[Textes] Nuit du 23 février

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Samantha Black
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[Textes] Nuit du 23 février

Message par Samantha Black » 23 févr. 2019 - 19:31


Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Thème (écrit/image/musique) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe une série dédiée aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
Et n'oubliez pas de relire vos textes avant de les publier sur les sites ! Vous pouvez demander de l'aide sur l'espace de correction si nécessaire ;)
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Ysalyne
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Ysalyne » 23 févr. 2019 - 20:52

Titre : Notre Apocalypse
Thème (écrit/image/musique) : Apocalypse (20h)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 319
Personnages : Lily Evans, James Potter
Rating : K+
Alice avait levé les yeux très haut au ciel, le prenant pour témoin que rien d’aussi grave ne s’était produit, lorsque j’avais prononcé ce mot. Apocalypse. Qu’elle s’était moquée, la sarcastique, en m’entendant lui confier l’orage qui dévastait tout dans mon coeur. Qu’elle avait rit, la méchante, en apprenant ma bêtise, mon regret qui se battait férocement en duel avec mon envie de retourner me blottir au creux du plus chaud des péchés. Un péché que je découvrais, qui me découvrait, que je ne demandais qu’à connaître encore et encore.

Morgane ! comment avais-je pu passer tant d’années à lutter ? La simple idée de replonger dans ce combat m’épuisait, faisait cesser en moi toute envie de vivre. Et pourtant. Si le comment me restait un grand mystère, le pourquoi n’en était pas un – oh non ! Je ne le devrais pas, seulement, je ne pouvais plus m’en empêcher. Plus depuis qu’il m’avait regardé dans les yeux et m’avait promis de ne plus jamais m’importuner, plus depuis qu’il m’avait regardé comme il ne m’avait jamais regardé auparavant. Avec fatalité.

Apocalypse. La fin du monde. Suivie du jugement dernier. Lorsque sa peau a enfin rencontré la mienne, assoiffée de lui depuis tant de temps sans jamais l’avouer, c’est bien mon monde qui s’est écroulé, qui s’est déchiré, qui s’est retourné. Mon procès, c’est lui qui me l’a donné, m’absolvant de toutes mes fautes de son baiser de pécheur. Que l’enfer s’ouvre sous nos pieds, s’il l’ose. Je sais qu’il me tiendra contre lui. Que les vents se déchaînent, si c’est là notre punition. Je sais qu’il profitera de la tempête pour m’appendre à voler.

Moi, Lily Evans, j’ai croqué dans la pomme, j’ai cédé à la tentation, j’ai mis genoux à terre devant la force du destin. Ce destin qui m’a inexorablement poussé jusqu’à James Potter. Pour qu’ensemble, nous puissions vivre la fin de notre monde. Notre Apocalypse. Et qu’ensuite nous puissions renaître.
Ysalyne

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icequeen38
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par icequeen38 » 23 févr. 2019 - 20:55

Code : Tout sélectionner

Titre : Le champignon géant
Thème (écrit/image/musique) : Apocalypse
Fandom : Aucun
Nombre de mots : 350
Personnages : Marchand/Prince
Rating : Tout public. 
Le bar était encore plus sombre et dégueulasse qu’à l’accoutumée. Le messager entra aussi discrètement que possible.

- C’est plein de brigand... lâcha-t-il bien malgré lui. Après tout il était un prince déshérité, il lui fallait re conquérir son l’honneur et l’estime de son père, il savait qu’il ne l’impressionnerait qu’en partant du bas et en remontant l’échelle petit à petit. Il n’était pas pressé, a vrai dire, il n’avait que seize ans. Il hériterait du Royaume d’Yshaara qu’a la mort de son père, il avait donc largement le temps d’y remédier. Il laissa son cheval à l’entrée et regretta que ce dernier ne soit pas son fidèle destrier qu’il avait dû vendre, au tout début de sa quête afin de pouvoir vivre parmi les paysans en tout quiétude. Ce cheval lui avait assuré son loyer pour une bonne partie de l’année. Il a été déshérité car il s’est intéressé aux affaires concernant l’Ancien Monde... Celui a été détruit par un champignon géant. C’était l’histoire que lui racontait sa mère étant enfin et avec son innocence d’enfant, il avait pensé qu’un légume géant avait dévoré le monde. Depuis il avait continué à faires des recherches, mais s’intéresser à l’Ancien Monde était strictement interdit et ce depuis le Roi Edouard I, son arrière, arrière-grand-père, donc. Comme son père voulait éviter de faire exécuter son fils et de provoquer un énorme scandale, il valait mieux le déshériter dans le plus grand secret... Il ne comprenait tout simplement pas l’intérêt que pouvait bien avoir son fils pour l’Ancien Monde.

- Vous avez ce que j’ai demandé ? Demanda l’ancien Prince, Hyrulion ?

- Oui, affirma le marchand, contre le message que vous êtes sensés avoir pour moi.

Le prince lui tendit la missive et quelques pièces en étain en échange, le marchand lui donna une espèce de « pierre », Hyrulion ignorait en quoi c’était fait et supposa que c’était de la pierre, plate noire et cassée. Les yeux du prince brillèrent devant l’objet provenant de l’ancien monde.

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par BellaCarlisle » 23 févr. 2019 - 21:02

Titre : Coïncidences
Thème : Apocalypse
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 572
Personnages : Spencer Gates (OC), Shannon Brown (OC)
Rating : Tout public
« J’ai enfin trouvé des informations. »

Tout en parlant, Spencer dépose sur la table un ouvrage à l’air ancien. Les pages sont fines et très fragiles mais le jeune homme les manipule avec soin, cherchant le paragraphe qu’il tient à montrer à sa meilleure amie. Cette dernière hausse les sourcils, peu convaincue par l’enthousiasme de son camarade.

« Je te rappelle que c’est déjà ce que tu as dit la dernière fois, remarque Shannon avec ironie. C’est au moins le cinquantième livre que tu embarques.
— N’exagère pas, marmonne le brun en la fusillant du regard. Contrairement à toi, je prends ça très à cœur.
— Je n’ai rien contre le fait de donner un coup de main, Spencer, mais ce n’est pas à nous de régler le problème. Tu as entendu Potter, son père s’en charge avec les Aurors.
— Merci, je suis au courant. Mais je te signale qu’ils vont encore croire que c’est à cause d’un Mage Noir en devenir. Aucun d’eux ne va se poser de questions.
— Parce que tu penses sincèrement qu’il y a autre chose ? »

En entendant l’incrédulité dans la voix de la jeune femme, il relève les yeux vers elle, quittant un bref instant les enluminures colorées. Il ignore ce qu’il pourrait ajouter pour la persuader d’avoir confiance en ses instincts, d’autant plus qu’il est sûr au fond de lui de suivre le bon chemin. Il y a trop de coïncidences pour que les derniers événements ne soient que des résultats de l’œuvre d’un sorcier isolé mais le monde magique a tendance à être trop borné sur certains points. Si la magie fait entièrement partie de leur vie, du matin au soir, les sorciers continuent à refuser l’existence de plusieurs forces supérieures qui ne sont pourtant pas plus improbables que tout ce qu’ils côtoient en permanence.

Spencer a passé les quatre derniers mois à la bibliothèque, parcourant les différents rayonnages afin d’obtenir assez d’informations pour valider sa théorie. Sa curiosité et son envie de toujours en apprendre plus ont développé chez lui une culture plutôt vaste sur les mythes, les légendes ou les croyances des moldus. Il aime le monde sorcier mais il a très vite été attiré par toutes les histoires extraordinaires de ce monde sans magie. Et ses souvenirs lui ont permis de finalement remettre la main sur des textes qui concordent parfaitement avec ce flot étrange de mort qui s’abat sur la Terre.

L’expression sur le visage de Shannon le fait hésiter quelques instants puis il se reprend. Il ne baissera pas les bras aussi vite, même si sa meilleure amie le prend pour un illuminé. Après tout, si ce qu’il suppose est vrai, ils auront besoin rapidement de communiquer avec le ministre de la magie britannique pour ensuite prévenir toute la communauté magique mondiale.

« Regarde cet extrait, Shannon. Alors, on leur donna pouvoir sur le quart de la terre, pour exterminer par l’épée, par la faim, par la peste, et par les fauves de la terre. On a retrouvé des épées près des corps ! Pas de baguette magique ou toutes les armes habituelles utilisées par les moldus !
— Spencer, tu vas trop loin. Ces lignes, cet Apocalypse, ce ne sont que des histoires racontées pour les esprits naïfs. Ma mère m’a déjà parlé de la Bible et …
— Ta mère ne verrait pas un niffleur même si elle en avait un sous les yeux, marmonne le jeune homme. »
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par AliceJeanne » 23 févr. 2019 - 21:05

Titre : /
Thème : Apocalypse
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 537
Personnages : Rym (OC), David, Sonia (OC)
Rating : /
Le nez collé à la vitre du wagon, David observait le paysage de désolation qui défilait devant ses yeux, avec lassitude. Le train de cité les convoyant Rym, Sonia et lui à la gare, sillonnait déjà les buildings dévastés depuis presque une heure, ralenti par les nombreux contrôles d’identités et interventions des forces armées ayant pour but de déloger les immortels de leurs cachettes afin de mieux les exterminer. La fièvre avait peu à peu envahi les villes de toute la planète et une guerre civile n’avait pas tardé à éclater. En quelques mois à peine, tout ce qu’avait connu l’adolescent avait disparu. Le temps où il pouvait flâner la nuit avec Wilhelm en compagnie de son père était maintenant révolu et les vampires se terraient avant de saisir la meilleure occasion de quitter le pays. Thomas avait convenu avec Rym qu’elle emmènerait les deux enfants, une mère attirant beaucoup moins l’attention qu’un groupe, tandis que Farkas et lui-même prendrait un autre itinéraire, plus risqué. Alicia et Manuel avait effectué le trajet quelques semaines auparavant avec leurs enfants, et étaient arrivés dans la forteresse nordique sans encombre.

Un vif mouvement attira soudainement l’attention de David qui tourna la tête vers l’avant du train. Deux hommes bondirent par une fenêtre et se jetèrent sur la voie d’en face sous une pluie de balles. L’un deux se métamorphosa en lycan tandis que l’autre s’écroula suite à l’impact d’une balle à ultra-violets de nouvelle génération. Le malheureux se tordit de douleur encore quelques secondes avant que son visage consumé ne s’affaisse sur lui-même étouffant ses hurlements. Au loin, une mine explosa, arrachant la moitié d’un immeuble, confirmant la mort d’un autre des leurs.

« Ce n’est pas un spectacle pour toi, chuchota sèchement Rym en tirant prestement le rideau sur la fenêtre. »

David resta encore un instant le regard perdu sur le tissu avant de se détourner pour fixer la jeune-femme et la fillette qu’elle tenait sur ses genoux. Sonia était incroyablement calme pour une enfant de trois ans et rien ne laissait paraître dans son étrange regard dichromatique qu’elle appartenait à une autre espèce que celle des humains. L’adolescent l’aimait plus que tout et c’était souvent pour elle qu’il versait quelques larmes loin des yeux inquisiteurs de son père. Lui avait connu le monde avant la Purge alors que les souvenirs d’enfance de Sonia seraient à jamais entachés de mort et de destruction.

