur mon lit dans un piteux état et réalise que je faisais un rêve... Un mauvais rêve.
Je ne sais pas depuis combien de temps elle se tient là à me dévisager de la sorte. Je ne sais pas non plus ce qu'elle a entendu ou vu. Ai-je réellement envie de le savoir ? Je ne suis plus trop sûr d'un coup. Il vaut peut-être mieux agir comme si tout cela n'existe pas. Je me redresse sur mon lit pour me donner une meilleure contenance et lui faire face.
"C'est bon, c'est fini le cauchemar ? se moque-t-elle."

Je la reconnais bien là, cette vile Serpentard. Néanmoins, elle a raison, ce n'était qu'un cauchemar. Juste un cauchemar. Un simple cauchemar. Et il faut que je l'oublie au plus vite. Je ne sais pas exactement ce qu'elle croit mais tant qu'elle ne devine pas la raison de mon trouble cela me convient parfaitement.

"On t'attend pour le dîner, tes parents s'impatientent, surtout ta mère, elle m'a envoyée te chercher, annonce-t-elle en pénétrant dans ma chambre et s'asseyant sur mon lit. "

L'observant faire, ma tête se met en alerte et fais le rapprochement avec le cauchemar. Je me décale rapidement de l'autre côté du lit. Elle me regarde faire, intriguée.

"Qu'est-ce que tu fais ?"

J'ignore sa question et réfléchis à ma position. Stratégiquement ce replis n'est pas du tout une bonne idée car elle se trouve entre la porte et moi. Si elle tente une nouvelle approche il me faudra fuir par la fenêtre. Je tourne la tête vers cette dernière et l'étudie comme si je la découvrais pour la toute première fois. Ma chambre ne se trouvant pas au rez-de-chaussée cette issue me paraît périlleuse. Je finis par lâcher un bref soupir. Il me faut étudier une autre option de sortie.

"Potter, je ne doute pas te l'avoir dit et pensé des milliers de fois mais je crois que c'est la première fois que ça sera aussi sincère. Tu es vraiment un crétin en fait ?
- Tu fais bien de le préciser, tu l'as dit tellement de fois que désormais ça me passe bien au-dessus de la tête.
- Une visite à Sainte-Mangouste s'impose je crois.
- Mais tu vas me lâcher à la fin !
- Ce n'est tout de même pas de ma faute si tu agis vraiment bizarrement là tout de suite; ton déplacement furtif sur le lit, tes yeux perdus sur ta fenêtre...
- C'est bon, pas la peine de préciser, je suis encore conscient de ce que je fais !
- Et conscient de ce que je te dis, tu l'es ou pas ? Parce que pendant ce temps ta famille nous attend pour le dîner.
- Je ne pense pas que ce soit vrai !
- Sainte-Mangouste va vraiment devenir un passage inévitable pour toi!
- Non, écoute-moi bien et arrête de me prendre pour un évadé d'Azkaban ! Si je ne te crois pas c'est parce que ma mère ne t'aurait jamais envoyée toi pour me chercher ! Alors qu'est-ce que tu as à répondre à ça ? Tu fais moins la fière d'un coup.
- Ne t'avise pas de faire le malin avec moi Potter. Et ne joue pas sur les mots. Ta mère a en effet demandé à ton frère et ta sœur de venir te chercher. J'ai vu les regards en coin qu'ils se lançaient. Aucun des deux n'était motivé alors j'ai proposé de monter te chercher. Voilà, t'es content !
- Tu vois ce n'est pas si compliqué de dire la vérité Preslov ! Tu devrais réitérer l'expérience !
- Ne me cherche surtout pas Potter, sinon je vais raconter à ta chère maman ce que tu trafiquais dans ta chambre.
- S'il en faut si peu pour te combler de bonheur c'est avec grand plaisir que je t'offre cette opportunité ma chère Luciana."

C'est parfois si facile de la faire sortir de ses gonds. C'est pourtant une coriace adversaire. Je sais que m'entendre prononcer son prénom ainsi l'agace. Elle peut bien raconter et me faire croire ce qu'elle veut, je sais pertinemment qu'elle n'en touchera pas un mot à ma mère. Cette dernière a légèrement pris Preslov en grippe. Son côté protecteur envers son fils s'est exprimé.

Cependant, je dois bien avouer que voir Preslov tenir tête à ma mère ne me déplaît pas. Loin de là. Elle répond un peu ce que je jamais je n'oserai rétorquer à ma propre mère. Et voir Ginny Potter née Weasley embêtée par une autre personne que moi-même dans cette maison est carrément plaisant à observer.

Je défie la Serpentard de mon sourire narquois. Elle ouvre la bouche, la referme. Je souris, je sais que la partie est gagnée pour cette fois. Un peu de répit ne fera pas de mal. Elle se lève précipitamment et sort énervée de ma chambre.

"Tu as plutôt intérêt à ramener tes fesses rapidement dans la cuisine car je te jure que ta mère va finir par exploser  et ça ne sera pas joli à voir !"

Je l'entends brailler du couloir avant de rejoindre l'étage inférieur. Je sens que ces vacances de Noël vont être interminables. Ou alors simplement minables grâce à Preslov. Je ne sais vraiment pas ce qui est passé par la tête de son père pour proposer à mes parents qu'elle vienne chez nous le temps de son voyage à l'étranger. Et je comprends encore moins ce qui a pris le mien d'accepter. A quel moment mes parents et son père ont cru que ce serait une bonne idée de nous réunir sous le même toit ? Je la vois déjà bien assez à Poudlard que ce soit pendant nos rondes de Préfets en Chef ou en cours. Et puis, ils auraient pu nous consulter, Albus, Lily et moi. Enfin juste Albus et moi car Lily adoooore Preslov alors elle ne se montre pas du tout objective à son sujet. Je me demande d'ailleurs bien pourquoi ma sœur est autant fascinée par la Serpentard. Qu'est-ce qu'elle lui trouve ?

