[Textes] Nuit du 26 août

Pour les vieux sujets obsolètes mais qu'on peut vouloir relire un jour.

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selket
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par selket » 26 août 2016 - 21:55

Titre : Une toile à remplir
Thème (écrit) : Visage
Fandom : HP
Nombre de mots : 100
Personnages : Tonks
Rating : TP

Si elle savait peindre elle aurait put esquisser chaque traits de son visage sur la toile blanche. Mais à défaut de savoir dessiner elle imagine.
Sur la toile imaginaire elle esquisse les angles du visage encore jeune mais ravagé par les remords et la guerre. Autour des yeux marrons elle grave quelque ride dans le visage marqué par la maladie. Des mèches châtains parsemait de gris viennent colorer la toile et adoucir les traits émaciés. Sur la toile vierge elle grave l’image du visage tourmenté de Remus Lupin. Un portrait qui la suit dans ses rêves et ses désirs d’avenir.
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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par LilTangerine » 26 août 2016 - 21:55

Titre : L'astronaute
Thème : Visage
Fandom : Original
Nombre de mots : 97
Personnage : /
Rating : /

Demain, je pars
Tu verras mon visage
Derrière tous les écrans
Je quitte l'atmosphère

Demain, je pars
Il nous faudra du courage
On se retrouve dans trois ans
Comme si l'on s'était quittés hier

Demain, je pars
Je veux me souvenir
De ton parfum, tes yeux,
Ton sourire, la chaleur de tes bras

Demain, je pars
Si seulement tu pouvais venir
Avec moi traverser les cieux
Ou ensemble rester ici-bas

Demain, je pars
Pour te voir, j'abandonne les étoiles
Je renonce à la conquête spatiale
C'est dans tes yeux qu'est l'univers

Mais demain, je quitterais la Terre
Image
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par BellaCarlisle » 26 août 2016 - 21:56

Titre : Illusion
Thème : Visage
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 545
Personnages : James et Mallory
Rating : Tout public

Les mains dans les poches, il observe le paysage qui s’étend à perte de vue. Il connaît chaque détail de la ville, il la voit tous les jours en travaillant. Pourtant, ce jour-là, il est complètement perdu, incapable de savoir ce qu’il fera dans les minutes suivantes. L’information est tombée dans les premières heures de la journée, violente, bousculant son monde à la manière d’un tremblement de terre. Il a déjà vu la mort, de très près, et à plusieurs reprises. Cette fois-ci, ce n’est pas la même chose, l’annonce lui a fait du mal, bien plus que ce qu’il aurait dû ressentir en apprenant la disparition de son agent. Ses yeux se ferment tandis qu’il visualise le visage de James Bond, son regard bleu le hantant, associé à un sourire souvent provocateur. Le cœur serré, Mallory se détourne de la fenêtre, effleurant son bureau du bout des doigts. Ou du moins, son ancien bureau. À peine a-t-il su la nouvelle qu’il a donné sa démission, étonnant la plupart des employés du MI6. Q et Moneypenny ont tenté de le raisonner, de comprendre sa décision un peu surprenante. Il a refusé de leur répondre, il a repoussé leur compagnie en préférant sa solitude.

- Alors Mallory, on est mélancolique ?

La voix familière attire son regard vers l’autre bout de la pièce où son ancien agent se tient nonchalamment assis sur une chaise. Le plus vieux des deux ne cache pas sa surprise, il le dévisage avec insistance, cherchant à déceler quelque chose qui lui prouve qu’il ne rêve pas. Bond se lève, étirant chacun de ses muscles avant de s’approcher de quelques pas.

- Je ne suis pas une illusion, si c’est ce que vous pensez vraiment.
- Je ne sais plus quoi penser, Bond. Tout le monde vous a déclaré mort, on m’a demandé de préparer votre chronologie.
- Et vous avez refusé, je suis au courant. Mon ancienne patronne l’avait fait, elle. Alors pourquoi pas vous ?
- Sans doute parce que nous n’avons pas la même vision de vous, agent double zéro sept.
- Je ne suis plus un agent du MI6. Vous l’avez dit vous-même, je suis mort pour tout le monde.
- L’êtes-vous, oui ou non ?

James s’avance, un rictus amusé sur ses lèvres. D’un mouvement involontaire, Mallory recule, se heurtant à son bureau, incapable de faire le moindre geste.

- Vous me fuyez, Sir ?
- Tant que j’ignore si vous êtes un effet de mon imagination ou non, je n’ai aucune raison de vous faire confiance.

Les prochains mots restent bloqués dans sa gorge alors qu’une des mains de son ancien agent se pose sur sa joue, avec douceur, presque caressante. Mallory ne résiste pas, il presse ses lèvres contre celles de Bond, se perdant dans un baiser où perce le désespoir.

- J’ai cru vous avoir perdu.
- Et c’est le cas, vous le savez. Vous aimez cette impression de réalité, vous aimez croire que je suis à vos côtés. Mais réveillez-vous, Sir.

Dans un sursaut, Mallory ouvre les yeux. L’annonce a fait le tour du MI6, James Bond est mort et personne ne pourra le ramener à la vie. Il ne peut garder comme souvenir qu’un visage qui ne disparaîtra pas avec le temps.
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Ocee
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Ocee » 26 août 2016 - 21:57

Titre : Qui ?
Thème : visage (22h-23h)
Fandom : Nikita
Nombre de mots : 357
Personnages : Alex
Rating : tout public

[i]Qui était-elle ?[/i]

Elle qui pensait en avoir fini avec cette question, voilà qu’on la lui posait.
Enfin, ce n’était pas une question directe.
Les mots n’étaient pas sortis de sa bouche.
Mais son regard… son visage…
Ils lui avaient crié ça en pleine face.
[i]Il[/i] le lui avait crié.

[i]Qui es-tu vraiment, Alex ?[/i]

À quoi tu joues ? C’est ça que tu veux ? Pourras-tu encore te regarder en face après ça ? C’est ça, être Alexandra Udinov ? Juste essayer d’oublier ? S’amuser et puis, quand ça commence à devenir compliqué… fuir en avant ? Encore et toujours plus ? C’est ça ton vrai visage ? Et tu iras jusqu’où comme ça ? Tu en laisseras combien sur le carreau ? Tu en blesseras combien ? Pourquoi tu ne cries pas plutôt à l’aide, hein ? Tu en meures d’envie pourtant au fond, alors pourquoi tu te retiens ? Trop fière peut-être ? Trop d’amour propre ? Mais tu sais, pourtant, tu sais que tu n’aimes pas ce que tu es en train de devenir. Que ce n’est pas toi. Tu sais que le soulagement n’est que temporaire. Que la morsure de la réalité est à chaque fois plus cruelle. Alors, quoi, de quoi tu as peur ? Tu crois vraiment que cette lente descente en enfer est moins douloureuse ? Tu veux juste abandonner ? Te laisser sombrer et ne pas donner le coup de pied salvateur au fond du bassin ?

Tu veux juste crever ?

Les larmes aux yeux, Alex serra les dents et s’empressa de sortir les cachets qu’elle avait dans son tiroir. Fébrile, elle en sortit un du flacon et l’avala en basculant la tête en arrière. Et puis, avec appréhension, les narines frémissantes, elle tourna à nouveau son visage vers le miroir de sa coiffeuse à laquelle elle était assise.

La peur et la souffrance qui marquaient son reflet l’irritèrent.

[i]Qui était-elle vraiment ?[/i]

Quelqu’un qui ne voulait plus penser.
Qui ne voulait plus souffrir.

[i]Qui était-elle vraiment ?[/i]

Elle était lâche.

Alors, elle ferma les paupières et envoya son poing mourir sur les éclats de miroir brisé.

Cilou
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Cilou » 26 août 2016 - 22:09

Titre : Sous les rayons du soleil naissant
Thème : image de blue-shamrock : http://i.imgur.com/k8r5x14.jpg
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 668
Personnages : Neville Londubat, Hannah Abbot
Rating : tout public

Il était tôt.

Le soleil, chez Neville, n'était pas encore levé. Lui qui avait pour habitude de faire la grasse matinée s'était trouvé victime d'une insomnie, et après plus d'une heure de sommeil impossible, l'ancien Gryffondor avait décidé de se lever.

En voyant l'aube arriver, il s'était souvenu des levers de soleil qu'il admirait souvent, enfant, dans les bras de sa grand-mère, et avait voulu assister à celui-ci. Dehors. Il ne faisait pas froid, malgré la fraîche brise matinale et les gouttes de rosée qui s'étaient posées sur l'herbe.

En bâillant, sans prendre la peine de s'habiller malgré la certitude que l'astre enflammé ne se lèverait pas avant une bonne demi-heure, le jeune homme fidèle à sa Maison se saisit de son écharpe préférée, à savoir celle en laine rouge, et l'enroula trois fois autour de son cou. Se jugeant fin prêt à assister au spectacle des rayons qui réveilleraient son jardin, sa maison, son quartier, il ouvrit la porte en faisant le moins de bruit possible et agença un pas en avant.

L'air frais qui vint s'infiltrer dans son pyjama à manches courtes le fit délicieusement frissonner et, ne prenant pas la peine de fermer la porte d'entrée, Neville s'avança en humant l'air comme si sa vie en dépendait. Les seuls sons présents étaient naturels ; le vent léger, le coq du voisin, quelques tourterelles, les canards de l'étang d'à-côté. Le quartier, encore endormi, n'était pas aussi agité qu'à son habitude et le héros songea qu'il ferait bien de se lever à cette heure-là plus souvent, quitte à s'endormir debout en pleine journée. Le spectacle que lui offrait la nature qui se réveillait valait bien toutes les nuits du monde.

Son regard, pourtant, fut attiré par un son soudain qui s'était fait entendre au pied de son Sorbier des Oiseleurs, un arbre aux grandes feuilles longilignes qu'il avait planté il y avait de çà quelques années déjà.

Jamais il ne se serait attendu à y voir une jeune femme se relever. Jamais. Un chat, un ragondin, un écureuil, d'accord ; mais pas une femme, d'autant plus qu'il avait déjà vu cette dernière.

« Bonjour, Hannah, salua-t-il en un murmure, craignant de rompre l'ambiance merveilleuse qui les enveloppait.

A son grand soulagement, sa voix ne lui sembla pas sonner comme une offense à la nature.

Les joues de la blonde se mirent à rosir lorsqu'elle répondit à son salut.

– Je suis désolée, s'excusa-t-elle. Je vais repartir. Je ne voulais pas te déranger.
– Tu ne me déranges pas, contra-t-il en haussant un sourcil, un fin sourire aux lèvres. Quel intérêt mon sorbier des oiseleurs a-t-il pour toi pour que tu viennes ici, habillée et visiblement bien réveillée, si tôt dans la matinée ?

Timidement, l'ancienne Poufsouffle passa une de ses longues mèches blondes derrière son oreille en baissant la tête.

– Je fais un herbier. Ton arbre détient des feuilles si belles et saines que je n'ai pas pu m'empêcher d'en ramasser deux qui gisaient au pied du tronc. »

Joignant le geste à la parole, elle les lui montra fièrement et il se mit à rire légèrement.

« Tu aimes les levers de soleil ? questionna-t-il avec douceur.
– Bien sûr.
– Alors viens », l'invita Neville en partant s'installer sur le sol, en face de l'arbre.

Un peu hésitante au départ, Hannah le rejoignit finalement et Neville attendit dix minutes avant de passer son bras autour de ses épaules qu'elle avait secouées sous le froid. Lorsque les premiers rayons du soleil firent leur apparition entre les feuilles que la femme trouvait si belles, elle pencha la tête sur son épaule et il défit légèrement son écharpe rouge de son cou pour la passer autour de leurs quatre épaules ; elle était assez grande pour réchauffer deux personnes. Hannah sourit. Neville aussi.

