[Textes] Nuit du 31 août

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Samantha Black
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[Textes] Nuit du 31 août

Message par Samantha Black » 31 août 2019 - 18:01

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !


Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Thème (écrit ou image) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 

N'oubliez pas que vous pouvez publier vos textes dans les séries dédiées aux Nuits :
- Sur le Héron :yipee:
- Et sur HPFanfic :yipee:
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Catie » 31 août 2019 - 19:26

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Décadent
Fandom : Original
Nombre de mots : 375
Personnages : /
Rating : Aucun
Tout tombait en ruines autour de lui.

La pierre des murs s’effritait, les tapisseries s’effilochaient, les rideaux tombaient en lambeaux. La poussière s’accumulait sur les meubles au bois pourri, le vent, la pluie et les orages avaient abîmés une bonne partie de la toiture.

Le coin nord de la salle avait même été arraché. Des rayons de soleil traversaient les combles et ses poutres rongées par l’humidité pour se frayer un chemin jusqu’au sol de pierre couvert de mousse. Les armures rouillées se tenaient encore de part et d’autre de l’allée centrale, silencieuses sentinelles.

Et lui était toujours là. Agrippé à son trône comme si sa vie en dépendait. Il regardait la bâtisse s’écrouler autour de lui, année après année, sans bouger un muscle. Figé par un maléfice qu’il était incapable de rompre.

Elle l’avait prévenue. Sa mère. Que son mode de vie décadent serait la fin de leur famille, de leur lignée, de leur histoire. Il ne l’avait pas écoutée.

Il avait enchaîné les fêtes somptueuses, les dîners extravagants, les spectacles toujours plus impressionnants. Toujours en mettre plein la vue, étaler sa puissance, sa richesse, et au diable la prudence.

Jusqu’à ce qu’il la rencontre elle, et qu’elle l’ensorcelle. Elle avait un sourire à tomber, plein de fossettes, et il était devenu dingue du froufrou de ses robes et de son odeur de violette.

Elle avait été sa perte. Et il ne l’avait réalisé que bien trop tard. Elle l’avait puni pour son insouciance, sa condescendance, sa liberté. Elle l’avait emprisonnée comme il avait emprisonné sa sœur, le soir où il l’avait surprise en train de voler une coupe en or, alors qu’elle servait ses invités.

La vengeance l’avait précipité au fond du trou. Et cette vengeance n’avait été dû qu’à son rythme de vie effrénée.

Tout tombait en ruines autour de lui. Y compris les corps en décomposition, vestiges de sa dernière grande soirée de fiançailles. Une mascarade.

C’était la fin.

La décadence de la famille royale.

- Longue vie à la liberté.

Les derniers mots qu’elle lui avait chuchotés semblaient encore résonner dans la salle du trône. Le narguant. Le rendant fou.

Emprisonné dans son propre corps, il ne pouvait que contempler le résultat de sa propre folie.

Pour l’éternité.
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Roxane-James1
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Roxane-James1 » 31 août 2019 - 20:01

Titre : La vingt-septième marche (partie 1)
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : /
Personnages : Drago Malefoy/Luna Lovegood
Rating : TP
Il n’existe pas de bruit plus fracassant que celui d’une voix qui se brise.

A chaque cri qu’elle pousse, à chaque sanglot qui déchire sa gorge, à chaque supplique qui érafle ses lèvres, Drago se sent devenir fou. Il tourne en rond dans sa chambre comme un Zouwu en cage. Il frappe les murs de ses poings jusqu’à ce que le sang éclabousse ses vêtements. Il tremble, suffoque et se tord de douleur. Et quand elle se tait enfin, il se laisse glisser contre le mur, le cœur au bord des lèvres, et ses larmes lui tailladent la peau. Car il sait au fond de lui que dans le salon décadent de ce somptueux Manoir, derrière les sublimes tentures et les lourds rideaux noirs, on écorche la Lune. On la transperce de toutes parts, jusqu’à ce qu’elle gise inconsciente sur le sol dans une traînée d’étoiles filantes aux reflets écarlates. Et dans cette nuit de sang qui tâche le carrelage, Drago contemple l’étendue de ses regrets, impuissant.

Chaque nuit, quand tout est calme en bas, quand les hurlements ont cessé et que la Lune a cédé sa place à l’obscurité, Drago descend dans le salon. Il contourne la flaque de sang qui macule le plancher, détourne les yeux et se bouche le nez. Puis il descend une à une les marches qui mènent aux cachots, se cramponnant à la rampe qui gravite le long des murs suintant d’humidité. Et quand l’ombre de barreaux se dessine enfin dans le noir, son cœur cesse de battre tout à fait. Alors il pose un pied tremblant sur la vingt-septième marche, l’avant-dernière de l’escalier, et la Lune apparaît.

Son visage, comme tous les soirs depuis des jours, est couvert d’hématomes. Des petites étoiles brillantes dont Bellatrix est si fière. Des astres de douleur qui ternissent sa peau. Ses cheveux ruissèlent sur son front et ses épaules, sales, emmêlés, mais Drago n’est pas certain de les avoir jamais vus propres, même quant la Lune brillait encore haut dans le ciel, loin de ce Manoir trop noir et de ces jours trop sombres. Elle ne porte ni ses boucles d’oreilles en forme de radis, ni son collier constitué d’un ramassis de bouchons de Bièrraubeurre. Non. Elle est poisseuse des larmes qu’on lui a arrachées, livide des maléfices qu’elle a subits. Et elle le regarde comme elle le fait tous les soirs depuis qu’il vient la voir, avec un mélange de peur et de douceur qui lui coupe le souffle.

— Tu ne devrais pas être là, dit-elle.

C’est leur petit rituel. Elle prononce toujours cette phrase du bout des lèvres, comme si elle avait peur de la perdre, et Drago l’accueille toujours avec ce drôle de rictus, les yeux rivés sur le sol moite, assis en tailleur sur la vingt-septième marche. La plupart du temps, ils se contemplent en silence puis quand le soleil se lève, Drago remonte dans sa chambre, ferme la porte des cachots et évite les miroirs. Mais cette fois-ci, la Lune dédaigne le silence. Elle enroule ses doigts maigres autour des barres de fer qui la retiennent prisonnière et les mots roulent sur sa langue, comme des petites pierres tranchantes.

— J’aurais aimé être un nuage, dit-elle.

Drago connait ce jeu. Il y a joué souvent avec sa mère, enfant. Alors il répond, lentement, comme s’il savourait le poids des lettres sur sa langue.

— J’aurais aimé être un oiseau.

La Lune sourit et s’agrippe un peu plus à ses barreaux. Et les mots s’enchaînent. Tour à tour, la Lune et Drago auraient aimé être un rayon de soleil, une tulipe rouge, une fée, un arbre centenaire, la pluie, une bourrasque de vent froid, un bonhomme de neige...
Jusqu’à ce que le jour se lève et que Drago ne se relève, la gorge sèche d’avoir parlé.

— J’aurais aimé être courageux.

Et la Lune sourit, et le temps se fige, et Drago se souvient qu’il n’existe pas de bruit plus fracassant que celui d’une voix qui se brise, et que la sienne vient justement de se fissurer à ses pieds, sur la vingt-septième marche de cet escalier noir. Et il tourne les talons parce que tout cela n’était qu’un jeu, qu’il ne sera jamais courageux, et qu’il n’a plus ni la force de parler ni celle d’exister, et qu’il a enfermé la Lune dans un bocal de regrets.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par BellaCarlisle » 31 août 2019 - 20:03

Titre : Offrir un sourire
Thème : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 648
Personnages : Liam Gates (OC), Millicent Bulstrode, Spencer Gates (OC)
Rating : Tout public
Il fait nuit ce soir lorsque je ferme enfin la boutique. Pour une première journée, je peux être satisfait du résultat, même si je n'ai pas le cœur à sourire. Millicent a insisté pour que je tienne mes engagements envers la clientèle mais j'aurais préféré être à ses côtés aujourd'hui. La santé de Spencer est plus importante à mes yeux que la satisfaction des sorciers qui déambulent sur le Chemin de Traverse. Les acheteurs ne viennent pas uniquement pour mon magasin, ils ont d'autres courses à faire, et ils n'auraient sûrement pas remarqué le changement si j'avais repoussé la date d'ouverture. Je dois tout de même admettre que je suis surpris par l'affluence qu'il y a eu, je ne pensais pas toucher autant de monde en vendant des manuels d'astronomie, d'astrologie et d'alchimie. La communauté sorcière est bien plus étrange que ce que j'imaginais mais c'est plutôt encourageant pour la suite des affaires.

D'un coup de baguette, je verrouille la porte extérieure et m'assure de la mise en place des sortilèges de protection. Le monde des sorciers n'est plus sous l'emprise de la terreur du règne du Seigneur des Ténèbres, c'est un fait certain, et chacun a repris un rythme de vie plus léger. Cependant, pour ceux qui comme moi ont choisi la facilité et ont rejoint le camp de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom, il faut redoubler de vigilance. Plusieurs actes de vengeance ont été commis contre des anciens Mangemorts ou contre leurs alliés, allant des simples insultes jusqu'à la mort. Le Ministère de la Magie a tenté de modérer tous ces gens en interdisant les vendettas, sans grande réussite. Un corps a été retrouvé hier non loin de l'une des dernières boutiques de l'allée des Embrumes et ce ne sera sans doute pas le dernier.

Je me hâte de rentrer à la maison pour me changer avant de transplaner dans une zone réservée, dans l'enceinte du nouvel hôpital magique. Après la guerre, certains ont eu l’idée de bâtir de nouveaux bâtiments, dont un autre hôpital, avec une aile spécialisée pour les enfants. À force de m’y rendre, je vais finir par connaître le chemin les yeux fermés. Je salue succinctement le personnel que je croise, l’esprit préoccupé par l’état de mon fils adoptif. Spencer n’a pas quitté l’hôpital depuis plusieurs semaines et je redoute d’apprendre des nouvelles peu réjouissantes. J’ai beau être là pour Millicent, je sais qu’elle ne supporterait pas de perdre l’enfant qui a su donner un autre sens à son existence.

J’entre dans la chambre après m’être manifesté. Pour la première fois depuis le début de son hospitalisation, Spencer n’est plus dans son lit, mais dans son fauteuil. S’il est encore pâle, ses yeux sont toutefois plus vifs qu’hier et le sourire qu’il m’adresse me réchauffe le cœur.

« Ils arrêtent les potions ! me dit-il avec fierté. »

Je jette un coup d’œil à sa mère qui acquiesce avant de se lever. J’ouvre les bras lorsqu’elle s’approche et la serre contre moi en lui murmurant que tout va s’arranger. Cette fois-ci, mes mots ne sont pas creux, ils portent le véritable espoir de voir sortir Spencer. Millicent m’embrasse avant de reporter toute son attention sur son fils qui ne perd pas sa bonne humeur.

« Tu m’emmèneras à ta boutique ? me demande-t-il.
— Bien sûr, je te l’ai promis. Et je t’ai apporté quelque chose. »

Je sors de ma veste un bocal transparent. À l’intérieur reposent quelques filaments blancs aux reflets argentés qui intriguent Spencer.

