[Textes] Nuit du 18 janvier

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Mikoshiba
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[Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Mikoshiba » 18 janv. 2019 - 19:38


Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Thème (écrit/image/musique) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe une série dédiée aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
Et n'oubliez pas de relire vos textes avant de les publier sur les sites ! Vous pouvez demander de l'aide sur l'espace de correction si nécessaire ;)
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Charliz » 18 janv. 2019 - 20:36

Titre : For I'm as free as a bird now
Thème (écrit/image/musique) : Musique principalement mais j'ai essayé d'intégrer un peu de l'image et du thème parce qu'ils sont cools! :beer:
Fandom : HP
Nombre de mots : 508
Personnages : Rose Weasley
Rating : TP
Il n’y avait qu’elle. Et la neige. Et cet air glacial qui s’infiltrait entre les mailles de son chandail.
Rose ferma les yeux puis les rouvrit d’un seul coup.

Tout ça c’était fini. Fermer les yeux… Elle était déjà tombée de si haut, la prochaine chute aurait sa peau. Elle était allée trop loin, trop vite, trop aveuglément.

Elle avait tout perdu. Tout.

Le terrain était comme de coutume couvert d’un épais tapis blanc. C’était un peu le prix pour vivre à St Petersbourg, mais même ici la neige finissait par fondre.

« Tout est éphémère. »

Le froid. Les cris dans les tribunes. Le poids d’une batte dans une main et les soubresauts de son balai dans l’autre.

Elle.

« Qui es-tu ? »

La question s’évapora dans un brouillard givré. Cette question l’avait tant torturée… A tel point qu’elle avait finalement fui ça aussi.

Qu’avait-elle gagné ?

Le malaise pointa, écrasa sa poitrine et fit tant trembler sa main que son Nimbus tomba. Elle serra les poing et leva les yeux. Cette fois-ci c’était fini : pour sa survie, elle ne pouvait plus s’autoriser la moindre chute.

« Qui es-tu ?! »

Son cri brisa la nature et fractura sa poitrine.

« Qui es-tu ? »

Seule. Elle était seule. Et c’était de son fait.

Dix ans de fuite. Dix ans d’égarement et d’illusion. Elle avait cru grandir, mais son problème était toujours là, pulsant dans sa poitrine. Son silence n’avait été que le fruit de déni.

Elle n’avait pas guéri, elle avait fermé les yeux. C’était comme se laisser porter par les vagues, allongée sur une barque de fortune, priant pour que l’orage reste loin. Le courant ne l’avait cependant pas emmenée loin : elle était toujours au même endroit, tournant inlassablement autour d’un ilot vide de vie.

C’était ça… Le courant l’avait porté pendant dix ans. Elle avait cru vivre mais n’avait fait aucun choix, pris aucun risque.
Une fuite aveugle qui se refermait soudainement sur elle en un étau glaçant.

Elle serra le ventre pour ne pas vaciller. Ne plus tomber, jamais. Parce qu’aujourd’hui, personne ne la relèverait. La solitude l’avait coupé du monde et ça, ça…

« Qui es-tu ? »

Dix ans mais la réponse n’était toujours pas claire.

« Non… Qui veux-tu être ? »

Un sourire fit tressaillir la commissure de ses lèvres.

Des visages apparaissaient comme des flashs et son cœur s’emballait au rythme des souvenirs.

Qu’importe de savoir qui elle était. Être relevait du destin et aujourd’hui, à l’aube de ses vingt huit ans, Rose comprenait enfin qu’elle lui avait déjà laissé trop de place.

Le destin, c’était bien fini. Choisir… Elle voulait choisir. Et se battre, enfin. Prendre sa vie à deux mains comme elle aurait dû le faire depuis longtemps.

Grandir, devenir adulte.

Vivre.

Et voler aussi.