Maintenant qu'il vivait seul, sans sa grand-mère, il n'avait plus l'habitude d'admirer le Soleil le matin ; mais quelque chose dans l'arbre, les feuilles sûrement, lui dit qu'il reprendrait cette habitude. Mieux, qu'il n'assisterait plus à ces spectacles seul.
« Le moment viendra où vous pourrez enfin agir avec honneur.
– Je les adore, ces moments… Je les salue de la main quand je les vois passer. » - Elizabeth Swann et Jack Sparrow, Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit

Chrystal
Elève de sixième année
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Chrystal » 26 août 2016 - 22:10

Titre : Coup de foudre
Thème écrit : Visage
Fandom : HP
Nombre de mots : 478
Personnage : Nymphadora Tonks
Rating : Tous public

J'arrive au square grimmaurd. Je reste dans l'ombre du grillage du parc, baguette en mains attendant Kinsgley Shacklebolt. La rue est complètement vide et silencieuse. Une voiture passe de temps en temps, interrompant cette quiétude. Je jette un coup d’œil à montre, une habitude que j'ai pris de mon père, j'ai cinq minutes d'avance. Un craquement sonore résonne tout à coup. Une silhouette apparaît près de moi.
- Par ici, Tonks.
Pas besoin de demander comment il m'a reconnu aussi vite, c'est grâce à mes cheveux rose. Nous nous avançons vers le mur entre le numéro de 11 et 13 de la rue. Shacklebolt fait un mouvement de baguette et les murs bougent tout à coup laissant apparaître le numéro 12.
Le 12 square Grimmaurd est le quartier général de l'Ordre du Phénix. Ce soir, c'est la première réunion pour moi. Mais c'est aussi, des retrouvailles. Nous entrons dans la maison, où Molly Weasley nous accueille.
- Bonsoir Kinsgley, Bonsoir Tonks. La réunion se passe dans le salon.
Elle nous indique le chemin du bras. Je suis mon collègue dans le couloir.
- IMMONDES VERMINES, CREATURES IMPURES, SOUILLURES QUI OSENT ENTRER DANS LA NOBLE MAISON DES BLACK !!
- OH LA FERME, LA VIEILLE !!
Le rideau retombe sur le tableau de Walburga Black et le silence revient. Je lève les yeux vers le bout du couloir où s'était élevé la deuxième voix. Malgré les années qui ont marqués son visage, je le reconnais tout de suite.
- Sirius !
Je cours vers lui, bousculant Shacklebolt au passage, et je me prends dans mes pieds. J'allais m'étaler au sol quand deux bras robuste me rattrapent.
Toujours aussi maladroite la petite Nymphadora.
Je serre une seconde les dents à l'entende de mon nom mais j'oublie vite cela à la vue du sourire de Sirius. Je le serre dans mes bras à l'en étouffer.
- Oh là calmes-toi Dora, dit-il, en desserrant mes bras de son cou. Viens, on va commencer la réunion, on parlera après.
J'opine doucement la tête et le suit dans le salon. Je m'assois à sa suite et Dumbledore prend la parole.
- Merci à tous d'avoir répondu présent. Nous allons tout de suite entrer dans le vif du sujet...
J'écoute d'une oreille le directeur de Poudlard, observant toutes les personnes présentes quand un visage accroche mon regard.
Des cheveux court, châtain, des yeux aux reflets ambré, une peau pâle, une barbe de quelques jours, des traits doux et une cicatrice lui barre la joue et le front. Je croise tout à coup son regard. Je détourne le regard, essayant de cacher le rouge qui me monte aux joues.
Mon cœur bat précipitamment et je n'arrive pas à me reconcentrer sur ce que dit Dumbledore.

Ma mère m'avait décrit ce sentiment, elle l'appelle le coup de foudre.

Je venais de rencontrer l'homme de ma vie.
"J.K Rowling created 7 horcruxes. She put a part of her soul in every book and now her books will live forever."

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Sarah_Valentin
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Sarah_Valentin » 26 août 2016 - 22:17

Titre: peur d'enfance
Thème: cauchemar
Fandom:/
Nombre de mots: 227
Personnages:/
Rating:-12 ans

<i>D’abord des voix. Je les entends chuchoter tout contre mon oreille, puis leur murmure devient de plus en plus fort, au point de devenir une clameur. Il arrive, il arrive, il arrive…il se cache, il se cache,…pars, pars, pars…
PARS !
Soudain, des flashes lumineux qui volent autour de moi, me foncent dessus, roulent, tonnent…et la sensation d’enfin pouvoir ouvrir les yeux. Je suis soulagée.
Mais pour un cours instant. Parce que, devant moi, s’élève un monticule de vieilles peluches usées jusqu’à la corde, ternes à forces d’avoir été serrées, tétées, mâchées…
Mais ce n’est pas ça le pire. Ce ne sont pas leurs yeux, ils ne sont pas bienveillants. Ils roulent dans leur orbite, quelque chose cloche et c’est dans leur tête.
Des rangées de crocs acérés garnissent leurs bouches autrefois moelleuse.
J’ai peur, peur de ce que ces peluches pourraient décider de me faire.
- Devine qui se cache ?me demande soudain un bélier avec un sourire fou, tandis que son voisin, un tigre part d’un rire hystérique :
- Ça sent pas bon, hein ?
Soudain, dans mon dos, une ombre se profile, s’allonge et gagne en puissance. C’est un homme, chauve et maigre, dont les bras et les doigts semblent se terminer en pointe. J’entends son souffle bruyant, il halète, il prend du plaisir à sentir ma peur.
Et il continue d’approcher… </i>
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Tys
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Tys » 26 août 2016 - 22:30

Titre : Perdue dans sa nuit
Thème : Cauchemar
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 458
Personnages : Alice
Rating : tout public

Elle tournait en rond dans son monde blanc. Aujourd’hui, un regard enfantin venait rompre sa monotonie. Le visage lui était familier, mais elle craignait de se rappeler qui il était. Elle toucha la peau lisse et rebondit d’une joue rosée. Quelque chose d’humide vint caresser ses doigts. Ce n’était pas de la pluie.
Il ne pleuvait jamais dans son monde blanc. Cela aurait été parfait si elle avait pu s’en réchapper. Ne serait-ce qu’un instant. Elle s’imaginait parfois danser dans les bras de son amoureux, dans un grand parc au bord d’un lac. Elle se voyait heureuse, pied nu sur l’herbe chauffée par le soleil de printemps.
Le garçon renifla et le bonheur reflua. La réalité revint la frapper de plein fouet. Douleur. Intense. Immense. Insoutenable. Alice se détourna du garçon. Elle promena son regard sur les murs blancs, à la recherche d’un souvenir heureux. Elle n’en trouva pas. Pourtant, elle en avait besoin. Il fallait absolument qu’elle trouve quelque chose.
Elle se mit à trembler. Elle fit le tour de la pièce, dans l’espoir de trouver une sortie. Mais il n’y en avait pas. Ce cadre blanc aurait pu la mener au dehors, mais elle craignait l’extérieur. Elle avait besoin de secours à l’intérieur. Elle le voulait lui, ses bras autour de son corps. Mais lui aussi, il avait disparu.
Elle croisa un homme sur son chemin. Comme l’enfant, il lui était familier. Pourtant, elle en se rappelait pas de cet être décharné aux yeux hagards. Un sourire distrait illuminait son visage. Cela rappela à Alice un coussin jaune qu’elle avait possédé. Elle l’avait souvent serré contre elle. Sa tête était posée sur lui lorsque la sonnette avait retenti.
Alice se mit à fredonner. Il était hors de question que la douleur afflue de nouveau. Elle devait être forte pour son petit bonhomme. Sa bouille ronde qui faisait son plus grand bonheur. Il était là-haut, dans son lit de bébé. Il grandissait si vite…
Un rire dément déchira l’atmosphère. Alice posa ses mains sur ses oreilles. Elle savait à qui appartenait cette voix. Des bras la saisir brutalement. Elle se débattit. Elle ne devait pas se laisser prendre. Son fils était en danger. Elle devait le protéger. Ils ne devaient pas lui faire du mal.
Dans sa chambre à Sainte Mangouste, Alice Londubat se débattait contre les madicomages qui tentaient de la maintenir tranquille. La femme ayant eu une crise devant ce fils qu’elle ne reconnaissait pas, ils se résolurent à lui lancer un sort qui la figerait le temps de lui administrer son remède. Ce simple geste suffit à remplir d’effroi le regard d’Alice, seul partie de son corps qui pouvait encore se mouvoir.
Dans son regard se reflétait le cauchemar qui était devenu sa réalité.

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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par princesse » 26 août 2016 - 22:36

Titre : Nuit de cauchemars
Thème (écrit ou URL de l'image) : Cauchemar
Fandom : HP
Nombre de mots : 581
Personnages : Sirius Black, Regulus Black
Rating : Tous Public



Sirius ouvrit difficilement les yeux, et sa chambre, plongé dans une obscurité morbide, semblait s’animer autour de lui en de grandes arabesques démoniaque. Il se frotta les yeux chassant alors de son esprit la moindre trace de peur et ses petits yeux gris aperçut la porte de sa chambre s’ouvrir timidement. La tête de son jeune frère, Regulus, âgé de seulement six ans, apparut sur le pas de la porte. Le visage endormit mais effrayé par un quelconque mauvais rêve. Ses petits pieds nus s’agitèrent silencieusement sur le parquet, et après avoir refermé la chambre, il courut jusqu’au lit de son frère pour s’engouffrer sous les couvertures, sa peluche coincé sous son bras.

- Qu’est ce qui t’arrives, Reg ? demanda Sirius en glissant sa tête sous les draps pour rencontrer les yeux effrayés de son petit frère. Il est deux heures du matin…
- Il est revenu, murmura Regulus, le teint blanc, sa voix de petit garçon muer en une sonorité bien plus rauque.

L’ainé des Black soupira et se passa une main sur le visage. Quand son frère allait-il comprendre que ses cauchemars n’étaient que dans sa tête ?

- Je t’ai déjà dis, Reg… c’est un cauchemar, réexpliqua Sirius, la voix basse. Y’a pas de serpent dans ta chambre…
- Je te dis que si, assura Regulus, la voix tremblotante. Il était là… dans ma chambre. Tapie dans l’ombre. Je l’ai vue dans le coin, à coté de l’armoire…
- La nuit prochaine c’est moi qui irais dormir avec toi, d’accord ? avertit Sirius en ressortant la tête de sous les draps pour ne pas étouffer. Comme ça, je te montrerais que tout ça, ça se passe dans ta tête, Reg…
- Je te dis que non, s’agace Regulus, la voix toujours basse.
- Dors, petit frère, soupira Sirius en fermant les yeux. Ici, il ne peut rien t’arriver…
- Et s’il passe sous ta porte ? demanda le petit garçon, angoissé.

Sirius ouvrit les yeux. Il fallait qu’il trouve un moyen de rassurer définitivement son frère… sinon, la situation allait empirer. Il venait déjà dormir dans sa chambre toutes les nuits depuis presque un mois.

- D’accord, je veux bien te le prêter, commença Sirius en se retournant vers son petit frère.
- De quoi ? questionna Regulus en serrant sa peluche contre lui.
- Je vais te dire un secret mais tu promets que tu n’en parles à personne ? Ni à mère, ni à père… à personne.
- D’accord, affirma Regulus en hochant la tête, les yeux soudainement plus brillants, plus rassurés.
- Dans mon placard là, précisa Sirius en le montrant du doigt, j’y ai caché un lion…
- N’importe quoi !
- Bien sûr que si ! A ton avis, pourquoi les serpents ne viennent jamais me voir la nuit ?
- Je ne sais pas…
- Parce que mon lion mange les serpents…
- Alors demain j’irais le mettre dans ton placard… d’accord ? Je te le prête jusqu’à ce qu’il tue tous tes serpents et après je le récupère.
- D’accord, accepta Regulus, un petit sourire aux lèvres. Je peux le voir ? osa-t-il demander le cœur battant la chamade.
- Non, il dort maintenant, et toi aussi, ordonna Sirius en remontant les draps sur leurs petits corps. Bonne nuit, Reg.

Le cadet des Black posa sa tête sur l’oreiller de son frère, mis son pouce à sa bouche et s’endormit rapidement, oubliant alors les serpents qui rodaient qui peuplaient son imagination.

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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Katherine 100 » 26 août 2016 - 22:39

Titre : Joie, colère et fierté
Thème : cauchemar
Fandom : HP
Nombre de mots : 100
Personnages : Hermione Granger, Ron Weasley
Rating : Tous public


Elle était joyeuse, elle, qui n'aimait pas vraiment le quidditch, avait suivi le match avec ardeur et laissé exploser sa joie pour la victoire de son équipe. Il fallait la comprendre, Ron avait brillé comme une étoile sur le terrain. La fête battait son plein dans la salle commune. « Weasley est notre roi » fredonna t-elle. Elle allait rejoindre Ron, le féliciter, quand Lavande s'était collé à son héro pour lui rouler le patin du siècle. Elle était en colère. Mais après que son visage se soit décomposé devant ce cauchemar, elle avait simplement tourné les talons, par fierté.

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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par LilTangerine » 26 août 2016 - 22:44

Titre : Absence
Thème : Cauchemar
Fandom : Original
Nombre de mots : 230
Personnages : /
Rating : /

Tu n'es plus là quand je me réveille la nuit. Il faut que tu reviennes vite avant de trop me manquer, avant que le vide de ta présence ne me dévore en entier. J'ai l'impression que tu es parti hier matin, il y a deux mois. Tout me manque. M'endormir dans tes bras, en sentant le rythme lent de ton coeur contre moi. La douceur de tes gestes quand tu remontes la couette sur mes épaules, me croyant en train de rêver. Ton sourire presque réveillé quand je me blottis contre ton corps au milieu de la nuit. Il faut que tu reviennes.