« Voici notre arrêt, indiqua Rym alors que le train ralentissait. »

D’un geste maternel elle poussa David devant elle tout en portant contre elle sa fille qui cachait instinctivement son visage dans son cou. Deux petits sacs à dos étaient leurs seuls bagages et étaient vissés sur leurs dos, les vols étant devenus de plus en plus fréquents. L’hybride allait poser la main sur la poignée de la porte du compartiment lorsqu’un homme l’ouvrit à la volée et les observa tous les trois d’un air suspicieux. David déglutit et regarda ses chaussures après que son regard se fut posé sur l’arme anti-immortels qui se reposait à sa ceinture.

« Papiers ! Tonna-t-il, alors que malgré les protestations de Rym, le train s’ébranlait à nouveau, emportant avec la vitesse leurs maigres chances de survie. »
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icequeen38
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par icequeen38 » 23 févr. 2019 - 21:24

Code : Tout sélectionner

Titre :A la  poussière
Thème (écrit/image/musique) : poussière
Fandom : harry pottter
Nombre de mots : 327
Personnages : Harry, voldemort
Rating : Tout publique

Voldemort faisait face à Harry, il avait son armée derrière lui. Il n’avait donc rien à craindre dans son esprit se dessina l’image du curé, qui durant son enfance avait sermonné les orphelins de l’orphelinat ou-il à grandit. Sur la morale, être gentil avec ses camarades. L’enfer…Mais Voldemort ne croyait pas en un dogme. . . Enfant, il écoutait les sermons sur l’enfer et se disait que c’était n’importe quoi. Quels parents envoyais des enfants souffrir en enfer sous prétexte qu’il ne les adorait pas ? Voldemort prenait le plaisir dans la souffrance d’autrui.
Voldemort ne croyait en rien, sauf en lui-même. Il avait ce truc que les autres n’ont pas et un jour, il aurait beaucoup plus. Il avait un Destin, avec un grand D.

Lorsque Dumbledore était venu le chercher pour lui révéler le monde magique, Voldemort voyais en cela une simple confirmation de son intuition. Il a eu une scolarité à Poudlard brillante, vraiment brillante, mais il lui fallait un truc en plus et c’est quand il a trouvé la magie noire qu’il s’est senti comblé… Il en a poussé l’étude jusqu’à se créer des horcruxes. Il ne croyait pas avoir une âme, donc il la déchirait au mépris des règles de la vie les plus élémentaires. On ne touchait pas à la mort que ce soit la sienne ou celle des autres. Mais voilà, Voldemort a toujours eu peur de cette épée de damoclès lui pendant sur la tête. Il à fallut une prophétie pour lui faire avoir peur, encore plus et quand il avait peur, il attaquait, précipitant sa perte. Il avait erré longtemps sous forme d’esprit car il ne pouvait mourir… il est revenu grâce a diverses choses interdites. Donc, oui Voldemort eu un sourire narquois lorsque lors de la grande bataille, Harry lui proposa de se repentir « et pis quoi, encore » se dit-il. Mais il n’eut jamais aussi tort de toute sa vie.

A la poussière tu retourneras.

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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par AlwaysLS » 23 févr. 2019 - 21:37

Titre : Deuil
Thème (écrit/image/musique) : Poussière
Fandom : HP
Nombre de mots : 100
Personnages : Sirius Black
Rating : tout public
Tous avaient tenu à l’accompagner. Et il leur en était reconnaissant. Ils étaient en retrait, par pudeur. Il était là pour la forme. Parce que c’était son frère, un membre de sa famille, de son sang. Parce qu’une infime part de leur patrimoine génétique était commun. Et il n’en était pas fier. C’était un idiot. Mais c’était son frère. Mais con qui avait de mauvais choix. Un frère qui avait des choix cons.
Une page se tournait. Une époque était révolue. Il en avait le vertige. Une larme roula sur sa joue. Sirius Black l’écrasa brusquement. Maudite poussière dans l’œil.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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CotonEcriture
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par CotonEcriture » 23 févr. 2019 - 21:41

Titre : Trois ans après...
Thème (écrit/image/musique) : Thème + Image
Fandom : Le Seigneur des Anneaux
Nombre de mots : 353
Personnages : Legolas en Personnage Principal notamment
Rating : Aucun
Le sol était sec, aride, décharné de verdure. Un chant de flûte résonnait dans cette horizon de journée caniculaire d'automne. Legolas, couché sur l'herbe se jouait de Gimli. Ce dernier, encore encombré de sa hache, râlait comme quoi les herbes étaient trop hautes et trop jaunes. La Guerre s'était terminée trois ans auparavant et en ce jour, les anciens compagnons de la Communauté de l'Anneau s'étaient organisés pour se revoir. Aragorn, accompagné de son épouse et de son tout nouveau fils, Eldarion, se tenait à l'écart avec les deux Hobbits Pippin et Merry. Depuis ce temps, Legolas ne faisait que de se rappeler de ces temps de guerre... le fait de compter les ennemis tués lui manquait... après tout, il s'était arrêté à neuf mille cinq cent quatre-vingts treize ! Ce n'est pas un chiffre rond ! Il aurait pu faire quelques efforts... Une fois la Guerre de l'Anneau terminée, l'amitié entre Gimli et Legolas, célébrée comme la plus grande entre les deux peuples, perdura et ils voyagèrent ensemble, montrant les merveilles de leurs peuple respectifs. Legolas mena des Elfes en Ithilien afin de rendre sa prime beauté à ce lieu ravagé par Sauron.

A cet endroit, en ce lieu... il s'étaient revus, ensembles... et ça faisait drôle à Legolas... de voir Gandalf fanfaronner avec Gris-Poil et papotant avec Sylvebarbe, un des derniers Ents... d'observer Aragorn rire, Arwen a ses côtés... de voir au loin Merry s'amuser avec le petit Eldarion, avec des pommes et des grappes de raisins...

Respirant l'odeur fruitière du lieu, il se sentait si libre, si calme... si leste, si joyeux... le regard se perdant vers l'étendue incommensurable, il n'entendait même plus les bruits de Gimli. Tout son corps était détendu et seuls ses cheveux, frappés par le vent, semblaient feindre un affolement. Legolas est Legolas et en tant que Sinda, percevoir les multiples chants des oiseaux lui était tâche aisée. L'arc encore sur le dos, il se souvenait de ces souvenirs mouvementés du passé... si nostalgiques... si moroses... tant de spleen...
CotonEcriture
"Comme la nuit paraît longue à la douleur qui s'éveille" - Horace

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Ysalyne
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Ysalyne » 23 févr. 2019 - 21:44

Titre : Emily la chaman
Thème (écrit/image/musique) : Poussière (21h)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 661
Personnages : Ariana Adams (OC), Emily Hook (OC), Alison Adams (OC)
Rating : T
« Hé ! Qu’est-ce que tu fabriques ? »

Derrière son dos, la voix d’Emily percuta le silence dans lequel elle se complaisait et qui l’aidait à ruminer plus que de raison. Bougonne, Ariana fit la moue et secoua la tête alors que sa meilleure amie se jeta dans le fauteuil face à elle.

Rien.
– Je veux bien t’croire. »

Emily regarda la table vide de toute activité que fixait cependant Ariana avec détermination et secoua ses cheveux noirs.

« Dis-moi.
– Il n’y a rien à dire.
– Dis-le quand même. »

La bienveillance exacerbée d’Emily exaspéra l’autre jeune fille qui se laissa tomber contre le dossier moelleux. Qu’y avait-il à dire qu’Emy ne savait pas ? Qu’elle ne lui ai pas dit et répéter un milliard de fois pour la protéger ? Et dire qu’Ariana avait vraiment cru que sa soeur pouvait avoir changé.

« Je me sens bête.
– Oui, moi aussi je te trouve bête.
– Merci.
– Je t’en prie. »

Emily s’installa plus confortablement, passa ses jambes par-dessus le bras du fauteuil, et sonda sa meilleure amie du regard.

« Tu sais ce qu’il te ferait du bien ?
– Je t’écoute.
– Un peu de magie. »

Ariana haussa un sourcil.

« Est-ce que tu me conseilles d’aller jeter un maléfice de chauve-furie à Alison ? Non, parce que…
– Non.
– Oh. »

La jeune fille ne pu cacher être légèrement déçue. L’idée lui trottait dans la tête depuis quelques heures maintenant, lui permettant de se défouler psychologiquement au moins, mais si elle avait eu le bonheur d’avoir l’appuie d’Emily dans cette entreprise, elle n’aurait plus hésité un seul instant.

« Non, je te parle d’une magie plus… chamanique. »

Intriguée, Ariana regarda Emily se lever, s’accroupir face à la cheminée de la salle commune et revenir à elle, une grosse poignée de cendre entre les doigts. Emily déposa le petit tas de poussière sur la table basse et s’assit en tailleur à même le tapis.

« C’est ma grand-mère qui m’a montré cet été. Je te montre ?
– Tu peux marabouter Alison pour qu’elle ne soit plus aussi conne ?
– Hm… Je ne promets pas de miracle, mais ça vaut le coup d’essayer. »

Ariana laissa échapper un sourire moqueur et s’assit à son tour sur le tapis, face aux cendres. Emily descendait du peuple Huron, natifs d’Amérique, et la légende familiale voulait même que ses ancêtres soient des chamans très puissants.

« Comment on procède ?
– D’abord on se tait. » Emily ferma les yeux et tendit les mains au-dessus des cendres. « Mets tes mains sur les miennes. Et penses très fort à ce que tu voudrais faire subir à Ali-zilla. »

Concentrée, Ariana se focalisa sur le crâne chauve de sa soeur, avec la certitude que rien ne pourrait plus l’effrayer que de perdre subitement sa magnifique cheveux brune et bouclée. Dix secondes. Trente secondes. Une minute. Le silence s’éternisa et Ariana osa ouvrir une paupière.

Emily, les sourcils froncés, avait l’air de marmonner des mots sans véritable sens, comme un enchaînement de syllabes inconnues et dissonantes. Puis, la jeune Huron rouvrit les yeux et retira sa main de dessus les cendres.

« Et maintenant ?
– Je ne sais pas. Quand ma grand-mère l’a fait, les cendres ont reprit feu. »

Les deux jeunes filles de quinze ans observèrent avec désolation le tas de cendre toujours aussi froid qui gisait devant elles. Mais finalement, Ariana était un peu soulagée. Peut-être s’en serait-elle tout de même voulu d‘avoir rasé le crâne d’Alison à distance. Cependant, refusant de baisser les bras aussi vite, Emily releva la tête et adressa à son amie un sourire brillant.