Rose se baissa pour ramasser son balai dans la neige. Se fichant bien de l’angoisse et du froid qui transissait ses muscles, elle s’élança dans les airs.
Plus de peur. Cette fois-ci, elle ne volait que pour elle.
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« Entre le passé écrasant et l’avenir incertain, le présent est d’une puissance totale. » Edouard Baer

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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Mikoshiba » 18 janv. 2019 - 20:45

Titre : Départ
Thème (écrit/image/musique) : un peu des 3 ! (Circumnavigation, image de 20h, la musique Free Bird)
Fandom : HP
Nombre de mots : 298
Personnages : Évangeline et Raymond
Rating : /
Évangeline s’est assise à l’arrière du bateau. Elle regarde avec un peu de tristesse s’éloigner les côtes hollandaises. Le capitaine ne voyait visiblement pas d’inconvénient à faire ce voyage pour seulement une petite poignée de passagers, comme s’il en avait l’habitude. Elle lui en est d’ailleurs particulièrement reconnaissante, Raymond et elle préféraient ne pas s’attarder sur le continent, et quoi de mieux pour s’enfuir qu’un bateau de tourisme qui fait le tour des villes du Nord de l’Europe ?

Malgré elle, elle frissonne. Elle a froid, elle a peur, elle se sent vide. De quoi son avenir sera-t-il fait ? Elle n’a plus rien. Plus de famille, plus d’argent, plus d’influence.

- Hey.

Raymond vient s’asseoir à côté d’elle et lui dépose une tasse de chocolat fumante dans les mains.
Heureusement qu’elle l’a, lui. Il passe son bras autour de ses épaules et la serre contre lui.

- Tout va bien se passer. Je te le promets.

Les roues du bateau marquent son sillage dans la Mer du Nord. Les embruns rendent l’atmosphère de la poupe froide et humide, et quelques flocons commencent à faire leur apparition, mais Évangeline ne veut pas rentrer à l’intérieur, malgré le fait qu’un salon confortable les y attende. Raymond sort sa baguette et fait apparaitre une couverture qu’il enroule autour d’eux.

- Tu sais, je n’ai pas tellement de regrets. M’enfuir, c’est un peu comme une libération au final. Je ne connaissais que ce monde-là, et c’était pour moi la seule chose qui comptait. Mais maintenant que je sais qu’autre chose existe… Et que je vais en faire partie… Je me sens un peu comme un oiseau, tu vois ? Un oiseau qui ne sait pas encore voler, certes, mais un oiseau quand même. Je suis libre et c'est ça qui compte.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Carminny » 18 janv. 2019 - 20:51

Titre : Revis
Thème (écrit/image/musique) : Circumnavigation
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 100
Personnages : Ethel Crochue, Aurora Lovegood (OCs)
Rating : Tout Public
Chère Ethel,
J’espère que tu vas bien et que tu as cessé de contourner Londres comme un lion tourne en cage, comme hibou autour d’une maison sous Fidelitas, ou comme un bateau circumnavigue une île. Tu devrais cesser de voir des fantômes, ma chère amie, ça ne te va pas au teint. Laisse tomber ton dieu, laisse tomber tes fautes. Revis. Accoste enfin, reprends pied et délivre-toi. Tu t’es aperçue que tu n’es plus vraiment toi mais tu peux revenir. Les nargoles me le soufflent. Alors, Ethel, je t’en prie. Revis. Envoie-moi quelques cookies chocolat-framboise de lune.
Ton amie Aurora.
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dedellia
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par dedellia » 18 janv. 2019 - 21:03

Titre : Entre camarades
Thème : image de Bella (tasse)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 326
Personnages : Lily Evans, James Potter
Rating : Tout public
Elle avait accepté de lui donner une chance. Du moins, c’est ce qu’elle lui avait dit. Lily ne pouvait certainement pas lui dire qu’elle commençait sérieusement à avoir un faible sur lui. Ça lui gonflerait la tête et il redeviendrait l’abruti qu’il avait toujours été. Et elle ne pouvait pas l’accepter, alors elle avait fait semblant de réfléchir à sa proposition, puis d’accepter à condition qu’il ne fasse pas la moindre bêtise de la journée. C’était un deux pour un gagnant.

Le serveur s’approcha et déposa leurs deux tasses fumantes sur la table brisant le silence qui s’était établi entre les deux préfets en chef.

— Merci, dit James après s’être râclé la gorge tandis que Lily se contentait d’un sourire.

Lorsqu’il repartit, le regard des deux sorciers se croisa, mais ne pouvant soutenir les yeux rieurs de James, Lily baissa la tête vers le chocolat qu’elle avait demandé. Elle ne raffolait pas du thé comme breuvage d’après-midi. Elle préférait le garder pour étudier le soir au coin du feu afin de la détendre, mais en regardant sa tasse elle regretta de ne pas avoir choisi ce qui lui aurait calmé un peu les nerfs. Elle s’insulta mentalement lorsqu’elle réalisa que son comportement était tout sauf celui de la collègue de classe qu’elle prétendait être. Pour gagner quelques secondes, elle prit une gorgée de son chocolat en regardant James du coin de l’œil.