J'ai peur sans toi. Ca revient me hanter, la nuit. Toutes les angoisses, les phobies, les monstres. Ils rient. Je rêve de vous perdre, toi, et les autres aussi. Je rêve et ils rient, ça siffle dans mes oreilles, ça hurle. Ils me pourchassent dans tous les décors de l'imaginaire, je sens leur souffle chaud sur ma peau, ils se rapprochent, ils se délectent. Ils n'ont plus peur de moi, et sans toi je suis désarmée. Tu es le deux ex machina de mes cauchemars, et je suis acculée, sans défense, seule. Je sens leur ombre qui me frôle et presque me rattrape. Le temps s'étire. Tu n'es pas là. J'ai peur, j'ai tellement peur qu'ils me dévorent et que je disparaisse.
Il faut que tu reviennes.
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Mythesilenne
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Mythesilenne » 26 août 2016 - 22:45

Titre: Toujours le même
Thème: cauchemar
Fandom: HP
Nombre de mots: 397
Personnages: Harry, OC (Kécile Gaunt)
Rating: Tous public

La grotte était sombre, rocailleuse. Les rochers entravaient partout le chemin et pourtant, l’entièreté de la cavité était emplie de dièses qui courraient partout dans un brouhaha sourd. Tout était extrêmement confus, dans une ambiance lourde et bruyante, assourdissante et angoissante. Les dièses, tels des enfants indisciplinés et turbulents gravissaient les rochers, escaladaient les parois, courraient dans tous les sens, dans une parodie de cours de récréation où on se sentirait aisément claustrophobe.
Puis tout d’un coup, une voix sonore retentit.
- Kécile Gaunt.
L’annonce fit tomber un silence de plomb sur l’assemblée de dièses qui s’immobilisèrent soudain dans une attitude hostile.
Alors, par une porte dissimulée au fond de la grotte sur le côté droit, sortit un bémol, tout blanc, seul. Immensément seul devant cette foule de dièses à l’animosité palpable.
Kécile se réveilla en sursaut t se dressa sur son séant, couverte de sueur.
Elle écarta les draps trempés, et fit un geste pour allumer la lumière à côté d’elle, avant de réaliser qu’elle allait réveiller Harry qui dormait à côté d’elle.
Mais elle avait besoin de lumière. Maintenant. Dans ce noir, elle avait encore l’impression d’être dans cette grotte qui la terrorisait à chaque fois, aussi intensément, peu importe le nombre de fois qu’elle avait fait ce cauchemar.
- Kécile ? murmura la voix endormie de Harry.
- Je t’ai réveillé…
- Pas grave… marmonna-t-il. Cauchemar ?
Kécile acquiesça.
- Tellement débile…
Elle essayait de s’en convaincre qu’elle n’avait aucune raison d’avoir peur. Elle se concentra sur la main de Harry qui traçait des cercles rassurants dans son dos. Mais elle craqua.
- Je peux allumer la lumière ?
- Tu sais que tu n’as pas besoin de me demander…
- Je sais, mais…
Elle tendit la main pour attraper sa baguette et alluma la lampe de chevet qui diffusa une lumière très douce.
Elle sentit aussitôt la tension quitter son corps et son esprit embrouillé.
Elle vint alors se lover dans les bras de Harry.
- Toujours le même ? demanda-t-il doucement.
Toujours le même, aussi stupide et aussi flippant. Ils en avaient déjà parlé. Elle savait ce qu’il signifiait. Elle se lova un peu plus contre lui et se laissa bercer par dans son giron, et dans la chaude et rassurante lumière qui dissipaient les ténèbres hostiles et terrifiants, elle se laissa bercer par sa respiration et ses caresses.
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popobo
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par popobo » 26 août 2016 - 22:48

Titre : 1, 2, 3
Thème : http://i.imgur.com/2AigaRO.jpg (CREDITS : PEN-at-Work sur DeviantArt)
Fandom : original
Nombre de mots : 53
Personnage : /
Rating : tout public

Un homme
une veste
une table
une assiette vide
un repas terminé  ?

Deux potées pour décorer
Deux rideaux écossais
Deux yeux bien concentrés
Deux mains sur le papier
Deux secondes de réalité ?

Trois chaises libres
Trois personnes absentes
trois enfants lointains
trois journaux sous la main
trois journées à rattraper ?

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Ysalyne
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Ysalyne » 26 août 2016 - 22:49

Titre : Elle sait qu'elle rêve
Thème : Cauchemar
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 860
Personnages : OC (Soléna Swanatton)
Rating : Tout public (même si ma fiction, de laquelle est tirée Soléna, est interdite au moins de dix-huit ans)

***

Il fait beau. Si beau, et si doux. C'est un jour de fin de printemps, à n'en pas douter. C'est un de ses préférés. Vous savez, lorsque le soleil est là, brille, vous réchauffe, mais qu'une légère brise vient onduler vos cheveux avec délicatesse. C'était l'un de ceux-là.

Soléna est allongée sous un arbre, le bras replié sous sa nuque, les doigts entremêlés entre les bruns d'herbes. Les feuilles forment comme une dentelle d'ombre sur son visage et sur son petit corps. Elle respire profondément, elle inspire. Un sourire a fleurit sur ses lèvres au moment même où elle avait respiré l'air frais du parc de Poudlard et ne l'a plus quitté depuis. Elle est bien. Si seulement cela avait pu duré toujours.

La jeune Swanatton sait qu'elle rêve. Il est évident que tout cela n'est qu'un songe, un fantasme, un souhait, dont les images sont orchestrées par son cerveau dans un merveilleux et apaisant concerto. Mais elle veut y croire, elle en a besoin. Près d'elle, à droite, quelque chose remue doucement. Elle ouvre les yeux, tiré de sa somnolence en pose un regard attendrit sur le visage qu'elle voit devant elle.

Il a les yeux clos, la respiration régulière. Il dort. Lui aussi. Mais lui, dort dans son rêve à elle. Ses cheveux bruns tombent sur son visage. Il est beau, il est calme. Loin des tourments de la vie, loin de sa famille, détestée, loin des ennuis, loin des règlements.

Lui aussi doit être heureux, dans son rêve. Le rêve qu'il fait dans son rêve à elle. Car si elle rêve vraiment, alors elle veut que Sirius soit heureux, où qu'il soit. Utopie. Lorsqu'elle aura ouvert les yeux, pour de bon cette fois-ci, pour de vrai, ils ne seront plus heureux, ou du moins plus pour longtemps. Car dans le monde de Soléna Swanatton, c'est la réalité qui la terrifie. Certains ont peur de fermer les yeux le soir pour être happé par leurs rêves noirs, elle, a peur de les rouvrir au matin pour affronter le cauchemar qu'est sa vie.

Tout vacille, de l'autre côté. Tout s'accélère, et tout va mal.
Ici, elle est peut être elle-même, elle n'a plus à faire semblant, elle n'a plus à mentir, elle n'a plus à se soumettre aux désirs de son frère, n'a plus à trahir ses amis, n'a plus à jouer l'espionne pour le Seigneur des Ténèbres. Ici, enfermée dans ses songes, elle est libre.

Libre comme cet oiseau qu'elle aperçoit voler paisiblement dans le ciel. Libre comme le vent qu'elle sent sur sa joue. Libre, c'est tout. Et le seul fait de penser à ce mot lui fait peur autant que cela la grise. Elle aime cette sensation, la même qu'elle a ressentit le jour où Sirius l'a embrassé pour la première fois.

Soléna soupire brièvement, se recouche confortablement sur le dos, observe le ciel bleu azure dans la trouée des feuilles. Un rayon vient réchauffer sa joue. Elle ressemble à Lily, à Alice, à toutes les adolescentes qu'elle méprisait tellement, avant. Autrefois. Cela lui semble si loin aujourd'hui. Si flou. Elle peine à se souvenir de celle qu'elle a prétendu être durant dix-sept longues années, si bien que son frère commence à avoir des soupçons.

Que vient faire Jonathan dans ses pensées ? Si elle rêve réellement, elle ne veut pas de lui ici. Elle ne veut pas de lui dans ce moment de plénitude qu'elle partage avec Sirius. Elle ferme les yeux. Fort. Si fort que cela lui fait presque mal. Mais quand elle les rouvre, au moins pense-t-elle à autre chose.

Un mouvement à sa droite la fait sourire, et se sent devenir légère lorsque les doigts de Sirius s'entremêlent aux siens. Elle tourne de nouveau la tête vers lui, plonge ses yeux verts dans ceux, gris, de son petit ami. Elle a l'impression, à cet instant, que tout est possible. Que tout va bien. Que tout ira bien. Il sourit. Elle sourit. Tout est parfait. Pourquoi en irait-il autrement ?

Pourtant, elle rêve. Elle le sait. Elle se souvient d'avoir prit une potion de rêve conscient juste avant de s'endormir, pour être sûr de vivre, ne serait-ce que quelques minutes, heureuse aux côtés de Sirius Black. Sans soucis, sans blessures, sans pleurs.

« Je t'aime. »

Ces mots, il les murmure. Ces mots, elle les savoure.

Et puis, une larme perle au coin de son œil, dévale sa joue, va terminer sa course dans l'herbe tendre, sans que Sirius ne la remarque. Car ce n'est qu'un rêve. Et il continue de sourire, comme si elle le lui rendait au centuple. Sauf qu'elle ne sourit plus. Car ce n'est qu'un rêve. Elle le sait.

Elle le sait, parce qu'elle commence à sentir son corps devenir lourd. Elle le sait parce que le ciel commence à se brouiller sous ses yeux ouverts, que le visage de Sirius, lumineux, apaisé, disparaît peu à peu. Elle le sait parce qu'elle ferme les yeux, et que lorsqu'elle les rouvre de nouveau, ce sont les rideaux rouges cramoisies du dortoir de Gryffondor qui lui crament la rétine.

Et maintenant qu'elle a quitté son rêve, la revoilà en plein cauchemar.
Ysalyne

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par BellaCarlisle » 26 août 2016 - 22:52

Titre : Un monde sans lui
Thème : Cauchemar
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 564
Personnages : George W
Rating : Tout public

Il se débat dans les draps de son lit, paniquant en remarquant qu’il n’arrive pas à sortir de ce piège de tissus. Sa baguette est trop loin de lui, tendre la main ne lui permet pas de la saisir, elle échappe à son contrôle. George bouge, tirant plus fort pour s’échapper de la pression sur son corps. Un bruit de déchirure se fait entendre lorsqu’il parvient à s’extraire de son lit, saisissant sa baguette, le cœur battant. Il murmure le sortilège de lumière, éclairant la chambre, faisant disparaître les ombres. Il soupire de soulagement, se moquant intérieurement de sa peur soudaine du noir. Il se tourne vers le côté avec un sourire, prêt à parler à Fred. Une grimace se dessine sur son visage quand il a conscience de sa solitude et il prend sa tête entre ses mains. L’absence est pesante, elle ramène en son cœur les craintes de l’enfance. Quand ils n’avaient pas encore l’âge d’aller à Poudlard, son frère et lui faisaient souvent des cauchemars dans lesquels ils étaient séparés et pas seulement en étant envoyés dans des maisons différentes. Lors du retour de Voldemort, les cauchemars sont revenus, surtout pour George. La décision de quitter l’école de Sorcellerie a été un moyen de les éloigner de la pression du Ministère et d’être ensemble, tous les deux. Là où Fred voyait un avenir radieux et optimiste, George broyait du noir, avec la peur de perdre son frère, le reflet de son âme.

Le rouquin fait tourner sa baguette dans ses mains, éclairant son visage lorsque le rayon lumineux l’effleure. La chambre est calme, il n’y a aucune voix pour le rassurer, pour se moquer de lui en lui demandant de se rendormir. Aucun rire ne vient briser le silence de la pièce, aucune silhouette ne se dresse pour lui faire peur et réveiller toute la maison. La gorge nouée, il retourne se coucher, tirant ses draps jusqu’à son visage qu’il cache sous le tissu. Il croit entendre le timbre de son frère, il perçoit encore ses remarques sur leurs dernières trouvailles, sur leurs nouvelles inventions pour la boutique. Il refuse de fermer les yeux, il a vécu un cauchemar pendant la nuit, il ne tient pas à recommencer. La même scène se joue tous les soirs, il plonge dans le monde des rêves en priant pour que tout se passe bien. Mais la Guerre a laissé ses empreintes, elle a marqué trop profondément l’esprit de George. Il n’a pas uniquement perdu son oreille, comme beaucoup en font la remarque. Il a aussi perdu son jumeau, le seul capable de le comprendre sans même l’entendre parler. Tout cela à cause d’un seul homme, d’un sorcier grisé par le pouvoir et l’envie de dominer les autres.