« Qu’est-ce que c’est ?
— Des crins de licorne. Ils portent chance.
— Merci Liam ! »

Il se met debout avec l’aide de sa mère et pose le bocal sur le rebord de sa fenêtre. Avec la lumière des étoiles, le contenu semble briller et Spencer effleure le verre avec admiration. Je sourire en le voyant faire, heureux pour lui, et pour l’avenir qui s’annonce moins sombre pour notre famille.
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Mikoshiba » 31 août 2019 - 20:03

Titre : La disparition du grand-père de Lulu
Thème (écrit ou image) : Décadent (20h)
Fandom : /
Nombre de mots : 303
Personnages : Lulu et la voyante
Rating : /
Il était une fois, une joyeuse petite fille nommée Lulu. Elle aimait les fantômes et les animaux, grimper sur les rochers et jouer avec les aigles. Elle était très intelligente et très brave, et vivait heureuse dans sa grande famille.
Malheureusement, il vint un jour où un grand malheur glaça le cœur de toute la communauté : le grand-père adoré de Lulu, grand justicier connu au-delà des frontières, s'en alla faire son habituelle balade en mer à dos de poney mais n'en revint pas. Les heures, les jours et les semaines s'écoulèrent sans qu'aucune nouvelle ne leur parvienne. Tous pleurèrent leur ami disparu.
Cependant, Lulu était persuadée au fond de son âme que quelqu'un savait quelque chose. Alors un soir, elle se glissa par la fenêtre et s'en alla au village rendre une visite secrète à la voyante.
Celle-ci vivait dans un château immense, peuplé de chats boiteux. Elle fit s'asseoir Lulu dans un fauteuil confortable, et s'installa en face d'elle et prit les quelques piécettes d'or que Lulu avait réussi à économiser. Puis sa transe commença et ses cheveux d'or prirent feu. Ses yeux violets roulèrent dans leurs orbites, et elle énonça la prophétie suivante :

Ton grand-père, je ne peux le voir
Il m'est caché par un voile noir
Mais les soirs de Pleine Lune
Entre la mer et les dunes
Résonnent les hennissements
D'un poney décadent


Lulu s'en alla déçue. La voyante lui avait pris l'intégralité de sa maigre fortune, mais n'avait pas pu l'aider plus en avant dans le mystère entourant son grand-père. Le seul indice concernait un canasson, mais elle devait attendre la prochaine Pleine Lune avant d'en savoir plus.
Lulu perdit son appétit. Elle glissait de plus en plus souvent des rochers qu'elle escaladait. Ses cheveux devinrent ternes, son visage fatigué. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Carminny » 31 août 2019 - 20:05

Titre : La lumière des étoiles
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : HP
Nombre de mots : ?
Personnages : Wisteria Roberts (OC), Severus Rogue
Rating : Tout public
La nuit et ses étoiles. Cette vue fascinait Wisteria Roberts chaque jour. Quel malheur qu'elle devait toujours dormir quand ils étaient au ciel. Sauf en hiver bien sûr. Son grand-père était implacable sur le sujet : une sorcière de huit ans devait être dans son lit à vingt-et-une heure.
- Dis, Severus, est-ce qu'on peut mettre les étoiles en bouteille ?
C'était avec cette question innocente que leur recherche avait commencé. Son parain était le meilleur maître des potions et il lui avait déjà appris beaucoup de recettes. Par exemple l'amortentia, la potion d'amour. Pourquoi ne pourrait-on pas recréer la lumière des étoiles ?
Son grand-père avait rigolé en entendant parler du projet, il était heureux qu'elle passe du temps avec Severus. Sa mère avait acquiescé distraitement, elle n'en voyait pas l'intérêt.
Mais Severus et elle s'étaient penchés dessus et ils avaient réussi. Ce n'était pas les étoiles mais au moins leur lumière qu'elle pouvait regarder chaque soir.
Bizarrement elle perdait de sa magie...
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par AliceJeanne » 31 août 2019 - 20:06

Titre : /
Thème : décadent
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 1286
Personnages : Alicia (OC), Sélène
Rating : /
Le sac de toile mourut sous les assauts répétés de Sélène, et s’affaissa sur le sol, créant, à s’y méprendre un véritable désert traversés de tornades de grains de sable. La jeune-femme laissa échapper un juron, jeta un coup de pied rageur à l’objet sur lequel elle transférait sa colère et déversa toute sa frustration sur le mannequin à quelques mètres de là, le ravageant d’entailles portées avec son couteau préféré. Quelques larmes de colère s’échouèrent sur ses joues tandis que des lambeaux de toile et des moutons de garniture s’envolaient autour d’elle. Rien n’allait plus. Depuis que Viktor avait été mis en sommeil quelques dizaines d’années auparavant, son peuple était en proie au vice le plus délétère à sa survie: l’oisiveté.

Pas un seul jour ne passait sans que Kraven ne croit bon de lui indiquer qu’elle n’avait tout simplement qu’à se détendre et profiter de sa longue existence, et si possible, à ses côtés. Sélène ne comptais, à présent, plus, le nombre incalculable de fois où elle avait refusé ses avances et s’était lancée dans les plus sordides des quêtes afin de débusquer les derniers lycans donc l’existence même, l’empêcher de vivre la sienne. Chaque fois elle tuait, mutilait, torturait, n’en tirant aucun autre plaisir que celui de la satisfaction d’en avoir éliminé un de plus, de se rapprocher petit à petit de l’objectif qu’elle s’était fixé: les anéantir, tous autant qu’ils étaient. Ilona lui avait souvent fait remarquer que cela n’apaiserait certainement pas son chagrin, mais la vampire n’avait que faire des bonnes paroles de l’hybride. L’admiration qu’elle ressentait en premier lieu pour elle s’étant rapidement muée en un profond dédain. Car Ilona, malgré ses grands principes, ne levait pas plus le petit doigt que Kraven, se contentant de garder un œil avisé sur les décisions hasardeuses du Conseil. Malgré l’amertume qu’elle éprouvait, Sélène devait tout de même avouer que sans la femme de Viktor, le chaos régnant au seins des murs de la grande demeure, serait encore plus épouvantable. Les autres craignaient certainement Ilona autant qu’ils avaient peur de Viktor, ce que Sélène ne parvenait toujours pas, malgré ses six cents années de vie, à s’expliquer.

La tête du mannequin fut sauvagement séparée du reste de celui-ci et traversa la pièce avant de venir buter contre les jambes d’Alicia qui arqua un sourcil. Kahn l’avait appelée une heure auparavant, la suppliant presque de venir au manoir, qu’elle fuyait pourtant depuis la naissance de Wilhelm. Et malgré les protestations de Manuel et le regard inquiet de leur fils, elle était venue, sans aucune hésitation. Bien qu’elle ne soit plus aussi proche de Sélène qu’au début de leur vie d’adultes, elle demeurait, d’une certaine façon, responsable d’elle et de ce qu’elle pouvait traverser. L’hybride ne s’était jamais pardonnée la mort des parents de son amie, portant toujours sur ses épaules son échec d’il y a plusieurs siècles. Si Alicia était parvenue à convaincre sa sœur Sonja de renoncer à son enfant et d’attendre des temps moins troubles pour s’enfuir avec Lucian, rien de tout ce qui avait fait de la vie de Sélène un véritable enfer ne serait advenu.

La guerre était de son fait, et bien que nombreux furent ceux qui s’évertuèrent de lui faire entendre raison au fil des ans, elle n’en démordait pas. Sa famille était entièrement responsable du déclin de leur espèce et elle en portait le fardeau car tel était son devoir en tant que fille d’un Aîné, et mère traîtresse d’un être prohibé. La naissance de Wilhelm avait apporté son lot de culpabilité supplémentaire, exposant aux yeux des rares informés l’incapacité de Viktor à faire respecter par ses propres enfants, les règles qu’il tenait à faire appliquer à tous. Si son existence venait à être révélée, le monde vampirique serrait réduit à néant, ou renaîtrait de ses cendres, comme se targuait à avancer Thomas. Alicia était cependant loin de partager son avis optimiste, se disputant régulièrement avec Manuel sur ce point.

Les vampires n’étaient pas encore prêts pour accueillir des êtres comme leur fils et ne le seraient sans nul doute jamais.

Oubliant ses préoccupations personnelles, Alicia se dirigea à pas de loup de son amie, son visage se constellant de marques d’inquiétude à mesure que se dévoilait l’était d’esprit de Sélène. Cette dernière venait de jeter son dévolu sur une statue de pierre qu’affectionnait particulièrement Kraven. Malheureusement pour lui, la guerrière ne semblait pas être dans un état d’esprit très conservationniste et des gravas ne tardèrent pas à rejoindre les autres cadavres de ses victimes, sur le sol pavé.

« Sélène, l’appela Alicia une fois parvenue à sa hauteur.
- Quoi!? grogna l’intéressée en s’attaquant à ce qui restait du buste de la pierre taillée à coups de poings.
- Arrête.»

Le ton profondément désolé d’Alicia offrit une seconde de lucidité à Sélène qui contempla ses mains ensanglantées avec sidération. Puis, alors que la jeune-femme posait une main prudente sur son épaule, elle avisa son environnement, et laissa échapper un hoquet en apercevant le désordre qu’elle avait causé durant sa crise de rage. Ses yeux bifurquèrent pour croiser ceux de Kahn qui haussa les épaules et s’activa, dans l’ombre, à ramasser les premiers morceaux.

« Viens, murmura Alicia en prenant sa main. Allons prendre l’air.»

La vampire la suivit sans une protestation, se contentant de fixer le sol de ses yeux larmoyants qu’elle désirait plus que tout dissimuler. Sélène ne pleurait jamais, rien ne l’atteignait et elle tenait particulièrement à cette image qu’elle renvoyait, si similaire à celle de Viktor de qui elle se sentait si proche. Alicia, l’âme en peine de la voir si vulnérable, accéléra le pas et la mena dans la cour du manoir en silence. Elle la fit asseoir dans sa voiture, s’assit à son tour, mit le contact et démarra en trombe. Elle se pliait d’ordinaire volontiers aux lois humaines, mais ce soir était différent, ce soir elle avait besoin d’être ce qu’elle était censée être depuis sa naissance: une vampire.

Les immeubles, sales et chétifs dans l’ombre des réverbères, défilèrent autour d’elles tandis qu’elles traversaient le centre-ville de Budapest, capitale de la Hongrie et second berceau de l’aristocratie vampirique. Un train passa un peu au Nord, dérivant en direction du Sud et des passants déjà ivres zigzaguaient entre les voitures embouteillées sur l’axe principal. Un homme vola son sac à une vieille femme, un clochard se recroquevilla sur lui-même et un adolescent jeta sa cigarette dans le fleuve. Alicia laissa échapper un soupir attristé. Il n’y avait pas que son monde qui semblait sur le déclin. Tout, tout ce qui constituait le genre humain au sens large tendait à tirer sur la corde, la fragilisant chaque jour un peu plus.

Lorsque les lumières blafardes de la ville et les odeurs des pots d’échappements furent hors de portée, Alicia arrêta la voiture en rase campagne et ouvrit la portière à Sélène. La jeune-femme lui lança un regard rempli de toute la gratitude dont elle était capable et se jeta dans ses bras sans préavis, pleurant à chaudes larmes sur ce sentiment d’urgence et d’agonie qui rythmait ses journées et ses nuits.

« Je crois que je suis en train de devenir folle, sanglota-t-elle.»

Des heures durant, Sélène expliqua à Alicia ce qui empêchait, selon elle, le monde de tourner rond. Pendant de longues minutes elle lui fit part de sa peur face à cette chute vertigineuse et inévitable dans laquelle était engagée la civilisation vampirique. Quelques secondes pourtant, suffirent à Alicia pour comprendre que de toutes les choses qui s’effondraient autour d’elle, celle qui l’atteignait le plus était le déclin de l’âme de son amie. Sélène sombrait chaque jour un peu plus et le point de non retour était beaucoup plus proche qu’elle ne le pensait alors.
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Catie » 31 août 2019 - 20:55

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Image 21h
Fandom : Original
Nombre de mots : 840
Personnages : /
Rating : Aucun
Beth always liked to walk under the moon. It calmed her. Under the stars and into the quiet peaceful dark that surrounded her; she felt more like home than she could ever be. When she was into the forest, the air of the night brushing her nightgown, she finally forgot all the meaningless preoccupations of her real life.

There was no ball, no dance, no satin dress here. Just the stars, the moon, and the many sounds of the night.

As usual, she sneaked out by the small passage of the domestics behind the kitchen, passed silently behind the stables, and went straight into the forest. There was a special spot where she loved to go. She followed the path to the stone bench dressed in a small clearing, with an amazing view on the woods.

Here, she felt so lonely it was refreshing. No Mother pushing her to young boys she had to dance with to know which one she will marry. No young sisters giggling behind her back. No older brother looking at her with a patronizing look. No Father with a stern face and boring words.

She was alone, and she liked it. Because she could finally be herself.

She liked to imagine a lot of things. Beth’s favourite story was the romantic one. Sometimes she imagined herself fighting monsters or demons, being a sarcastic badass like her aunt Scarlett. Sometimes she was an animal, feline and gracious, who could see into the night and was hunting her preys without fear.

But most of the time, she was just a young girl dreaming of meeting the love of her life. She was sure she will meet him one day and she will know because she would feel it in her heart. And they would come here, under the stars, and they would talk all night about all kind of things. Sitting on her stone bench, her green eyes lost themselves into the depths of the woods, dreaming about her prince charming.

Except he won’t come tonight, because greater adventures awaited her.

Everything was perfectly normal, just as usual. She felt something though. Something not particularly visible. A chill in the air. A sharp sound.

She froze, her heart beating fast. Something was wrong. She glanced behind her back, and for the first time, she was afraid not to see the dark and silent manor.

And then, out of nowhere, appeared a light. White, blinding, way too bright.