Ses doigts bougeaient sans arrêt comme s’il cherchait à se débarrasser de son énergie nerveuse. Était-il agacé de devoir rester sage aujourd’hui? Il était loin d’être l’adolescent qu’il avait été, mais les règles avaient toujours été pour lui et Sirius un défi. Celle qu’elle avait établi le titillait probablement. Un sourire étira ses lèvres quand il la surprit à le fixer et Lily sentit une chaleur lui monter aux joues. Oups. Mais elle ne put s’empêcher de sourire elle aussi. Peu importe ce qu’il adviendrait de cette journée, en e moment elle était bien.
:boing: L’équipe des nuits a besoin de votre avis!
Remplissez notre formulaire pour nous aider ! :boing:

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par BellaCarlisle » 18 janv. 2019 - 21:04

Titre : Naviguer
Thème : Circumnavigation
Fandom : Hannibal (série)
Nombre de mots : 606
Personnages : Hannibal, Will
Rating : Tout public
Les yeux fermés, Will inspire à pleins poumons l’air marin.

La sensation n’est plus aussi vive que le premier jour de navigation mais il reste ébahi par l’étrange sensation de liberté qui l’étreint. Il n’a plus aucune entrave, physique ou morale, plus aucune cellule pour l’empêcher de devenir celui qu’il est vraiment au fond de lui. Il n’y a que l’océan, si grand, symbolisant tant de choses, tant d’opportunités, si loin de l’hôpital dirigé par Chilton, si loin du service du FBI, si loin de toutes ces victimes qui le hantaient la nuit.

Désormais, c’est fini. Il peut dormir tranquillement, sans se soucier de tout ce passé qui lui faisait du mal. Il est comme un oiseau ayant vécu trop de temps en cage et qui découvre pour la première fois qu’il a la capacité de voler. Il a l’impression qu’il lui suffirait d’étendre les bras pour quitter le pont du navire et s’en aller mais il préfère encore la réalité qui l’entoure. Tout ce qu’il y avait de négatif dans sa vie d’avant n’est plus qu’un mauvais souvenir et il s’estime heureux de profiter de cette nouvelle existence.

Sans doute Hannibal y est-il pour une grande part dans ce bonheur étrange.

Après la chute, ils se sont relevés tous les deux, plus forts que jamais malgré leurs immenses blessures. Ils se sont soignés mutuellement, même si l’ancien chirurgien a été le plus doué pour refermer les plaies. Ils ont longuement hésité sur leur destination, principalement par crainte de se faire surprendre et d’être arrêtés – dans le meilleur des cas – ou d’être tués par des officiers trop zélés. Puisqu’aucun pays ne leur a paru relativement stable sur du long terme, une solution assez imprévue s’est présentée à eux.

« Tu ne t’en lasses pas. »

Ce n’est pas une question, juste une affirmation qui tire un sourire à l’ancien consultant. Il ouvre enfin les paupières alors que son amant s’accoude au bastingage à ses côtés, observant à son tour l’océan et ses reflets.

« Je crois rêver, avoue Will. C’est si différent de ce que nous avons connu.
— Est-ce que tu regrettes ? »

La surprise se lit dans les yeux du brun alors qu’il jette un regard en coin au psychiatre. Jamais encore Hannibal ne lui a posé ce genre de question, pas depuis qu’ils ont décidé d’un commun accord de naviguer autour du monde.

« Comment pourrais-je regretter ? murmure l’empathe. Tu m’as offert tout ce dont j’avais besoin. Nous sommes enfin qui nous devions être.
— Alors tu acceptes d’avoir changé, lui souffle le cannibale en passant une main dans ses boucles brunes. »

Le plus jeune apprécie le geste avec un léger sourire un peu timide qui tire un rire franc à l’autre homme.