Encore une fois, George se souvient. Le discours de Dumbledore après la mort de Cédric. L’arrivée d’Ombrage à Poudlard. Le départ de Fred et le sien. La boutique de farces et attrapes. Les combats. Et ce rire qui s’éteint sur les lèvres de son frère. Cette lueur qui s’envole dans les yeux de son jumeau. Ce moment passe en continu dans ses pensées, inlassablement, le plongeant encore plus dans la douleur et le chagrin. Et même s’il essaye de lutter contre le sommeil qui revient, il sombre doucement vers les bras de Morphée. Vers un nouveau cauchemar. Pour se réveiller le lendemain dans une réalité sans Fred.
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Anastazia
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Anastazia » 26 août 2016 - 22:54

Titre: /
Thème : cauchemar
Fandom : Harry Potter
Personnages : Felicity et Jessamine Selwyn ( originaux )
Nombre de mots : 647
Rating : tout public

C'était un soir d'août, le dernier. La nuit était déjà bien installée et pourtant, la chaleur ne commençait qu'à peine à tomber. Les deux fillettes étaient accoudées à la grande fenêtre de la chambre de l'aînée. Devant elles s'étendait la campagne anglaise, avec son herbe ondulante sous la fine brise et, un peu plus loin, l'étang autour duquel elles aimaient tant jouer. Mais leurs regards étaient attirés par le ciel qui se trouvait au-dessus d'elles. Par cette nuit d'encre noire interrompue par ce qui leur semblait comme des millions d'étoiles.
- Tu seras répartie à Serpentard.
C'était la plus petite des deux qui avait parlé. Elle regardait à présent sa soeur comme si elle attendait une réponse, bien qu'elle n'en fût pas réellement sûre elle-même. Evidemment que non, elle ne le serait pas. Même elle, du haut de ses dix ans, le savait. Pourtant, elle voulait entendre sa soeur le dire.
- Fizzy ?
Cette dernière glissa un regard à sa soeur avant de grimper sur le rebord de la fenêtre. Une fois bien en place, elle tendit la main à sa soeur qui la prit sans hésitation puis l'aida à monter. Elles restèrent silencieuses un moment avant que Fizzy ne prenne finalement la parole.
- Peut-être que je le serais, oui.
- Et si...

Mais elle laissa sa phrase en suspens. Elle aurait plutôt dû dire et quand. Et quand tu ne le seras pas soeurette ? Que se passera-t-il ? Père retournera s'enfermer dans sa chambre toute la journée, sans même sortir pour les repas. Mère déblatèrera encore davantage sur la météo, le jardin, l'étang et les jeunes de nos jours.
- Rien ne changera Jesy. Je reviendrais pour les vacances, et on s'amusera comme avant. On fera toujours tourner en bourrique Zalia, tu verras.

A vrai dire, elles faisaient plus que faire tourner en bourrique l'elfe de maison, elles la poussaient à bout à coup de vases cassés et d'affaires égarées qu'il fallait à tout prix retrouver.
- Et puis tu viendras à Poudlard l'année suivante et on s'amusera là-bas. Je te montrerais tout ce que j'ai découvert. Et on passera tout notre temps ensemble, tu verras.

Elle verra. Ce qu'elle verra surtout se sera les larmes de leur mère, qui criera silencieusement au déshonneur. Et la colère de leur père, qui hurlera silencieusement de rage après leur fille, devenue un lion. Parce que dans une société sauvée de la guerre par un Gryffondor, on ne peut exprimer que silencieusement son dégoût contre cette maison.
- Tout restera comme maintenant, tu verras.

Elle verra. Ce qu'elle verra surtout c'est qu'elle se retrouvera seule. Seule dans leur maison isolée au milieu de la campagne anglaise dont ses parents ne sortaient jamais. Seule autour de l'étang où elle et sa soeur passaient leur journée, en hiver comme en été, à jouer aux jeux que la plus grande inventait. Seule dans la grande bibliothèque où sa soeur avait l'habitude de la faire asseoir à côté d'elle pour lui lire un livre, avant de finalement le fermer et lui raconter une aventure tirée de son imagination. Seule au dernier étage de la maison, là ou il n'y avait que leurs chambres et où leurs parents ne montaient jamais. Seule pour regarder les étoiles, assise sur le rebord d'une fenêtre. Seule pour s'endormir, sans sa soeur pour lui décrire toutes les choses qu'elles vivront ensemble une fois grandes. Et elle se réveillera seule, sans sa soeur pour l'aider à rêver.

Alors elle ne dit rien et se contenta de regarder les étoiles, à côté de sa grande soeur qui lui tenait la main. Mais elle pensait à demain, quand sa soeur partirait. Et que sa vie deviendrait un cauchemar.

Chrystal
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Inscription : 03 juin 2016 - 23:08

Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Chrystal » 26 août 2016 - 22:55

Titre : Un peu de réconfort...
Thème écrit : Cauchemar
Fandom : HP
Nombre de mots : 328
Personnages : Lou Sommers (OC) et James.S Potter
Rating : Tous public

- Non !
Je me relève d'un coup dans mon lit, en sueur, les draps trempés et le corps tremblant à tout rompre.
Je me lève, non sans difficulté et sort de mon dortoir, la démarche encore maladroite. Je me dirige vers le dortoir des garçons de 6ème année et passe doucement la porte. Je m'approche d'un des lits et me faufile à l'intérieur. Je blottie contre le dos de l'habitant des lieux, le corps encore tremblant.
L'habitant en question bouge soudain, et se retourne doucement vers moi. Il m'entoure de ses bras,tandis que je me colle contre son torse et inspire son odeur.
- Pardon de te réveiller, soufflé-je.
- Le sommeil m'emporte peu si c'est pour t'avoir dans mes bras, murmure-t-il, en déposant un baiser dans mes cheveux.
Et il ose dire qu'il n'est pas romantique.
- Que me vaut cette visite ?
- J'ai...J'ai fait un cauchemar.
- Vraiment !? Ma courageuse et intrépide Lou, effrayée par un cauchemar.
- C'est pas drôle, dis-je en le tapant.
- Oh pardon, se reprend-t-il. Racontes moi.
J'inspire un bon coup avant de me lancer.
- J'étais dans une cage. Tout le monde me lançait des légumes au visage comme si j'étais une bête de foire. Puis tout ce monde disparut, ne laissant place qu'à toi. Tu me regardais avec un dégoût tellement profond.... Puis, tu m'as tourné le dos. J'avais beau t'appeler... tu ne te retournais pas et...t'éloignais toujours un peu plus de moi...
Les larmes coulent sur mes joues, me coupant la voix. Les bras de James me serrent plus étroitement contre lui, me donnant le réconfort que je cherchais.
Doucement, il desserre ses bras et relève mon visage avec sa main. Il se penche vers moi et pose ses lèvres sur les miennes.
- Je ne t'abandonnerais jamais. Jamais.
Il m'embrasse de nouveau, ses lèvres encore plus présente contre les miennes. On se détache quelques secondes plus tard et nous nous endormons l'un contre l'autre.
"J.K Rowling created 7 horcruxes. She put a part of her soul in every book and now her books will live forever."

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Zandry
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Zandry » 26 août 2016 - 22:57

Titre :
Thème écrit : Cauchemar
Fandom : HP
Nombre de mots :
Personnage :
Rating : Tous public

-Alors que me vaut l'honneur de votre visite aujourd'hui Miss.McDonald ?
Maman sourit poliment au docteur et se tourne vers moi .
-Ma fille fait des cauchemars depuis la fin de la guerre . Toutes les nuit elle se réveille en hurlant à la mort .
Le Docteur se penche vers moi .
-Pourrais-tu me raconter tes cauchemars Nathalie ?
-Non .
-Et pourquoi ça ?
-Je n'aime pas m'en souvenir .
il se relève l'air mécontent .
-Tu sais , il faut s'en débarrasser de ses cauchemars . Quand tu retire un pansement , le mieux , c'est de tiré d'un coup et tempi si ça fait mal , plus vite c'est terminé , plus vite tu es débarrassée . Tu veux continuer a faire des cauchemars Nathalie ?
Il me fait toujours peur ce Docteur . Son gros nez et ses lunettes rondes lui font ressembler aux Gobelins de Gringott .
-Non je ne veux pas .
-Alors raconte moi .
-Dans mon rêve , je suis un gros loup , et je cour après des biches et des lapins .
-Et ensuite ?
Maman me regarde . Elle est soucieuse , je le sais . Je ne lui ai jamais raconté mes rêves , j’espère qu'elle ne m'en voudra pas.
-Je les dévorent .
Maman et le Docteur sont très pâles . Je crois qu'ils s'inquiètent beaucoup pour moi .
-Nathalie , pourrais tu te déshabiller silteuplais ?
Maman pleure . Elle doit être triste parce que je ne lui ai pas dit à elle avant de le dire au Docteur .
Pendant que j'enlève mon pantalon j’entends le Docteur parler à maman .
-était-elle à Poudlard lors de l'attaque ?
-Bien sûre que non , elle n'a que 6 ans !
Je fini d'enlever mon T-shirt .
-J'ai terminé .
-Assied-toi là . Me dit le Docteur en me désignant le lit .
Il m'observe le dos , les bras , les jambes , et s'arrête sous mon pied droit . Il ouvre grand les yeux et appelle maman .
-Ho par Merlin ! dit ma mère en fondant en larme . Mais quand , enfin où ..
-Je suis désolé Miss.McDonald ; mais je criant que votre fille ne soit atteinte de Lycanthropie dans la semaine à venir .
Dernière modification par Zandry le 26 août 2016 - 23:02, modifié 2 fois.
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Ocee
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Inscription : 15 juil. 2010 - 01:14

Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Ocee » 26 août 2016 - 22:59

Titre : Cauchemar
Thème : cauchemar (23h-24h)
Fandom : Nikita
Nombre de mots : 547
Personnages : Birkhoff
Rating : tout public

C’était un cauchemar.

Voir Owen collé à elle à longueur de temps, son bras viril posé autour de ses épaules.
Regarder ses lèvres frôler ses tempes sans pouvoir détourner son propre regard.
Entendre leurs « bébé » murmurés comme s’ils étaient seuls au monde.
Assister au spectacle répugnant de leurs lèvres scellées.
Ou pire, en fermant les yeux, l’imaginer.
Les imaginer.

Un cauchemar.

Parfois, lorsqu’il croisait son regard par mégarde, il avait l’impression d’y lire un furtif éclat de… culpabilité ? Mais il prenait sans doute ses rêves pour des réalités. Au mieux – et c’était assez pathétique d’espérer qu’il s’agisse de la meilleure option – il s’agissait de compassion. Elle était peut-être désolée qu’il se soit trop attaché à elle alors qu’elle avait été claire dès le début. Mais là encore, ce n’était qu’une hypothèse. Elle n’en avait probablement juste rien à faire. Quelqu’un qui s’en soucierait ne s’afficherait pas ouvertement comme ça avec un autre, non ? Pas aussi vite…

Ok, ils n’avaient pas été ensemble. Ils avaient jute passé – beauuuucoup – de temps ensemble. Mais se retrouver du jour au lendemain dans une « relation » officielle ? Sérieux, ça sonnait juste tellement faux ! C’était du cinéma, pas vrai ? Elle faisait ça uniquement pour lui faire comprendre que c’était bel et bien fini entre eux – quoi que ça ait pu être –, hein ?

Il pouvait au moins compter sur Michael pour trouver ça suspicieux, sachant comme il adorait Owen. Mais Michael ne savait pas ce qui s’était passé entre eux, il ne savait pas à quel point les voir ensemble le torturait.

Nikita avait été surprise, elle aussi, bien sûr. Mais passé le choc et après un interrogatoire des deux affreux tourtereaux en règle, elle semblait avoir décrété que c’était plutôt une bonne chose pour eux. Qu’ils allaient pouvoir avancer ensemble, se soutenir, panser leurs plaies. La bonne blague ! Et puis, elle, à la différence de Mikey, elle avait toujours eu un faible pour l’ancien nettoyeur repenti.

Mais rédemption, mes fesses ! Il n’avait fondamentalement rien contre Owen avant ça, mais là, il ne pouvait juste plus l’encadrer. Il avait l’impression de n’être qu’un sous-fifre à ses yeux vu qu’il n’était pas sur le terrain, lui. Mais depuis qu’il ne s’était pas gêné de le rembarrer ouvertement par quelques piques acerbes dont il avait le secret – et dont l’acide était plus corrosif que jamais, la mauvaise humeur aidant – Owen semblait l’avoir un peu plus à l’œil.

Suspectait-il quelque chose ? Birkhoff était certain qu’Alex ne lui avait pas parlé de leurs… interactions. Mais peut-être Owen sentait-il la jalousie suinter par tous les pores de sa peau… ou via sa verve acérée ?

Toujours est-il que les petits regards mesquins qu’il lui lançait désormais juste avant d’embrasser Alex l’excédaient au plus haut point. Il faisait de son mieux pour ne rien laisser paraître mais, intérieurement, il bouillait.

Si un jour une cannette de Fueler devait atterrir sur le crâne de Monsieur Muscle, il ne faudrait pas s’étonner.

En attendant, il la fermait et subissait comme le crétin qu’il était. Jamais il n’aurait dû tendre la main à Alex ce jour-là face à la mer, il le savait. Il aurait mieux fait de la laisser sombrer et de couler lui-même en silence de son côté.