J'en veux à son père, car c'est à cause de lui qu'elle s'intéresse à moi désormais. Tout ça pour servir ses intérêts politiques et obtenir le soutien de mon père. Quel charognard ! Et je lui en veux à elle aussi. C'est facile de tenir tête aux parents des autres mais quand il s'agit de tenir tête au sien il n'y a plus personne ! Et je m'en veux à moi aussi, d'avoir succombé à la tentation lors de cette soirée. Pourquoi me suis-je montré si faible ? Et pourquoi les paroles qu'elle a prononcées après ne me quittent plus ?

Ce baiser n'avait rien d'inoubliable, Potter. Les filles te surestiment, si tu veux mon avis.

Pourquoi ça m'obsède autant ? Et d'ailleurs, qu'est-ce que j'en ai bien à faire de son avis ? Depuis quand il a de l'importance pour moi ? Depuis quand je lui accorde autant de considération ?

J'entends quelqu'un qui monte de nouveau. Si c'est encore elle je devrais au moins lui reconnaître sa ténacité. Je découvre mon père qui entre à son tour. S'ils envoient mon père jusque dans ma chambre c'est que l'heure est grave. Il s'installe à son tour sur mon lit. Qu'est-ce qu'ils ont tous à s'asseoir comme ça sur mon lit sans me demander la permission ?


"Écoute James, je sais que tu n'es pas ravi que l'on héberge Luciana chez nous.
- Je la vois déjà bien assez à Poudlard.
- Je comprends mais son père nous a demandé à ta mère et moi et on se voyait mal refuser.
- Ça aurait pourtant été plus simple.
- Avec ta mère, on veut juste que les choses se passent bien et...
- Quoi, vous allez me demander de faire des efforts en plus. Je l'accepte déjà sous mon toit, qu'elle s'estime heureuse !
- Techniquement ce n'est pas ton toit. Promets-moi juste que tout se passera bien !
- Tu sais je n'ai pas envie que ça se passe mal. Je veux juste que ce moment se passe.
- Et tu comptes passer ce moment, comme tu dis, cloîtré dans ta chambre ? "

Mon ventre émet de gros gargouillement. Trahi pas mon ventre, il ne manquait plus que ça ! Je vais avoir du mal à lui faire croire que je n'ai pas faim. Merci le ventre !

"Je t'ai dit que ton frère à préparer le gratin de pâtes que tu aimes tant ?
- Celui avec le cheddar ?
- Connaissant ton frère la question exacte est plutôt « Celui avec des tonnes de cheddar ? » et la réponse est oui.
- Toi, tu sais me parler, dis-je en me levant enfin de mon lit.
La phrase en italique est un extrait du chapitre 18 : le banquet (partie 2) de la fic Le pacte de l'ombre de jalea

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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Responsable de Serpentard » 28 août 2021 - 19:57

@Juliette54
Comme précisé dans la consigne
Si vous avez validé plus d'un texte/livre sur votre dernier post de validation, prenez le dernier de la liste
Dans ton cas il s'agit de " Un peu plus loin sur la droite" de Fred Vargas, pas " Sans feu ni lieu". Je suis désolée, ta participation actuelle n'est donc pas valide.

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Juliette54
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Juliette54 » 28 août 2021 - 20:47

Oups désolée :oops:
Les deux bouquins se suivent et ont les mêmes personnages grosso modo, je n'ai pas fait attention... c'est parti pour écrire un autre texte alors ! :superman:

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rowinter
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par rowinter » 29 août 2021 - 22:33

Bonsoir, voici ma nouvelle participation : :D

rowinter
Votre maison : Serdaigle
Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Une vie moins noire de @Juliette54
Titre (facultatif) : /
Nombre de mots : 1160 1168
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— James, non, reviens ici.

C’était peine perdu, son fils courait déjà entre les robes des sorciers et sorcières présentes pour ce vide grenier. D’habitude quand Harry donnait une interdiction à son fils, il lui expliquait toujours pourquoi. Il ne voulait pas se retrouver à juste dire « ne fais pas ci » ou « ne fais pas ça » sans raison. Sauf que James était parti si vite, qu’il n’avait pas eu le temps de lui dire quoique ce soit. Ginny à ses côtés rigola.

— Laisse, il va rejoindre ses amis de Poudlard, une semaine qu’ils ne se sont pas vus, en un an ils sont devenus inséparables.

Elle lui prit la main alors qu’elle avait dans l’autre celle d’Albus, et Harry avait Lily à côté de lui. Elle se serrait contre ses jambes, la foule l’impressionnait toujours un peu, surtout qu’un fan ne manquait jamais de venir voir sa mère ou son père pour un autographe. Ce que Ginny faisait en souriant, Harry un peu moins.

Ils passaient devant des étalages d’objets en tout genres. Parfois des éléments moldus se retrouvaient entre une tasse sauteuse et un miroir bavard. C’était drôle car Harry voyait bien que les sorciers qui les possédaient ne savaient visiblement pas s’en servir, un grille-pain qui faisait office de vase, acheva de le convaincre.

— Maman, papa ! s’écria le petit Albus en voyant un jeu complet de voitures et de garage avec un grand toboggan pour les faire sortir.

Quelques voitures faisaient des étoiles en descendant ledit toboggan, visiblement la magie était passée par là.

— On dirait le même que j’avais !

Plus loin, Lily fut happée par une gameboy, les boutons faisaient « bip » à chaque fois qu’on les pressait.

— Vous connaissez le principe ? demanda le vendeur.
— Oh, oui, sourit Harry se rappelant d’un temps révolu qui était loin de lui manquer. Je jouais sur ordinateur et un peu à la play.

Le visage du sorcier s’illumina.