Beth stood up immediately, very afraid. But before she could move or think about running away, she stopped dead in her tracks. It wasn’t only a light. It looked like… a hole? No. Something else. It was a big round circle suspended into mid-air, pouring out light, but she was incapable of seeing the forest behind it. Maybe it was a door. Leading… Where?

Afraid but deadly curious, Beth approached. She couldn’t help herself. She had always been the boldest of the family. She was dreaming of love, yes, but deep down, she was mostly drawn to adventures and thrills.

Her hand was almost touching the large white circle. It wasn’t even trembling. She breathed fast, dying of curiosity. She was happy that something finally happened to her. She was bored of the parties, the nice dresses and jewellery, fake smiles and mundanities. She wanted action. She wanted more.

But before she could touch the light, something else gushed out. She let out a cry and took a step back, a little afraid. It was another hand. Followed immediately after by a head. A woman. Long dark hair, big blue eyes and an expectant smile on her face.

- Oh good! A human. Would you care to help me please?

Beth gaped, unable to speak. She could see only to the waist of the woman. The rest of her body was… elsewhere. But not in this forest.

- Help you to do what?
- Save the universe, of course. These aliens are a bit trickier than I thought. What time is this?
- Around midnight, I think.

She laughed, and Beth immediately thought she had the most beautiful laugh she ever heard of.

- No, I meant the year. Which year are we?
- 1892.
- And this is Earth, right?
- Er… Yes, she said awkwardly. That’s an odd question.
- I’m an odd person. So? You’re going to help me? I really need a hand here.
- Whatever you need.

She was desperate to escape the normality of her daily life.

- So jump in. And be quick, I can’t let this portal open too long, they can’t get through, it would be a true catastrophe.

And she disappeared. Just like that. Hesitant, Beth got close again from the white circle. A portal, she called it. Was she really going to go in?

She only gave herself a minute to think. And then she jumped after the unknown girl who made a really good impression on her. She was the thing she searched for all her life. Action and adventures.

Away from her boring normal life.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Tiiki » 31 août 2019 - 20:55

Titre : Big D
Thème (écrit ou image) : Brute
Fandom : HP
Nombre de mots : 701
Personnages : Dudley Dursley
Rating : -12 ans (mention violence/harcèlement)
« T’es qu’une sale brute, Dursley !
— Et toi t’es qu’un looser, Evans ! ricana le blond d’un air carnassier en accompagnant ses mots d’un mouvement de pied qui se voulait menaçant mais qui n’atteignit cette fois-ci pas sa cible. Ta mère ne t’a jamais appris à ne pas faire le malin quand tu étais en position de faiblesse ? D’ailleurs, t’es toujours en position de faiblesse, parce que tu sais quoi ? T’es qu’un looser. »

Piers, Malcolm, Dennis et Gordon gloussèrent en concert, et Dusley s’enorgueillit de voir qu’il impressionnait une fois encore sa bande de copains. Ses petits yeux bleus perçants semblaient lancer des couteaux au pauvre Mark Evans, qui s’était encore une fois fait coincer derrière les bennes à ordures métalliques du 26, Privet Drive. La grande avenue semblait à cette heure-ci déserte, tout juste peuplée par quelques rares réverbères dont la lumière semblait instantanément absorbée par le goudron résolument noir de l’allée centrale. Seules les voix des six adolescents troublaient le calme de cette froide nuit de juin 1995. Cette fois-ci, le plus jeune ne semblait pas prêt à se laisser faire, et cela agaçait le fils prodige des Dursley au plus haut point.

« Lâche-moi ! » s’écria le petit Mark Evans en tentant de le repousser violemment.

Dudley rigola de plus belle et lui arracha brusquement sa casquette avant de la jeter dans la benne grande ouverte.

« Tu n’as rien de mieux à faire que d’embêter les personnes plus petites que toi ! T’as quinze piges, et de nous deux c’est toi le looser ! s’insurgea le garçon qui ne lui arrivait même pas aux épaules.
— Attention à ce que tu dis… grinça Gordon d’un air sinistre, se départissant de son sourire.
— Avise-toi encore une fois de me manquer de respect, et…
— T’es qu’une sale brute, Dudley Dursley ! Tu crois impressionner qui avec tes yeux de truite et ton gros … »

Le coup était parti rapidement. Cela avait été bref, mais efficace. Après tout, Vernon et Pétunia Dursley s’étaient assurés que leur fils soit à même d’effectuer des parfaits crochets du droit. « On ne sait jamais » avait argué sa mère d’un air soucieux l’été précédent. « C’est comme ça qu’on forme les bonhommes, les vrais » avait renchéri son père, dont un sourire et une fierté non dissimulée avaient orné le visage.
Lorsque le blond recula, les rires cessèrent immédiatement. Mark tremblait maintenant de tout son corps, tentant de dissimuler aux yeux de tous l’espace entre sa lèvre supérieure et sa joue, ouvert, comme partiellement arraché.

« Allez c’est rien là, fais pas ta gonzesse, murmura Gordon d’une petite voix.
— Tu vas pas aller cafter, hein ? Ça n’arrangera pas ton cas, haleta Piers en tapant dans son dos dans un geste qui se voulait presque amical.
— Qu'est-ce qu'il a ? s'étrangla Dennis qui était jusque-là resté muet. C’est grave non ? Faites quelque chose ! »

Dudley restait interdit, fixant la grosse bague qui ornait son crochet du droit et qui avait heurté l’autre gamin. Il balbutiait, impuissant, en voyant perler des larmes dans le coin de ses yeux et des gouttes de sang sur son t-shirt blanc. Mark Evans tentait de contenir l’hémorragie en appuyant fermement sur la plaie béante qui dévorait maintenant toute la partie droite de son visage. Gordon se jeta aux pieds du petit garçon, bouleversé :

« Frère… tout va bien aller, allez ferme les yeux !
— On s’occupe de toi, renchérit Malcolm en le maintenant fermement pour qu’il ne s’évanouisse pas, avant de se tourner vers son frère jumeau. Dennis, DENNIS ! va chercher maman s’il te plaît !
— Dud, t’as vraiment déconné là ! aboya Piers Polkiss. C’est pas drôle du tout, mec, t’es vraiment un abruti ! »

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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Carminny » 31 août 2019 - 20:58

Titre : Les Gryffondor, quelle plaie
Thème (écrit ou image) : Brute
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 349
Personnages : Bluebell Ann Roberts (OC), Lily Evans
Rating : Tout Public
– Bell ! Bell !
La Serpentard se retourna, déjà agacée par la voix aiguë de sa demi-sœur. Combien de fois lui avait-elle déjà dit de l’appeler par son nom de famille ? Elle ne voulait pas être associer à cette née-moldue. Heureusement qu’il n’y avait personne dans le couloir d’arithmancie ! Et elle allait finir par croire que la si adorable Lily méritait sa place à Gryffondor. En tout cas elle était suffisamment énervante. Bluebell Ann Roberts lui lança un regard sombre.
– Oui, Evans ?
Difficile à faire moins engageant, mais si les lions comprenaient les sous-entendus, cela se saurait… En tout cas, cela n’empêcha pas Lily de se lancer dans un grand discours qui portait sur Severus Rogue – comment il réussissait à la supporter était la vraie question – et sur des garçons qui n’étaient vraiment pas gentils, surtout sur un dénommé Potter. Des Gryffondor sans doute. Les mêmes dont elle se plaignait toujours. Des brutes sans cervelles. Ennuyant.
– Et alors ? Ann n’avait réellement aucune envie d’écouter cela et elle ne voyait pas en quoi cela la concernait.
– Tu as quatre ans de plus et tu es à Serpentard, tu pourrais protéger Sev !
Bien sûr. Et empiéter sur le terrain de Malefoy ? Jamais dans sa vie. Elle y tenait quand même. Elle montra l’oiseau à sa Lily et repartit en direction de sa salle de classe. Elle n’avait plus de temps à perdre. L’ami de sa demi-sœur allait très bien pouvoir se défendre contre ces brutes. Lily ne savait pas qu’ils avaient déjà parlé maléfices alors qu’elle croyait encore aux tours de cartes.
– Mais, Bell ! Pense à ce qu’a dit maman !
Ann leva les yeux au ciel. Alors oui, leur mère lui avait dit de veiller sur la cadette. Mais ce n’était pas une raison pour faire tout le travail. Après tout elle veillait aussi sur Alice et Clara – ses demi-sœurs paternelles – et pourtant celles-ci n’accouraient pas tous les jours pour geindre.
– Apprends plutôt à le défendre, alors, répliqua acerbement Ann. Moi, j’ai cours maintenant. Et, par Morgane, ne m’appelle pas Bell, Evans !
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par BellaCarlisle » 31 août 2019 - 21:06

Titre : /
Thème : Brute
Fandom : Original
Nombre de mots : 554
Personnages : Chaska, Inti, Chun
Rating : Tout public
Le corps endolori, Chaska ne parvient pas à éviter le coup de poing d’Inti. Elle se courbe en deux, le souffle coupé, les mains posées sur son estomac. La douleur lui déclenche une nausée supplémentaire qui lui fait rendre les armes. Elle demande grâce à son instructeur qui la dévisage d’un air hautain. La jeune femme sait exactement ce qu’il pense, il ne lui a jamais caché tout le dégoût qu’il ressent à son sujet. Elle ne peut pas le lui reprocher, elle-même est encore perdue face à ce nouveau chemin qui s’est ouvert à elle, mais elle aurait aimé avoir un peu plus de soutien.

« Tiens-toi droite, lui ordonne Inti avec froideur. Tu fais honte à nos dieux. Comment comptes-tu transmettre leur message si tu es incapable d’affronter les forces ennemies ? »

Toujours la même question, sans cesse. Chaska reprend longuement sa respiration et se redresse difficilement. Elle voudrait répliquer que jouer au messager ne comprend pas des combats contre des bêtes légendaires ou des guerriers mort-vivants mais elle se retient. Inti n’est pas connu pour sa clémence et il n’hésite pas à faire rentrer son point de vue de manière plutôt violente en usant de sa force brute. Elle a déjà testé certaines limites de son instructeur et sa peau en porte encore des cicatrices, dues au tranchant de l’obsidienne. Elle peut s’estimer heureuse de posséder une immunité divine qui garantit sa survie car Inti n’hésiterait pas à la tuer dans le cas contraire.

Par chance, Chun interrompt la séance afin de rappeler à l’instructeur qu’il est attendu. Inti accorde un dernier regard agacé à la jeune femme avant de la laisser enfin en paix, ce qui la soulage. Son expression n’échappe pas à son ami qui esquisse un sourire amusé.

« Encore le même problème ? demande-t-il.
— Encore, oui, répond Chaska dans un soupir. Je suis sûre qu’il aimerait me sacrifier à l’ancienne, juste par plaisir de pouvoir m’arracher le cœur.
— À l’ancienne ? s’étonne Chun. »

Comprenant sa méprise, il se reprend mais il est trop tard. La jeune femme plisse les paupières en le dévisageant longuement, cherchant dans ses yeux bleus une indication qui le détromperait. Il ne nie pourtant pas l’aveu qu’il a presque fait et elle en éprouve une frayeur nouvelle. Elle a vu les pyramides au centre cérémoniel de la ville mais elle pensait qu’il s’agissait seulement de vestiges, pas de lieux réellement utilisés par les habitants. Chun devine la terreur qui habite son amie et il saisit sa main afin de l’entraîner à sa suite. Chaska n’oppose aucune résistance malgré la peur qui la parcourt et elle suit le jeune homme. Il ne prend pas la voie habituelle, s’enfonçant entre les arbres, là où aucun chemin ne balise le sol. La magie présente dans l’air frappe la jeune femme dont la peau se couvre de frissons au fur et à mesure qu’ils avancent.

« Nous ne sommes pas violents par nature, commence par dire Chun. Tu as bien vu que nous sommes nombreux à être pacifiques.
— Inti n’est pas très représentatif, marmonne Chaska.
— Tu ignores beaucoup de choses à son sujet, réplique son ami sur un ton défensif. Je sais qu’il n’est pas ouvert à la discussion et qu’il peut paraître brutal mais il a traversé des épreuves qui te feraient frémir. »
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par AliceJeanne » 31 août 2019 - 21:14

Titre : /
Thème : Brute
Fandom : HP
Nombre de mots : 1293
Personnages : Charlie W, Nymphadora T, Sylvarius R (OC), Maisie A (OC), Rolf D
Rating : /
Maisie hoqueta, la poigne de l’homme qui lui enserrait le coup était bien trop forte et la jeune sorcière ne parvenait pas à se dégager. Tout son corps lui faisait mal, roué de coups par les trafiquants de créatures magiques, bien agacés de son silence consciencieux. Charlie, Rolf et Nymphadora avaient raison, jamais elle n’aurait dû se mêler de cela, il aurait bien mieux valu pour tous qu’elle laisse, une fois de plus, les septième année gérer la situation, n’étant de toute évidence pas de taille.