« Es-tu en train de te moquer de moi, Hannibal ?
— Il y a des moments où j’ai le sentiment d’avoir en face de moi une partie de l’ancien Will Graham, s’amuse l’éventreur de Chesapeake. Dès que je te touche, tu redeviens gêné.
— Et moi, j’ai l’impression de retrouver le psychiatre qui m’a tant marqué. »

Un échange de regards plus tard et ils s’embrassent comme si leur vie en dépendait, comme s’ils pouvaient mourir en une seconde. L’ancien consultant du FBI est sans doute en train de prendre des décisions qui le mèneront vers les ténèbres mais il ne ferait de marche arrière pour rien au monde.

Naviguer avec Hannibal autour de chaque continent, de chaque île, est une vie presque idéale. Il ne lui reste plus qu’à prier pour que le lendemain ne soit pas un réveil brutal dans une cellule vide de l’hôpital psychiatrique de Frederick.

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par AliceJeanne » 18 janv. 2019 - 21:06

Titre : /
Thème : image
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 1040
Personnages : Viktor, Ilona, William
Rating : /
La neige avait cessé de tomber depuis déjà quelques heures et le ciel crémeux s’était doucement marbré de notes d’azur avant de virer à l’orangé lorsque le soleil avait commencé sa lente descente vers la nuit. Un silence, uniquement troublé de cris exaltés d’enfants, avait plongé les habitants du chalet dans un calme reposant. Accoudé à la fenêtre et jetant parfois quelques coups d’œil amusés vers l’extérieur, William observait Viktor se débattre avec la bouilloire, pestant à qui voulait bien l’entendre que le temps des chandelles était bien plus simple que celui du tout électrique. L’ancien Aîné des vampires parvint finalement à mettre « l’objet de démon » en marche et put reprendre sa lecture attentive du journal local. La purge, malgré ses presque cinq années d’existence, n’avait pas fini de faire parler d’elle. Les immortels étaient encore massacrés par dizaines sans que personne ne sache réellement comment ils avaient pu croitre jusqu’à un tel nombre. Il grogna en déchiffrant les inepties sans nom et caractéristiques aberrantes dont on affublait son peuple avant de lancer rageusement le périodique dans la cheminée, envoyant cendres et braises sur le tapis du salon.

« Cela ne sert à rien de te mettre dans un tel état Viktor, soupira le loup-garou en rémission. Les humains ont toujours été bien ignorants, le fait qu’ils soient au courant de notre existence ne change pas grand-chose à leur manque cruel de perspicacité.
- Pour des personnes censées ne rien savoir, grommela le vampire, tu admettras qu’ils font tout de même beaucoup de dégâts !
- Je ne dis pas le contraire, l’ignorance a toujours été le pire fléau de nos espèces, dit-il en haussant les épaules. Tu es plutôt bien placé pour le savoir si ma mémoire est bonne, ajouta-t-il en apercevant Ilona aider Sonia et Sofia à accrocher des petites pierres sur le torse de leur bonhomme de neige. »

Viktor ne releva pas la pique et se contenta d’acquiescer avant de reporter son attention sur les flammes qui dansaient dans la cheminée. Son esprit était incapable de trouver le repos depuis que sa fille, son fils et sa petite-fille leur avait confié à Ilona, William et lui, leur progéniture. Il se sentait inutile et cette sensation lui avait toujours parue des plus détestables. Les deux adolescents de la maison les aidaient bien dans leur tâche, ayant l’habitude de canaliser les plus jeunes sans trop de difficulté, mais les questions qui remplissaient leurs regards enfonçaient chaque jour un peu plus un pieu dans sa poitrine car il lui était impossible de leur répondre. Le plus âgé tentait de convaincre les vampires de s’allier en une seule assemblée tandis que d’autres bataillaient pour faire de même avec les lycans. Alicia et Manuel, eux, tentaient tant bien que mal de faire valoir les avantages d’une trêve entre leurs deux nations. L’idée, pourtant censée, n’avaient pas soulevé les foules dans le sens le plus avantageux et le délai accordé aux deux hybrides par les vampires suspicieux, pour parvenir à réunir les différents dirigeants et proposer un projet viable touchait à sa fin. L’angoisse hantait les nuits de chaque habitant de la petite demeure en bordure de forêt, se traduisant par des cauchemars pour certaines et insomnies pour d’autres.