— Je suis né moldu, je jouais tout le temps aussi à la play quand mon frère était absent ! C’est comme ça que j’ai appris que j’étais un sorcier, j’ai fait exploser la manette par inadvertance, je venais de perdre, j’étais furax et j’avais oublié de sauvegarder.
— Je faisais pareil ! se réjouit Harry.
— Ça alors ! s’exclama le sorcier. J’aurais jamais cru ça du Survivant. Mais oui, suis-je bête, vous avez été élevé chez des moldus.

Harry hocha la tête, il n’était jamais à l’aise avec son statut, même quinze ans après. Ce n’était pas méchant de la part du sorcier, juste maladroit.

— Je vous la donne, tenez, dit le sorcier en tendant la gameboy à Lily qui tentait de comprendre le fonctionnement du jeu.

Ils n’avaient pas trop d’objets électroniques à la maison.

— Non, insista Harry, combien je vous dois ?

Il détestait encore plus quand les gens refusaient qu’ils payent. Ginny s’y faisait, lui non, il était trop fier peut-être pour cela. Apres quelques négociations, il paya la gameboy à moitié prix et partit rejoindre Ginny et Albus placés devant un stand de livres et tableaux en tous genres.

— Papa regarde, c’est écrit Black sur ce livre.

Il se saisit du livre où effectivement dans la première page se trouvait inscrit à l’écriture fine Phineus Black. Il le retourna et lu sur la première de couverture : Nobles par nature : une généalogie des sorciers.

— T’as vu papa, c’est comme Sirius.

Il sourit à son fils qui était tout fier de sa trouvaille.

— Oui, merci mon grand, tu as l’oeil.

Ginny posa une main sur son bras alors qu’il se tournait vers la sorcière du stand. Ce contact lui faisait du bien, tout ce qui touchait de près ou de loin à ses parents ou aux Maraudeurs l’intéressait et parfois il sentait encore une tristesse l’atteindre.

— Je vous le fais pour cinq mornilles, dit la sorcière comprenant son regard.
— D’où le détenez-vous ?
— C’était à mon arrière arrière grand-père il me semble, dit-elle en cherchant parmi le stock de tableaux derrière elle. Attendez, il doit être ici, ah ! Le voilà.

Elle sortit un cadre de la taille de celui de Phineas, toujours dans la chambre du deuxième étage au Square Grimmaurd. Un homme à haut de forme et fine moustache était représenté et il se lissait sa robe noire d’un air satisfait.

— Phineus Black, enchanté.
— Harry Potter, moi de même.

Fut un temps, avoir une conversation avec un tableau au beau milieu de la rue l’aurait étonné, ce temps était révolu.

— Ma famille et moi habitons au 12 Square Grimmaurd, ajouta t-il à l’adresse du tableau.

La surprise qu’il lu sur le visage de l’homme peint le fit sourire. Son nom, maintenant qu’il y pensait, était inscrit sur la tapisserie des Black. Il avait lu les noms des personnes reniées, c’était bien plus intéressant que les autres et maintenant qu’il le lisait, il se rappelait que le sien en faisait parti.

— Comment êtes-vous relié aux Black ? demanda le tableau.

La sorcière l’avait posé pour qu’il tienne debout et souriait, les mains sur les hanches.

— Il refusait que je vende ses affaires s’il n’était pas là, expliqua t-elle.
— Il est normal que je sois préoccupé quant au sort de mes biens, répliqua Phineus visiblement outré.
— Vous détestiez ce livre grand-père et honnêtement vous en avez que faire de cette croûte, vous étiez juste curieux de voir le Chemin de Traverse au vingt et unième siècle !

Lily rigola quand le tableau fit la grimace alors que la sorcière levait les yeux au ciel, un air amusé sur le visage.

— J’ai été renié pour avoir été trop tendre avec les nés moldus et les moldus, voyez-vous, mon père, l’illustre directeur de Poudlard, appréciait moyennement mes choix de carrière, quoique je gagnais plus qu’honnêtement ma vie.
— Mon parrain était Sirius Black, deuxième du nom. Alors par rapport à vous…

Harry se tut un instant pour réfléchir, ils étaient très nombreux dans cette famille et honnêtement il mélangeait les prénoms.

— Son père était Orion et sa mère Walburga, ça j’en suis sûr. Son grand-père était Pollux et son arrière grand-père…
— Mon frère, Cygnus.

Le tableau souriait à pleine dents.

— Il a été renié lui aussi, n’est-ce pas ?
— Oui, oui, il est partit à seize ans vivre chez mon père.
— Brave gamin ! approuva le tableau. J’ai toujours eu de la sympathie pour les reniés de cette famille. J’étais proche de Marius par exemple, un cracmol, c’était suffisant comme prétexte…

Ils continuèrent à parler un peu avec le tableau, mais les sujets de conversation m’épuisèrent rapidement. Quand on a au moins un siècle d’écart avec un personnage de tableau, on parle de quoi exactement ?
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Selket
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Selket » 30 août 2021 - 23:08

Selket
Votre maison : Serpentard
Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Agatha Raisin - Remède de cheval de M.C. Beaton
Titre (facultatif) : /
Nombre de mots : 2000
Rating : TP
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Elle s’était levée de bonne humeur ce matin. Le soleil pénétrait à travers le velux de la chambre projetant une douce chaleur sur les draps entortillés autour de ses jambes. Elle avait la fâcheuse tendance à s’enrouler dans ses couvertures pour le plus grand déplaisir de Mabon, son chat, qui aurait bien voulu lui aussi se lover dedans. En souriant elle grattouilla la tête de son chat d’automne, comme elle aimait dire lorsqu’on lui demandait l’origine du nom quelque peu étrange qu’elle lui avait choisi. Mabon, l’équinoxe d’automne, c’était un nom parfait pour le félin à la robe fauve.

Elle alluma sa playlist du matin, se faufila dans la salle de bain pour se passer un coup d’eau sur le visage, histoire d’avoir les yeux moins embués, tandis qu’heureux Mabon ronronnait dans le nid de draps maintenant tout à lui.