Un liquide salé emplit sa bouche d’un seul coup et l’adolescente réprima un haut le cœur, tué dans l’œuf par l’étranglement qui l’empêchait de reprendre son souffle. L’homme laissa échapper un petit rire et relâcha sa prise, laissant sa proie tomber sur le sol comme si elle n’avait été qu’une poupée de chiffon. La Poufsouffle se rattrapa sur ses mains avant de les porter à son cou, elle pouvait sentir les marques laissées par les doigts du sorcier à la fétide haleine de mort. Tout dans son être la révulsait. Son goût pour la violence, sa brutalité bestiale et le sort macabre qu’il réservait à tous les animaux magiques qui croisaient son chemin.

Elle avait vu les cages, les couteaux, les peaux et les organes exposés partout dans sa tente de dissection. Elle avait voulu crier, alerter Rolf qu’elle avait trouvé le responsable de toutes ces horreurs que l’on voyait depuis des jours dans la Gazette du sorcier, lui annoncer qu’elle savait qui s’était emparé de la valise de son grand-père et convoitait les créatures nouvellement acquises par Hagrid, mais elle s’était fait prendre, bêtement. Nymphadora, elle, aurait su se défendre, Charlie également, mais elle, n’était qu’un poids, qu’une petite troisième année prétentieuse qui méritait amplement la raclée infligée par la brute qui se tenait devant elle.

Une larme roula sur la joue de Maisie, elle comprenait parfaitement ce qu’avaient dû ressentir les fléreurs dont les fourrures étaient exposées dans l’entrée, avant de se faire tanner. Elle allait certainement subir un sort similaire, aucun trafiquant de créatures magiques digne de ce nom ne laisserait une enfant capable de le dénoncer, en vie. Elle avisa sa baguette, confisquée de l’autre côté de la pièce. Si seulement elle avait eu le bon sens de la dissimuler, elle aurait pu lancer un de nombreux sorts de défense appris par Nymphadora pour se tirer d’affaire et peut-être que pour une fois, Charlie lui aurait accordé un regard un peu plus admiratif que d’ordinaire.

«Tu vas parler, petite peste! éructa l’homme en l’empoignant par les cheveux.»

Maisie réprima un gémissement mais garda ses lèvres closes, elle ne pouvait rien dire, trahir ses amis était impensable et condamner d’autres créatures à un sort terrible également.

«Je déteste faire couiner les petites-filles, mais tu ne me laisses pas le choix, reprit-il d’une voix plus tranquille en sortant sa baguette.»

Le premier sort lui arracha un cri de douleur. La renommée du sortilège doloris n’était certainement pas à jeter aux orties.

«Tu vas me dire où sont les personnes qui sont venues saccager mon petit commerce hier soir! cria-t-il en lançant une nouvelle fois le sort en direction de la jeune-fille.»

Entre deux glapissements, l’image de Rolf et Charlie se forma dans son esprit. Les deux futurs naturalistes avaient été fous de rage en réalisant l’ampleur du carnage perpétré par les hommes de main de Sylvarius Rashtck, le braconnier le plus recherché d’Europe. Tout leur campement avait été incendié dans les règles et l’homme connaissait pertinemment l’identité des responsables, tout juste ne savait-il pas où ils se trouvaient. Maisie avait été une proie facile et opportune, toujours derrière eux et moins méfiante. C’était par hasard qu’elle était rentrée dans sa tente, perdue au milieu de nombreuses autres sur ce marché sorcier auquel elle s’était rendue avec Nymphadora. Sylvarius, la première surprise passée, s’était empressé de faire transplaner le tout, préférant un contexte plus intime pour lui soutirer les informations qu’il désirait. Le sorcier avait par la suite attendu que son hôte providentielle, trop occupée à détailler ses trouvailles à la lueur de sa baguette, soit suffisamment proche pour l’empoigner et la désarmer. L’adolescente avait juste eu le temps de lancer un dernier sort qui avait troué le plafond de toile avant de se retrouver projeter contre une cage en fer. Il ne pensait pas aller aussi loin en premier lieu, mais la ténacité de la jeune-fille l’avait conduit à des extrémités qu’il gardait pourtant pour les seuls responsables de sa proche faillite.

Profitant d’un moment de répit, durant lequel son agresseur semblait perdu dans ses sombres pensées, Maisie précipita en claudiquant en direction de sa baguette. Un coup dans les reins l’empêcha cependant d’atteindre l’objet de sa convoitise et les deux mains qui la violentaient depuis une heure se serrèrent à nouveau sur elle. Elle cria et griffa son visage lorsqu’il la retourna et se pencha sur elle. Il poussa un hurlement de rage et la lâcha pour porter ses mains à ses yeux qu’elle avait failli crever. Maisie s’empara de sa baguette et une grande explosion l’expulsa à nouveau au sol.
Sonnée, la jeune-fille ne comprit pas immédiatement ce qui venait de se produire et ce ne fut véritablement que lorsqu’une voix qu’elle connaissait trop bien, éraillée par la peur, fondit sur elle et lui vrilla les tympans. Nymphadora Tonks la serra dans ses bras les joues constellées de larmes tout en la morigénant pour l’avoir autant inquiétée. Un garçon au cheveux en bataille vint rejoindre leur étreinte et posa sa tête contre l’épaule de la métamorphomage avant de les presser toutes deux contre lui.

«Tu refais cela encore une fois, Maisie Andrews, je te tue, grogna-t-il avec autant de hargne que son caractère pacifique le lui permettait.»

Maisie hocha la tête, se faire régulièrement passer à tabac ne faisait de toute façon pas partie de ses projets de vie. Du coin de son œil boursouflé, elle avisa son environnement. Les aurors avaient dû transplaner tous en même temps à proximité de la tente, créant l’effroyable chaos qu’elle percevait alors. Elle ignorait comment ils avaient pu les retrouver cependant, Nymphadora seule se trouvant à ses côtés au moment de sa disparition. Alors qu’elle entrouvrait les lèvres afin de formuler cette question qui la taraudait, Charlie Weasley entra dans son champ de vision, la rendant soudainement plus muette qu’un elfe de maison sous sortilège de mutisme. Le jeune-homme s’assit près de ses amis et glissa prudemment sa main vers le visage de Maisie, grimaçant en détaillant du bout des doigts les contusions qui ne tarderaient pas à le marbrer.

«Tu es prêtes pour Halloween, ironisa-t-il en lui tirant un sourire qui irradia ses côtes brisées.»

Nymphadora lui assena un coup de poing mérité qu’il accepta en riant. Malgré sa détente apparente, Maisie pouvait cependant percevoir qu’il était soulagé et cela lui ôtait un grand poids de la poitrine, car Charlie était celui qui avait le plus insisté pour qu’elle reste en dehors de leurs manigances, ne négligeant aucun moyen pour bien le lui faire comprendre.

«Au fait, reprit-t-il à mi-voix, riche idée le sortilège explosif. Avec la trace que tu as toujours sur toi, les aurors ont pu facilement te trouver.»

Maisie hocha la tête. Ceci expliquait cela.

Un coup de coude Nymphadora la tira bien plus tard de ses pensées tandis qu’un médicomage s’occupait de refermer ses plaies et d’appliquer de l’onguent sur ses hématomes. La métamorphomage avait le regard brillant.

«Tu sais, Charlie ne le montre pas, mais... il était certainement le plus inquiet lorsque nous avons comprit où tu étais.»

Un autre coup raisonna dans la poitrine de Maisie, tout aussi brutal que ceux qu’elle avait reçus mais beaucoup plus appréciable que tous ceux qu’elle pourrait recevoir un jour dans sa vie.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Charliz » 31 août 2019 - 21:50

Titre : Douleurs fantômes
Thème : Confusion
Fandom : HP
Nombre de mots : 331
Personnages : Lucy Weasley
Rating : -12
Des maladroits, oui il y en avait. Une tonne et demi au moins.

Il y avait d’abord Scorpius qui ne cessait de chercher un contact, un regard, une étincelle… Comme si elle était capable de la moindre interaction sincère.
Il y avait Rose avec ses « Tu vas bien ? ». Elle, elle ne souhaitait même pas lui accorder la moindre importance.
Il y avait Molly qui souhaitait toujours corriger son teint, lui faire porter des couleurs plus joyeuses, plus vives.
Il y avait son père qui brillait par son absence. Sa mère aussi.
Il y avait Astoria et ses paroles philosophiques, Drago et ses intentions cachées, mais pas assez discrètes.
Il y avait Dominique, et Victoire, et Albus, et James, et Edward, et tous ces visages que la Lucy d’avant aimait si fort, que la Lucy de maintenant haïssait plus encore.

En fait, il y avait beaucoup de maladroit parce qu’il n’y avait que ça. Lucy ne voulait rien entendre, rien voir. Quoi qu’ils fassent, leurs stratégies pour la faire réagir seraient vouées à l’échec.

Parce que Lucy était avant tout un corps, et que son corps était confus. Parce que Lucy avait donné vie à la mort. Parce que son corps portaient toutes les beautés et les joies que la vie aurait dû lui apporter : de fines cicatrices violettes sur le ventre et les cuisses, des seins pleins et lourds, une douleur persistante à l’entre jambe, sans doute facilement apaisée par quelques potions si seulement elle avait accepté de les prendre. Son corps avait accouché de la vie, mais vie elle ne portait pas.

Debout devant son miroir, Lucy desserra les poings, glissa ses doigts sur son ventre. Reçu un coup dans sa paume. Senti une masse se blottir sous ses côtes.

Douleurs fantômes qu’ils disaient. Le corps avait une mémoire épatante.

Lucy ferma les yeux, serra à nouveau les points. Pourvu qu’elles restent toujours, ces douleurs. Pourvu qu’elle souffre jusqu’à sa mort.

Douleurs fantômes, seul souvenir de son fantôme.
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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par LilTangerine » 31 août 2019 - 22:02

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Confus
Fandom : /
Nombre de mots : 75
Personnages : /
Rating : /
La rue n'a pas de fin. Où est le jour, où sont les étoiles ? Il n'y a plus que les rires et le ronronnement lointain des moteurs. Puis happés par la chaleur ou peut-être des mains amies ils retrouvent la foule. Un peu perdus.
Retrouvés par le battement sourd de leurs coeurs et de la basse.
Oubliés dans les lumières dansantes, les yeux clos.
Leurs mouvements n'ont aucun sens.
La nuit n'a aucun sens.
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"But I don't want comfort. I want poetry. I want danger. I want freedom. I want goodness. I want sin." - Aldous Huxley

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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Carminny » 31 août 2019 - 22:03