« Au point où on en est, je te propose de prendre un poignée de ce truc et de le glisser dans le jus de citrouille Ali-zilla demain matin. Au mieux, notre malédiction fonctionnera, au pire, elle tombera malade ! Et tant pis pour elle ! »

Ariana éclata de rire et approuva vigoureusement. Au moins, cette petite séance de chamanisme avait-elle eu le mérite de la détourner de ses ruminations sombres et solitaires.
Ysalyne

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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par ninipraline » 23 févr. 2019 - 21:45

Titre : Sauvé !
Thème (écrit/image/musique) : poussière & le texte – incipit de la première heure
"L’instant d’avant, où était l’instant d’avant ?
Autour, brouillard et poussière, épais tous deux, que du blanc, et une question est-il devenue aveugle ?
Il avance. Ses pieds ne trouvent qu’un sol mou. Un matelas ? Une épaisseur molle, collante. Qu’est-il arrivé ?
Il y a encore ce bruit qui résonne. Un sifflement. Une sirène. Il ne sait pas. il ne sait plus.
Tout est suspendu. Tout est arrêté. Les aiguilles de sa montre marquent onze heures onze. Le vent ne souffle plus dans les branches.
Jusqu’à son souffle. Plus d’inspiration. Plus d’expiration. Ses mots, il ne les prononce pas, il ne les entend pas, et ils sont hors de sa tête. "

Fandom : Original
Nombre de mots : 212
Personnages : OC
Rating : Tout public
Il s’était précipité sur la porte vitrée comme un naufragé sur une bouée.
Il tournait depuis des heures dans cette cité. Cette cité plongée dans la nuit par une des plus importantes pannes d’électricité s’il en croyait les messages sur le site d’information de la ville. Son téléphone en main, GPS hors service, il avait tenté de trouver son chemin. Et puis, dans le noir total, il y avait eu ce blanc clignotant, un palpitement de lumière dans l’obscurité : les néons incolores d’une supérette.
Il était passé des ténèbres à la clarté, de l’humidité glacée à la chaleur sèche des souffleries, des relents d’urine au parfum de détergent, de la rugosité de l’asphalte au poli du carrelage. Et maintenant que ses yeux s’étaient habitués. Il pouvait enfin apprécier les longs rayons blancs, un peu poussiéreux où se côtoyaient fruits et légumes, pains et pâtisseries, sandwichs et repas le tout sous vide et par portion pour un ou pour trois.
Dans un coin derrière la caisse, un micro-onde tenait compagnie à une photocopieuse, une machine à imprimer les photographies, quelques tabourets hauts et un comptoir qui donnait sur la vitrine. De l’autre côté, longeant le reste de la vitre, des présentoirs proposaient quelques ouvrages.
Derrière la caisse, une femme sans âge le regardait.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par AliceJeanne » 23 févr. 2019 - 21:46

Titre : /
Thème (écrit/image/musique) : Poussière
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 261
Personnages : Sirius Black
Rating : /
Les longs doigts de l’homme passèrent avec lassitude sur le vieux meuble en bois ayant appartenu à son grand-père. Il se souvenait encore du jour où il avait été mis à la porte de la grande demeure Square Grimmaurd sans plus de cérémonie. En ce pâle matin d’automne il avait alors pensé que jamais plus il n’y mettrait les pieds. Mais encore une fois le destin semblait vouloir le tourmenter en un joli pied de nez et les souvenirs affluaient par milliers à chaque contact avec la poussière accumulée partout depuis des années. Remus s’affairait à l’étage du dessous en toussant, visiblement les sors de nettoyage employés se révélaient inefficaces contre le temps, immuable.

Sirius souffla sur une table, faisant s’élever quelques tornades avant de se laisser tomber dans un fauteuil. Sa tête retomba mollement dans ses mains et il se permit un soupir de soulagement. Aussi aberrant que cela puisse lui paraître, il était en sécurité dans cet endroit qu’il avait longtemps aimé puis un jour détesté. Des brides de rires d’enfants lui revenaient en mémoire, pales fantômes d’une plénitude lointaine et il partit d’un grand éclat de rire avant de suffoquer car en s’asseyant toute la poussière du fauteuil s’était éparpillée dans l’air ambiant. Sa toux se mua en sanglots et il respira l’air saturé à plein poumons. Jamais il ne s’était autant senti aussi prisonnier alors qu’il goutait à peine à nouveau à la liberté. Cloitré dans les abimes poussiéreux de ses songes, luttant pour faire fuir la folie de sa famille au plus profond de ses souvenirs.
Titre : /
Thème (écrit/image/musique) : Poussière
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 406
Personnages : Rym (OC), Farkas (OC), Tanis
Rating : /
Tanis lâcha la pile de documents sur la petite table dans le coin nord de la grande bibliothèque du château de Markus tout en jetant un regard suspicieux sur les deux recrues qui se tenaient devant lui, un air agacé plaqué sur le visage de l’un et un sourire rayonnant barrant celui de l’autre. Rym aurait payé très cher celui qui lui aurait épargné cette punition stupide orchestrée par Sonja. Comme si ranger quelques milliers de traités en compagnie de Farkas allait leur permettre de se rapprocher afin que leurs joutes ne se transforment plus en allées et venues incessantes entre le terrain d’entrainement et l’infirmerie. Ils étaient déjà suffisamment proches à son goût de toute façon, bien que son mentor l’ignorait.

L’archiviste leur lâcha de vagues consignes avant de prendre la direction de ses quartiers à grand renfort de bâillements et les deux jeunes se mirent à l’ouvrage. Farkas tenta d’engager la conversation, sans succès, après deux heures de classement des recettes agricoles du fief nord et demeura par la suite aussi muet que leurs nombreuses étagères du repère de Tanis. Ce fut finalement Rym qui rompit le silence par une flopée de jurons déblatérés en arabe lorsque six des douze volumes d’une encyclopédie en grec ancien lui tombèrent sur les pieds, l’ensevelissant sous une montagne de poussière puis de livres suite à la chute de l’étagère à laquelle elle s’était rattrapée en trébuchant contre lesdits volumes. Le fracas fut tel que le vampire eut un instant peur pour la vie de sa camarade.

Il la tira des livres avec difficulté et entreprit de l’épousseter tandis qu’elle peinait à retrouver son équilibre. Ce n’est que lorsque son ami entreprit de retirer les moutons de poussière de ses cheveux qu’elle reprit pied dans la réalité et écarta sa main qui s’attardait bien trop à son gout dans ses boucles ébène. Farkas roula des yeux et Rym se contenta d’enjamber le monticule de volumes à ses pieds en soupirant. Malheureusement la jeune-fille, encore sonnée, buta dans un dictionnaire de français en se retrouva à nouveau au sol, coincée sous Farkas qu’elle avait entraîné dans sa chute.

« C’est la pire punition de mon existence, grogna-t-elle en se relevant sur les coudes tandis que son ami avisait avec circonspection sa position à califourchon sur ses hanches.
- Tout est une question de point de vue, s’amusa-t-il en retirant un mouton du nez de la jeune-file.
- Crétin. »
Dernière modification par AliceJeanne le 23 févr. 2019 - 22:10, modifié 1 fois.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Carminny » 23 févr. 2019 - 21:50

Titre : Un livre sous la poussière
Thème (écrit/image/musique) : Poussière
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 100
Personnages : Minerva McGonagall
Rating : Tout Public
Minerva McGonagall rangeait son austère chambre à Poudlard. Elle y avait emménagé il y a déjà une bonne soixante d’années et maintenant qu’elle prenait sa retraite, elle retrouvait des objets dont elle avait déjà complètement oublié l’existence sous des tas de poussière. Là, son ancien télescope. Elle ne savait même pas pourquoi elle l’avait amené dans un premier temps.
Puis un livre d’alchimie empoussiéré. Le nom sur la première page indiquait Lidwyn Litin. Combien de temps était passé ? Elle n’avait plus tellement repensé à son amie depuis la guerre. A ses amies. Tout était fini. Quand les reverrait-elle ?
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CacheCoeur
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par CacheCoeur » 23 févr. 2019 - 21:55

Titre : /
Thème (écrit/image/musique) : Poussière (21h)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 590
Personnages : OC
Rating : K+


Le ministère de la magie avait été très clair sur la question. Archer Evermonde, le premier ministre de la magie avait promulgué une loi d'urgence, interdisant aux sorciers de se mêler à cette guerre... Pourtant, beaucoup n'avait pas écouté, et tous les jours, des centaines de sorciers enfreignaient le code international du secret magique. Pour ma part, je m'en fichais pas mal. J'étais incapable de produire la moindre étincelle de magie. Je n'avais aucun secret à trahir.

-Evan.
-Quoi ?
-T'es en train de fumer le mégot de ta cigarette.
-Oh, fis-je en jetant ce dernier.

Mon frère était si pâle que même la poussière avait plus d'éclat que son teint blafard. Ses joues s'étaient creusés, ses yeux s'étaient enfoncés dans leurs orbites et l'arrête de son nez s'était tordue. Son uniforme était bien trop grand, tout boueux et les manches, qu'il avait consciencieusement retroussées, laissaient apparaître sa peau et ses os au niveau de ses poignets. Je savais que dans sa sacoche, il y avait sa baguette magique, et qu'il était prêt à s'en saisir tout instant.

-Tu trouves ça normal, que nos armes soient plus propres que tout le reste ? Lui demandai-je.
-J'en sais rien, répondit Henry en haussant les épaules.
-Tu penses qu'elle fait quoi Mina ?
-J'en sais rien.
-Elle doit sûrement s'occuper des blessés et les asperger d'essence de dictame en susurrant à tous les officiers des « Laissez-moi soigner vos blessures » pour les distraire...
-J'en sais rien.
-Notre sœur n'a pas sa place ici, maugréai-je finalement.

Mina et Henry n'avaient pas hésité un seul instant avant de s'engager. Ils n'avaient pas attendu la loi d'urgence du Ministère de la magie, et le soir même de leur départ, ils m'avaient surpris, un sac en toile sur le dos, en train de les suivre. Mina avait hurlé, parce que Mina ne gardait jamais son calme, et qu'elle ne savait pas s'exprimer sans crier. Henry, il avait haussé les épaules, parce que Henry gardait toujours son calme, et qu'il ne savait pas s'exprimer du tout. Nous avions le même père, la même mère, et pourtant, nous étions si différents. « Tu ne peux pas venir Evan », « C'est trop dangereux Evan », « T'es un cracmol Evan »... J'avais laissé Mina s'égosiller et Henry me regarder durement.

-J'ai froid.
-Nous sommes en avril, murmura Henry.
-J'ai faim.
-Il a plu hier.

Le regard de mon frère était vide. Il surveillait ce qui se passait devant lui, alors que nous n'étions même pas en service. Tout était si sale ici. Les tranchées avaient beau être renforcées, la boue avait beau sécher, nous vivions dans un espace immonde. Mais nous vivions et c'était déjà ça. Entre les poutres de bois, reposait nos affaires, mon casque et un fil sur lequel était entendu la veste d'un homme qui était mort hier. Un rayon de soleil nous éclaira, faisant danser la poussière à travers la brume.

-Oh regarde Henry !

Je lui donnais un coup de coude. Enfants, Mina, Henry et moi adorions nous cacher dans le vieux grenier du manoir. Les poutres étaient pleines de trous et le plancher grinçait. Nous y passions des heures... La chaleur y était étouffante, et pourtant, nous y étions, même durant l'été. Et parfois, le soleil éclairait l'obscurité et faisait danser la poussière. Nous soufflions dessus, pour jouer, nous amuser...

-Quoi ?
-On dirait que la poussière danse...
-C'est juste le vent.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par BellaCarlisle » 23 févr. 2019 - 22:03

Titre : Panique
Thème : Poussière
Fandom : Hannibal (série)
Nombre de mots : 837
Personnages : Frederick Chilton
Rating : + 12
Le courrier s’est accumulé dans la boîte aux lettres et Frederick bataille pour récupérer les différentes enveloppes. Ses clefs lui échappent à plusieurs reprises et il retient un grognement irrité, inspirant longuement pour se calmer. Ce n’est vraiment pas le moment de perdre son sang-froid alors qu’il peut enfin rentrer chez lui après plusieurs mois de soins aussi éprouvants qu’humiliants. Il n’a plus que quelques pas à effectuer pour se couper de l’extérieur mais ce sont les plus durs à faire.

La serrure de la porte n’a pas été changée et il suffit au psychiatre de la pousser pour rentrer à l’intérieur. Il dépose son courrier sur le meuble de l’entrée, de même que ses clefs. L’angoisse le saisit alors qu’il avance, ayant l’impression de revivre cette journée où tout a basculé pour lui. Il déglutit difficilement mais poursuit son inspection malgré l’oppression de plus en plus pesante.