Un thé avalé rapidement, en se brûlant évidemment la langue, la patiente n’était pas le fort d’Alyssum Bosc. Un muffin au chocolat mangé tout aussi vite. Des croquettes fraiches mises dans la gamelle du chat, une robe longue à fleurs enfilée à la hâte, et quelques minutes de perdues à choisir parmi son impressionnante collection de boucles d’oreilles et la voilà prête. Elle enfile ses sandales en prenant garde à Mabon qui a décidé de quitter le lit et se frotte maintenant à ses jambes. Passe la sangle de son sac ridiculement petit pour tout ce qu’elle transporte, y compris le livre qu’elle est en train de lire et qui fait presque la taille de son sac, et maugrée sur ses cheveux qui se sont encore coincés dans la sangle du sac. C’est bien beau les cheveux longs, mais c’est quand même bien encombrant, surtout lorsqu’il est sept heures quinze et que vous devriez déjà avoir passé le pas de votre porte depuis cinq bonnes minutes. Sans trainer plus Alyssum se faufile dans la fraicheur matinale du mois d’août avant de faire le tour de la maison.

Devant les anciens bâtiments agricoles, un camion orange l’attend, elle ouvre les portes arrières, pose son sac sur le siège passager, avant de se diriger vers une vieille porte en bois et de l’ouvrir à l’aide d’une des énormes clés accrochés à son trousseau, au bout duquel une citrouille pend. L’ancienne grange a été séparée en trois par un mur, dans la première pièce, un escalier mène au grenier où elle fait sécher ses plantes, c’est aussi là où elle entrepose une grande partie de ses fournitures, bocaux, contenants en tout genre, enveloppes, papier kraft et cartons. Sur une grande table de ferme en bois, trônes quelques colis préparés la veille.

Fièrement, elle regarde son camion, orange citrouille bien sûr, son amour pour les cucurbitacées est connu de tous ses amis. Dans la cour gravillonnée trône donc son camion, sur le côté qui ne se lève pas, laissant apparaître un comptoir et une petite caisse enregistreuse, en grosse lettre noir s’étale en cercle le nom de son commerce ambulant : la rêveuse ambulante.

Bien vite, la jeune femme se dirige dans la deuxième pièce, celle de gauche qui se trouve être un immense laboratoire de cuisine. Sur la table en inox, et dans les frigos l’attendant des caisses de pâtisserie. Une fois les friandises chargées, elle se dirige dans la dernière pièce où elle refait le stock de bougies, elle jette vite fait un coup d’œil aux petits casiers qui abritent chacun des parfums de bougies différents. Il ne lui manque plus que de passer au grenier. Là, sous les poutres pendent des fleurs, des aromates, ça sent la menthe, le romarin, et la lavande. Elle respire à pleine bouffée cette odeur de vieux plancher et de plantes, et sourit en pensant qu’elle a bien fait de quitter son ancienne vie, il y a de cela plus d’un an.
Elle retourne vite à ses occupations, elle charge deux boites de tisanes et thés. Ainsi qu’un sac de café, même si ce n’est pas sa tasse de thé, elle adore l’odeur et nombre de ses clients ne jurent que par ce breuvage, même si les thés qu’elle aromatise elle-même, on réussit à en faire changer plus d’un d’avis.
Tout est chargé, c’est l’heure de lever le camp. Direction Gléguérec, à trente minutes de chez elle. Cet après-midi, c’est à Lorient qu’elle se rend, à une heure de route. Ce qui n’est pas habituel dans son calendrier, mais pendant les dix premiers jours d’août son emploi du temps est tout chamboulé. Habituellement elle dessert avec son commerce ambulant les villages alentours, tous à 30-40 minutes de chez elle. Le samedi elle part faire le marché de Lorient, et une semaine elle élargit sa boucle à une heure de route, les deux autres semaines se partagent entre tous les villages des environs de Sainte-Brigitte où elle vit.

Un détour à la poste, un arrêt à Gléguérec où les habitués l’attendent pour déguster un café, ou un thé pourquoi pas accompagné d’une pâtisserie pendant qu’ils lisent, sur l’une des trois minuscules tables qu’Alyssum à déplié à l’ombre des arbres devant son camion, un des livres qu’ils viennent tout juste de lui acheter. Une touriste s’enthousiasme sur le marque-page joliment illustré, par une de ses amies artisanes comme elle, qu’elle vient d’acheter, tandis qu’à côté de lui un jeune garçon déguste sa traditionnelle crêpe au caramel au beurre salé.
La journée avait bien commencé et continue tout aussi bien, rien ne semble pouvoir gâcher cette si belle matinée, et c’est en souriant de toutes ses dents qu’Alyssum reprend la route. Elle s’arrête pour le midi à Guéméné sur Scorff qui se trouve sur sa route, il y aura bien quelqu’un pour vouloir un petit dessert. Elle a prévu d’être pour quinze heures en ville, histoire de profiter du festival avant d’embaucher, alors elle a temps. Il vaut mieux profiter du trajet pour le rentabiliser un peu. Surtout que pendant dix jours elle travaille moins, un sacrifice en pleine saison, mais cela fait plusieurs années qu’elle est bénévole au Festival Interceltique de Lorient et ce n’est pas sa nouvelle activité qui va changer ça.

Le temps passe à une vitesse folle, et impossible de trouver une place avec son immense fourgon. Tant pis, elle demandera aux cuistots du lycée si elle peut encore garer son gros veau derrière les cuisines, en plus ça sera plus pratique pour descendre les invendus de la journée et de la veille pour ceux qui en veulent. Une fois tout ça réglé direction le stade du Moustoir où elle est attendue, surtout que c’est sûr qu’elle croisera en chemin des têtes connues ce qui lui fera perdre du temps. Ce festival est son septième, dire qu’elle avait vingt et un an pour son premier. Et depuis tout ce temps elle est resté dans la même équipe, l’équipe sécurité, la plus grande de toute, presque la moitié des bénévoles. Ce soir, elle s’occupe de l’entrée des artistes et de la gestion de la presse dans les coulisses du stade. Une formidable soirée en perspective au son des binious.