Illustration : https://pbs.twimg.com/media/A40MSLzCQAEJZ2f.jpg

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Alhüin
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Alhüin » 26 août 2016 - 22:59

Titre : Par delà le froid
Thème : Cauchemar
Fandom :
Nombre de mots : 2166
Personnages : OC (Bismuth)
Rating : Tout public (fin ça raconte un cauchemar donc si c'est très sensible, s'abstenir quand même je suppose)


Un vent de tous les diables soufflait tandis qu’une neige brûlante tranchait la peau de Bismuth avec folie. En face de lui, une maison fragile, presque un taudis, résistait avec peine aux assauts des éléments. Au bord de la falaise, la pauvre mansarde semblait sur le point de s’écrouler. Et pourtant, autour d’elle, la tempête semblait calmée. Le vent soufflait moins fort, la neige tombait moins drue, les embruns de la mer se faisaient moins étouffants.
La respiration de Bismuth peinait et c’est avec difficulté qu’il entendait son souffle saccadé. L’air parvenait difficilement à ses poumons et lorsqu’il s’approcha de la maison, il sentit. Il sentit qu’elle était moins exposée à la fureur de l’hiver. Il sentit une légère, très légère chaleur qui le réchauffa instantanément. La première goulée de cet air un peu plus chaud fut atroce. Elle lui déchira la gorge, la seconde ne fut guère meilleure, à la troisième ses bronches avaient à nouveau compris comment fonctionner.
Ses lèvres, bleuies par le froid, bénirent les Dieux pour cette accalmie. La maison n’était alors plus qu’à une dizaine de mètres. Mais cet effort semblait insurmontable pour Bismuth. Ces dix mètres étaient infranchissables et pourtant l’espoir qu’à l’intérieur une âme folle et errante puisse l’accueillir ne serait-ce que pour la nuit, fit avancer ses jambes, donna la force nécessaire à ses muscles, envoya plus de sang encore dans ses pieds, alourdis par le froid.
Lorsqu’il atteignit finalement la maison, il constata avec déception qu’elle était vide. Pas une lumière alors que le soleil, sans s’être tout à fait couché, avait déjà disparu derrière une montagne immense. Pas une lumière. Pas un feu brûlant. Pas le bruit d’une bouilloire. Rien. Personne. Un vide qui lui heurta la poitrine avec une violence sans pareille. Bismuth en aurait pleuré s’il n’avait pas été si intimement convaincu que ses larmes pouvaient immédiatement geler.
De fatigue, de désespoir peut être, Bismuth se laissa tomber contra la porte d’entrée qui s’ouvrit alors dans un grincement affreux, comme si personne n’avait jamais habité le taudis. Bismuth sourit tristement. Au moins pourrait-il se mettre à l’abri pour la nuit s’il n’était pas en mesure de trouver une personne avec qui discuter. Il entra et referma au mieux la porte d’entrée, pour éviter que le vent glacial ne s’infiltre dans la vieille bâtisse. Il avança le long d’un grand couloir sombre, sans porte, sans fenêtre, avec pour seule lumière celle que laissait filtrer la porte d’entrée par la serrure et par l’encadrement.
Au bout du couloir, une porte. Petite, faite d’un bois sombre, humide, Bismuth la poussa et se retrouva dans un salon. Un trône immense aux couleurs sombres surmonté d’étoffes noires et rouges, un plafond haut et malgré cela des poutres apparentes, un sol noir recouvert de tapis rouge et de peaux de bêtes, une cheminée massive et lourde dont les pierres semblaient trempées par le temps et une grande table aux pieds forgés, l’ameublement, spartiate, était de la plus mauvaise augure. Les fenêtres étaient minuscules et les murs noirs assombrissaient encore une pièce déjà trop obscure. Mais surtout le silence.
Bismuth aurait juré entendre encore le sifflement du vent hurler dans ses oreilles. Mais, une fois le bourdonnement estompé, il fut pris d’une frayeur terrible. Il contint avec difficulté un son guttural, qui aurait signifié son dégoût. L’homme est un animal sociable et Bismuth était anéanti par ce silence de plomb. Il lui pesait sur les épaules comme un poids horrible.
Sur la table, il y avait une immense nappe noire. Et sur elle, une tasse. Brûlante. Le parfum enivrant du café s’en échappait très lentement. La chaleur même du café semblait réchauffer quelque peu la pièce aux allures d’un autre siècle. En voyant le café, du vrai, à l’odeur un peu amère et douce, il se mit à rire. A rire comme un dément, à rire comme un homme fou. D’un rire jaune. D’un rire absurde. D’un rire de détresse profonde. Ce n’était pas que du café : c’était tout aussi.
Son rire se calma, sa démence retourna se coucher au plus profond de son être, attendant l’heure propice pour refaire surface. Un peu honteux de cet accès de furie, Bismuth s’appliqua à avaler lentement de petites gorgée de café, ne disant plus rien, n’écoutant plus que le bruit du ses propres pensées qui s’écoulent, du bois qui craque, du vent qui souffle. Il finit son café d’une traite, savourant le liquide brûlant qui dévalait sa gorge, comme de l’ambroisie divine.
Sur la table du salon, il aperçut un livre. Ouvert. Il s’en approcha, s’assit sur une chaise et en lut le titre : « Mythes et légendes du grand glacier ». Songeant que ce livre tromperait l’ennui, il commença à lire l’histoire à l’endroit où la page était restée ouverte.

« Dithilde et Erika restèrent coincées en haut de la montagne pendant trois jours et trois nuits. Attachées comme elles l’étaient aucune d’elle ne pouvait espérer sortir vivante de ce piège. Pourtant, par un sort du destin, Dithilde parvint à quitter sa prison de glace. Affamée, assoiffée, brûlante de froid, elle tituba, tomba, se releva. Folle de joie, Erika lui demanda de la détacher. Mais Dithilde n’en fit rien. La peur de ne plus être capable de sortir de cet enfer de glace si elle revenait sur ces pas, glaça ses jambes. Elle semblait ne pas écouter Erika, ou tout du moins ne pas l’entendre. Elle s’éloigna. Avançant très lentement, les jambes alourdies par le froid, manquant de s’évanouir à chaque foulée. Erika, en la voyant s’éloigner, contemplait les derniers fragments de sa vie s’enfuir avec son mentor. Elle cria à Dithilde de ne pas l’abandonner, elle lui hurla de revenir, la supplia de ne pas la laisser là. Elle la maudit, elle et toute sa descendance. Elle jura de se venger. Mais, imperturbable, Dithilde continua d’avancer. Et jusqu’à ce qu’elle ait totalement disparue, Erika garda espoir. Et Dithilde disparut. Elle avançait sans but, dans une tempête de neige effroyable. Les yeux vides, le regard éteint, comme si son âme avait quitté son corps, ne laissant sur la glace plus qu’une faible enveloppe charnelle, capable de s’écrouler à tout instant. Dithilde erra. Erra. Sans fin. Nul ne sait ce qui advint d’Erika, mais en revanche, on dit que Dithilde revient les nuits d’hiver à la recherche d’hommes à tuer pour se venger. On dit qu’elle n’a plus rien d’humain. On dit qu’elle est monstre, assoiffée. Et que seule la vengeance lui procurera satiété. On dit que ses yeux sont rouges, ses lèvres pâles, et son corps squelettique. On dit finalement que Dithilde est maintenant aveugle et que le temps l’aura rendue si laide que le fait de la voir aurait tué tout être humain. »

Bismuth referma le livre d’un mouvement sec et regretta de l’avoir lu. La pièce lui semblait déjà assez affreuse. Rajouter de l’effroi à l’horreur ne pourrait pas l’aider. Quelque chose dans ce taudis lui semblait tenir du mystérieusement horrible. Bismuth était un fort gaillard à l’allure grossière, aux gestes rustres et d’une maladresse infantile. Il avait de grands yeux bleus, très clairs et un sourire franc. Mais malgré sa carrure, la pièce et la maison tout entière lui procurait un sentiment de mal-être et d’indisposition.
Il remarqua une porte et sans pourtant être de nature curieuse, il décida de la pousser, espérant échapper à l’ambiance désagréable du salon. Mais la pièce était plongée dans le noir total et Bismuth ne distinguait rien. Absolument rien. Même pas la main qu’il tendait à l’intérieur de la pièce. Un saisissement s’empara de lui. Comment peut-on ne rien voir du tout dans une pièce dont la porte est ouverte lorsque dehors il fait encore jour ? Mais la pièce tout entière était opaque. Comme emplie de néant. Aurait-il mis une bougie au centre qu’il n’y aurait pas mieux vu. C’est comme si la pièce était remplie de ténèbres et que rien n’aurait su les dissiper.
Un tremblement remonta très lentement l’échine de Bismuth. Mais ce chevrotement ne fut rien en comparaison de l’horreur abominable qui assiégea d’un coup son bas ventre à l’entente d’un rire. Un rire froid, cassé par la grêle, vaincu par le temps. La main agrippée à la poignée, Bismuth était cloué sur place. Il ne pouvait tout simplement plus bouger. La terreur à l’état pure le fixait au sol. Il était prisonnier. Et le rire sourd, lent continuait. Bismuth crut que ce son effroyable s’approchait de lui. Et il la vit. Cette créature hideuse, décharnée, à l’apparence squelettique. Elle portait un lourd manteau d’hermine noire que sa frêle carcasse ne pouvait pas supporter. Des yeux globuleux, un regard cireux, des iris blancs, des lèvres fines, une bouche sans dent, des joues creusées, si la peur ne l’avait pas tétanisé, Bismuth aurait hurlé d’effroi.
Le rire résonnait toujours comme sortant d’outre-tombe, caverneux. La femme s’avançait vers lui comme si elle flottait au-dessus du sol. Les pauvres cheveux qui lui restaient, blancs comme la neige lui donnait l’apparence d’une momie. Bismuth hurlait intérieurement à cette sorcière infâme de partir, de mourir, créature survivante par erreur. Il eut peur que la femme puisse lire dans ses pensées. Femme ? Elle n’avait rien d’une femme. Elle était une morte en sursis, un cadavre qui avait pourri sous la terre et qu’on ressortait pour une sombre raison. Et le rire effrayant, d’une langueur pâlissante qui s’élevait toujours de plus loin. La femme, le squelette cessa enfin de s’approcher. Elle était à peine à un mètre de Bismuth. Elle leva sa main gauche et d’un geste cassé elle définit les contours du visage de Bismuth qui n’osait même plus respirer. Enfin après cinq minutes d’inspection, une voix sortie de nulle part s’éleva.
- Je suis Dithilde. Les hommes ont voulu ma mort. Ils m’ont laissée attachée, seule dans un glacier. J’ai réussi à survivre mais la glace m’a fait perdre la vue. Me connais-tu mortel ?
N’osant rien faire, Bismuth statufié sur place indiqua le livre posé sur la table. Ses genoux se mirent à claquer plus fort, ses dents aussi. Il lui semblait qu’un froid intense s’insinuait sous son manteau. Bismuth était terrifié. Pris à la gorge d'un doute horrible. La mort est-elle douloureuse ? La femme-squelette hocha la tête une fois et prononça d’une voix crachée.
- Humain, connais-tu la sentence pour avoir perturbé ma retraite, à moi qui tente de panser mes blessures. Des blessures infligées par les hommes.
Mais Bismuth était toujours aussi tétanisé. Il ne pouvait pas ne serait-ce que penser à bouger un membre. Au prix d’un effort suprême, il réussit à hocher négativement la tête. L’horrible abomination qui se tenait face à lui, misérable par sa condition, semblait impériale dans ses jugements. Mais rien à faire, Bismuth voyait une immondice. Une immondice au regard injecté de sang qui l’effrayait trop pour lui permettre de bouger.
- Pour avoir troublé mon repos, homme infâme, je t’arracherais les yeux.
Le monstre leva les mains et les approcha du visage de Bismuth. Celui-ci aurait voulu hurler mais rien a faire. La peur avait bien trop d’emprise sur ses membres. Alors que de longs doigts décharnés par le temps, par l’hiver, par la montagne s’approchaient de son visage. Une voix retentit derrière Bismuth. Elle était cristalline et fraîche.
- Et quelle est la sentence pour m’avoir abandonnée Dithilde, demanda sournoisement la voix.
Dithilde sursauta en entendant cette voix. Ses mains se stoppèrent dans leur travail. Erika.
- J’en ai passé du temps à te chercher vieille morue. Tu te cachais pour panser la blessure de ton âme, pour te repaître du lait de la trahison. Le temps a joué contre toi Dithilde. Tu ne croyais pas que moi aussi je m’échapperais et que je survivrais. Ah comme j’en ai mis du temps à te retrouver chère, très chère Dithilde. Mais je ne te hais pas moins que quand tu m’as abandonnée, crachait Erika.
Bismuth regardait effaré les deux femmes-cadavres de l’histoire du livre qui s’affrontaient du regard. Elles semblaient toutes les deux mortes à l’intérieur. Elles l’étaient probablement. Seule leur vengeance les maintenait debout. Seule leur haine leur conférait assez de force pour se tenir debout. Elles ne pouvaient parler qu’en faisant sortir leur voix de leur être. Leur bouche était cousue par le froid. Le froid leur avait aussi ôté la vue. Elles n’étaient que des âmes vagabondes, souffrant un mal sans nom mais incapables de mourir. Leurs blessures les tenaient éveillées, leurs douleurs les gardaient en vie. Et Bismuth crut mourir de terreur quand la voix qui semblait être celle de Dithilde s'éleva plus méprisante que jamais.
- Laisse-moi tuer cet homme Erika. Après nous parlerons de ce que j’ai fait.
Désireuse d’en finir, le pâle cadavre derrière Bismuth s’approcha de lui. Buste contre dos. Elle eva sa main droite, munie de griffes de glace et l’abattit sur Bismuth. Il s’écroula, cria de douleur, cria de terreur aussi sans doute. Son âme était déchirée par l'horreur.
Et soudain, il se réveilla. Bismuth était dans son lit. Il haletait. C’était le pire cauchemar de tous les temps. D’un réalisme et d’une haine à toute épreuve. Et pourtant, Bismuth était bien là, en vie, dans son lit, aux Etats-Unis. Tout allait pour le mieux : il était vivant et il aimait !
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And what? You'll win her over with your rainbow kisses and unicorn stickers?