Le sifflement de la bouilloire sortit le vampire de ses tourments et d’un geste mécanique il s’approcha des plaques électriques pour y retirer le thé chaud. Il ne comprenait toujours pas ce que son épouse trouvait à ce breuvage, mais au vu des quantités astronomiques qu’elle en buvait avec William, cela devait avoir son intérêt physiologique à défaut d’en avoir un gustatif. Viktor fouilla dans les placards à la recherche d’une tasse propre, la dernière rescapée aux pulsions assoiffées d’Ilona lui tira un petit sourire et c’est avec le cœur un peu plus léger qu’il y versa le liquide fumant non sans gratifier William d’un commentaire sur le fait qu’il avait, encore une fois, oublié d’effectuer son tour de vaisselle.

Un bruit de cavalcade dans les escaliers informa les deux grands-pères que les geeks de la maison s’apprêtaient à aller profiter de l’obscurité pour s’aérer un peu. Les deux grands garçons les saluèrent poliment avant de se ruer de concert vers la porte et leur sœur et leur nièce. Viktor soupira avant d’enfiler à son tour son manteau et se diriger vers la jeune-femme, assise dans la neige, qui couvait les quatre jeunes d’un regard bienveillant. Le vampire se laissa tomber auprès d’Ilona et glissa son bras autour de sa taille afin de l’attirer contre lui après lui avoir donné la tasse de thé. L’hybride accepta son étreinte et s’empara avec avidité de la boisson, se brulant les lèvres dans la précipitation. Viktor la morigéna en riant tandis qu’elle calait la tasse bouillante dans la poudreuse à ses côtés.

« C’est drôle que tu ais choisi cette tasse, murmura-t-elle à son oreille en observant Wilhelm faire tournoyer Sofia dans les airs, surtout aujourd’hui.
- Plains-toi donc à celui qui est censé faire la vaisselle, bougonna-t-il. »

Ilona gloussa, parfois la situation, bien que tendue, lui paraissait bien comique et invraisemblable.

« Je suis contente que vous parveniez enfin à vous entendre, se confia-t-elle.
- S’il on fait abstraction de l’odeur de chien et de la façon déplacée dont il te regarde lorsque tu sors de la salle de bain, William est quelqu’un de tout à fait fréquentable. Enfin, pour un loup-garou j’entends. »

Ilona se contenta d’esquisser un sourire et de poser sa tête contre l’épaule de son mari. Ses doigts jouaient distraitement avec l’anse de la tasse, se rappelant avec une pointe de nostalgie de ce même jour de mars, où deux ans plus tôt, Sofia avait offert à sa mère Alicia, cette chose saugrenue rouge et en forme de cœur, pour l’anniversaire de celle-ci. La jeune-femme avait accueilli le cadeau avec émotion tandis que William s’esclaffait en criant à son fils qu’il avait hâte de voir ce qui l’attendait dans le paquet de même forme qui trônait sur la table basse.

« Où êtes-vous aujourd’hui ? Souffla-t-elle pour elle-même, tandis qu’à l’abri de la petite maison, William, en proie au même doute, laissait une larme et une pensée couler dans son propre thé hébergé dans la tasse de Manuel.
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Ayame
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Ayame » 18 janv. 2019 - 21:12

Titre : Free Bird
Thème (écrit/image/musique) : musique
Fandom : Harry Potter/Mangmorts Inc.
Nombre de mots : 540
Personnages : Ulysse Jugson, Corban Yaxley et Luna Lovegood
Rating : -12

Quand il la vit, Ulysse cru être face à un fantôme. Elle était là, devant lui, et pourtant, il avait l’impression d’être des années en arrière. Avant la guerre. Avant sa chute. Avant Azkaban. Il ferma les yeux un instant alors que les souvenirs affluaient.

Azkaban lui avait presque tout fait oublier. Tout ce qui faisait sa vie avant de rejoindre les rangs du Maître n’était que de vagues souvenirs. Un peu comme les échos d’un rêve qui vous collent après votre réveil mais dont vous ne parvenez pas vraiment à vous souvenir. Toutes les personnes qu’il avait pu connaître auparavant ressemblaient à des silhouettes floues perdues dans la brume confuse de ses pensées.