Au loin résonnait le son assourdissant des bombardes, des cornemuses et le bruit des souliers battant la scène de drap blanc résonnaient dans l’air en ce soir d’aout. Tout se déroulait sans accroche, comme d’habitude. Mais un petit rien dans l’air annonçait un, je ne sais quoi de différent dans ce traditionnel grand spectacle celtique. L’ambiance électrisante portait un air lourd chargé de peur et d’effroi.
Une fausse note provenant des coulisses qui distordaient la ritournelle.
Voilà qu’une des jeunes filles du cercle de Gouarec venait d’être retrouvée morte dans les coulisses quelque temps après son passage en scène. Tout se passa très vite, un médecin bénévole fut appelé au plus vite tandis que la police, jamais bien loin dans ce genre d’événement, venait gérer tout ça pendant que les bénévoles de l’équipe sécurité en poste tout autour du stade les assistés.
Lorsque ses coéquipiers avaient trouvé la jeune fille, assise dans un coin des coulisses qui leur était réservées, le regard vide, ils avaient envoyés tout de suite une personne cherchée Alyssum, ce dernier gérant l’accès aux coulisses et aux entrées pour la presse et tous ceux qui montaient au salon VIP. Comprenant l’urgence de la situation elle avait aussitôt appelé le chef d’équipe qui avait pris la situation en main tout en lui demandant de laissé entrer ou sortir personne excepté la police et qu’une fois ces derniers arrivés de leur laisser la main.
Ce fut avec un vif soulagement qu’elle vit arriver les hommes en uniformes. Quelle ne fut pas sa surprise de voir arriver avec eux l’officier Lepennec. Ce dernier étant un de ses clients habituels.
En la voyant, ce dernier lui fit un signe de tête avant de franchir la porte menant aux coulisses.
Ce n’était pas prévu, mais il semblerait que demain son fourgon ira faire un tour du côté du commissariat d’Hennebont. Qui sait l’officier Lepennec lui donnera quelques informations en échange d’un muffin aux myrtilles et pépites de chocolat, ses préférés ?

Le lendemain, lorsque celui-ci vint s’installer à une de ses tables pour prendre un muffin et un café elle n’eut pas besoin de trop l’interroger pour qu’il lui livre la raison de sa présence sur les lieux alors qu’un officier de Lorient aurait très bien pu s’occuper de l’enquête. Il se trouvait que Gouarec d’où la victime est originaire fait partie du district que gère le commissariat d’Hennebont. Comme à son habitude, le policier un peu trop bavard, lui avait expliqué qu’à premier lieu la victime était morte suite à une intoxication alimentaire. Alyssum lui avait alors expliqué qu’Anna était intolérante aux arachides, et c’est pour elle qu’elle faisait toujours un brownie sans noix quand elle passait à Gouarec. Pour l’instant, l’officier penchait pour un accident, il semblerait qu’une des petites nouvelles de l’équipe avait fait un gâteau aux noix, c’était sans doute la source de l’empoisonnement.
La jeune femme trouvait cela un peu étrange, Anna faisait toujours attention à ce qu’elle mangeait, elle ne se serait pas fait avoir aussi facilement. Mue par une intuition, elle décida d’appeler le seul membre de sa famille qui pourrait l’aider : Agatha Raisin. Il s’agissait d’une lointaine cousine, son arrière-grand-mère étant la sœur de la grand-mère Agatha. Son arrière-grand-mère avait quitté l’Angleterre pour s’installer en Bretagne ce qui ne les empêchait pas de prendre des nouvelles de tant en tant. Alyssum avait entendu parler que sa cousine avait déjà résolu un meurtre, elle serait la plus à même de l’aider. Malgré l’heure tardive, elle se résolut à l’appeler.

- Agatha ? C’est Alyssum. Cousin Louis m’a dit que tu avais résolu une affaire de meurtre et j’aurais besoin de tes lumières pour un événement étrange qui vient de se dérouler par chez moi.
- Louis se trompe…
Alyssum se renfrogna, mince la voilà bien embêté.
- Ce n’est pas un, mais deux meurtres que j’ai résolu repris l’Anglaise.

Elles passèrent de longues minutes au téléphone. Agatha lui raconta par le menu détail sa dernière affaire en date, une histoire de vétérinaire assassiné. Quand Alyssum lui eut raconté son histoire, sa cousine confirma ses soupçons et en profita pour raconter sa première histoire. Préoccupé la Française l’écouta d’une oreille distraite.

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Alena Aeterna
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Alena Aeterna » 31 août 2021 - 16:45

Alena Aeterna
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Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Les Chevaliers d'Émeraude - Tome 3, Anne Robillard
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Une douce lueur orangée se répandait sur le royaume d’Émeraude alors que le soleil se couchait, éclairant de ses derniers rayons les tours du château. Assis en position de méditation sur son lit, Abnar ne parvenait pas à trouver la quiétude qu’il parvenait d’ordinaire à ressentir. Depuis que les Chevaliers étaient revenus du royaume des Ombres, apportant avec eux un jeune guerrier du nom de Sage, l’Immortel était soucieux, plus qu’il ne l’avait jamais été auparavant. Lui qui avait connu la première génération de Chevaliers, cinq cents ans plus tôt, et qui avait déversé sur eux sa colère en leur retirant leurs privilèges qu’ils utilisaient sans scrupule, il se retrouvait dans une situation inédite qui le tourmentait. Ses connaissances sur la magie dépassaient de loin toutes celles des magiciens qui peuplaient Enkidiev mais il se sentait presque impuissant face à la menace qui planait au-dessus de la tête des habitants du château.