Titre : L'art d'être entourée d'imbéciles
Thème (écrit ou image) : confusion
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 848
Personnages : B. Ann Roberts (OC), Severus Rogue, Albus Dumbledore, Sally l'elfe (OC)
Rating : -12 (parce que l'alcool faut pas en abuser)
– Sers-moi un verre.
Severus Rogue se laissa tomber sur le canapé. Ann Roberts leva un sourcil. Elle n’était pas certaine de vouloir savoir ce qui était arrivé à son ami. Elle éteignit néanmoins son sortilège de lecture – elle détestait y recourir, il avait toujours en drôle d’accent puisqu’il avait été inventé par un français – et se dirigea vers le bar – où du moins l’armoire que le maître des potions se plaisait à appeler ainsi. Non, ils n’étaient pas alcooliques, pas du tout. Juste particulièrement exposés aux évènements infortunés qui nécessitait un traitement convainquant.
– Pourquoi ? demanda-t-elle en se saisissant de deux verres et d’une bouteille.
Severus poussa un profond soupir. Ann fut tentée de lire dans son esprit mais elle préféra poser les verres sur la table basse de son salon puis ouvrir la bouteille à l’aide de sa baguette. Il ne pouvait pas se dépêcher à satisfaire sa curiosité, déjà qu’elle lui offrait l’hospitalité – même si c’était lui qui avait acheté les boissons certes.
– Deux mots, consentit à répondre le terrible maître des cachots. Harry Potter.
Ann leva les yeux au ciel – un jour elle réussirait à arrêter. Ils étaient terribles tous les deux. A croire que le fils de sa demi-sœur et son meilleur ami ne pouvait pas s’entendre. Enfin, bon, il fallait s’avouer que Lily avait eu un goût exécrable en choix du mari. Mais il apparaissait clairement qu’Harry avait récupéré les bons côtés de ses grands-parents et non les caractères de ses parents. Pour le bonheur de tout le monde – sauf ce vieux fou de Dumbledore mais après tout il aimait aussi les bonbons au citron.
Elle réussit à ne pas faire déborder le verre et le tendit à Severus. Celui-ci le prit et Ann sentit son scepticisme. Qu’est-ce qui n’allait pas ?
– Tu sers du jus dans des verres à apéritif maintenant ? s’enquit Severus.
Ann essaya de le transpercer d’un regard, ce qui ne fit que déclencher l’hilarité de son interlocuteur. Tout était sa faute en plus. Si cela ne tenait qu’à elle, elle les enchanterait tous. Mais monsieur pensait que les verres à alcool étaient comme les chaudrons, ils perdent leurs propriétés si on les enchante.
– C’est toi qui as mal rangé les verres.
Ou plus probablement un elfe mais ce n’était pas le bon moment pour le préciser. En tout cas, s’il n’était pas aussi étroit d’esprit, elle ne confondrait pas les verres. Mais qu’est-ce qu’il avait dit ? Du jus dans des verres à… Du jus ?! Elle leva doucement son verre et le renifla doucement. Cela sentait un peu épicé, un peu sucré. Et surtout cela sentait la citrouille !
– C’est toi qui as ajouté cette bouteille ?! Ann l’attrapa et la brandit sous le nez de son ami. Tu veux me tuer ?
– Il y a bien écrit bièraubeurre dessus… constata Severus en lui prenant la bouteille. Et je suis au courant pour ton allergie, je prépare tes potions spéciales, je te rappelle.
Elle adorait se le faire rappeler, vraiment. Mais alors que faisait ce jus de citrouille dans son appartement ? Qui l’y avait mis ? Il n’y avait pas cinq solutions possibles.
– Sally ! appela-t-elle.
L’elfe qui s’occupait toujours de son appartement apparut quasiment immédiatement dans une explosion de magie qui coupait le souffle à Ann. Inspirant un grand coup, elle se lança dans son interrogatoire.
– Est-ce que quelqu’un t’a demandé de placer cette bouteille dans le bar ?
Cela ne pouvait pas être aussi simple et en effet l’elfe couina un « non » particulièrement soumis. C’était navrant, les elfes de maison.
– Est-ce que quelqu’un est entré dans mes appartements ?
– Vous, maîtresse Roberts, ensuite maître Rogue et le grand maître professeur Albus Dumbledore. Il a vu Sally faire le ménage et Sally a vu le grand maître professeur Albus Dumbledore placer cette bouteille dans votre bar.
Elle allait le tuer. Ou l’empoisonner avec l’aide de Severus. Ou le faire enfermer dans les cachots avec comme seule nourriture des barres de céréales diététiques. Elle y réfléchirait plus tard. Elle congédia l’elfe d’un geste puis se leva d’un mouvement abrupt pour se diriger vers la porte.
Ce fut le moment qu’un malheureux choisit pour toquer à cette même porte. Dumbledore évidemment. Ann ouvrit la porte et eut l’impression d’être entrée dans une confiserie – pas que cela lui arrivait souvent.
– Vous ! l’accusa-t-elle. Vous voulez réaliser la malédiction du poste de défense ?!
Des images comme des bols de bonbons au citron, des fleurs, des bouteilles de whisky ou d’autres jus lui passèrent à travers la tête. Pourquoi le directeur ne pouvait-il pas occluder de façon correcte ? Ce n’était pas si compliqué. Pas étonnant que les élèves n’apprenaient rien.
– C’était une confusion, fit Dumbledore d’une petite voix innocente – qui pouvait bien croire cela ? Je constate avec soulagement que vous l’avez remarquée à temps… je vous ai apporté du whisky pur feu en compensation.
Comme si l’alcool pouvait résoudre des problèmes. Mais au moins elle n’avait pas besoin de chercher un meurtrier. Le directeur s’en chargeait très bien tout seul. Qu’il s’étouffe avec un bonbon.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Tiiki » 31 août 2019 - 22:08

Titre : L’échappée
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 715
Personnages : Molly Weasley, Bill Weasley, Arthur Weasley
Rating : Aucun
Molly Prew — Molly Weasley depuis le mercredi précédent, s'il vous plaît — était particulièrement joyeuse cette matinée-là. Elle s'était levée de bonne heure et avait, pour la première fois depuis dix mois, passé une nuit parfaitement reposante, merci pour elle. En effet, le nourrisson aux cheveux de feu ne pleurait désormais presque plus et passait désormais — Merlin merci ! — le plus clair de son temps à dormir à poings fermés. Arthur répétait à qui voulait l'entendre que sa petite Mollynette aurait préféré continuer à se lever toute la nuit durant pour s'occuper de leur petit Bill, mais il savait aussi très bien qu'elle avait envie, et surtout besoin, de repos.

A vingt ans, elle avait certes de l’énergie à revendre, mais les drames qui survenaient régulièrement dans le monde Sorcier, et plus particulièrement dans leur entourage proche ou dans parmi les membres de l’Ordre, l’épuisait tout autant psychologiquement. Il n’y avait pas un jour où elle ne se faisait pas de soucis pour Fabian et Gideon.

Il était six heures passées, et le soleil se levait paresseusement sur la petite masure de Loutry Ste Chaspoule, qui deviendrait bien des années plus tard au fur et à mesure des agrandissements, Le Terrier. La jeune maman, joyeuse, se glissa dans la chambre fraîchement repeinte de leur nouveau-né, et alors qu’elle se penchait doucement au-dessus du berceau pour entendre la petite respiration de son enfant caresser ses tympans, elle constata avec effroi que les draps étaient vides. Pire, la fenêtre était grande ouverte.

Elle hurla de détresse et transplana sans réfléchir au-dehors, ne souhaitant plus perdre une seconde. Il n’avait pas pu aller bien loin : Arthur et elle avaient bien pris soin de poser une clôture autour de leur petit jardin afin que Bill ne soit jamais tenté de partir à travers champs. Elle respira un moment, tentant de se calmer. Elle plissa attentivement les yeux sur le terrain, à la rechercher de la prunelle de ses yeux. Tout allait pour le mieux. Tout allait aller pour le mieux.

« William, chuchota-t-elle d’une voix chevrotante. Mon petit William, où te cach… »

Elle s’était aussitôt interrompue dès qu’elle avait constaté une chose bien étrange au niveau du fond du jardin. La clôture était ouverte. Le portillon grinçait au gré de la brise et donnait sur d’autres champs.

« ARTHUR ! VIENS VITE ! ON NOUS A PRIS BILL ! »

Elle courrait à en perdre haleine. Où son tout petit avait-il bien pu aller ? Il n’y avait absolument rien autour d’eux : pas de voisins, pas d’habitations, personne qui aurait pu le recueillir au milieu de la nuit. Arthur Weasley ne vint pas immédiatement. En fait, il apparut après quelques minutes, et Molly s’apprêta à lui hurler dessus d’un air hystérique tant son allure pressée contrastait étrangement avec son arrivée tardive :

« Regarde qui j’ai trouvé dans la cuisine, en train de dévaliser ta confiture de groseilles ! » glissa-t-il d’une voix taquine en secouant le petit Bill à bout de bras.

Le voleur gloussait en frottant son nez contre le cou de son père, et Molly sentit son angoisse descendre instantanément. Elle avait envie d’éclater en sanglot, mais choisit plutôt de se répandre en excuses auprès de son bébé de dix mois. « Morgane, que je suis une mauvaise mère… » marmonnait-elle d’un air malheureux. « Je t’aime tellement mon amour », répétait-elle entre deux hoquets. « Ne me fais plus jamais ça » renchérissait-elle devant l’air interrogateur du petit garçon avant de le serrer contre son cœur.

Elle se mit ensuite à insulter les vents, qui avaient selon elle ouvert toutes les fenêtres et même le portillon sans raison aucune, sinon celle de lui faire vivre et ressentir le pire en ces temps troubles. Bill riait comme un lutin de Cornouailles, et ni son père ni sa mère ne comprirent pourquoi. Comment auraient-ils pu imaginer que c’était là la première manifestation magique chez leur premier né ?

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par BellaCarlisle » 31 août 2019 - 22:09

Titre : Confus
Thème : Confusion
Fandom : Alexandre (film)
Nombre de mots : 451
Personnages : Alexandre, Héphaestion
Rating : Tout public
Le vin avait fait son effet dans l’esprit du roi. Ce n’était plus l’ivresse habituelle qui suivait les longs banquets mais bien la folie de Dionysos. Les couleurs se mêlaient sous ses yeux, les rouges se liaient aux bleus, les verts prenaient le pas sur les jaunes. Les chants enivrés de ses hommes lui apparaissaient comme de lointains appels aux dieux tandis que les rires rappelaient les échos de la pluie sur le marbre. Même les flammes des braséros semblaient plus hautes, plus impressionnantes, presque divines. Les ombres qui se découpaient sur les murs prenaient des formes gigantesques et monstrueuses, la fumée se changeait en une silhouette qui variait mais qui gardait l’apparence d’une déesse. En cet instant, le souverain avait le sentiment d’être entouré par des hommes et par des dieux, entre rêve et réalité.

Vacillant sur ses jambes, Alexandre se leva. La coupe qu’il avait en main se renversa mais il n’en tint pas compte. Il était plongé en pleine confusion, croyant voir devant lui la silhouette de son père. Le fantôme de Philippe l’observait avec un dédain évident, le même que celui qu’il lui adressait de son vivant. Près de l’ancien roi de Macédoine ondulait le corps lascif d’Aphrodite, parée d’or et de bijoux tous plus brillants les uns que les autres. À ses côtés, les Muses entretenaient la musique et les chants tandis que les Ménades apportaient les lourdeurs bacchanales de leur aliénation. Même Hestia, la chaste déesse du foyer, se laissait porter par les sons des musiciens. De mémoire d’homme, il n’y avait jamais eu autant de dieux présents en un même endroit, parmi une foule humaine et mortelle. Mais était-ce une véritable réunion divine ou juste l’illusion d’un homme perdu dans les méfaits du vin ?

Lorsqu’une main prit délicatement la sienne, Alexandre ne protesta pas. Il avançait sans vraiment regarder où il allait, porté par la personne qui l’emmenait ailleurs. Un souffle d’air effleura sa peau là où sa tunique royale ne la couvrait pas et il sentit son esprit s’éclaircir légèrement, assez pour distinguer les traits de celui qui était là. Héphaestion arborait une expression réprobatrice que le roi chassa d’un baiser. Ses sens s’embrasèrent, à cause du vin, de la chaleur et du désir omniprésent envers son ami d’enfance. Ce dernier répondit à son baiser, d’abord délicatement puis plus passionnément, avant de se soustraire à son contact.

« Alexandre, …
— Ne dis rien, l’implora le souverain de Macédoine. Viens avec moi, Héphaestion.
— Non, tu n’es pas en état. Tu es ivre, bien plus que les autres jours.
— Dionysos en personne était là, murmura le grand conquérant. Et Aphrodite dansait.
— Tu es confus, mon roi. Les dieux ne sont pas parmi nous. »
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par AliceJeanne » 31 août 2019 - 22:12

Titre : /
Thème : Confusion
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 693
Personnages : Rym (OC), Farkas (OC)
Rating : /
Les ombres noires se succédaient sous les paupières closes de Farkas, ponctuées parfois de petites touches de lumière qui lui brûlaient les yeux. Tout son corps était endolori, se remettant difficilement de la fièvre intense qu’il avait subit durant les quelques jours qu’avait duré le processus de transformation. L’adolescent se remémorait à grand peine ses derniers souvenirs, si flous par rapport à ceux qu’il commençait dès à présent à crypter au sein de son esprit.

Il voulu soulever une paupière, mais la clarté l’aveugla instantanément et il laissa échapper un gémissement de douleur. Une porte claqua un peu plus loin et il eut l’impression que l’on venait de faire exploser un baril de poudre à quelques centimètres de ses oreilles. Le froid s’engagea dans la pièce et ce fut comme si des millions d’épées glacées s’enfonçaient simultanément dans sa chair tant la morsure était perceptible.

Sa tête sur le point d’exploser, Farkas ne sentit pas, trop troublé par toutes les sensations trop précises qu’il ne parvenait à ignorer, la main douce et prudente lui effleurer les doigts une première fois. La caresse revint une minute plus tard, plus appuyée et empreinte d’anxiété, accompagnée de son nom, chuchoté comme si la personne qui se tenait près de lui était la seule à véritablement mesurer le changement radical qu’il venait de subir. Ses sens affûtés n’étaient pas agressés par la nouvelle venue, non, ils étaient étrangement apaisés.