Il l’avait découverte par hasard : Yaxley l’avait désigné volontaire pour aller apporter leur pitance aux prisonniers. Il avait protesté, arguant qu’un elfe de maison aurait très bien pu s’en charger et qu’il avait bien d’autres missions à accomplir, mais Yax avait insisté. Et on ne contredisait pas Yax. Pas depuis Azkaban.
Comme pour l’amadouer, Yax prétexta qu’il fallait que quelqu’un de confiance jette un œil dans les cachots. Mais Ulysse savait que les compliments que pouvait distiller Yaxley n’étaient que des cajoleries pour que sa victime ne sente pas la brulure de la lame qu’il allait leur enfoncer dans le dos.
Ils se connaissaient depuis Poudlard, ils étaient entrés ensemble dans les rangs Mangemort. Yaxley savait parfaitement ce que la captive représentait pour Ulysse… C’était même lui qui avait suggéré de la garder un peu au frais pour museler le journal de son père. Etait-ce par pitié ou pour ne pas gaspiller du Sang Pur ? Rien ne pouvait jamais être sûr avec Yaxley…

Après avoir déposé par terre les morceaux de pain et de fromage destinés aux prisonniers, Ulysse s’était relevé, seulement pour plonger dans ces grands yeux bleus à la fois si familiers et si étrangers. Et tout lui était revenu brusquement.
L’apprentissage chez son Maître de Sortilèges. Sa condisciple, Pandora. Leurs promesses échangées. Leurs doux baisers. Leurs étreintes. Et leurs chemins qui s’étaient inexorablement séparés alors qu’il réalisait que les idéaux du Maître devaient prévaloir. Il vit des pans entiers de sa vie défiler alors qu’il fixait les prunelles azur de la jeune fille.

Ces yeux que finalement, malgré ce qu’il avait cru, même Azkaban n’avait pas réussi à effacer.

Il ne savait pas comment elle s’appelait et quelque part il s’en fichait. Elle n’était pas Pandora. Elle n’était que la preuve d’un temps révolu. Il ne lui adressa pas un mot. Mais il la reconnut sans même l’avoir jamais vue auparavant.

Il ne sut pas combien de temps il resta là, à observer la jeune fille qui ramassait doucement ce qu’il avait déposé. Elle les rassembla et les essuya un peu avant d’en donner la plus grande partie au vieil homme qui partageait sa geôle. Ses longs cheveux blonds étaient tout emmêlés, couverts de poussière et de saleté. Mais cela semblait la laisser indifférente. Alors qu’elle le fixait distraitement, son petit visage rond penché sur le côté comme si elle réfléchissait à ce qu’elle allait dire, Ulysse se détourna brusquement et quitta les cachots.
Quoique Yax ait tenté de provoquer, il ne devait pas y parvenir.
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CotonEcriture
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par CotonEcriture » 18 janv. 2019 - 21:31

Titre : Foi d'un malade...
Thème (écrit/image/musique) : Écrit + image
Fandom : N/A
Nombre de mots : 471
Personnages : PP
Rating : Aucun
Il faisait froid... Très froid... Le sol était gelé et on pouvait facilement glisser sur cette glace fine qui parcourait le pont. Les arbres étaient blancs... blanc comme la pureté... blanc comme l'innocence... chose que l'on venait de lui retirer...

Cela faisait depuis deux longues heures qu'il était planté là, dans le froid, devant le pont, au milieu du chemin embrumé... Et cela faisait deux longues heures qu'il savait... Il était sorti de l'hôpital comme il y était entré ; mal... Très mal... Comment pouvait il encore y croire désormais qu'il savait... qu'il savait qu'il était différent... fragile... indéniablement plus malchanceux...

Le destin existait il ? Peut être l'avait il mérité après tout... De souffrir... jusqu'à sa mort... De sentir ses genoux fondre, ses côtes se tordre, sa colonne vertébrale s'ankyloser... savoir que c'est pour la vie... Sans l'avoir choisi. Mais qui choisirai cela ? Sérieusement ! Personne oui ! Peut-être un masochiste à la limite... Et même, il risquerai de ne pas supporter la fatigue...

Comment s'en sortir ? Comment ne pas souffrir ? Aucune idée... Un traitement ? Il ne faut pas regarder les effets secondaires sinon on pert le peu d'espoir que l'on a... La foi que l'on peut avoir en la vie... En la beauté et la douceur... Un nom de maladie ? Ils font tous peur... Mais finalement, ne vaut-il pas mieux savoir ainsi que de le savoir bien tard, alors que la roulette dun destin à commencé depuis des dizaines d'années... des dizaines d'années d'errance... Sans diagnostic ? C'est peut être pire finalement... Au moins quand on a un nom, on sait...