Abnar doutait de s’être mépris sur l’origine de la haine qu’il percevait entre les murs de pierre. Un seul homme, dans ses souvenirs, serait capable du pire pour se venger d’un affront séculaire. Onyx d’Émeraude avait eu un parcours atypique à son époque, passant d’un statut de paysan à celui de Chevalier grâce à ses remarquables talents. Mais il n’avait pas subi le courroux de l’Immortel, parvenant à s’échapper à temps et conservant ses pouvoirs, ainsi qu’un ressentiment que les mois, les années, puis les siècles, avaient attisé. Le serviteur des dieux redoutait un conflit, il savait que l’ancien Chevalier n’hésiterait pas à le provoquer pour le faire sortir de sa cachette, dans la tour la plus inaccessible du château, et il craignait l’issue d’un tel combat. Onyx avait une puissance inégalée, sa survie malgré les âges écoulés le démontrait sans peine, et Abnar ignorait s’il serait assez fort pour le défaire. Il tenait ses propres pouvoirs et son enseignement de la part des divinités elles-mêmes et des maîtres-magiciens qui vivaient dans les sphères célestes, mais il n’avait pas de don pour se battre à arme blanche.

Un soupir irrité s’échappa d’entre ses lèvres, et il ouvrit les yeux, mécontent. Sa méditation devrait attendre, il n’arrivait pas à vider son esprit suffisamment pour plonger dans un calme qui lui aurait pourtant été bénéfique. Sa présence à Émeraude était indispensable depuis que le Porteur de Lumière avait vu le jour, et il ne pouvait pas laisser Onyx lui faire du mal ou l’utiliser pour asservir leur ennemi. L’Immortel était cependant surpris de ne pas avoir été menacé par l’ancien Chevalier, ayant cru pendant quelques instants que les premiers pas de Sage le mèneraient vers lui afin de lui faire payer ce qu’Onyx voyait comme le plus terrible des affronts. Peut-être le renégat n’avait-il pas encore accès à sa magie ou peut-être patientait-il dans l’ombre, en espérant le surprendre lorsqu’il s’y attendrait le moins. Le Chevalier avait toujours été d’une intelligence hors du commun et Abnar devait reconnaître qu’il aurait fait un bon monarque si la folie ne l’avait pas marqué à l’instant où les dieux avaient décidé de punir l’Ordre.

Depuis qu’il avait été envoyé dans les sphères terrestres la première fois, l’Immortel essayait de comprendre ces hommes – et désormais aussi ces femmes – qui devaient protéger leur continent au péril de leurs vies. La première génération de Chevaliers était trop hautaine, emplie de sentiments négatifs, et ils avaient vite cédé sous la pression de l’avarice et du pouvoir. Abnar les avait châtiés sans état d’âme, n’ayant jamais appris à ressentir des émotions, lui qui n’était qu’un Immortel né dans le royaume des morts afin de devenir le serviteur des divinités. La nouvelle génération promettait bien plus que leurs ancêtres, ils étaient plus paisibles, plus attentifs, et développaient des dons qu’ils possédaient dès la naissance, sans avoir le sentiment d’être supérieurs à leurs semblables. Abnar pensait qu’ils feraient de bons guerriers, mais il avait toujours ce doute qui subsistait, la peur d’assister à la même déchéance, comme si les pires défauts des uns pourraient retomber sur les autres. Et le comportement quelque peu colérique de Wellan ne l’aidait pas à se forger une opinion positive.

L’Immortel avait guetté l’arrivée des bambins qu’étaient Wellan et ses compagnons, lorsqu’ils avaient fait leurs premiers pas au sein du château, lorsqu’ils avaient suivi les enseignements nécessaires à l’apprentissage du combat armé et de la magie. Il avait vite décelé l’étincelle trop fougueuse de celui qui était désormais le chef de l’Ordre et il avait revu, l’espace de quelques secondes, la flamme qui couvait aussi dans le cœur d’Onyx. Les deux hommes, bien que nés avec des siècles de différence, étaient faits du même bois. Pour cette raison, Abnar refusait d’accorder plus de pouvoirs à Wellan et au reste des Chevaliers. S’il lisait régulièrement du mécontentement et de la colère dans les yeux du chef, l’Immortel campait toutefois sur ses positions. Les mortels étaient trop faibles pour supporter une amélioration de leurs capacités, ils comptaient sur les émotions avec une force admirable mais qui les rendait instables. L’avenir d’Enkidiev se jouerait entre leurs mains, une prophétie avait été prononcée sur leur avenir, et Abnar ne pouvait pas risquer de tout faire s’effondrer à cause d’une erreur de jugement.

Dans une pluie d’étincelles, l’Immortel se dématérialisa puis apparut près du berceau du Porteur de Lumière. Lassa dormait encore, plongé dans le sommeil innocent des premières années de sa vie, insouciant quant au terrible destin qui l’attendait. Ce nourrisson, si frêle, portait sur ses épaules le futur du continent tout entier, lui seul saurait défaire l’Empereur Noir. Combien d’années devraient s’écouler avant l’instant où il serait en mesure de porter son épée contre la carapace de l’ennemi ? Combien de mois à patienter avec la crainte de voir une nouvelle invasion, puis une suivante, dans un cycle sans fin ? Abnar n’avait pas la capacité d’apercevoir l’avenir dans son ensemble, mais il estimait que le jeune garçon allait avoir des années d’entraînement farouche pour se changer en ce guerrier dont Enkidiev aurait tant besoin.