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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par ninipraline » 26 août 2016 - 23:00

Titre : Une nuit dans une vie
Thème : Cauchemar
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 785
Personnages : Severus Rogue et Harry Potter
Rating : tout public

La lettre tremblait entre ses doigts.

"Mon très cher Severus,

Comme vous le savez déjà, Lily Potter a protégé son fils unique par un sortilège d'amour très puissant. Après avoir longuement cherché à qui confier cet enfant, je me suis rendu compte que l'amour que vous portiez à Lily était le plus puissant allié de ce sortilège.

Par conséquent, je vous confie le jeune Harry afin qu'il soit élevé par vous et protégé de ceux qui cherchent et chercheront à le tuer.
Je vous remercie de l'aide que vous apportez à notre cause par amour pour la jeune Lily.

Albus Dumbledore.

PS : Sur l'insistance du Professeur McGonagall, je vous ai laissé un pot de compote pomme - banane et un biberon de lait. Elle pense qu'un célibataire comme vous, ne devait pas avoir de tel aliment chez lui".

Severus Rogue fixa la lettre qui vibrait avec intensité devant lui et baissa son regard vers le sol où une couverture l'observait avec les yeux de Lily Potter.

"Que fait ce bébé sur le sol ?" gronda une voix aigre, qui attira l'attention de Severus sur la rue. Devant lui se dressaient deux voisines au regard noir et à la mine soupçonneuse.

"J'allais le rentrer." expliqua rapidement Séverus en attrapant la couverture d'une main et en refermant le battant de la porte de l'autre.

Dos à la porte, derrière laquelle des voix se demandaient s'il ne fallait pas prévenir les services sociaux, Severus sifflait. Il n'était pas asthmatique mais la découverte de l'enfant de Lily et James Potter sur son palier l'avait complètement paniqué.

Il baissa un nouveau regard horrifié sur les yeux de sa douce Lily surmonté par une horrible cicatrice. Un trou béant s'ouvrit sous le regard vert.

"Mam, décréta le poupon.

-- Je ne suis pas votre maman, Potter, gronda Severus redevenu le digne et sévère Professeur de Poudlard. Je suis votre tuteur. Et...

-- MAM, interrompit le bambin d'une voix forte et décidée, en mettant ses doigts dans sa bouche.

-- Mam ? répéta bêtement l'homme avec une mimique de contrariété. Vous avez faim sans doute. Votre père ne vous aura sans doute pas encore appris à faire une phrase complète."

Avec mauvaise humeur, l'homme se dirigea vers la cuisine. Là, il prit le temps de sortir le poupon de ses couvertures, de le bloquer tant bien que mal sur une chaise entre deux oreillers et de le ceinturer avec une écharpe.

L'enfant immobilisé, Severus s'intéressa au contenu de la couverture. Il mit le biberon à chauffer dans une casserole. Derrière lui, le babillage avait repris de plus belle. Le sorcier se retourna pour découvrir un Harry souriant qui gazouillait en tendant le bras vers le pot de compote.

"Si je comprends votre baragouinage, commença le professeur d'une voix pincée et hautaine, vous souhaitez débuter votre repas par la compote."
Armé d'une cuillère et d'une serviette, Severus Rogue s'approcha du poupon, qu'il enveloppa dans la serviette avant de tendre vers lui une cuillère remplie de compote.

"plfuit ! s'exclama Harry en battant des mains.

-- Je ne saisis pas," siffla Severus entre ses dents avant de tendre à nouveau la cuillère devant les lèvres du bambin.

Mais au lieu de s'ouvrir, pour laisser passer la nourriture, celles-ci se serrèrent et se mirent à souffler en boucle des "plfuit" vigoureux.

Severus maudit intérieurement Albus Dumbledore et tous les membres de l'ordre et écouta le son produit par le bambin. Ce son n'appartenait à aucun nom connu par le sorcier et commençait à l'excéder car il lui rappelait au plus haut point James Potter et son affreux VifDor.

"Vifdor ! s'exclama Severus en se frappant le front. Votre père vous faisait manger en imitant le vifdor qui rentre dans la boîte."

Devant un bambin tout en joie, Severus, atterré saisit à nouveau la cuillère entre ses doigts.

"Plfuit ! Plfuit ! Plfuit ! chantonna le sorcier d'une voix sans joie. C'est le gentil petit Vifdor qui va dans la petite boîte."

Cette fois Harry ouvrit grand la bouche, la referma, commençait à mâcher lorsque soudain une grimace tordit son visage. La bouche se rouvrit en grand et une purée pomme - banane en jaillit pour recouvrir le visage de Severus Rogue, Professeur de Potions à Poudlard, ex-Mangemort et brillant légillimens.

Trempé, le souffle court, Séverus Rogue se dressait dans son lit. Autour de lui, il retrouvait le décor de sa chambre professorale à l'école de Magie de Poudlard et les copies des premières années qu'il venait de finir de corriger avant d'aller dormir.

Il était le Professeur de potions d'Harry Potter. Et seulement le Professeur. Il n'avait jamais reçu de lettre d'Albus Dumbledore lui demandant de s'occuper d’Harry et n'était pas son tuteur d'Harry Potter. Et, surtout, il n'avait jamais eu besoin de lui donner de la compote en imitant le vol du Vifdor. Tout cela n'était qu'un horrible cauchemar
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Catie » 26 août 2016 - 23:00

Titre : /
Thème (écrit ou URL de l'image) : Cauchemar + http://i.imgur.com/2AigaRO.jpg (PEN-at-Work sur DA)
Fandom : Original
Nombre de mots : 530 mots
Personnages : Un vieux monsieur
Rating : /

Il repose sa tasse de café vide sur la table de bois brut et ajuste ses lunettes en écaille, avant de se saisir du journal qui l’attend depuis son réveil. Il parcourt les gros titres sans vraiment les voir. Puis il ouvre à la page qui l’intéresse. Les faits divers. Il se penche avec attention, jusqu’à coller son nez sur les petits caractères imprimés en gras. Les nouvelles défilent sous ses yeux fatigués et glissent sur lui sans vraiment l’atteindre.

Un suicide pour cause de harcèlement scolaire. Un automobiliste poignardé. Un grave accident sur l’autoroute. Un braquage de banque. Un meurtre dans la banlieue marseillaise. Il a tellement l’habitude, de lire ces atrocités. Ca ne lui fait plus rien, à part un pincement au cœur. L’horreur, il l’a vu d’encore plus près, pendant la guerre.

Lorsqu’il arrive à la fin de la page, il pousse un soupir de soulagement. Toujours rien. Pas de corps calciné retrouvé dans une décharge ou de femme sauvagement assassiné dans un motel.

Il referme le journal et croise ses mains tremblantes dessus. Il les fixe un instant et des larmes se forment au coin de ses paupières. Il les hait, ces mains ravinées, usées par les années. Elles sont si faibles, si inutiles. Elles ne peuvent pas l’aider à retrouver Sarah. Sa chère petite Sarah.

Elle a disparu, comme ça, du jour au lendemain. Envolée dans la nature. Evaporée dans l’air. Elle a laissé un mot derrière elle. Un mot qui disait « Désolée ». Et son chat. Une énorme boule de poils qu’elle adorait. Ou qu’elle faisait semblant d’adorer, il ne sait pas trop. Il ne sait plus maintenant.

Ca fait six mois maintenant. Depuis six mois, il lit le journal tous les jours. Dans la crainte et l’horreur d’apprendre qu’elle avait disparu, pour de vrai. Il n’avait pas de nouvelles, mais c’était synonyme de bonnes nouvelles, non ? C’est ce qu’il se dit en tout cas. Ca le rassure. De se dire que Sarah vit sa vie loin de lui, qu’elle rit, qu’elle parle, qu’elle respire. Il ne supporte pas l’idée de l’imaginer pourrir dans un caniveau.

Il en rêve toutes les nuits. Ou plutôt, il cauchemarde. Il imagine ses grands yeux bleus vitreux, froids et vides. Il imagine sa bouche ouverte sur un cri muet. Son corps orné d’une auréole de sang. Ca le fait se réveiller en hurlant, plein de sueurs froides. Il ne peut se rendormir qu’avec le chat roulé en boule contre lui. Il lui rappelle un peu Sarah.

Il ferme les yeux et tente de se reprendre. C’est si dur d’être ici. Sans savoir où elle est. Dans cette cuisine aux rideaux à carreaux, à l’horloge grinçante et à l’odeur de renfermé. Rien n’est plus pareil, depuis que Sarah est partie. Sa petite-fille, sa chère petite-fille. Il avait promis à sa femme de prendre soin d’elle. Il n’avait pas tenu sa promesse.

Et sans arrêt, cette question qui le tourmente, sans répit. Pourquoi ? Pourquoi Sarah s’est-elle enfuie ?

Il rouvre les yeux quand le gros chat roux se frotte contre ses jambes. Il le caresse distraitement et laisse son regard tombé sur le journal fermé.

Il ne le saura probablement jamais.
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selket
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par selket » 26 août 2016 - 23:06

Titre : Petits cauchemars bleus
Thème (écrit) : Cauchemar
Fandom : HP
Nombre de mots : 114
Personnages : Luna
Rating : TP

A chaque fois que Luna n’arrivé pas à s’endormir elle s’amusait à imaginer des petits Ronflack Cornus gambadant dans une prairie comme lui avait conseiller son père. Elle s’imaginait s’allonger sur l’herbe soyeuse et tendre la main pour toucher leur corne.
Maintenant depuis un cauchemar particulièrement horrible qui l’avait poussé à se réfugier dans le lit de son père elle appliquait son conseil pour rendre les cauchemars moins effrayant. Alors à chaque fois qu’elle n’arrivait plus à s’endormir après un mauvais rêve elle s’imaginait entrain de peindre en bleu des petits boules noirs et tout d’un coup elle les aimait bien ces petits cauchemar bleu comme le ciel et rond comme les prunes dirigeables.
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Cilou
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Cilou » 26 août 2016 - 23:11

Titre : Essaie de dormir
Thème (écrit) : Cauchemar
Fandom : Les Cinq Légendes
Nombre de mots : 588
Personnages : Jamie Bennet (adulte), deux OCs
Rating : Tout public

« Papa, maman, papa, maman, papa, maman ! » appela une voix aiguë.

Confortablement allongés dans leur lit douillet, Jamie et Noa Bennet se mirent à grogner en une parfaite synchronisation. Les appels ne cessaient pas et leur porte, fermée, ne tarderait pas à s'ouvrir.

Ils eurent à peine le moment d'y songer que déjà, la lumière de la salle les éblouit et qu'un poids humain d'une vingtaine de kilogrammes se fit sentir dans leur lit. Ils soupirèrent.

« C'est ton tour, souffla Noa, le nez écrasé sur le matelas, la tête sous l'oreiller.

Un grognement masculin lui répondit.

– Papa papa papa papa papa ! s'écria l'enfant qui s'était jeté sur eux sans ménagement, comprenant que sa mère était sur le point de s'endormir. Papa s'il te plaît j'ai peur !
– Naama… » soupira l'homme en passant paresseusement la main sur son visage dans l'espoir de se réveiller un minimum.

S'étirant de tout son long, Jamie s'assit finalement sur le côté du lit et se leva, abaissant son pyjama qui s'était relevé dans son sommeil.

Il jeta un coup d'oeil désespéré à sa femme qui semblait déjà repartie au royaume des songes et bâilla longuement, appuyant sur ses côtes pour redresser sa colonne vertébrale un minimum, sous le regard bleuté de sa fille de trois ans.

Trois ans et on peut toujours pas dormir, songea-t-il avec fatigue. Je te préviens Noa, j'en fais pas de deuxième.