Maladroitement il s’empara de la main qui glissait sur sa paume, tirant un frisson à sa propriétaire qui se ressaisit cependant, suffisamment vite pour qu’il en devine l’identité.

«N’en profite pas Farkas! grogna Rym en se dégageant délicatement. Tu n’auras le droit de me tenir la main que sur ton lit de mort.
- C’est toi qui a commencé, croassa-t-il en essayant de se redresser. Ce n’est pas de ma faute si tu es incapable de retenir tes pulsions.
- Ne te fais pas d’idées, je vérifiais juste que tu étais vivant.
- Il y a d’autres façon de procéder, argua-t-il.
- Je sais, soupira Rym avec évidence, mais Sonja m’a interdit de te frapper.»

Farkas esquissa un sourire, malgré ses pensées embrouillées et ses sens trop précis pour ne pas être confus, il était certain d’une chose, il était bien vivant car nul ange au paradis ou en enfer ne serrait capable d’aussi bien reproduire le sarcasme de son amie.

«Je pensais à une méthode plus douce... je croyais pourtant que tu lisais beaucoup.
- Le jour où je t’embrasserai Farkas, ce sera parce que j’y serai contrainte sous la menace.
- Je préférais lorsque j’étais sur le point de me retrouver perforer par les canines de Sonja, tu étais plus aimable.
- Un instant de faiblesse, grinça Rym, bien qu’une partie d’elle ne demandait qu’à laisser s’échapper la furieuse rougeur qui guettait ses joues lorsqu’elle repensait à la façon dont elle s’était alors comportée.»

Elle n’avait pas eu besoin d’être convaincue par Sonja pour presser la main de Farkas dans la sienne, pas plus que pour rester à son chevet durant les quatre jours qui suivirent, ni même pour déposer un baiser sur son front lorsqu’elle avait été contrainte par la guérisseuse de quitter les lieux chaque matin. Mais cela, il n’avait pas besoin de le savoir et perdu dans sa confusion, il ne devait certainement pas s’en souvenir, tout du moins y comptait-elle.

«J’ai l’impression que tu as eu beaucoup d’instants de faiblesse ces derniers temps.»

Visiblement, l’animal se souvenait parfaitement des quatre derniers jours, il l’avait bien eu cet imbécile!

«Tu racontes ça à qui que ce soit Farkas, je te t’arrache la langue.
- Non, tu ne le feras pas.
- Tu veux parier?
- Mes âneries te manqueraient beaucoup trop. La preuve tu es hystérique après seulement quelques jours sans entendre le son envoûtant de ma voix.»

Un oreiller s’abattit violemment sur le nouveau vampire qui ne dut sa survie qu’à l’intervention avisée de Sonja qui empoigna Rym et la porta à l’extérieur malgré ses protestations. La guerrière devait se rendre à l’évidence, Lucian avait raison, ces deux-là s’aimaient autant qu’ils s’insupportaient et elle serait prête à rejoindre son opinion concernant le fait qu’elle n’était certainement pas au bout de ses surprises.
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Roxane-James1
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Roxane-James1 » 31 août 2019 - 22:19

Titre : /
Thème : Confusion
Fandom : HP
Nombre de mots : /
Personnages : Percy Weasley / Les Weasley (Audrey Cornellis)
Rating : /
S’ils croyaient qu’il n’avait pas remarqué leurs sourires en coin et leurs ricanements, ils se trompaient lourdement. Percy était loin, très loin, même, d’être un idiot, et il avait parfaitement noté les rictus moqueurs de ses frères et sœur et la malice qui brillait dans les yeux de ses parents. Au début, il avait agit comme si de rien n’était : il s’était versé une tasse de café fumant, avait mastiqué ses toasts avec le plus grand soin et s’était tamponné la lèvre supérieure en veillant à ne pas se tâcher avec de la marmelade. Rien de plus banal en ce somptueux samedi matin où les oiseaux chantaient, où les tartines grillaient, où les couteaux beurraient, où les…*

— Nom d’une pipe ! Que se passe-t-il à la fin ?! Qu’est-ce que vous avez tous à me regarder comme ça ? éructa-t-il entre deux toasts dorés.
— Il se trouve que tu as reçu un hibou, ce matin, commença tranquillement son père…
— Un hibou avec une lettre…
— Une beuglante, crut bon de préciser Ginny.
— Mais comme tu n’étais pas levé, on a décidé de l’ouvrir sans toi, compléta George.

Percy constata avec agacement que son sourire s’élargissait encore.

— Vous avez lu mon courrier ?
— Oh non… cette charmante… Comment s’appelle-t-elle déjà ? Ah oui, Audrey Cornellis… eh bien elle nous a si gentiment beuglé dans les oreilles qu’on n’a même pas eu besoin de déchiffrer ses pattes de mouche.
— Une chance, ricana Ginny.

Percy se sentit pâlir. Tout ce qui avait un rapport – de près ou de loin – avec sa satanée secrétaire ne pouvait qu’être affreux, ridicule ou totalement scandaleux et ne méritait certainement pas d’être abordé à l’heure du petit-déjeuner. Il regrettait chaque jour un peu plus de l’avoir embauchée. Cette fille était un désastre à elle toute seule. Elle était grossière, désorganisée, arrogante et rancunière comme pas deux. En plus, elle était plus pingre qu’un Gobelin. Elle n’avait vraiment rien pour elle…

— Tiens donc, reprit Percy en essayant de paraître décontracté. Et qu’est-ce qu’elle me voulait, encore ?
— Oh, trois fois rien, gloussa Ginny. Seulement récupérer quelque chose qu’elle avait, semble-t-il, égaré chez toi dans un « grand moment de confusion qu’elle regrette d’ailleurs ardemment »…
— C’est-à-dire ?
— Une culotte.
— Sa préférée, ajouta Ron dans un ricanement. Et c’est pas moi qui le dis, c’est elle.

Percy oublia de mastiquer son toast. On aurait dit que ses oreilles avaient subi un coup de fer à repasser, tant elles le brûlaient.

— Je peux… je peux voir cette lettre ? demanda-t-il d’une voix faible.
— Bien sûr mon chéri. Mais une fois que tu l’auras lue et assimilée, n’oublie pas de rendre sa culotte préférée à cette pauvre jeune fille, pépia sa mère. On ne sait jamais, elle pourrait encore en avoir besoin.
— Dis, Perce, je ne savais pas que ta secrétaire et toi partagiez de « grands moments de confusion » au bureau, dit Ginny. Ça a l’air d’être assez folklorique, dans ton département.

Folklorique ? Ah ça oui ! ça allait être folklorique, lundi matin ! Cornellis lui paierait très chère sa petite plaisanterie. Il se vengerait, nom d’un chaudron !
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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par LilTangerine » 31 août 2019 - 22:39

Titre : /
Thème : Fuite
Fandom : /
Nombre de mots : 111
Personnages : /
Rating : /
Il y a quelque chose dans tes yeux qui ne lâchent pas les miens.
C'est hypnotique, lumineux, un genre d'étincelle amusée.
Et puis parfois, ou peut-être que c'est moi, j'y vois une lueur sauvage et je ne peux plus me détourner. Clouée sur place à cet endroit de l'univers où tu n'es plus qu'à une distance infime.

Pitié, arrête de regarder par-dessus mon épaule.

Je sens la chaleur qui émane de ton corps et bientôt, c'est moi qui brûle.
Je ne dois pas me retourner. Jamais.

Arrêter de croiser ton regard, avant de déraper.
Partir, avant qu'il ne soit trop tard.
Je crois que tu es d'accord.
Un peu à regret.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Tiiki » 31 août 2019 - 22:50

Titre : Me faire la belle
Thème (écrit ou image) : La fuite
Fandom : Original
Nombre de mots : 383
Personnages : /
Rating : Aucun
Une forte respiration trouble la quiétude d’une chambre de gosse en ce soir pluvieux de décembre. Une petite silhouette s’agite autour des derniers préparatifs. Nathan a déjà vérifié son sac à dos trois fois. Une première fois deux semaines auparavant, quand il a pris sa décision, mais qu’il s’est soudainement senti perdre ses ailes lorsqu’il a croisé le sourire désolé de son père dans la cuisine de leur chic appartement parisien. Une deuxième fois l’avant-veille, car il n’avait pas défait son sac, et que sa mère l’avait encore innocemment appelé Sarah. Une troisième fois quelques minutes auparavant, car il préférait définitivement crever dans la rue que de vivre sous leur toit et de subir une seconde de plus leur intolérance et leurs sourires infantilisants. S’il les écoutait, il aurait presque pu les prendre pour des victimes dans cette histoire. S’il les écoutait, il aurait presque pu se sentir coupable de troubler leur petite vie bien rangée, de perturber leurs modestes aspirations à la normalité.

Il passe ses deux bras frêles dans les bretelles de son Eastpak et hisse sur son épaule droite le sac de couchage qu’il a pu acheter grâce à ses maigres économies. Il enfile sa paire de baskets mauves et ajuste sa capuche. Il ne prend pas la peine de fermer la porte de sa chambre derrière lui, car il se fiche bien des conséquences. Que la porte soit fermée ou non, ils constateront bien dans quelques heures qu’il sera parti. Tout n’est pas planifié, mais il y a réfléchi. Il ne reviendra pas, il n’autorisera jamais plus personne à hausser la voix contre lui, à lui dire quoi faire, à lui dire qui être.

Lorsqu’il se retrouve au bas de l’immeuble, alors que de lourdes gouttes s'écrasent contre sa poitrine et se mêlent aux larmes qui ruissellent depuis ses joues, il a l’impression de respirer pour la première fois. Il ne sait pas où il va, mais il sait ce qu’il quitte.

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par BellaCarlisle » 31 août 2019 - 23:06

Titre : Fuir
Thème (écrit ou image) : Fuite
Fandom : Hannibal (série)
Nombre de mots : 536
Personnages : Frederick Chilton, Will Graham
Rating : - 12
Les corps semblent incrustés dans la rétine de Frederick. Dès qu’il ferme les yeux, il ne peut s’empêcher de les revoir, ensanglantés, éventrés, hérissés. Hannibal a amené la mort chez lui et l’a transformé en suspect idéal. Le sang imprègne ses vêtements, son estomac se serre à chacun de ses gestes en une nausée difficile à retenir. Sa gorge est nouée, tant et si bien qu’il se demande s’il pourra reparler un jour ou l’autre. Il a conscience d’avoir réagi un peu trop vite en quittant sa maison et en emportant les bagages préparés par l’Éventreur de Chesapeake mais il n’a pas réfléchi, choqué par ce qu’il a découvert. Il ignore quelle destination choisir, il conduit automatiquement en espérant que rien n’est réel.

Ce n’est pas très glorieux de sa part. Il fuit le danger, il fuit la scène de crime, il fuit la probable venue des autorités judiciaires. Il fuit également le courage qu’il n’a jamais eu et qu’il n’aura sans doute jamais. Chilton ne voit que cette unique solution à son problème, une solution imposée par un cannibale meurtrier qui a lui-même rempli ses sacs. Pour l’équipe de Crawford, ce sera une preuve de sa culpabilité, une de plus. Il a le profil idéal pour correspondre au tueur recherché par Jack, il le sait parfaitement. Personne ne voudra croire qu’il puisse être innocent, ils ne verront pas plus loin que le bout de leur nez et il finira dans les journaux sous la forme d’une photographie où il aura des menottes aux poignets.

Poussé par un soudain pressentiment, Frederick prend la prochaine sortie. Il doute d’être bien accueilli là où il se rend mais ce ne sera pas pire que de croiser la route d’Hannibal. Il arrête sa voiture, inspire longuement puis récupère ses sacs avant d’avancer vers la porte de la maison de Graham. Les chiens sont les premiers à venir vers lui puis Will apparaît. Chilton n’aperçoit aucune surprise dans le regard de l’empathe et il s’interroge longuement.

« J’imagine que vous avez besoin d’aide ? ironise le consultant.
— Est-ce que je peux utiliser votre douche ? marmonne le psychiatre avec une gêne évidente. »

Il veut se débarrasser de tout ce sang qui semble s’incruster dans la moindre de ses cellules. Graham l’autorise à entrer et lui montre l’emplacement de la salle de bain. Au lieu de le laisser seul avec ses pensées tourmentées, l’empathe se repose contre le chambranle de la porte, observant Frederick qui croise son regard. Les deux hommes se dévisagent l’un l’autre, attendant de voir qui reprendra la parole le premier.