Par chance, Lassa avait une merveilleuse protectrice. Kira passait régulièrement le voir pour s’assurer qu’il était en bonne santé et qu’il grandissait normalement. L’Immortel savait que le Porteur de Lumière aurait la meilleure amie à qui se confier et sur qui compter. La princesse de Shola était sur la bonne voie pour bientôt entrer dans le rang des Chevaliers, elle terminait son apprentissage auprès des écuyers de l’Ordre avec une force et une détermination qui manquaient à certains de ses compagnons. Kira avait toujours voulu devenir comme ses modèles, revêtir l’armure verte caractéristique de l’Ordre, avec sa croix et ses émeraudes, certaine d’être une alliée de choix pour ses propres protecteurs. Wellan avait trop longtemps tenté de repousser le jour où elle serait en mesure de prononcer leur serment et il avait désormais l’obligation de rendre les armes. Aux yeux d’Abnar, la jeune femme à la peau mauve et aux pupilles reptiliennes était leur atout majeur dans la guerre contre l’Empereur Noir. Si la prophétie la désignait, ce n’était pas un hasard.

Une douce lumière brilla un instant à ses côtés puis une femme apparût, vêtue de blanc. Son visage de marbre n’exprimait aucune émotion mais une vive douleur sembla éclairer furtivement son regard lorsqu’elle observa l’enfant qui dormait toujours, comme si elle voyait en lui les combats qui menaceraient bientôt tous les royaumes.

« Les enfants sont les êtres les plus précieux de notre monde, souffla Fan de Shola en tendant une main vers le front du nourrisson. »

Ses doigts s’illuminèrent, réchauffant Lassa qui se retourna dans son sommeil sans toutefois sortir de ses songes, puis la lueur s’éteignit.

« Vous ne partagez pas mon opinion, remarqua la maître-magicien en croisant le regard de l’Immortel.
— Les enfants ont besoin d’être veillés, ils ne représentent de l’espoir qu’à partir du moment où ils peuvent se suffire à eux-mêmes. Lassa ne sera en mesure de défendre Enkidiev qu’une fois devenu adulte.
— Kira savait se défendre, protesta Fan avec un doux sourire.
— Votre fille a la puissance d’une déesse, elle aurait pu combattre les Chevaliers si elle l’avait voulu. Je doute que le Porteur de Lumière ait la même magie dans ses veines. Seul, il ne sera d’aucune aide contre l’Empereur, la prophétie l’a bien fait comprendre. Sans Kira pour l’épauler, il ne serait qu’un Chevalier comme les autres. »

La femme ne répondit pas, se contentant de regarder le petit garçon qui serrait ses poings dans ses rêves. Bien que n’étant pas de la même couleur que sa fille, Lassa lui rappelait Kira au même âge, lorsqu’elle était encore trop petite pour envisager le monde ou se poser des questions sur ses différences physiques. Fan aurait aimé pouvoir l’accompagner dans son apprentissage, la voir grandir sans être si loin, mais elle savait que sa place n’était plus auprès de son enfant. Dans le royaume des morts, elle lui était plus utile, et elle avait aussi un rôle à remplir pour les divinités.

« Veillez sur lui, Abnar. L’avenir d’Enkidiev dépend de sa survie.
— Je remplirai mon rôle comme il se doit. »

Et aussi furtivement qu’elle était apparue, Fan de Shola se dissipa, ne laissant derrière elle qu’une douce chaleur comme signe de sa présence. L’Immortel retint un nouveau soupir, son esprit dépassé par les événements. Contrairement aux maîtres-magiciens qui vivaient dans le monde terrestre avant de connaître la mort, les Immortels naissaient dans les sphères célestes. Abnar n’avait jamais été familier des émotions humaines, il avait une existence infinie. Puisqu’il n’avait pas à craindre la mort, il envisageait le monde sous un autre aspect, et regardait les vies humaines avec autant d’intérêt que celles des animaux. Les mortels étaient comme certains astres fugaces, ils ne faisaient que passer devant ses yeux, petites flammes trop vacillantes qui se flétrissaient en un clignement des paupières et qui disparaissaient si vite dans le royaume des morts.

C’était ce trait de caractère que lui reprochait Wellan mais l’Immortel n’avait aucun moyen d’en changer, il était né ainsi, sans sentiments aussi intenses que ceux des humains, sans attachement envers quelqu’un qui lui aurait apporté de l’affection, sans père ni mère pour l’aimer. Tout ce qu’il savait sur lui-même était du même niveau que les autres de son espèce ; sa mère était une maître-magicien et son père, un mortel qui avait les qualités requises pour engendrer un être céleste. Ne rien connaître de plus n’était pas si mauvais, Abnar avait au moins la certitude de n’avoir aucune faiblesse contre laquelle lutter.

Après un dernier regard pour le futur défenseur d’Enkidiev, l’Immortel retourna à ses appartements en un claquement de magie. Étrangement, il se sentait un peu plus serein, comme si la tension précédente avait fini par s’apaiser pour lui permettre d’entrer en méditation et de communiquer avec les sphères célestes. Il parvint à se détendre, retrouvant le chemin habituel de ses pensées, oubliant l’espace de quelques heures qu’il y avait un adversaire coriace dans le château et qu’il lui faudrait, tôt ou tard, l’affronter. Lorsqu’il revint à lui, l’astre se levait sur le royaume d’Émeraude et, avec lui, la vie reprenait son cours tranquillement, dans l’attente d’un nouveau jour.
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Juliette54
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Juliette54 » 31 août 2021 - 22:52

Là, normalement, c'est tout bon ! Dix minutes avant la fin, ouf ! :hug:

Juliette54
Votre maison : Serpentard
Dernier livre/texte lu, nom de l'auteur : Un peu plus loin sur la droite, Fred Vargas
Titre (facultatif) : Bufo à la baraque pourrie
Nombre de mots : 510 mots
Rating : TP
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Pour Bufo, la baraque pourrie des évangélistes avait des airs de cloaque : humide, brinquebalante et quelque peu rustique.

En soi, elle était parfaite.

Le côté médiéval de la baraque aurait été encore mieux rendu avec quelques émanations pestiférées dont Saint-Marc n'aurait pas eu à redire. Le côté préhistorique aurait pu être plus apparent que les pierres du débarras pour le plus grand plaisir de Saint-Matthieu. Quant à Lucien, ou Saint-Luc, il aurait sans doute beaucoup aimé l'ajout de panneau indiquant "front est" et "front ouest" pour se repérer dans le dédale de la cave et ses airs de tranchées.