Il rit légèrement de sa remarque et attrapa la main que l'enfant lui tendait, son poing droit dans la bouche.

« Alors, fit-il avec tendresse quand ils entrèrent dans la chambre de la petite fille. Quel est le problème ?
– J'arrive pas à dormir, lâcha Naama. J'ai peur.
– Pourquoi ?
– Parce que. J'arrive pas, j'étais couchée et puis j'ai pensé à la sorcière de Hansel et Gretel. J'ai peur, je veux pas faire de cauchemar, je veux pas que la méchante madame me fasse cuire dans son four à pâtisser !

Un léger sourire prit place sur les lèvres pâles de Jamie.

– C'est pas rigolo, bouda l'enfant.

Pour lui, si.

– Dis-moi Naama, est-ce que tu as essayé de dormir ?

Un souffle rageur fit voler la mèche noire de la petite fille.

– Non. J'ai peur. Je veux pas rêver de la sorcière.

Il soupira avant de sourire franchement.

– Tu ne vas pas rêver de la sorcière, Naama, confia l'adulte. Le marchand de sable veille sur toi. Essaie de dormir sans penser à Hansel et Gretel et tu verras, demain tu auras un autre dessin à faire pour me parler du rêve que tu auras fait cette nuit. Tu me fais confiance, non ?
– … Si, hésita-t-elle pourtant.
– Alors essaie, lui proposa l'homme avant de déposer un tendre baiser sur sa petite tempe. Je reste là de toute façon, d'accord ? »

Un grand sourire prenant place sur ses petites lèvres, la fillette hocha la tête et l'embrassa sur sa joue encore marquée par l'oreiller qui l'appelait, avant de lâcher sa main pour aller se coucher d'elle-même.

« Dis Sab, chuchota-t-elle en passant sa petite tête sous la couette. Si tu es toujours debout, j'aimerais beaucoup que tu viennes à la maison, parce que la sorcière de Hansel et Gretel, elle fait vraiment, vraiment très peur. »

Persuadée que le marchand de sable l'avait entendue, la petite souffla avec fatigue sur sa bougie de chevet et se réinstalla dans son petit lit. Deux minutes plus tard, les traits détendus, son ours en peluche fermement blotti contre elle, Naama Bennet dormait à poings fermés.
« Le moment viendra où vous pourrez enfin agir avec honneur.
– Je les adore, ces moments… Je les salue de la main quand je les vois passer. » - Elizabeth Swann et Jack Sparrow, Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit

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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par ninipraline » 26 août 2016 - 23:24

Titre : Une nuit dans une vie
Thème : Pendule + http://i.imgur.com/RtCxJxo.jpg / (CREDITS : dcamacho sur DA)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 210
Personnages : OC anonyme
Rating : Tout public

Le plomb avait remplacé l'air du ciel et la pierre de la jetée. Le vieil homme grogna sombrement. Dans toute cette griseur, il n'y avait que la mer pour offrir une tache de lumière. Un nouveau regard à la fenêtre lui apprit que celle qu'il attendait n'était toujours pas en vue.

"Les femmes et leur foutue soirée." grommela-t-il.

Un coup d'œil vers les pendules qui tapissaient son mur, lui apprit que quel que soit le fuseau horaire, sa moitié était bel et bien en retard. La soupe n'allait tout de même pas se faire toute seule.

Il renifla d'un air dégoûté et secoua la tête, pour éloigner de lui l'idée qu'il aurait pu éplucher les légumes pour avancer. En râlant, il boitilla à nouveau vers la fenêtre. Dehors, quatre crétins étaient en train d'embarquer malgré la tempête qui hurlait.

Il s'attarda un moment sur l'énorme bonhomme et la longue et filiforme femme. Elle, au moins, elle serait à l'heure pour faire la soupe, constata-t-il. Le couple était accompagné de ses deux enfants, un qui avait réussi à être aussi large et corpulent que son père et l'autre tout maigre et tout rabougri.

"Drôle de clique." commenta-t-il d'une voix sèche avant de se tourner et de jeter un regard désolé à la soupière vide et aux deux assiettes que sa femme avait préparé avant de partir.
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Ysalyne
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Ysalyne » 26 août 2016 - 23:25

Titre : Tic. Tac.
Thème : Pendule
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 151
Personnage : Je vous laisse le comprendre ;)
Rating : Tout public

***

Tic. Tac. fait la pendule.

Toc. Toc. fait le guérisseur qui toque à la porte.

Ploc. Ploc. fait le goutte à goutte de la potion dans le verre d'eau.

Tic. Tac.

Tac. Tac. fait le talon de la chaussure sur le sol.

Scrach. Scrach. fait le scratch de sa blouse bleue.

Tic. Tac.

Smack. Smack. fait le baiser que dépose le garçon joufflu sur son front.

Tac. Tac. fait le crayon du guérisseur sur son calepin.

Alice...

Tic. Tac. fait la pendule.

Tic.

Tac.

Toc. Toc. fait le guérisseur qui toque à la porte.

Ploc.

Tic.

Tac.

Scrach.

Tic. Tac.

Smack. fait le baiser que dépose le garçon joufflu sur son front.

Tac.

Alice...

Tic. Tac.

Toc.

Ploc. Ploc. fait le goute à goutte de la potion dans son verre d'eau.

Tic.

Tac.

Scrach. Fait le scratch de sa blouse bleue.

Tic.

Tac.

Smack.

Tac.

Alice...

Tic. Tac. fait la pendule.
Ysalyne

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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Catie » 26 août 2016 - 23:46

Titre : /
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://i.imgur.com/RtCxJxo.jpg (Crédits : dcamacho sur DA)
Fandom : Original
Nombre de mots : 570 mots
Personnages : Le vieux monsieur de tout à l'heure :mrgreen:
Rating : /

Le vent lui fouette le visage. Il s’insinue sous ses vêtements et le fait frissonner. Il avait presque oublié toutes ces sensations. L’odeur saline du grand large, les brusques rafales, le bruit des vagues. Le ponton de pierre glisse sous la semelle de ses chaussures. Les souvenirs lui nouent la gorge lorsque sa main ridée se serre autour de la rambarde rouillée. Il gravit les quelques marches, et se dresse enfin face à la mer en furie.

Ca fait si longtemps qu’il n’est pas venu ici. Il venait là à chaque vacance, avant. Avec Sarah. Quand elle était haute comme trois pommes. Elle adorait regarder les énormes rouleaux de vagues se fracasser contre les rochers. Elle pouvait rester là des heures.

Quand elle avait grandi, elle venait ici pour réfléchir. Pour oublier ses problèmes. C’était ici qu’elle avait pleuré sur son épaule. A cause d’un garçon. Elle avait vingt ans.

Les larmes coulent le long de ses joues ridées. Il ne les essuie pas et elles coulent sur son menton, jusque sous son écharpe.

Aucun parent ne devrait perdre son enfant. L’ordre des choses voulait que ce soit l’inverse. Les enfants qui enterrent leurs parents. Sauf que le destin en avait décidé autrement, et que ça avait été à lui de mettre en terre sa propre fille. Un accident de voiture stupide. A cause d’un chauffard, il avait dû regarder le cercueil de la chair de sa chair s’enfoncer dans le sol meuble du cimetière.

Mais dans son malheur, il avait eu de la chance. Il avait pu reporter son amour sur Sarah. La gentille et douce petite Sarah. C’est lui qui l’avait élevée. Elle était tout pour lui, et il était tout pour elle. Mais il n’avait pas suffi, apparemment.

Sa disparition le fait toujours souffrir, là, dans son ventre, ses entrailles qui se nouent, son cœur qui se déchire. C’est si douloureux. Et il se demande ce qu’il a fait de mal, ce qu’il aurait pu faire pour la retenir. Et maintenant, Figaro n’est même plus là pour le réconforter. Figaro, c’était le chat de Sarah, qu’elle lui avait laissé. Le doux et loyal Figaro, qui s’était éteint dans son sommeil le mois dernier.

Les embruns fouettent son visage et le vent l’assaille toujours. Mais ça lui fait du bien d’être là. Il se rappelle. Des temps heureux, des temps où ils étaient deux. Sarah et lui. Lui et Sarah.

Il avait espéré la trouver là. Jusqu’au bout, il avait croisé les doigts pour apercevoir sa silhouette sur le ponton battu par les vagues. Et lorsqu’il n’avait vu que le vide, quelque chose était mort en lui. Comme si son dernier espoir de la revoir venait de disparaître.

Parce qu’il y avait peu de chance qu’elle réapparaisse dans les huit prochains mois. Huit mois. C’était le temps que lui avait donné le médecin. Huit mois avant qu’il ne s’éteigne, perclus de douleurs, de médicaments, d’anesthésiants, et de regrets. Il n’avait jamais vraiment pensé à la mort, mais maintenant qu’elle était si proche, elle le terrifiait.

Et paradoxalement, la seule chose à laquelle il peut réellement penser, c’est Sarah. Il a besoin de la revoir. Avant de partir. Avant d’oublier. Il a besoin d’elle.

Il se laisse glisser le long de la grille, il ferme les yeux, et il pleure. D’amertume, de douleur, d’injustice. Et il prie, avec toute l’énergie qu’il lui reste, il prie pour la revoir avant de disparaître à son tour.
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Alhüin
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par Alhüin » 26 août 2016 - 23:47

Titre : La mécanique du massacre se taira pour ma fille
Thème : Pendule + http://i.imgur.com/RtCxJxo.jpg / (CREDITS : dcamacho sur DA)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1202
Personnage : OC et Fred Weasley
Rating : Tout public