« Vous appréciez de savoir que je suis dans les ennuis jusqu’au cou, n’est-ce pas ? déclare Chilton avec amertume.
— Je ne profite pas de la détresse des autres, je ne suis pas le Dr Lecter, réplique Will. Je constate juste qu’il a réussi à piéger tous ceux qui le démasquent. Qu’a-t-il fait pour que vous soyez dans cet état ?
— Il a mis Abel Gideon dans ma cave, découpé, et il a tué deux policiers.
— Et vous avez pris la fuite … Crawford ne vous loupera pas, Frederick.
— Vous croyez que je l’ignore ? Je ne pouvais pas attendre, pas avec tous ces corps. »
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Roxane-James1
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Roxane-James1 » 31 août 2019 - 23:20

Titre : Râteau
Thème (écrit ou image) : Fuite
Fandom : HP
Nombre de mots : /
Personnages : Theodore Nott/Marietta Edgecombe
Rating : TP
Elle le fuyait. Le jour, la nuit, dans ses rêves et surtout dans sa vie. Elle le contournait dans les couloirs, ignorait ses regards, le rejetait quand il tentait de l’approcher. Toujours. Et ça le rendait malade. Car même si elle ne voyait que cette insupportable Cho Chang, lui ne distinguait qu’elle dans ce monde de ténèbres. Elle et le voile amer qui flottait dans son sillage.

Aujourd’hui, sur le quai bondé de la voie 9 ¾, Theodore la cherchait des yeux, encore, tandis que son père lui faisait un sermon (encore). Quand il la trouva enfin, il salua son père d’un hochement de tête sec, confia sa valise à un coursier et se faufila dans la foule pour la précéder dans un wagon déjà rempli d’élèves impatients de repartir à Poudlard après avoir passé les fêtes de Noël en famille.
Elle était entourée de deux filles, parmi lesquelles Theodore reconnut Cho Chang et une Poufsouffle du nom de Smith. Mais, contrairement à ses amies, elle ne riait pas.

Theodore l’avait rarement vue rire ou simplement sourire. Marietta semblait constamment plongée dans ses pensées, excédée par ce qui se passait autour d’elle et concentrée sur ce que Chang lui racontait. Ses yeux s’attardaient sur les autres seulement pour les agresser, et quand elle s’adressait à eux, c’était toujours avec un ton morgue, presque dédaigneux. Elle n’avait rien de « charmant », de « gentil » ou d’ « adorable ». Elle n’était même pas particulièrement belle. Mais elle avait un truc… un truc qui retenait toute son attention et qui l’empêchait de dormir jusqu’à tard dans la nuit. Un truc qui le réveillait au petit matin, un truc qui le rendait impatient, nauséeux ou simplement amoureux. Un truc qui bousculait tout dans la vie de Theodore. Oui, Marietta Edgecombe avait ce « truc » qui le rendait accro et peut-être même courageux… Or, du courage, il en aurait besoin pour l’entreprise qu’il comptait mener en la poursuivant ainsi dans les couloirs du Poudlard Express.

— Edgecombe ! appela-t-il.

Theodore crut mourir au moment où elle fit volte-face pour le dévisager d’un air circonspect. Peut-être n’avait-elle aucune idée de qui il était ? Mais qu’importe. Février approchait à grands pas et il avait résolu de l’inviter à Pré-au-Lard pour la Saint-Valentin. C’était peut-être cliché et terriblement ringard mais il mourait d’envie de passer une journée entière en sa compagnie, même si cela signifiait qu’il devait supporter son silence obstiné. Il s’approcha donc d’elle en deux enjambées tandis que Chang et Smith gloussaient à côté. Theodore leur lança un regard glacial. Si seulement elles pouvaient déguerpir…

— Je voulais savoir…

Il déglutit, croisa et décroisa les jambes, leva les yeux au plafond et, décrétant qu’il était impoli de ne pas regarder son interlocutrice, les ramena sur son visage. Sauf que ses yeux furent attirés par ses lèvres, ce qui acheva de le décontenancer. Elle avait de jolies lèvres, bien dessinées. Des lèvres venimeuses, certes, mais des lèvres qui devaient être agréables à embrasser. Oh non… pourquoi pensait-il à cela ? Theodore se sentit rougir des orteils à la racine des cheveux. Pour se détendre, il fixa ses cheveux, d’une couleur oscillant entre le roux et le doré, à la fois belliqueuse et délicate. A son image, donc.

— Qu’est-ce que tu veux, Nott ?

Elle avait craché ces mots comme si les garder plus longtemps sur le bout de la langue la tuerait.

— Je voulais juste…

Soudain, son riche vocabulaire lui parut plus fade que le pudding de sa tante Alba.

— Oui ? s’impatienta Marietta.
— Je voulais t’inviter à prendre un verre. A Pré-au-Lard. Pour… heu… la Saint-Valentin.
— On est en Janvier, Nott.
— Je sais.

Edgecombe fronça les sourcils. Derrière elle, Chang souriait comme une dératée. Theodore l’aurait assommée si Malefoy n’avait pas pointé son nez dans le couloir à ce moment-là.

— Alors c’est d’accord ? la pressa-t-il avant que son camarade n’arrive à la hauteur.

Il n’avait surtout pas envie que Malefoy soit au courant de ses petites affaires.

— Certainement pas, répondit-elle.

Puis elle tourna les talons et disparut dans un compartiment, une légère grimace aux lèvres.

— Et un beau râteau, un ! ricana Smith avant de la précéder.

Theodore eut envie de la gifler, mais il prit la fuite avant que Malefoy ne comprenne ce qui venait de se produire.
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dedellia
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par dedellia » 31 août 2019 - 23:29

Titre : Celle des autres
Thème : Mémoire
Fandom : aucun
Nombre de mots : 141
Personnages : aucun
Rating : tout public
La mémoire.

Là où je serai quand je pousserai mon dernier souffle.

La mémoire.

Celle des autres, bien sûr.

Je ne serai plus qu’un souvenir
Ou plutôt des milliers de souvenirs
Un peu différents dans la mémoire de chacun
Un peu plus vifs ou fades, colorés ou gris.

Je serai une partie de leur histoire, puis ensemble, peut-être,
Ils joindront les parties de la mienne.

Des morceaux seront perdus
Je m’effriterai au fil du temps
Après quelques jours, années
Leurs mémoires seront grugées
M’effaçant un peu, beaucoup
Jusqu’à ce qu’eux aussi là-bas
Ne deviennent que souvenirs
Des résidents dans la mémoire
De ceux qui nous ont connus
Alors je disparaitrai encore
Bien plus vite cette fois
Jusqu’à ne plus exister
Comme si jamais
Je n’avais posé
Sur cette Terre
Les pieds

La mémoire. Je ne serai plus que dans leurs mémoires.
Image
:boing: :boing: :boing:

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Tiiki » 31 août 2019 - 23:39

Titre : Le long du Léthé
Thème (écrit ou image) : Mémoire + Image 0h
Fandom : Original
Nombre de mots : 428
Personnages : /
Rating : Aucun
Mathilda se promenait lentement en bord de Seine, sans trop savoir pourquoi.

Elle se sentait plutôt distraite ces derniers temps, elle qui était une octogénaire habituellement si anxieuse. Elle n’était vêtue que d’un simple peignoir en satin et de vieux mocassins en faux cuir d’une si basse facture qu’elle sentait presque à travers le soulier les assauts des quais de Seine sur sa voûte plantaire et ses talons plein de corne. Cependant, elle n’avait pas mal. C’était comme si elle était devenue insensible à la douleur. Oh, bien sûr, elle avait toujours la sensation du toucher, mais son corps semblait avoir bien des ratés ces dernières années. Elle ne savait pas exactement où elle était, et elle était sans doute perdue. Elle secoua la tête en éclatant d’un rire cristallin : quand bien même elle aurait été équipée d’une boussole, elle n’avait jamais eu un bon sens de l’orientation. Elle était tout bonnement incapable de se diriger seule, et cela allait de mal en pis les années passant. Elle se réjouit tout de même de constater que ses jambes semblaient la porter sans qu’elle ait besoin de leur en faire la suggestion. Elle se demanda combien de temps encore celles-ci pourraient la soutenir, mais peut-être serait-ce elle qui les lâcherait la première ? Elle n’était plus toute jeune et, à dire vrai, elle ne se rappelait même plus ce que cela faisait, d’être jeune. Cela faisait maintenant quarante-deux ans que sa plus jeune fille avait quitté la maison, trente-huit ans que ses enfants avaient coupé les ponts et tout autant qu’elle s’était résolue à l’idée de ne jamais connaître ses petits-enfants, dix-huit ans que Léon était parti et tout autant qu’elle vivait seule, onze ans que son huitième chat siamois était entré dans sa vie, et six mois que… Elle se sentit soudainement prise d’un vertige, menaçant un instant de tomber à l’eau. Ses cils menaçaient de dévorer son visage. Elle se noyait dans l’effroi, et elle avait l’impression que tout le fleuve s’engouffrait dans sa gorge et lui brûlait les cordes vocales. Elle se rappelait maintenant pourquoi elle était à moitié habillée, à remonter les bords de Seine…

Mathilda battit rapidement des paupières. Elle se promenait lentement en bord de Seine, sans trop savoir pourquoi. Elle se sentait plutôt distraite ces derniers temps, elle qui était une octogénaire habituellement si anxieuse.

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Roxane-James1
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par Roxane-James1 » 31 août 2019 - 23:57

Titre : Molly
Thème (écrit ou image) : Mémoire
Fandom : HP
Nombre de mots : /
Personnages : Molly Weasley / Arthur Weasley
Rating : TP
Le temps filait entre ses doigts comme des gouttes de pluie. Plus les années passaient, plus il devenait compliqué pour Molly de se remémorer les choses avec exactitude. Ces derniers temps, elle avait même commencé à confondre les prénoms de leurs enfants. Persuadés qu’elle était victime d’une étourderie, ils ne lui avaient rien dit. Puis elle avait oublié la date d’anniversaire de Lucy, demandé à James des nouvelles de sa formation d’Auror alors qu’il travaillait dans un centre de Magizoologie, inversé les ingrédients d’une recette et préparé une valise pour Poudlard en pensant que Ron s’apprêtait à y faire sa rentrée, lui qui était déjà père de famille depuis quelques années.

Il n’y avait qu’Arthur qui voyait la détresse s’allumer dans ses yeux quand elle comprenait que quelque chose clochait. Et ce matin encore, il la trouva en pleurs dans l’ancienne chambre des jumeaux, vêtue d’une robe de chambre élimée, les traits tirés.

— Je l’ai cherché toute la journée, souffla-t-elle en le remarquant sur le pas de la porte. Je lui ai crié dessus, je lui ai ordonné de ranger sa chambre, je l’ai menacé de le priver de repas… tout, Arthur. J’ai tout fait, tout dit. Mais il ne m’a pas entendue. Au début, je pensais qu’il se moquait de moi. Je me suis dit que c’était bien son genre de faire ça. Et puis…

Un sanglot lui échappa.

— Et puis je me suis souvenue qu’il était mort.

Arthur s’assit auprès d’elle sans rien dire. Il n’y avait rien à dire, de toute façon. Aucun mot ne pourrait soigner leurs cœurs meurtris. Aucun mot ne ramènerait Fred à la vie. Les années défilaient sous leurs yeux sans s’arrêter et, avant que le temps ne soit suspendu dans l’espace, Arthur prendrait soin de Molly.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par BellaCarlisle » 31 août 2019 - 23:59

Titre : Se souvenir
Thème : Mémoire
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 502 (compteur en ligne)
Personnages : James Bond, Gareth Mallory
Rating : Tout public
Les dossiers sont alignés sur le bureau, intacts. Seul l’un d’eux est ouvert, avec quelques photographies éparpillées sur le meuble. Mallory s’est endormi sur le page qu’il était en train de lire et c’est dans cette position que James le retrouve. L’agent hésite à le réveiller, partagé entre le soulagement de le voir enfin se reposer et l’angoisse de l’entendre à nouveau exprimer son ignorance. Il a ramené les rapports des missions effectuées depuis que Gareth est à la tête du MI-6 en espérant déclencher chez lui le retour de ses souvenirs mais cette solution est un échec complet. M est amnésique, il a oublié trop d’informations, trop de détails, trop d’événements qui les relient. Le double zéro aimerait être plus efficace pour lui rendre sa mémoire mais ce n'est pas dans ses cordes : il n'est pas question d'un ennemi à poursuivre ou d'une bombe à désamorcer, seul fait face l'esprit brisé d'un homme blessé.