Pour Bufo, cependant, un point d'eau dans la pièce à vivre n'aurait pas été de trop, n'en déplaise aux êtres dits "humains" de cette maison (mais chacun sait qu'un évangéliste (ou même un historien) n'a rien de tellement humain). Louis Kehlweiler l'avait laissé là un court instant, pour courir tout en haut de la maison à la recherche du vieux Vandoosler qui lui refilait des histoires à résoudre depuis une paire d'années. Son neveux, Vandoosler le jeune alias Saint-Marc, allait peut-être laisser son moyen-âge dans son passé pour une fois, et mettre le nez dans les énigmes du présent. Il trouverait de quoi se faire un bain de chrétienté sur la route de toute façon. Il avait le nez creux pour ces endroits-là et ces dames du temps jadis.

Bufo se tortilla un peu avec impatience. Il se serait bien servi un verre d'eau s'il avait su où trouvait des verres et de l'eau. Il regarda autour de lui avec perplexité. On n'était pas très bien accueilli dans la barraque pourrie des évangélistes alias historiens. La chaleur commençait à lui monter à la tête.

Il essaya de respirer lentement et profondément, en vain. Son poitrail se soulevait et son cou enflait de secondes en secondes. Que fichait Louis ? Il allait revenir un jour ou il essayait de lire les pattes de mouche qui servait d'étude à Saint-Marc ? Alors ça, s'il s'était arrêté en chemin à l'étage de Saint-Matthieu connu également sous le nom de Matthias ou encore l'humain préhistorien, alors ça... ça ne se passerait pas comme ça ! C'était pas permis de se perdre dans le labyrinthe de l'Histoire ! Les petites histoires de tout un chacun avaient tout autant d'importance ! C'était pas beau de dénigrer, Monsieur Louis Kehlweiler, pas beau du tout !

Bufo s'étala sur le sol, la respiration de plus en plus rapide même si l'air entrait de moins en moins dans sa gorge nouée et étouffée par la déshydratation.

- Ahhhh...

Louis l'avait oublié, là, tout seul, dans la baraque pourrie humide mais pas assez, sombre mais pas assez et triste et bien trop triste. Un peu d'eau, juste un peu d'eau. S'il vous plaît.

- Donc, nous sommes d'accord, Marc, tu... Bufo ! s'écria Louis en se précipitant sur son crapaud domestique.
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Selket
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Selket » 13 sept. 2021 - 21:41

Bonjour à vous responsables de nos maisons.

Je me pose plusieurs questions sur les points de cet événement.
Les points de l'événement à vos plumes :
Serpentard : 200 points
Gryffodor : 160 points
Setdaigle :120 points
Poufsouffle : 80 points
Comment Serdaigle, Poufsouffle et Gryffondor font pour avoir des points qui ne sont pas des multiples de 25 sachant que vous donniez 25 points par tranche de 500 mots ?

De même j'ai l'impression qu'il manque des points. En regardant les participations que vous avez validé (et en admettant que le nombre de mots donnés par les participants n'est pas erronés) je n'obtiens pas le même résultat que vous. Pour ma part j'ai :

Serpentard : 250 points
Gryffondor : 200 points
Serdaigle : 150 points
Poufsouffle : 100 points

J'espère que vous pourriez m'expliquer à moi humble petit Serpentard ce décompte :biz: Et encore merci pour ce super travail que vous fournissez, je suis admirative :hug:
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Responsable de Serpentard » 13 sept. 2021 - 22:35

Merci Selket de nous avoir signaler ce problème

Il semblerait que l'incohérence provienne de notre document excel, nous allons tâcher d'y remédier au plus vite.
Cependant, cela ne devrait pas modifier beaucoup le classement ;)

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Selket
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Selket » 14 sept. 2021 - 12:08

avec plaisir ;) ça arrive ^^ mechant excel !
Je pense qu'en effet ça va pas changer trop les résultats, mais je suis Serpentard je vaille au grain :lol:
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Lul
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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Lul » 23 sept. 2021 - 00:40

Bonjour bonjour ! Je viens ajouter mon grain de sel : je suis étonnée de voir que tous les sabliers ont baissé entre le 13 et le 15 septembre (si j'ai noté correctement), alors que si les points donnés par Selket sont justes il manquait des points à toutes les maisons, donc ils auraient dû augmenter. À part bien sûr si cette variation des sabliers n'est pas liée à l'évènement ou que j'ai mal suivi ;)

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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Responsable de Serpentard » 03 oct. 2021 - 13:06

Des résultats avaient été annoncés pour cet événement, mais une petite voix nous a fait remarqué une incohérence, nous avons donc (enfin) fait les corrections nécessaires.
(en fait vous n'étiez censé gagner que 20 points par tranche de 500 mots, mais une coquille dans le texte de l'event en à décidé autrement :sifflote: )




Voici donc les résultats corrigés :

Serpentard : 250 pts
Gryffondor : 200 pts
Serdaigle : 150 pts
Poufsouffle: 100 pts

(les changements ont déjà été inclus au total des sabliers)
Lul, concernant ta question, les sabliers ont été modifiés le 13 mais personne n'y a touché entre le 13 et le 15, est-tu sûre d'avoir bien noté ? :gne:

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Re: [Evénement] À vos plumes !

Message par Lul » 03 oct. 2021 - 23:46

Responsable de Serpentard a écrit :
03 oct. 2021 - 13:06
Lul, concernant ta question, les sabliers ont été modifiés le 13 mais personne n'y a touché entre le 13 et le 15, est-tu sûre d'avoir bien noté ? :gne:
Si personne n'y a touché, c'est moi qui ait dû faire une boulette je suppose. Désolée du coup :oops:

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