Crawford lui a affirmé que les corps ont été enlevés, que tout a été nettoyé et qu’il n’y a plus aucune trace de ce qui a eu lieu. Frederick a beau en avoir conscience, son esprit superpose à son regard le souvenir des cadavres des policiers, l’un aux tripes découvertes et l’autre aussi piquant qu’un hérisson avec des instruments de cuisine plantés dans tout le corps. Une vague de nausée le surprend à cette pensée et il se hâte de quitter la pièce pour rejoindre les autres.

Bien malgré lui, ses yeux se posent sur l’escalier en colimaçon qui descend à la cave. Il se rappelle le bip régulier du moniteur cardiaque relié à Abel Gideon et il lui faut beaucoup de courage pour accepter de rejoindre l’étage inférieur. Sa canne claque à chaque marche, comme une marche funèbre l’accompagnant, et son rythme cardiaque augmente au fur et à mesure qu’il approche de la fin de l’escalier. Il n’y a plus aucun bruit hormis sa respiration, contrairement à la dernière fois qu’il s’est tenu à cet endroit.

Du bout de sa canne, il pousse la porte – non fermée elle-aussi – puis soupire de soulagement en remarquant que la pièce est redevenue propre, sans le corps découpé et presque entièrement démembré de Gideon. Cette fois-ci, il ne remontera pas les marches en courant, il n’y aura pas d’Hannibal à l’étage pour l’attendre et l’endormir. Il peut presque considérer que tout va bien, que ce n’est qu’un mauvais souvenir. Pourtant, il ne réussit pas à être optimiste car un éclat sanglant attire son regard dans un angle de la pièce. L’équipe de nettoyage a peut-être été minutieuse dans la cuisine, il reste un détail.

Frederick s’avance doucement vers cette trace rouge. Ce sang est celui d’un homme qui lui a ouvert le ventre pour retirer certains de ses organes, il devrait être heureux de savoir qu’il ne le reverra plus et qu’il est enfin en paix mais ce n’est pas aussi simple. Ce simple petit détail suffit à déclencher en lui une crise de panique qui le pétrifie. Ses doigts se resserrent autour de sa canne alors qu’il recule, agité de spasmes si violents qu’il craint de tomber. Ses jambes finissent par se dérober et il relâche la canne qui s’écroule au sol en même temps que lui.

Les larmes viennent envahir sa vision tandis qu’il pleure, libérant sa douleur. Il a mis du temps à accepter de ne plus être le même homme, supportant avec peine les expressions dédaigneuses du personnel médical. Personne ne savait qu’il n’était pas l’Éventreur de Chesapeake, au début, et Crawford n’a pas pensé à les prévenir à l’instant où ils ont compris qu’Hannibal était derrière tous les meurtres. Les infirmiers, les médecins, les prothésistes ont tous eu des comportements déplaisants à son égard jusqu’au moment où ils sont venus s’excuser quand la vérité a éclaté. Tout ce temps, Frederick a caché sa souffrance et son chagrin, retenant ses larmes en se promettant de ne pas pleurer à cause de cette situation. Mais c’est fini, cette lutte est perdue depuis le premier jour et il est temps pour lui d’enfin accepter ses émotions.

Recroquevillé contre un meuble, le Dr Chilton sanglote longuement. Il déteste ses larmes qui lui semblent si peu viriles, il haït Hannibal qui a transformé sa vie en Enfer. Il s’en veut aussi terriblement d’avoir joué à l’imbécile sans songer un seul moment à mettre de côté son ego pour faire enfermer la bonne personne. Il a perdu un rein, un morceau d’intestin et sa dignité sous les mains de Gideon mais Hannibal l’a privé d’un œil et d’un morceau de mâchoire, l’obligeant à se maquiller chaque jour pour dissimuler sa blessure. Il aurait pu demander aux médecins de l’achever mais il ne laissera pas son collègue vaincre.

Frederick se remet debout difficilement, s’appuyant sur le meuble. S’il n’avait aucune intention spéciale en arrivant chez lui, il sait maintenant ce qu’il va faire. Un bon torchon et du produit lui seront utile pour débarrasser sa maison de toute la poussière qui s’est déposée pendant son hospitalisation. Et pour effacer les dernières traces de sang.
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CotonEcriture
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par CotonEcriture » 23 févr. 2019 - 22:15

Titre : Coccinelle
Thème (écrit/image/musique) : Thème seulement
Fandom : Minuscule
Nombre de mots : 257
Personnages : La Coccinelle
Rating : Aucun
Elle avait encore provoqué les mouches ! Encore et toujours ! C'était son jeu favori... le triage de mouches par toiles d'araignées, par coup de queues de vaches et par virages manqués et entrées dans les panneaux de circulation ou de stop. C'était ça, de détester les idiotes de mouches qui préfèrent les bouses à l'intellect. Enfin bon... cette fois, elle savait où les mener ! Dans les bonnes grâces de sa seigneurie l'araignée de thuyas ! Puis, ensuite, la coccinelle passera sa journée a se goinfrer de pucerons. Quelle belle journée s'annonçant ! Mais il fallait que cette journée face mouche... car fourmillant d'idées, les fourmis s'étaient mises à chiper du miel aux abeilles... et c'est de là que tout le patatra débuta... Les abeilles, bourdonnant de fureur s'étaient dirigées en masse vers la toile d'araignée de notre araignée consternée et toute la logique et stratégie de notre coccinelle tomba à l'eau comme l'escargot qui avait voulu boire une tasse dans le seau une heure plus tôt... Ainsi, le jeu était à butiner avec modération... car les mouches se retrouvèrent bien indubitablement sans piège valable. Désespoir complet... journée gâchée... déplorable journée... qui aurait cru qu'en plus les criquetis des sauterelles vinrent créer une hymne à la campagne... décourageant... accablant et attristant... navrant... regrettable... juste une journée vraiment nulle... il ne manquait plus qu'elle en perde ses tâches...
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Carminny » 23 févr. 2019 - 22:41

Titre : Examen
Thème (écrit/image/musique) : Coccinelle
Fandom : HP
Nombre de mots : 100
Personnages : Ethel Crochue (OC)
Rating : TP
- Des coccinelles !
L’examinateur de l’épreuve d’Etude des créatures magiques secouait lentement la tête de droite à gauche. Ethel Crochue sentait ses épaules s’affaisser. Elle ne réussirait jamais cette épreuve. Pourquoi avait-elle choisi cette matière déjà ? Ou plus urgemment qu’est-ce qui était le plat préféré des augureys ?
Ce n’était apparemment pas des coccinelles mais elle était convaincue que c’était quelque chose qui y ressemblait. Après tout elle avait révisé dans le parc avec Aurora pendant que l’une de ces bestioles voletait autour d’elles. Un genre d’insecte, qui était plutôt beau mais pas trop…
- Des fées ?
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Mikoshiba » 23 févr. 2019 - 22:50

Titre : Coccinelle demoiselle
Thème (écrit/image) : Thème de 22h : Coccinelle
Fandom : HP (discret)
Nombre de mots : 284
Personnages : Gabrielle (ou tout autre sorcière de mauvais poil avec un humour noir)
Rating : Tous publics
"Coccinelle, demoiselle, bête à Bon Dieu"
Depuis tout à l'heure, cette gamine chante cette chanson. Sans arrêt. En boucle. On croirait entendre les cucuteries bradées (à prix d'or) par les vendeurs ambulants avant les matches de Quidditch.
"Coccinelle demoiselle vole jusqu'aux cieux"
Alors déjà, je me sens mal. J'ai pas le moral, et cette gamine finie à la pi- bref, cette gamine-là, qui chante avec sa voix plaintive au possible, me mine encore plus. Non mais qui a eu l'idée d'inventer des chansons pareilles ?
"Petits points rouges, elle bouge"
Sans blague. Si elle bouge plus ta coccinelle, en général c'est qu'elle est morte. Peut-être qu'elle a entendu ta chanson et qu'elle a décidé de mettre fin à ses jours. C'est une possibilité tout à fait envisageable.
"Petits points blancs, elle attend"
Tu imagines, si les coccinelles étaient en vrai comme dans ta chanson ? Condamnées à attendre toute leur vie. Et pourquoi ? Parce qu'elle n'a pas eu de chance et qu'elle est née avec des points blancs. Ou bien peut-être que ses points changent de couleur en fonction de son humeur ? Je bouge-je bouge plus. Points rouges-points blancs. Je crois que si j'étais cette coccinelle (déjà je me serais enfuie loin, loin de ta chanson déprimante) mais je ferais exprès de bouger - attendre - bouger - attendre, comme ça je clignoterais ET PEUT-ÊTRE QUE ÇA TE FOUTRAIT UN MAL DE CRÂNE PAREIL À CELUI QUE ME FILE TA CHANSON DÉBILE.
"Petits points noirs, coccinelle au-revoir !"
C'est ça, au revoir. Pars. Et ne reviens jamais.
"COCCINELLE DEMOISELLE BÊTE À BON DIEU"
Crois-moi gamine, crois-moi bien, file vite trouver tes parents ou quiconque pourra m'empêcher de te massacrer, ça devient urgent.
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par ninipraline » 23 févr. 2019 - 22:59

Titre : Et au milieu,
Thème (écrit/image/musique) : Coccinelle
Fandom : Original
Nombre de mots : 313
Personnages : OC
Rating : Tout public
« Bonsoir, quelle aventure cette panne d’électricité.
— Ah ! Y a une panne. C’est pour ça que le groupe électrogène s’est mis en route. »
La femme se détourna et pencha son regard vers un magazine qu’elle avait posé sur ses genoux. Elle portait une blouse du magasin trop grande, et ses cheveux étaient maintenus par deux barrettes décorées de coccinelles à strass.
Étonné du peu d’intérêt de la femme, il réalisa qu’elle devait voir tous les soirs des gens entrer avec histoires et demandes les plus improbables. Il s’approcha des présentoirs dédiés à ce qui ressemblait à de la littérature.
Romance, polar, bande dessinée, ce qui se vendait le plus. Il n’était pas là pour découvrir une œuvre mais pour attendre que la lumière revienne dans le reste du monde. Derrière lui, les présentoirs réfrigérés se mettait en route à intervalle fixe.
Les ténèbres avaient transformé la vitrine en miroir. Par dessus, une bande dessinée qu’il ne lisait pas, il pouvait détailler les allées perpendiculaires et les rayons aux articles soigneusement alignés. Il ne reconnaissait pas les marques des paquets blancs rehaussés de couleur pastel ou pop et aux graphismes inconnus.
Au milieu des rayons, deux solitaires faisaient leur course : une femme, d’une trentaine d’année, au regard fatigué, qui comparait avec application les ouates de coton ; et un jeune homme, lycéen sans doute ou étudiant débutant mais à peine, qui remplissait un caddie de canettes tellement poussiéreuses qu’elles semblaient antérieur à la supérette.
Dans sa cage, la caissière tournait les pages de son magazine. Il scruta la vitre , en dehors du reflet du magasin, il n’y avait rien. Dehors, la nuit était totale.
Il n’était pas sûr de savoir où il se trouvait. Il supposait vaguement, aux pancartes déchiffrées à la lumière de l’écran de son portable, qu’il était arrivé dans un grand ensemble, pas loin d’une cité scolaire. Il était perdu quoi.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par BellaCarlisle » 23 févr. 2019 - 23:01

Titre : /
Thème : Coccinelle
Fandom : Esprits Criminels
Nombre de mots : 404
Personnages : L’équipe du BAU
Rating : Tout public
« Un quatrième corps a été retrouvé, commence Hotchner en faisant signe à Pénélope d’afficher la photographie. Même mode opératoire, il n’y a aucun doute. »

L’image montre un enfant de huit ans, de sexe masculin, au visage si blanc qu’il n’est pas difficile de comprendre qu’il s’agit là d’une sorte de maquillage. Sa position, assis contre un arbre, est la même que celle des trois autres victimes.