Après une inspiration, Bond se décide. Dormir sur une chaise n'est pas très confortable et il veut épargner des courbatures à son supérieur. Il s'approche et le secoue doucement, guettant sa réaction. Mallory ouvre les yeux et plonge son regard dans celui déstabilisant de l'agent. Ce dernier attend pour ne pas le brusquer, remarquant l'incompréhension qui prend place peu à peu sur le visage de son amant. M est en train de sombrer dans l'abime qu'est devenue sa mémoire, sans aucune accroche à laquelle se suspendre. Sans le vouloir, James se laisse envahir par le chagrin, une émotion qui l'étreint souvent ces derniers temps, et il n'a conscience de ses larmes qu'à l'instant où la main de Gareth vient les essuyer.

« Ne pleurez pas pour moi, Mr Bond. Je crois que je n'en vaux pas la peine.
— Au contraire, Sir, rétorque l'espion d'une voix rauque. »

Mallory quitte sa chaise pour enfin se mettre à la hauteur de son subordonné. Délicatement, il effleure ses tempes, ses joues, sa gorge. Ses gestes sont légers et familiers, gravés dans une mémoire qui ne s'efface pas. Il s'autorise à prendre la main de James dans la sienne et à entrelacer leurs doigts après une brève pause.

« Apprenez-moi ce que je dois savoir, murmure M, pour que je redevienne celui que j'étais. Vous êtes le seul à pouvoir le faire.
— Ne me confie pas ton avenir sans en être certain. Je ne suis pas une personne recommandable.
— Vous prétendez que je vous aimais.
— Est-ce que cela fait de moi quelqu'un de bien pour autant ? Tu n'étais pas toujours d'accord avec mes opinions.
— Mais vous n'êtes pas parti alors j'en conclus qu'il y avait quelque chose de fort entre nous. »

La seule réponse de James est un baiser presque désespéré. Un baiser auquel Gareth répond, envahi par des échos de ses souvenirs.
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selket
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par selket » 01 sept. 2019 - 00:08

Titre : Savoir prendre les armes
Thème (écrit ou image) : Mémoire
Fandom : HP
Nombre de mots : 546
Personnages : Hannah, Susan, Ernie
Rating : TP

La salle commune ne raisonne plus des rires comme jadis. Seul quelques personnes acceptent encore de braver la pénombre ambiante qui semble suinter des murs, au lieu de se réfugier dans leur lit. Depuis que Poudlard est tombé aux mains des mangemorts les sourires ont fanés sur les visages des Poufsouffles et leur salle commune pourtant autrefois si accueillante n’arrive plus à leur faire oublier les temps difficiles. L’horreur de la guerre qui se profile au dehors semble s’infiltrer entre les pierres jointes des murs du château. Petit à petit tout plongent dans une noirceur aussi collante que de la poix. Incapable de bouger ils s’enlisent et sombrent chaque jour un peu plus.
Affalée dans un fauteuil elle feuillette distraitement un manuel de potions en regardant son camarade assis à côté d’elle. Dans les traits lasses d’Ernie, qui contemple la cheminée d’un air hagard, elle a l’impression de voir avec autant de netteté que dans un miroir le reflet de son visage ravinée par le découragement. Il n’y a plus rien à faire. Ils ont arrêtés d’espérer depuis que les Carrow les ont brisés.

Frigorifiée elle s’enroule dans le plaid qui reposait jusque là sur ses genoux et se collent un peu plus à Ernie comme pour mieux se souvenir qu’elle est encore en vie. Parfois il lui arrive de ne plus savoir discerner cauchemars et réalité. Elle à l’impression de s’être engluée dans une nuit sans fin. Incapable de se souvenir des jours heureux elle se contente d’avancer. Un pas après l’autre. Un cours après l’autre. Elle n’est plus qu’une marionnette qui se laisse faire, docile elle courbe l’échine devant ceux qui se rêve maitre d’une génération.
Cela fait bien longtemps qu’elle a laissé ses souvenirs au placard. Elle n’en a plus besoin ici. On lui dit quoi penser et faire. Comme tant d’autre ici elle s’est embourbé dans un immobilisme observateur. Ils ne font rien, ils attendent seulement. Ils espèrent que les choses évolueront mais ils ne seront pas à l’origine de ce changement attendu.

Autrefois Ernie aurait porté haut ses convictions et aurait pris les armes pour se faire entendre. Et elle l’aurait suivit comme elle l’avait toujours fait. Sans doute aurait-elle angoissé au moment de passer à l’acte, mais il lui aurait suffit de répéter la phrase que sa mère lui répétait petite pour se sentir pousser des ailes. Mais sa mère était morte, et avec elle les mangemorts avaient emportés son courage. Et avec elle les jours heureux s’étaient effacés de sa mémoire, ils l’avaient rejoins dans sa tombe.
Oui autrefois ils auraient fait quelque chose. Mais maintenant ils ne savaient rien faire d’autre que se cacher entre les murs de cette salle qui avait toujours été leur refuge.

Soudain, la machine se grippe. Les choses dérapent sans qu’elle ou Ernie l’est vu venir.
Ils ont attrapé Megan !
A peine le tonneau de l’entrée franchit, Susan se met à crier cette phrase qui tombe comme un couperet et fait descendre l’air de la pièce de plusieurs degré.
Une fois calmée Susan se met à raconter comment Alecto leur était tombée dessus alors qu’elle se rendait aux cuisines. Megan l’avait couverte pendant qu’elle fuyait. Tétanisée elle avait assisté à l’arrestation de son amie qui était restée en arrière pour la protéger.

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dedellia
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par dedellia » 01 sept. 2019 - 00:48

Titre : Train fantôme
Thème : image des rails
Fandom : aucun
Nombre de mots : 603
Personnages : Angélique
Rating : tout public
Il y avait longtemps que le train avait cessé de passer au village. Au moins une décennie, probablement plus. À vrai dire, Angélique ne s’en rappelait plus. Ce train qui passait auparavant à chaque jour au centre du village, coupant pendant quelques minutes la circulation entre les deux moitiés apportait de nouveaux visages et en ramenait des connus en. D’autres repartaient ensuite en emportant parfois des familles entières, d’autres un couple, un groupe de travailleurs ou des jeunes en quête d’aventure. Les derniers wagons étaient réservés à diverses vivres, objets et matériaux qu’ils ne fabriquaient ou ne cultivaient pas dans leur village avant tout minier. Un autre train s’occupait de venir chercher le minerai qu’ils récupéraient sous terre.

Ce train-là avait rapidement cessé de venir. La mine s’était épuisée, il n’y avait plus de raison de déployer un train pour eux. Puis, bien sûr, le village avait commencé à dépérir. Plusieurs avaient perdus leur emploi de mineur et avait pris un dernier train pour s’installer ailleurs. Des familles entières étaient parties. Certaines rapidement, d’autres avaient hésité, espérant sans doute un miracle. Angélique avait su pourtant que c’était en vain, la mine ne se remplirait pas miraculeusement. Les autres, ses amis, ses voisins, avaient fini par le comprendre et d’autres avaient encore quitté.

La fréquence du train passager avait diminué, peu avaient envie de venir visiter un village qui semblait habité par des fantômes : des dizaines de maison vides, des rues désertes, le bruit du vent dans la mine… Il n’y avait plus de visiteurs ou de gens en déplacement, alors le train ne passait plus qu’à toutes les deux semaines. Ne s’arrêtant qu’un instant pour faire embarquer ou débarquer un ou deux passagers et les quelques caisses de marchandises demandées.

Puis, un jour, Angélique s’était retrouvée seule. Le village avait été fermé, le train ne passerait plus. Mais on ne pouvait pas fermer un village comme on fermait un magasin. On ne pouvait pas le barricader ou empêcher les gens d’y entrer… ou y rester dans son cas. On pouvait cesser de l’approvisionner pour forcer les gens à partir, c’est ce qui, au final, avait convaincu les autres, ceux qui comme elle ne voulaient pas quitter ce village qui les avait vu naitre et grandir, de trouver de nouveaux horizons. Mais Angélique n’avait pu s’y résoudre. Elle était retenue ici par ses souvenirs, ses fantômes qui peuplaient le village de nos jours. Un rire qui résonne dans le vent du Nord, un visage rond et féminin qui se reflète dans la rivière, une silhouette qui marche sur les rails, une pierre tombale qui repose au fond du cimetière. Elle ne pouvait l’abandonner, elle lui avait promis. Alors même si le train avait cessé de passer au village, elle restait. Pour Madeleine.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 31 août

Message par BellaCarlisle » 01 sept. 2019 - 01:05

Titre : Partir
Thème : Image de 01h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 656 (compteur en ligne)
Personnages : Divya (OC), Kingsley Shacklebolt
Rating : Tout public
L'orage approchait, les nuages se couvraient d'un gris annonciateur du mauvais temps. Emmitouflée dans sa cape de voyage, Divya fixait les voies sans les voir, son regard aussi triste que le ciel au-dessus de sa tête. Elle ne voulait pas quitter l'Angleterre, c'était plus fort qu'elle, mais elle n'avait pas le choix. L'ombre de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était désormais trop importante pour l'ignorer et elle risquait sa vie en demeurant sur le continent britannique. Elle en avait pleinement conscience - elle n'était pas aveugle à la détresse qui sévissait au sein de la communauté sorcière - sans toutefois posséder la volonté de fuir. Elle avait fait au plus vite après avoir reçu le patronus de Kingsley l'informant de la chute du Ministère, emballant ses affaires à l'aide de la magie avant un transplanage en bonne et due forme. Aucun moldu n'avait assisté à son arrivée, elle savait exactement où visualiser sa destination, et elle avait alors suivi le mouvement de la foule.

Le train avait un peu de retard, ce qui ne l'étonnait pas. Elle espérait seulement ne pas avoir de mauvaises surprises à cause des Mangemorts. Les serviteurs du mage noir n'hésitaient pas à terrifier la population des non-sorciers et elle craignait une quelconque attaque. D'un point de vue magique, elle se débrouillait bien en sortilèges mais elle n'avait pas envie d'apprendre qu'il y avait eu d'innocentes victimes en raison d'un Avada perdu. Divya tentait de se persuader que les Mangemorts avaient mieux à faire que s'en prendre à une station de gare à cet instant. Si Scrimgeour était mort comme l'avait annoncé l'Auror alors il y aurait du changement aux différents postes du Ministère, de quoi occuper les sbires de Voldemort pendant un moment.

Le tonnerre grondant au loin, la sorcière se mit à l'abri en s'éloignant des rails. Elle avait choisi le plus long trajet en sachant qu'elle finirait par prendre un portoloin pour retourner dans son pays natal. Elle n'avait pas revu l'Inde depuis des années et elle se demandait ce qu'elle pourrait bien y faire. Elle avait un emploi un Londres comme avocate, un appartement quel appréciait pour sa localisation et une relation sentimentale dans laquelle elle se sentait épanouie. Tout abandonner lui serrait le cœur mais elle avait promis et ne reviendrait pas sur sa parole.

« Divya ! »

La voix familière la fit réagir. Kingsley était là, en chair et en os, semblant à la fois inquiet et soulagé. Oubliant toute prudence, la sorcière se précipita vers lui et se jeta dans ses bras, retenant ses larmes.

« Je ne pouvais pas te laisser partir sans te voir une dernière fois, murmura l'Auror en brisant leur étreinte. »

L'Indienne eut un mouvement de recul. Elle avait beau savoir que Kingsley travaillait dangereusement et appartenait à l'Ordre qui luttait contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, elle ne parvenait pas à accepter la possibilité de le perdre au cours d'une mission.

« Tu survivras, sanglota-t-elle. Je dois t'emmener visiter l'Inde, tu t'en souviens ? J'aimerais te présenter à ma famille, de manière officielle.
— Je ne peux pas te promettre de réussir, Divya. Nos forces sont plus faibles que celles de l'autre camp : Dumbledore est mort, ils ont assassiné Scrimgeour, des sorciers et sorcières se rallient à leur cause. Si je meurs, ce sera en défendant mon pays contre le mal. »

La sorcière détourna le regard. Elle aurait voulu être égoïste pour une fois en privilégiant ses sentiments mais elle comprenait assez les motivations de son compagnon. Il l'embrassa en lui souhaitant bonne chance et s'en alla sans se retourner. Divya entendit le train qui arrivait et qui la porterait loin de ce monde en déclin.
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Verrouillé

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