Le monde est joli vu d’ici, un peu brumeux certes mais paisible. C’est ce qui importe non ? Ce n’est pas les plages paradisiaques des tropiques qui comptent mais c’est bien le souffle du vent, les cris des mouettes et le sable un peu noir. C’est joli tout ça aussi. Et puis, au bout du compte, l’excès a quelque chose de fatiguant je trouve. Là c’est bien, avec ces drôles d’algues qui changent la couleur du sable et le ressac doucereux de la mer. La mer est attirante n’est-ce pas. Je me souviens qu’à vingt ans, elle était tout un symbole pour mon jeune esprit idéologiste. A cette époque, je pensais pouvoir me rendre maitre de tout ça. A cette époque, je pensais encore que certains combats sont intéressants. Aujourd’hui, à trente-deux ans, à peine dix ans plus tard, je suis contente d’appartenir à la montagne plutôt qu’à la mer. Elle est plus stable. Elle nous soutient mieux. On se rend compte en vieillissant que l’attrait du voyage, de la mer, c’est devoir batailler toujours pour réussir à respirer, à ne pas se perdre.
Annoa regardait sa petite fille qui courait dans sa robe bleu sur le sable blanc de cette plage du sud du Portugal. Un sourire doux et maternel apparut sur les lèvres de l’ancienne Serdaigle. Le jour venait à peine de se lever et il faisait bon pour un premier mai. L’enfant trempait ses petits pieds dans l’eau fraîche à peine éclairée par le soleil qui se réveillait et commençait calmement sa course vers l’Ouest. L’eau était d’un bleu profond et le ciel d’un mauve voluptueux, le tout créant une atmosphère calme et bienveillante. Annoa s’assit dans le sable et elle fut soulagée. Soulagée d’avoir réussi à fuir l’Angleterre maussade de la guerre, soulagée d’avoir pu protéger sa fille. Soulagée d’avoir échappée à la mécanique de la guerre. Car oui c’était une véritable mécanique. L’horloge s’était mise en route, prête à sonner l’heure de la dernière bataille, prête à déchirer les heures, à déchirer le temps pour permettre aux sorciers de se battre peu importe l’heure qu’affiche le pendule du monde. Pour le pendule de la guerre, il fait toujours jour. Le soleil ne se couche jamais vraiment pendant la guerre, n’est-ce pas ? Le rougeoiement des batailles maintient les troupes éveillées. Le jour qui se levait était un jour nouveau pour Annoa, le début d’une nouvelle vie, loin de ce monde sorcier déchiré et torturé par la guerre. Ca ne la concernait pas. Ce n’était ni son combat, ni celui de sa fille. Et elle voulait calquer sa vie sur un pendule autre que celui de la guerre. Annoa n’aimait pas les nuits rouges. Elle aimait le bleu marine de minuit. Elle aimait le rose de l’auror et l’orangé du crépuscule. Elle aimait tout simplement l’horloge du monde. Celle qui tournait depuis des millénaire, avec ou sans les hommes. Et là, la fillette occupée à jouer, innocente, à faire un château de sable ou à courir derrière les vagues, inconsciente de la réalité Londonienne - et c’était bien mieux ainsi et bien plus normal – lui donnait raison. Oui le mauve du ciel est une couleur normale pour une jolie matinée. Annoa préférait cent fois la voir ainsi que de l’imaginer avoir à souffrir la bêtise des Sorciers.
« Annoa, tu ne peux pas fuir comme ça. Ceux qui tiennent à toi et à Hélène s’inquiètent »
Annoa sursauta. Fred Weasley avait toujours été très discret dans ses transplanages. Son ton se voulait prévenant mais il était surtout suppliant. Fred s’assit à cote d’elle et Annoa posa sa tête sur l’épaule de Fred et ils restèrent ainsi quelques secondes à contempler le ciel se teinter d’orangé et le mauve se dorer. Annoa détourna le regard vers la droite où courrait sa fille. Elle remarqua qu’au bout de l’horizon, pour pouvoir enfin franchir le frisson du large, il fallait passer une immense jetée. Annoa adorait les jetées. C’était à la fois le symbole de la force dérisoire de l’homme qui ne peut que lutter vainement contre la force des éléments mais aussi le symbole du respect de l’Homme pour la mer qui loin de vouloir asseoir une forme de domination sur elle, se contente d’essayer de cohabiter respectueusement. Oui Annoa adorait les jetées. Ou peut-être simplement adorait-elle la mer. Elle ne savait plus trop au juste. Mais l’un dans l’autre tout était là : dans son respect pour la mer. Fred était encore jeune. Il avait dix ans de moins qu’elle et il était insouciant. Et il n’avait pas d’enfant. Il n’y avait décidément aucune chance pour qu’il comprenne son point de vue.
« Et bien qu’ils s’inquiètent Fred, qu’ils s’inquiètent. Je suis fatiguée d’essayer de nous protéger et de satisfaire tout le monde pour la protéger. Elle mérite une enfance plus joyeuse que celle d’une orpheline de guerre. »
Fred regarda Hélène sourire et faire de grands signes à sa mère qu’il lui répondit par un signe de la main tremblotant.
« Sois forte Annoa, la guerre ne durera pas éternellement. »
Annoa, se releva difficilement. On aurait dit qu’elle avait pris vingt ans depuis la veille. Elle semblait vidée de son énergie vitale, et c’était comme si elle avait perdu sa fougue et son mordant. Elle avait laissé tout ça en Angleterre. Ce n’était pas une femme qui se tenait debout en face de Fred Weasley, c’était tout au plus une mère, rongée par les reproches. C’est peut-être à cet instant véritablement qu’Annoa comprit que même si la fougue de ces vingt ans l’avait quittée, il appartenait encore à la mer. Elle appartenait aux voyages, aux périples et à la découverte. Elle ne suivait même plus l’horloge des jours, elle suivait l’horloge des marées. Elle vivait au rythme accordé de la mer, de l’océan, de la rivière. Elle avait gagné la force tranquille des lacs en perdant la fougue des torrents mais ça ne changeait pas grand-chose. Elle calquait toujours sa vie sur la mer. Elle passait des heures à étudier les marées. Elle aimait autant le repli de la mer que son avancée. Oui Annoa n’était décidément pas une femme de la montagne. C’était vain de le croire. Et après tout, peut-être qu’un jour l’horloge des océans la ramènerait en Angleterre que tout sera fini.
« La guerre, même si elle s’arrêtait demain, vivrait dans les esprits encore bien trop longtemps. On n’apprend rien des guerres passées Fred même pas la paix ».
Ces derniers mots ressemblaient fort à un adieu. Annoa embrassa Fred et s’éloigna vers l’horizon, là où la mer et le ciel se confondent et semblent paisibles, vers Hélène, certainement la seule enfant de cette génération qui ne serait pas traumatisée par la mort, la guerre, l’horreur, la haine et la bêtise. Vers un jour nouveau. Vers la mer puisque c’était en fin de compte le seule chose qui avait de l’importance, la seule chose qui mérite qu’on l’enseigne. Désormais le soleil était plus haut dans le ciel. Toute trace de l’aube mauve avait disparu, il ne reste plus que la force brute d’un soleil nouveau et plus chaud. Plus que l’espoir. Et la jetée au loin qui criait « respect et force ».
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And what? You'll win her over with your rainbow kisses and unicorn stickers?

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par BellaCarlisle » 26 août 2016 - 23:50

Titre : La pendule d’une Terre
Thème : Pendule
Fandom : Avengers
Nombre de mots : 1297
Personnages : Tony/Loki/Fury/Phil
Rating : Tout public

Étouffant un grognement agacé, Tony jette une pièce métallique derrière lui, faisant résonner un bruit sourd dans son atelier. Assis au milieu de la pagaille habituelle, il trie les objets qui s’étalent devant lui, ignorant les mouvements de l’un de ses robots qui s’empresse de débarrasser les lieux de tout ce que son créateur envoie à travers la salle. Iron Man fait craquer son coup, observe la pendule et serre les lèvres avec une expression de mécontentement. Les heures s’écoulent, trop rapidement, le temps fuit sans lui laisser la possibilité de se reposer. Fury a été clair, il a besoin d’une invention stable et utile, pour permettre à ses agents de se défendre sans devoir porter des tonnes d’armes. Tony a accepté sans réfléchir, il a pensé que ce serait simple de satisfaire les souhaits du borgne en une soirée mais ce n’est pas le cas. Dès qu’il croit avoir trouvé un moyen de protéger les membres du SHIELD, son idée s’envole ou lui paraît ridicule. Alors il recommence, encore et encore, les nerfs rongés par le tic-tac incessant de la pendule qui le nargue, sur le mur qui lui fait face. Quelques pistolets reposent à côté de lui, non terminés, jetés là parce qu’ils ne sont pas à la hauteur de ses attentes. Il y a même une réplique du bouclier du Captain, avec l’étoile gravée en son centre, mais sans les couleurs de l’Amérique, et sans vibranium pour résister à l’épreuve des combats.

Le génie cligne plusieurs fois des yeux, essayant de lutter contre la fatigue qui commence à s’installer dans l’ensemble de son corps. Ses membres sont endoloris, à force de rester assis, et ses pensées s’embrouillent. Il tend la main vers la tasse de café, boit son contenu d’une seule traite et grimace. Le breuvage est froid, il a pris tout son temps pour se concentrer sur ce qu’il faisait, oubliant même de s’hydrater. En haussant les épaules, il se remet au travail, assemblant plusieurs pièces de métal. Lorsque son téléphone se met à sonner, il l’ignore, se disant que si c’est important, il aura droit à un message vocal. La sonnerie retentit une seconde fois, puis une troisième, l’obligeant à se lever pour partir le chercher, évitant le bazar qui parsème le sol de son atelier. En voyant s’afficher le nom de Fury, il grommelle avant de décrocher, se raclant la gorge, rendue sèche par le manque de parole et de liquide.

- Je n’ai pas terminé, si c’est ce que vous voulez savoir. Je ne trouve pas la protection parfaite pour le SHIELD.
- Laissez tomber, Stark, j’ai autre chose pour vous. Je vous donne une heure pour revenir au quartier général.

Sans un mot de plus, Fury raccroche. Tony est perplexe mais il s’habitue aux demandes étranges du borgne. Enfiler son armure ne lui prend pas beaucoup de temps, pas plus que son voyage rapide vers le nouveau quartier général du SHIELD. Il se sépare de son armure pour entrer, la faisant tenir dans une valise qu’il dépose à l’entrée. Il est accueilli par un tic-tac puissant qui résonne fortement, un peu trop à son goût. Trouver le bureau de Fury n’est pas compliqué, se ressaisir lorsqu’il aperçoit une silhouette familière, c’est autre chose. Son cerveau s’arrête quelques secondes alors qu’il assimile ce que ses yeux voient et que son esprit refuse d’admettre.

- Agent Coulson ?
- Bonsoir, monsieur Stark. Comment allez-vous depuis notre dernière rencontre ?
- Comment je vais ? Aux dernières nouvelles, ce n’est pas moi le mort. Je n’ai pas eu le cœur transpercé par Loki.
- On se fait vite à la résurrection, croyez-moi.
- Je suppose que je ne suis pas là pour papoter autour d’un bureau, n’est-ce pas ?
- C’est exact, intervient Fury. Notre temps est compté, Stark. Loki est de retour sur Terre, avec une armée de créatures dangereuses.
- Ça ne change pas de la dernière fois, rétorque le milliardaire en haussant les épaules. Réunissons les Avengers et renvoyons-le dans son monde, comme la dernière fois.
- Ce n’est pas aussi évident, réplique le borgne. D’après Thor, ses pouvoirs ont augmenté, il a réussi à modifier le rythme du temps.
- Je ne vous suis plus, Fury, s’étonne Tony. Soyez plus clair.
- Loki a transformé la Terre en une pendule géante, lui explique Coulson. À chaque minute, une catastrophe s’abat sur notre planète, sous la forme d’une créature. Le SHIELD n’a pas détecté l’activité de ces monstres assez tôt, il nous reste moins de six heures pour sauver notre monde.
- Au risque de me répéter, pourquoi ne pas réunir les Avengers ?

Au lieu de lui répondre, le borgne lui désigne un écran géant où défilent des images prisent par des caméras, dans des rues du monde entier. Dans un coin, il y a Bruce, endormi à cause d’une toxine produite par l’une des créatures. Steve est attaché par des cordes de métal, armes provenant d’un autre monstre. Natasha est transpercée par une lance de verdure alors que Clint est suspendu au-dessus d’un lac. Vision a été détruit, Wanda est perdue dans ses pensées, Sam a disparu et Rhodey est coincé dans son armure. Thor, quant à lui, est en plein combat mais il perd du terrain.

- Vous êtes notre dernier agent opérationnel, Stark. Lorsque les douze coups de minuit retentiront, nous serons tous morts.
- Comment croyez-vous que je puisse stopper tout ça ? Je ne suis pas plus puissant que les autres. Si le marteau de Thor ou Hulk ne peuvent rien faire, je suis inutile.
- Pas si vous parlementez avec Loki, lui glisse Phil. Essayez de lui montrer qu’il fait des erreurs et que ça ne le mènera à rien.
- Mais pourquoi moi ? Il y a d’autres agents pour faire ça.
- Vous avez suscité l’intérêt de ce Dieu, lâche Fury. Vous êtes différent à ses yeux, il vous écoutera pendant quelques minutes.

Mais que sont des minutes s’il ne parvient pas au bout de sa mission ? Tony hésite, il ne peut pas se permettre de prendre trop de temps à réfléchir alors que les secondes s’égrainent. Il finit par tourner le dos aux deux hommes avant d’activer son armure. Les pièces métalliques traversent les pièces du quartier général pour venir se fixer sur son corps. En un instant, il est dehors, survolant les différents bâtiments de la ville à la recherche de Loki. Ce dernier se tient au milieu d’un cercle, entouré par deux rayons de magie qui symbolisent les heures et les minutes. Iron Man se pose à quelques mètres, invectivant son ennemi qui lui porte alors toute son attention.

- L’homme de métal. Excusez-moi mais je n’ai pas de fenêtre pour vous.
- Je n’en ai pas besoin. Je vous avais dit que nous vous arrêterions et je suis ici pour recommencer.
- Vous n’y parviendrez pas, Stark. Je suis le maître de cette Terre.
- Jusqu’à quand ? Quand votre pendule aura sonné les douze heures, vous n’aurez plus rien pour vous. Cette planète aura disparu, il ne restera que des cendres. Vous aviez oublié ce détail, non ?

Loki le dévisage, sans savoir si le milliardaire se moque de lui ou pas. Pourtant, les mots de Tony franchissent la carapace qui entoure son cœur et il devine qu’il a raison. Au lieu de gouverner un monde, il ne fera que veiller sur des ruines. D’un geste de la main, il renvoie les créatures dans leurs univers et stoppe la course folle de l’aiguille des heures. Iron Man est soulagé, il sauve encore une fois la Terre. Mais il s’interroge. Loki n’a pas seulement voulu être un dirigeant, il a matérialisé la vérité, la pendule d’une planète, celle qui prouve que le monde est éphémère.
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WarmSmile
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Re: [Textes] Nuit du 26 août

Message par WarmSmile » 26 août 2016 - 23:52

Titre : Belle et dangereuse
Thèmes : http://i.imgur.com/RtCxJxo.jpg (CREDITS : dcamacho sur DA)
Fandom : HP
Nombre de mots : 140
Personnages : Fleur et Gabrielle Delacour
Rating :

Gabrielle admirait la vue qui s'offrait à elle. C'était splendide. La mer était agitée, les vagues échouant les unes après les autres, se brisant ainsi sur la jetée et les rochers. Des oiseaux volaient juste au-dessus. Gabrielle avait envie d'avancer sur la jetée pavée. Elle voulait voir de plus près les vagues.

- Gabrielle, non.

Gabrielle se retourna pour voir sa sœur avancer vers elle. Fleur la connaissait si bien.

- Nous rentrons. Je sais que tu apprécies nos promenades sur la plage, mais c'est trop dangereux. Nous reviendrons demain si tu veux.

Gabrielle n'essaya pas de négocier. La jeune sorcière connaissait elle aussi sa sœur et savait que la décision était définitive. Gabrielle se retourna une dernière fois et avant de partir pensa que la mer était comme une vélane : belle, attractive, irrésistible et dangereuse.

Verrouillé

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