« Danny Roberts. Fils cadet d’un couple sans histoire.
— J’imagine qu’il a une sœur aînée, l’interroge J.J. Comme les trois autres.
— Esther, onze ans, répond Pénélope en projetant le visage de la jeune fille. Elle a disparu. »

Le silence s’abat sur les membres de l’équipe. Esther est la quatrième jeune fille à disparaître et ils n’ont aucune piste pour le moment. Le coupable n’a laissé aucun indice pouvant conduire les profileurs à mettre la main dessus, hormis une photographie qui revient à chaque fois. Cette dernière est assez atypique de la part d’un criminel et elle ne fait qu’ajouter des questions à celles que se posent les agents. Deux jambes sont visibles, dans des collants roses, avec des chaussures aux pieds ; à côté, il y a une autre paire de chaussures mais vides, comme pour représenter une absence.

« Petit cœur, est-ce que tu peux agrandir ? demande Derek en plissant les yeux. »

Garcia réagit aussitôt et fait un zoom sur la photographie. En bas de l’image, si petite que personne n’y avait prêté attention auparavant, se cache une coccinelle minuscule. Pour être sûrs qu’elle est présente sur chaque scène de crime, les profileurs repassent les trois autres photographies. Sans réelle surprise, l’insecte est là à chaque fois, comme un symbole.

« La coccinelle est considérée comme une bête à bon dieu, déclare Reid avec sérieux. Une légende prétend qu’un condamné à mort a été sauvé parce qu’une coccinelle se posait sur son cou à chaque fois que le bourreau essayait de lui trancher la gorge. Le véritable meurtrier aurait ensuite été retrouvé.
— Donc ce serait un moyen de nous dire qu’il se prend pour dieu ? tente Rossi en fronçant les sourcils.
— Ou plutôt une façon de nous orienter vers des coupables, réplique Hotch. Mais pourquoi tuer des jeunes garçons et enlever leurs sœurs ?
— Les parents pourraient être ciblés, rétorque Prentiss. D’après nos recherches, ils ont tous été considérés comme des suspects dans différentes affaires mais n’ont jamais été condamnés. »
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par AliceJeanne » 23 févr. 2019 - 23:07

Titre : /
Thème : Coccinelle
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 657
Personnages : Lucja (OC), Viktor, Alicia (OC), Manuel (OC), Lucian
Rating : /
« Alicia ! Cria Viktor en ayant un mouvement de recul face à l’animal que Lucja venait de déposer juste devant lui. »

La jeune-femme sauta souplement depuis le grand balcon intérieur et atterrit souplement aux côtés de son père qui fixait encore avec des yeux exorbités, l’ourson que sa petite-fille avait jugé bon de vouloir adopter. La chancelière sentait déjà la migraine poindre lorsque son père tenta vainement d’expliquer à Lucja pourquoi il était hors de question qu’elle face rentrer l’ours dans sa chambre.

« Beaucoup TROP grand ! » Argumenta-t-il malgré la moue contrite de la fillette.

La jeune mère essayait de vaincre son hilarité, face à la figure cramoisie de son géniteur, afin de trouver les justes paroles pour faire comprendre à sa progéniture qu’un animal aussi imposant qu’un ours brun n’avait absolument pas sa place dans une communauté de vampires, lycans et autres immortels amateurs de viande bien saignante. Cela dit, il fallait admettre qu’il y avait du progrès et après tout, qu’était un ours à côté de l’alligator qu’elle avait extrait du grand vivarium de la ville quelques semaines auparavant. William avait frôlé l’attaque cardiaque lorsque la bête était venue lui mordiller les orteils, dans l’espoir de jouer un peu, durant sa nage matinale. Nul ne savait encore comment diable la petite dernière de Manuel et Alicia avait bien pu faire sortir l’animal au nez et à la barbe des soigneurs.

« Mais il est si mignon ! Geignit Lucja.
- En peluche certainement, voire en descente de lit, mais certainement pas en tant qu’animal de compagnie ! Rétorqua Viktor.
- Jamais tu ne transformeras mon Csoki en tapis ! Pleura l’enfant en serrant l’animal contre elle en un geste protecteur.
- Csoki… »

Les protestations de Viktor furent noyés sous les éclats de rire déments de Lucian, qui, passant par là, s’était dit qu’il était certainement bon de tendre l’oreille. Pour rien au monde il n’aurait manqué d’assister une seule fois à la présentation des nouveaux amis de la petite dernière de la grande famille Corvinus.

« Peu importe le nom de cette chose, grommela Viktor, tu vas la ramener immédiatement là où tu l’as trouvée !
- Hors de question ! Répliqua la petite hybride. Ce zoo a une réputation épouvantable. Le pauvre Csoki était allongé sur du béton sans le moindre arbre ou la plus infime parcelle de terre.
- Tu veux dire que tu as volé cet animal dans un zoo ?! S’exclama l’Aîné horrifié par la probabilité bien réelle qu’une horde d’humains fasse bientôt irruption dans son salon. »

Le sermon hystérique de Viktor résonna rapidement dans tout le manoir tandis qu’Alicia se tenait à Lucian pour ne pas tomber tant les éclats de rire qui la secouaient étaient violents. L’infortuné grand-père n’arrivait décidément pas à se faire aux particularités plutôt… particulières, de ses petits-enfants et Lucja était certainement celle qu’il comprenait le moins, bien qu’il l’aimait plus que tout. Au bout d’un temps il lui parut cependant préférable d’intervenir avant que la situation ne dégénère, Lucja ayant tendance à lancer ses (trop) nombreux amis à plumes, écailles et poils sur quiconque l’embêtait lorsque sa patience touchait à sa fin. Cependant, malgré son tact et sa bienveillance, Lucja refusa obstinément d’abandonner l’ourson.

« C’est pour Málna ! S’égosilla-t-elle alors que son père, alerté par les cris, tentait de la rassurer sur le fait que jamais il ne laisserait Viktor transformer l’animal en tapis. Elle se sentait seule alors lorsque j’ai vu Csoki qui était lui aussi abandonné de tous, je me suis dit qu’ils s’entendraient forcément.

- Málna ? Interrogea Viktor tout en faisant défiler la liste des (beaucoup trop) nombreux compagnons non humanoïdes de la fillette.
- Sa coccinelle, l’aiguilla Alicia qui avait repris contenance.
-…
- Evidemment, cela tombe sous le sens ! S’esclaffa Lucian. »

Note : « Csoki » signifie « chocolat » et « Málna » signifie « framboise » en hongrois.
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par CotonEcriture » 23 févr. 2019 - 23:19

Titre : Vers la lumière...
Thème (écrit/image/musique) : image uniquement
Fandom : Aucun
Nombre de mots : 224
Personnages : Une jeune fille
Rating : Aucun
Elle rêvait, la musique l'entrainant vers le monde de l'imaginaire... Le coeur se balançant à chaque écart de tessiture... Chaque timbre différent... Chaque notes aiguës mais si douces... Cela faisait trop longtemps qu'elle se morfondait, souffrant dans les ténèbres et cette musique... l'avait pendant un instant libérée. Son coeur s'était serré et sans prévenir, des larmes s'étaient mises à couler sur son visage si souriant en cet instant... Le coeur était léger... Pour la première fois depuis si longtemps ! Si longtemps... Elle avait trop vécu de douleurs... trop de traîtrises... trop d'injustices... trop de souffrances... trop de deuils de toutes formes... qu'en ce petit moment... Tout s'était envolé, ou plutôt que tous les souvenirs joyeux s'étaient rassemblés... Si douce fraîcheur... Si calme songe... sentiment si doucereux... couleurs si belles... sons si harmonieux... C'était si magnifique...

Le souffle coupé, en face de sa salle de classe, le casque sur les oreilles, elle laissait le liquide translucide faire des sillons sur ses joues. On dit que la musique peut guérir... Elle, elle y croyait désormais... Car depuis, elle ne peut s'empêcher d'écouter ce morceau... rarement car sinon il pert de son authenticité... Mais si ardemment que les larmes viennent à chaque fois... esprit tourmenté face à la beauté du monde de l'art !
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par BellaCarlisle » 23 févr. 2019 - 23:47

Titre : Un court moment lapinesque
Thème (écrit ou image ou musique) : Verre et image (en toute fin pour l’image)
Fandom : /
Nombre de mots : 1011
Personnages : Ma lapine x)
Rating : Tout public
Il y a du bruit. Beaucoup de bruit. Serait-ce l’heure de se lever ?

De la lumière perce doucement puis plus franchement. Enfin ! Le soleil est là et se déverse dans la pièce à travers la vitre en verre. Presque aussitôt, le petit animal noir et blanc se met debout sur ses quatre pattes avant de ronger consciencieusement les barreaux de sa cage, en un appel à ses maîtres. Elle sait que son attaque contre les morceaux horizontaux mènera à la libération, comme tous les jours, alors elle augmente la cadence avec frénésie.

« On arrive, résonne la voix de la plus jeune de la famille. Encore deux minutes ! »

Deux minutes ? Mais que sont deux minutes ? Le temps, ce n’est pas vraiment une notion qu’elle maîtrise. Tout du moins, pas en dehors du lever, des repas et du coucher. Ah, et aussi la luminosité qui l’aide un peu à se repérer. Mais sinon, lui parler de minute est totalement inutile.

Peut-elle considérer que les deux minutes sont passées ? Oui ? Alors elle recommence à manger ses barreaux, comme un forcené cherchant à s’échapper de sa prison.

Ça y est ! La silhouette familière de la cadette se découpe devant elle. La porte de la cage s’ouvre et elle n’attend pas une seconde de plus avant de bondir. Contente, elle émet des petits bruits satisfaits en sautant jusqu’à la cuisine où elle s’arrête sur le tapis. Elle a conscience du rituel habituel, de sa petite gamelle en forme de cœur qui sera posée par terre avec de la bonne verdure fraîche. Sauf que pour le moment, il n’y a rien au sol.

Peu patiente, elle sautille jusqu’à sa jeune maîtresse et tourne autour de ses jambes en donnant de petits coups de tête. Puis voyant qu’elle ne fait rien, elle se dirige vers la mère de famille et effectue le même rituel en retournant auprès du tapis pour se faire comprendre.

« Je crois qu’elle a faim, rit la plus jeune. Je vais lui donner de la salade. »

Les oreilles de la lapine se dressent, presque comme si elle comprenait. Entendre la porte du frigo s’ouvrir est comme un déclic dans son esprit bestial et elle se dirige en bondissant vers la nouvelle lumière, continuant à tourner autour des chevilles de sa maîtresse, son estomac à l’affut. Son odorat lui indique que son repas n’est pas loin et elle reprend la direction du tapis. Dès que les feuilles, lavées, sont déposées dans sa gamelle, elle se jette dessus avec appétit, mâchonnant la salade avec délice.

La gamelle se vide rapidement mais elle n’est pas totalement rassasiée. Ou peut-être est-elle juste un peu gourmande. Elle repousse le contenant jusqu’à ce qu’il fasse du bruit sur du carrelage. Les regards se posent sur elle mais rien n’est ajouté dans le récipient alors elle recommence à bouger la vaisselle pour se faire entendre.

Remarquant qu’elle n’aura rien de plus, elle quitte la cuisine et se balade un peu dans la maison avant de s’arrêter devant une vitre. Le verre est propre et elle observe longuement l’extérieur qui s’offre à sa vue. Le ciel est d’un beau bleu, le soleil brille assez haut et une étrange couche blanche recouvre le sol. Le bout de son museau heurte le verre tandis qu’elle fait un petit bon en avant. C’est frais !

Elle recule un peu puis revient, continuant son observation. Des oiseaux sont sur les branches des arbres et elle s’imagine voler avec ses oreilles. Quelle sensation de liberté elle aurait ! Glisser dans le vent, se poser dans les arbres et grignoter les feuilles les plus hautes. Puis un rapace apparaît dans son champ de vision et elle détale rapidement jusqu’à se mettre sous sa cage.

Pas de rapace. Donc pas de vol. Non, le sol est bien plus accueillant et moins dangereux qu’un gros oiseau capable de l’emporter. Son instinct de survie l’oblige à attendre un peu mais sa curiosité reprend le dessus et elle retraverse la pièce en sens inverse pour aller se replacer face à la vitre. Elle donne un coup de tête dans le verre mais constate qu’il ne bouge pas. Elle aimerait tellement sortir pour sentir la blancheur de cette chose à terre. Il paraît que les bipèdes appellent ça de la neige.

La lapine finit par s’ennuyer, assise face à la surface en verre, et elle bondit vers le couloir. Aucun humain en vue, pas d’objet particulier à mordre. Elle saute alors dans les escaliers, avec beaucoup de prudence. Autrefois, elle y allait plus vite mais elle a pris de l’âge et elle n’est plus certaine de réussir à graver toutes les marches en bondissant comme un lièvre.

Arrivée en haut, elle n’hésite pas et entre dans la chambre de la cadette. Cette dernière ne semble pas être là, il n’y a que son odeur mais rien de plus. L’animal inspecte alors les meubles qu’elle touche du bout de son museau, avec parfois quelques coups de dents. Un sac à terre attire son attention mais elle sent soudainement qu’elle ne touche plus le sol.

« Pas mon sac, ce n’est pas comestible. »

Ah, c’est bien sa jeune maîtresse. Elle se blottit un peu, la tête posée sur son épaule, ses yeux à une hauteur peu habituelle. Au début, elle ne bouge pas trop puis la position la dérange alors elle se tortille. Elle préfère la dureté du sol sous ses pattes que l’impression de ne plus rien toucher.

Elle perçoit les mouvements de l’humaine puis ressent enfin le sol sous elle. Pour montrer son mécontentement, elle tape ses pattes arrières contre le carrelage, produisant un son plutôt fort. C’est censé être utile contre les prédateurs mais pas contre les bipèdes qui se contentent d’une caresse sur sa tête.

Alors elle retourne à la vitre, pour revoir la neige. Et elle remarque quelque chose d’étrange, comme un symbole. Un humain lui dirait que c’est une flèche, dessin étrange dans un jardin, mais pour elle, c’est juste une curiosité liée à ce monde extérieur.
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Mikoshiba » 23 févr. 2019 - 23:47

Titre : Un verre. Ou deux.
Thème (écrit/image) : Thèmes de 23h : verre et son image
Fandom : HP
Nombre de mots : 388
Personnages : Gabrielle
Rating : L'abus d'alcool est dangereux pour la santé
Un verre.
J'ai besoin d'un verre.
C'est la première chose à laquelle j'ai pensé en voyant ce que les enfants avaient fait de la maison (en quoi... cinq minutes ? aller, six ?).
Sauf que j'ai décidé d'être une mère responsable, et tout et tout, donc je vais me retenir d'aller me verser une rasade (ou deux) du Whisky Pur Feu planqué dans la pièce où je fais mes potions.
Mais là, j'avoue que ça va être dur. Surtout qu'il y a de fortes chances pour que ce que j'ai vu ne soit que la partie émergée de l'iceberg.
Aller, on va dire que si ce que les monstres ont fait à la maison demande de la magie pour être effacé/réparé/reconstruit ; ce soir, quand Megan sera couchée, j'irais dans cette pièce, et je me mettrais une bonne cuite. Enfin, non, c'est pas du tout ce que je voulais dire, je voulais dire : je me servirais délicatement un verre et je le dégusterais avec dignité, comme toute adulte responsable qui ne tente pas d'oublier les bêtises de sa gamine qui dort juste au-dessus. Voilà. Maintenant, je peux faire le tour de la maison en toute tranquillité, parce que je sais que je l'aurais ce verre. Pas tout de suite, mais il m'attend.
Alooooors. Les flèches au feutre indélébile sur les murs de l'entrée, c'est bon, j'avais vu. Les plumes par terre dans le salon, qui proviennent probablement des coussins du canapé, c'est noté. Le papier peint arraché dans l'escalier (respire, respire), on réparera. Les flèches qui continuent à l'étage, je m'y attendais. La baignoire qui se remplit tranquillement, disons qu'heureusement, elle n'a pas encore eu le temps de déborder. Une nouvelle flèche, gravée dans le mur (ça devient dur là), elle sera effacée. La porte de ma chambre, fracturée (bon sang, comment ils ont fait ça ?! À la hache ?!) va me demander un peu plus de self-control.

J'entends un cri venant de chez Margaret. Je savais qu'ils ne pouvaient pas se contenter d'une seule maison.
Deux minutes plus tard, Margaret est chez moi, farfouillant dans ma cuisine.

- Je les ai laissés sous la surveillance d'Erick, alors, vite, donne moi à boire ! Maintenant ! Où est-ce que tu planques ton alcool ? Je sais que tu en as !

Ça c'est une copine !
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par ninipraline » 23 févr. 2019 - 23:57

Titre : Suivre les flèches, se perdre quand même.
Thème (écrit/image/musique) : La photographie de la flèche
Fandom : Original
Nombre de mots : 414
Personnages : OC
Rating : Tout public
Il était quatre naufragés au milieu d’une cité immobilisée. Il fallait si peu de chose pour bloquer la ville qui ne dormait jamais. Une surcharge de courant, un éclair égaré et s’en était fini de la ville.
Il sortait de son rendez-vous quand tout s’était éteint. Il avait d’abord cru à une panne d’ascenseur, tout comme les autres usagers. Ils avaient actionné le bouton d’alerte et, disciplinés avaient patienté une heure.
Sans nouvelle du monde extérieur, il avait pris la décision de sortir par ses propres moyens et par l’échelle de secours. Il avait été suivi par trois des quatre autres occupants.
Ils avaient suivi les flèches des panneaux de sortie de secours. Inquiets de trouver si peu d’occupants dans un immeuble connu pour héberger les plus grands sièges d’entreprises et quatre centres commerciaux, ils avaient descendu les interminables escaliers.
Ils s’étaient séparés dans le hall de l’immeuble où une hôtesse, charmante et quelque peu dépassée, leur avait expliqué la situation avant de les orienter vers la seule porte qu’un vigile avait réussi à forcer.
En se glissant à travers l’étroit passage, il avait songé à la cadre supérieure qu’ils avaient laissé derrière eux, dans l’ascenseur. Elle préférait attendre les secours.
Ni lui, ni aucun des rescapés n’étaient retournés pour lui expliquer que les services de sauvetage étaient tous très occupés. Elle finirait bien par se rendre compte qu’elle attendait pour rien.
Rassuré, il s’était dirigé vers le véhicule qu’il avait hésité à louer quelques jours auparavant. Les transports en commun fonctionnait nuit et jour ici. Encore fallait-il que la déesse électricité alimente tous ces métros et autres bus propres. Il aurait remis son voyage s’il s’était douté de la survenue d’un tel incident.
Dans le crépuscule naissant, il avait décidé de rallier son hôtel avant la nuit. Il n’y était toujours pas arrivé lorsque les ténèbres l’avaient rattrapé en plein centre ville.
La faute aux encombrements, les gens ne savaient plus conduire dès lors qu’il n’y avait plus de feux. Les forces de l’ordre appuyées par quelques volontaires avaient tenté de canaliser tous ce petit monde.
Il serait certainement encore bloquer en plein centre s’il n’avait eu l’idée de quitter les axes principaux pour les rues arrières. Son GPS l’avait alors lâché. Et il s’était retrouvé au milieu de nulle part lorsque son véhicule était tombé en panne.
De panneaux fléchés en panneaux fléchés, il avait espérer retrouver une grande artère, un hôtel, un restaurant, un café même, une parcelle de cité habitée.
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Eanna
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Eanna » 24 févr. 2019 - 00:08

Titre : La pluie sur les vitraux ne couvre pas les hurlements des souvenirs
Thème (écrit/image) : Verre
Fandom : HP
Nombre de mots : 1209
Personnages : Drago
Rating : Tout public
En écoutant la pluie tambouriner sur les vitres de la bibliothèque, Drago se prend à avoir une pensée pour tous les couples qui espéraient passer leur Saint-Valentin à se promener dans Pré-au-Lard, main dans la main, un sourire béat aux lèvres, à s’échanger des paroles dénuées de sens, mais pas de mièvrerie. Cette année, le salon de thé de Madame Pieddodu doit être plein à craquer. Les angelots, les cœurs en papiers qui volent d’une table à l’autre pour prendre les commandes ou délivrer une citation sur l’amour s’en donnent probablement à cœur joie. A cette seule pensée il réprime un frisson de répulsion.
Ici, installé entre le rayon Botanique et le rayon Créatures Magiques, il peut enfin respirer. Loin de la salle commune des Serpentard, loin de la Salle sur Demande, loin de tous les élèves qu’il connaît qui ont soigneusement déserté la bibliothèque en ce jour particulier. Tant mieux. La solitude lui manque en ce moment. Même dans la Salle sur Demande il lui semble que ses pensées l’envahissent comme autant de murmures qui lui rappellent ce que risque sa famille s’il échoue dans sa tâche.
Il sent d’un seul coup la panique le gagner, les battements de son cœur s’accélérer. Il ferme alors les yeux, et se concentre sur le bruit de la pluie sur les vitraux. Le son régulier des gouttes qui viennent heurter le verre avant de lentement glisser le long de la paroi jusqu’à la pierre. Il se focalise sur l’odeur des vieux livres, sur les craquements du plancher lorsqu’un des rares élèves présents se déplace dans la bibliothèque. Le bruit de pages qu’on tourne, d’une plume qui crisse sur le parchemin. Un livre qu’on remet en rayonnage, parfois un éternuement, ou une petite toux qui rappelle que les maladies de l’hiver ne sont jamais bien loin.
Drago rouvre les yeux et inspire à fond. Son cœur s’est calmé, il ne tremble plus. Il essuie rapidement les larmes qui ont silencieusement coulé sur ses joues sans qu’il puisse les retenir. Cela arrive de plus en plus fréquemment en ce moment. Panique, angoisse, pleurs… Ce ne sont pas des sensations auxquelles il a été habitué, et il ne les aime pas. Il se sent fragile, vulnérable, il craint que cela finisse par se voir. Il craint de perdre l’aura qu’il possède auprès de Crabbe, Goyle, Pansy. Pansy qui est partie furieuse à Pré-au-Lard après qu’il a refusé de l’accompagner pour la Saint-Valentin, et qui ne lui pardonnera pas de sitôt. Peut-être est-il déjà seul, sans le savoir.
Sa main droite se porte instinctivement sur son bras gauche, en effleure l’intérieur à travers le tissu de son uniforme. Il s’efforce de la regarder le moins possible, mais elle est bien là. Incrustée sur sa peau blanche, cette marque noire qui lui rappelle régulièrement à qui il doit obéissance, qui a toute emprise sur sa famille, sur son avenir.
Il sent la panique revenir mais il la devance cette fois. Une forte inspiration, les paupières hermétiquement closes, les dents serrées.
— Ça va ?
La voix le fait sursauter, brutalement sorti de sa concentration. Il cligne des yeux, reprenant ses esprits, et croise le regard de son interlocutrice. Son visage lui fait le même effet qu’une gifle, et il crispe si fort les doigts sur sa plume qu’il la sent se briser.
— Ça n’a vraiment pas l’air…
Elle vient s’asseoir face à lui, l’air sincèrement préoccupée et le scrute, la tête penchée sur le côté.
— Tu devrais aller à l’infirmerie, tu es drôlement pâle…
— Ça ira, siffle Drago en évitant son regard. Mêle-toi de tes affaires.
La pluie sur les carreaux ne parvient pas à couvrir le bruit de ses souvenirs. Les cris de Bell quand elle a touché le collier d’opale, et s’est élevée dans les airs, prise par le maléfice. Et ceux de cette fille, paniqués, suppliants, qui appelait à l’aide. Leanne Lindley, une Poufsouffle dont Drago a pratiquement ignoré l’existence jusqu’ici bien qu’ils soient de la même année. Il aurait préféré. Il lui est désormais impossible d’aller en cours d’Astronomie, d’Arithmancie, de Sortilèges sans faire attention à elle, et sans entendre à chaque fois les cris de Bell retentir dans son esprit.
— Inutile d’être désagréable, je voulais juste m’assurer que tu allais bien.
Drago releva brièvement les yeux vers elle, les mâchoires serrées, les poings crispés. Il avait une vague idée de l’image qu’il devait donner, et le regard durci de Lindley lui confirma qu’il devait réellement avoir l’air antipathique.
Elle se leva sans ajouter un mot et disparut au coin d’un autre rayonnage. Drago l’entendit se rasseoir, et émettre un reniflement. Il écarta aussitôt la possibilité que ce reniflement soit dû à l’absence de Bell, et qu’il en soit par conséquent responsable. Non, elle avait probablement un rhume, comme la moitié des élèves de l’école. Il valait mieux qu’il s’en convainque, où la culpabilité reviendrait au grand galop, comme à chaque fois qu’il la voyait désormais s’asseoir en classe, l’air abattu – bien qu’il aurait été incapable de dire si sa nature était différente avant le départ de Bell.
Que fait-elle toute seule ici, elle aussi, d’ailleurs ? Il espérait que les seuls élèves à occuper la bibliothèque un jour de sortie à Pré-au-Lard seraient les première et deuxième année. Même lorsqu’il pleut à verses, le château se vide drastiquement ces jours-là. C’est la première année qu’il observe ce phénomène de l’intérieur, depuis sa troisième année. La première année qu’il s’isole de la sorte, et se réfugie entre deux rayonnages poussiéreux à écouter la pluie tambouriner sur des vitraux ternis, un parchemin encore vierge sous les yeux alors que cela fait trois heures qu’il est ici, son grimoire d’Arithmancie ouvert à la page des propriétés du nombre 13.
Il laisse ses yeux traîner vers le rayonnage derrière lequel elle a disparu, et un éclat rouge sur le sol attire son regard. Sans un bruit, Drago se lève, et se baisse pour examnier ce qui est vraisemblablement une carte de Saint-Valentin dans son enveloppe écarlate. Il lève les yeux au ciel. Il n’aurait pas parié que Lindley aurait quelqu’un, quelqu’un d’aussi insignifiant ne peut pas présenter d’intérêt pour qui que ce soit. C’est peut-être une carte anonyme, qu’elle irait déposer dans le sac de son malchanceux destinataire. Londubat ? Weasley ? Un quelconque Poufsouffle ? Ou bien a-t-elle de plus hautes ambitions, hors de sa portée ?
Vérifiant d’un bref coup d’œil que personne ne le voit, il ramasse la carte et se dissimule derrière le rayonnage pour ouvrir l’enveloppe. La carte est sobre, sans fioritures, ornée d’un cœur stylisé en relief qui scintille légèrement. Drago se sent vaguement coupable à l’idée de l’indiscrétion qu’il est sur le point de commettre, mais si cela peut lui permettre l’espace d’un instant de penser à autre chose qu’à sa mission…
Son regard est attiré par la signature de la carte. Ce n’est pas Lindley qui l’a écrite, et il tombe des nues car elle lui est belle et bien destinée. La culpabilité l’envahit si violemment que son souffle se coupe, et que la carte lui tombe des mains.
Si Lindley est toute seule ici ce jour-là, c’est entièrement sa faute.
La signature en bas de la carte est on ne peut plus claire.
« Katie ».
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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CotonEcriture
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par CotonEcriture » 24 févr. 2019 - 00:45

Titre : Envolée lyrique...
Thème (écrit/image/musique) : Thème
Fandom : Le Seigneur des anneaux
Nombre de mots : 265
Personnages : Legolas
Rating :
Il s'était envolé aussi loin qu'il puisse s'en souvenir. C'est au moment où il avait atteri, au moment où ses os avaient lâchés qu'il avait oublié comment son cerveau s'était complètement débranché. Assomé dirai les gens... Mais pour Legolas ! Titubant en se relevant avec difficulté quelques dixaines de minutes après, avec l'aide d'Aragorn... quel échec cuisant ! Qu'il avait mal ! Gémissant, il avait vraiment du mal à se lever, une douleur atroce résonnait du bas de son dos jusqu'à le haut de sa tête et la pointe des pieds. L'envie de vomir lui prit alors. Lui ? Legolas ? Fils du Roi ?

Encore plus mal en point que quelques secondes auparavant, il essaya de comprendre d'où venait cette brusque souffrance. Il avait sauté du haut de la forteresse, certes mais... enfin si ! C'était ça, indéniablement. Sauf que se prendre en vol une masse d'orque en pleine tête ça n'aide pas pour se rattraper. C'est tout...

Voulant réessayer de se lever, s'appuyant sur Aragorn, il banda tous ces muscles et d'un coup rapide se releva, la tête dans les mains, un grognement de douleur entre les dents, piteusement plié en deux

- Legolas, vous n'êtes pas en super état. Voulez vous un peu d'aide ? Lui proposa Aragorn, fils d'Aratorn

Le regard bleu de l'elfe semblait refléter une profonde souffrance et sans prévenir, Legolas retomba lourdement sur le sol dur et froid...

- Emmenez le à la médecine elfique rapidement ! Il doit avoir une hémorragie ! Paniqua le roi du Gondor
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"Comme la nuit paraît longue à la douleur qui s'éveille" - Horace

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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par Mikoshiba » 24 févr. 2019 - 00:46

Titre : This wings are made to fly
Thème (écrit/image) : Thèmes de minuit : Ailes et l'image
Fandom : /
Nombre de mots : 475
Personnages : /
Rating : /
Tu te rends compte des efforts que tu fais ? En vain ?
De l'énergie que ça te demande ? Constamment ?
Tu t'échines à vouloir bien faire les choses, c'est tout à ton honneur.
Tu ne veux pas abandonner. C'est tout à fait admirable.

Cependant...
Tu te souviens, quand tu étais jeune, du temps que tu as passé devant ce panier de basket ? On n'a pas tous ce talent inné de mettre le ballon dans le cercle du premier coup. Toi en particulier. Tu essayais, encore et encore, tentant de comprendre pourquoi les autres y arrivaient, et pas toi. Tu ne connaissais pas encore la faiblesse de ta vision des reliefs à cette époque. Mais peu importe, tu t'es acharnée, et même si tu étais loin d'être la meilleure, tu as fini par t'en sortir.

Et maintenant, c'est toujours plus ou moins ta vision qui te fait défaut. Tu t'es mise de belles petites œillères, pour te forcer de ne pas voir que plus rien de tout ça ne te plait. Tu tentes de te berner, en te disant qu'en attendant un petit peu, quelques mois, voire deux ans au maximum, les choses rentreront dans l'ordre. Sauf que ce panier de basket-là, il est truqué. Tu ne le vois pas, mais aucun ballon ne le passe. Il y a du cellophane ou je ne sais quoi, qui bloque toute tentative.

Mais à moi, tu ne peux pas mentir. Je sais que tu es à bout. Je le vois. Je le sens. Je sais aussi que le nouvel ordre dans lequel sont sensées rentrer les choses, cet ordre-là, il est à des milliers d'années lumière de ce que tu souhaites au fond de toi. Et que ce que tu souhaites, ça fait plusieurs années que ça fait son chemin dans ta tête, donc, ne me réponds pas que ça va te passer. Parce que ça ne passera pas, au contraire, ça va s'amplifier.
Et plus ça s'amplifiera, et moins tu supporteras ta situation. Tu te rends compte à quel point tu muselles tes sentiments, ton ressenti, tes espoirs et tes rêves ?

This wings are made to fly.
Ne l'oublie pas. Ouvre tes ailes. Et regarde-les. Regarde-les bien. Vois comme elles sont belles. Vois comme elles sont fortes. Vois jusqu'où elles pourraient t'emmener si tu t'en servais pour de vrai, pas juste pour aller poser quelque chose sur l'étagère du dessus, celle que tu n'atteins pas sur la pointe des peids.

Tu as peur de l'inconnu ? Mais ce que tu connais, ce vers quoi tu te laisses diriger, ça ne te fait pas peur ?
Tes ailes tremblent. Elles répondent pour toi. Elles veulent voir d'autres horizons. Elles veulent un air plus respirable.
Ne l'oublie pas. Elles font partie de toi. Elles sont toi.
Et moi aussi.
Alors, s'il-te-plait.
Ne me mens pas.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par ninipraline » 24 févr. 2019 - 00:49

Titre : Les ailes d’une rencontre.
Thème (écrit/image/musique) : Aile(s)
Fandom : Original
Nombre de mots : 515
Personnages : OC
Rating : Tout public
Sa montre marquait toujours onze heures onze minutes. Son téléphone demandait à être rechargé. Il n’avait pas vu d’horloge dans la supérette et un coup d’œil le découragea d’interroger caissière et clients.
L’employée frottait des échantillons de parfum, récupérés dans sa revue, la jeune femme soupesait avec soin des boites de protections et le jeune homme tentait de faire tenir paquets de biscuits salés et de chips par dessus ses nombreuses canettes.
Où était-il tombé ?
Il avait descendu tant de rues, choisissant les plus larges : il finirait bien par tomber sur une artère, un hôtel, un restaurant, un bar ou même d’un endroit un peu peuplé, se répétait-il. Et au détour d’une rue, cette grande lueur.
L’enseigne blanche d’une supérette. Il ne connaissait pas cette chaîne. Il s’en moquait. Après des heures à traverser la nuit en solitaire, il avait trouvé un lieu avec du monde et de la lumière.
Il aurait dû rester dans le centre ville. Les autres habitants devaient encore y être coincés. Il ne pouvait quitter le centre ville et les immeubles étaient si haut, qu’ils ne pouvaient sans doute pas rentrer non plus.
Tout comme les deux clients, bien trop longs et appliqués dans leur choix. La sonnerie du micro-onde tinta. Le jeune homme venait de faire chauffer une barquette d’ailes de poulet et s’était installé face à la vitre noire, ses sacs de canettes et de biscuits à ses pieds.
Des ailes de poulets, pourquoi pas, il aurait une raison de traîner davantage dans le commerce. L’employée allait bien finir par trouver à redire qu’il lise dans les rayons.
Il prit une des bandes-dessinées, s’enfonça dans les rayons, saisit un paquet d’ailes de poulet sauce barbecue, des frites à chauffer au micro-onde et en passant arracha une barquette de deux pommes au rayon primeur.
« Vous n’êtes pas du quartier, » annonça la caissière comme une évidence.
Il regarda autour de lui, cherchant une quelconque maladresse qu’il aurait commise.
« Non, je suis de passage, je venais pour un rendez-vous, expliqua-t-il avant de croire bon de rajouter. Je me suis perdu à cause de la panne.
— Oh, on est tous perdu ici. »
Le commentaire de la caissière ne demandait pas de réponse. Elle annonça la somme à payer, vérifia la somme donnée avant de l’enfourner dans sa caisse. Il s’installa à coté du jeune homme pendant que les ailes réchauffait dans le four.
« Vous pensez qu’ils vont encore mettre beaucoup de temps à rétablir le courant ? »
La voix provenait de la jeune femme aux produits d’hygiène. Celle-ci, sachet de course dans une main et barquette de poisson en papillote dans l’autre, attendait pour le micro-onde.
« J’espère que non, » souhaita à voix haute le jeune homme qui ne paraissait pas rassuré quant à la suite des évènements.
« La dernière fois, ça a duré deux jours, rappela la caissière qui paraissait résignée. Moi ce que j’en dis, c’est que ça me fait de la compagnie. D’habitude j’ai pas un chat dans le magasin la nuit. Les gens entrent et ressortent aussitôt. »
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BellaCarlisle
Cannibale nocturne
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par BellaCarlisle » 24 févr. 2019 - 00:53

Titre : /
Thème : Ailes
Fandom : Lucifer
Nombre de mots : 861
Personnages : Chloé D, Lucifer
Rating : Tout public
Tout est réel. Depuis le début.

C’est une sensation étrange qui étreint Chloé lorsqu’elle se rend compte de l’invraisemblance de la situation. Ce n’est pas comme si Lucifer lui avait caché la vérité, bien au contraire. Il n’a jamais cessé de lui répéter qu’il est le Diable, le vrai, l’unique, mais elle a refusé d’y croire.

Par peur, sans doute. La peur de se dire que si le Diable existe alors le reste aussi : Dieu, le Paradis, l’Enfer, les Anges, les Démons, les miracles. La notion du bien et du mal s’en retrouve forcément changée parce que ce ne sont plus les mêmes enjeux. Là où pour elle il n’y avait que le côté criminel et tordu de l’être humain, elle sait désormais qu’un châtiment attend les pires pécheurs après la mort.

Son verre en main, elle hésite entre boire ou aller se coucher. Ce n’est pas le faible taux d’alcool qu’elle a versé qui pourra lui embrouiller l’esprit mais la perspective de boire un coup n’est plus aussi attrayante qu’auparavant. Au moins, Trixie est au lit et ne la verra pas dans cet état, ce qui est très bien comme ça. Elle tient avant tout à ne pas plonger sa fille dans ce nouveau monde qu’elle a brusquement découvert car ce n’est pas quelque chose destiné aux enfants. Elle s’imagine mal annoncer à sa fille que Lucifer est un démon – le Diable plus précisément – parce que ce serait un bouleversement trop important.

Chloé dépose finalement le verre qu’elle repousse avant de mettre sa tête sur ses bras croisés. Le visage démoniaque de Lucifer flotte encore dans ses pensées et elle ne parvient pas à l’associer à ce sourire séducteur face auquel elle a cédé. Ce n’est plus un homme charismatique qui s’est montré à elle mais bien l’apparence d’un damné. Pourtant, malgré la répulsion qu’elle devrait ressentir, c’est une autre émotion qui naît en elle. Elle s’interroge sur la façon dont il voit le monde des mortels et sur la douleur qu’il porte sans doute en permanence.

Immortel. Ce mot la frappe brusquement et lui fait relever la tête. Il lui a déjà dit que rien ne peut le blesser, même si l’expérience leur a prouvé que ce n’est pas totalement vrai, et qu’il ne craint pas la mort. Contrairement à elle, Lucifer n’est pas limité par l’âge, la vieillesse ou la maladie ; il est libre du fardeau de l’humanité puisque son existence est éternelle. Mais cette vie est sans aucun doute pesante quand on a l’obligation de suivre les règles dictées par l’Éternel.

« Lieutenant ? »

La blonde sursaute et renverse son verre. De l’autre côté de la pièce, Lucifer l’observe comme si tout était normal et qu’elle ne venait pas de voir son visage démoniaque. Chloé quitte sa chaise pour ressuyer le liquide et mettre son verre dans l’évier, évitant de croiser le regard de l’homme qui n’a pas bougé de sa place. Elle prend une grande inspiration dès qu’elle a les mains libres et avance vers lui, cherchant les bons mots.

« Je peux partir s’il le faut, la devance le Diable avec une pointe de souffrance dans la voix. Surtout après ce que vous avez vu.
— Non, attendez, murmure-t-elle en acceptant enfin de plonger ses yeux dans les siens. »

Ce qu’elle y lit la conforte dans son jugement. Il n’y a pas d’aura maléfique, de flammes effrayantes ou de cruauté mise à nue. Ce regard est celui qu’elle a appris à connaître, à apprécier et à aimer. Celui qui lui donne parfois la sensation d’être une personne précieuse aux yeux d’un homme envers qui elle a développé des sentiments qui ont fini par dépasser le stade de l’amitié.

« Je ne voulais pas fuir, déclare Chloé d’une petite voix, mais c’est assez … inattendu.
— J’ai toujours été franc avec vous, réplique doucement Lucifer. Depuis le tout premier jour.
— Je le sais bien mais admettez quand même que ce n’est pas évident de se dire que vous êtes le … »

Les mots se bloquent dans sa gorge. Penser à l’identité réelle du patron du Lux est une chose mais l’annoncer à haute voix n’est pas si facile.

« Je suis le Diable. Et je sens que vous avez peur, lieutenant.
— Je n’ai pas peur de vous, rétorque vivement la blonde. Vous avez été là pour me protéger si souvent. Vous avez même fait tout votre possible pour éviter mon mariage avec Pierce.
— Avec Caen, la corrige Lucifer. Vous avez failli épouser le premier meurtrier de l’Histoire. »

Un rire nerveux secoue Chloé alors qu’elle tente de songer une fois de plus aux derniers événements. Son esprit n’est toutefois pas d’accord avec elle et elle se surprend à relancer un autre sujet.

« Donc quand on cherchait vos ailes, ce n’était pas une mauvaise blague ?
— C’étaient les vraies, confirme l’ange déchu. »

Pour ajouter plus de poids à ses paroles, il libère ses deux longues ailes blanches qui dénotent franchement dans la semi-obscurité de l’appartement. La blonde s’approche inconsciemment et tend une main vers les plumes immaculées, les effleurant du bout des doigts.

« Je crois rêver, souffle-t-elle. Elles sont magnifiques. »
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dreamer
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Re: [Textes] Nuit du 23 février

Message par dreamer » 24 févr. 2019 - 01:56

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« Ecoutez, jeune homme, il n’y a rien de plus que nous puissions faire pour votre amie… elle va apprendre à vivre avec, au fil du temps, vous verrez. »

Seamus fixe le médecin, encore un peu hébété. Puis, lentement, une fureur sourde s’empare de lui. d’abord, ses poings se serrent, ses ongles s’enfoncent dans la chair de sa paume. Son coeur s’emballe, et il entend désormais chacun des battements pulser dans ses oreilles, couvrant ainsi les futilités que ne cesse de lui délivrer le médicomage qui s’occupe d’elle.

Subitement, sa main droite vient s’écraser contre le mur, à peine à quelques centimètres de la tête du guérisseur. Il la retire aussi vite qu’elle s’est abattue, puis s’excuse maladroitement, encore abasourdi de son accès de violence, avant de fuir dans le long couloir du premier étage de Sainte-Mangouste.

Il dévale les marches qui le séparent du rez-de-chaussée et se précipite vers la sortie. Il a besoin de respirer. De voir tout ce monde, qui tourne toujours rond, à l’extérieur de ces murs.

C’est la nuit, dehors. La lumière orangée des lampadaires éclaire la ruelle, comme chaque soir. Personne ne circule dans cette ruelle. Seamus est complètement seul. Il se laisse glisser contre la vitrine d’une boutique, jusqu’à ce que ses fesses touchent le sol froid et humide. Il colle ensuite sa joue contre le carreau. Sa respiration, encore haletante, finit par laisser une légère buée.

Puis le froid commence à picoter lentement sa peau, la chair de poule envahit d’un coup ses bras nus. Peu à peu, tout s’apaise. Tout s’anesthésie.

Les doutes, l’espoir, l’appréhension, tout s’est effacé. La colère aussi.

Désormais, il ne lui reste plus que la réalité. Aussi dure soit-elle à avaler, c’est la seule qui lui reste.

Ce constat fait, Seamus se relève et retourne là où il aurait toujours dû être.

Entrant dans la chambre, il remarque avec dépit qu’elle n’a pas bougé d’un poil. Toujours tournée vers la fenêtre, il ne voit d’elle que son dos. Son dos recouvert d’innombrables couches de vêtements, malgré la chaleur effroyable qui règne dans la pièce.

Lavande se cache. Elle qui avait l’habitude de rayonner, elle s’est complètement éteinte. Ses longs cheveux ondulés dont elle prenait tant soin auparavant sont lâchés de manière négligée sur sa nuque.

Seamus fait le tour du lit et vient s’installer sur le fauteuil près d’elle. Il ne la touche pas. Ou plutôt, il ne la touche plus, se force-t-il à corriger.

Les yeux perdus dans le vague, Lavande ne semble pas se rendre compte qu’il est revenu à ses côtés. Toujours hantée par ses démons, elle se mure dans un silence aussi torturé que tortionnaire.

Mais Seamus n’abandonne pas.

Il fixe l’estafilade qui occupe la joue et la tempe droite de la jeune fille, à peine couverte par une de ses mèches brunes. Ses yeux descendent ensuite vers la marque de crocs qui trône sur sa clavicule.

« Elle a eu de la chance, la morsure n’était pas venimeuse. Une partie de sa chair a été arrachée, l’os a été éraflé mais rien de grave. Avec cette potion, elle n’aura presque plus mal. »

C’est ce que le guérisseur avait dit en lui administrant une fiole d’où émergeait une odeur immonde.

Lentement, le regard de Seamus glisse ensuite sur les autres cicatrices. Celles qui sont cachées. Les marques de griffe sur ses côtes et sa hanche droite. Celle sur sa cuisse gauche.

Il meurt d’envie de serrer Lavande dans ses bras, de lui chuchoter des paroles réconfortantes. Il brûle de sortir de cette clinique pour aller ravager celui qui a osé infliger un malheur pareille à la jeune fille. Hélas, il n’aura jamais la liberté d’action pour la venger.

Rien ne s’arrangera. La Guerre est finie depuis trois mois, mais elle a laissé des cicatrices qui ne se refermeront sans doute jamais.
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Verrouillé

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