C'est alors qu'il faut avoir la foi, la pugnacité et le courage... Sinon, comment survivre ? À tant de souffrances, de douleurs... d'afflictions et d'incompréhensions... Si seulement... Si seulement ce n'était pas tombé sur lui... Si seulement cet anti gène ne s'était pas déclenché... Si seulement il n'avait pas hérité du même système HLA que son père... Si seulement...

Mais comment imaginer d'avance ? Comprendre sans a voir vécu ? On ne peut pas concevoir cette foi... Qui maîtrise la tristesse... Cette conviction... Cette espérance... Qui n'est pas là chez tout le monde mais qu'il avait le bonheur de tout de même avoir... Comment quelqu'un de normal pouvais le comprendre ?

Mis à part la pitié dans les regards, la sympathie dans leurs mouvements... Ils ne pouvaient comprendre tant qu'ils n'avaient pas vécu. Et la foi qu'il avait, lui, c'est qu'un jour il ne soit plus regardé ainsi, comme un animal complexe à surveiller... Mais que l'on l'observe comme tout le monde... Si seulement...

Si seulement sa foi ne pouvait ne pas s'arrêter que là...
Pas d'inspiration donc trop de répétition je trouve...
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hazalhia
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par hazalhia » 18 janv. 2019 - 21:45

Titre : /
Thème (écrit/image/musique) : image de 21h
Fandom : mon roman
Nombre de mots : 397
Personnages : Simon, et Théo
Rating : /
Rien ne s'était passé comme prévu.

Ni la neige qui imbibait ses chaussures, ni le vent qui lui giflait les joues n'arrivait à effacer cette pensée. Ce jour là il avait tout perdu, encore.

Il était son frère, son âme sœur. Celui dont il connaissait tout et qui devinait ses pensées avant même qu'il ne les exprime. Celui qui lui avait tout appris : comment se reconstruire, comment avancer pas à pas, parce qu'il y avait toujours des lendemains meilleurs et dont il connaissait tous les plans, tous les rêves.

Les résistants voulaient juste révéler la vérité au monde, c'est ce qu'ils avaient dis. Ils l'avaient promis. Et puis il y avait eu cette étincelle, qui aurait pu être celle d'un rayon de soleil sur le cadran d'une montre si elle n'avais pas été accompagnée d'une détonation. Puis d'une autre. Puis d'une dizaine d'autre.
Il y avait eu des cris, beaucoup. Et encore plus de gens qui couraient de manière erratique. Mais lui était déjà au sol, sans réussir à se lever à cause des membres qui le piétinait et du trou qui avait dans le ventre. Sa dernière image avait probablement été un pèle-mêle de jambes sur fond de hurlements.

Simon n'était même pas là pour lui dire les derniers mensonges de circonstance, que tout irait bien, qu'il ne devait pas s'inquiéter parce qu'il allait s'en sortir. Il n'était même pas là pour apporter un peu de réconfort à son frère de cœur, le seul être important qui lui restait dans sa vie.

Et maintenant, même plusieurs mois après le manque de sa présence continuait de couler dans ses veines. On lui avait arraché un bout de lui même, et le temps n'avait réussi à colmater que partiellement la plaie.

Ils aimaient aller marcher en forêt, en partie pour la douce tranquillité qui y régnait en hiver mais surtout pour aller se rouler dans la neige. Jusqu'à ce qu'ils soient trempés et mort de froid.
Aujourd'hui il n'avait pas couru sur le pont comme ils avaient l'habitude de le faire. Il avait marché seul, et en silence. Et en regardant le chemin qui se perdait dans l'horizon, il s'était demandé si un jour il pourrait y retrouver son ami, caché au milieu de la brume.

Alors il continua de marcher, en levant la tête vers le soleil jusqu'à en être aveuglé pour ne pas voir que le chemin n'était foulé plus que par une seule série d'empreinte. Les siennes.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


Tu traînes sur le forum sans savoir quoi faire,
tu cherches une excuse pour échapper à tes révisions pour les rattrapages ou pour ne pas faire la vaisselle,
Ne cherches plus,
viens remplir notre questionnaire pour les Nuits! :boing:

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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par AlwaysLS » 18 janv. 2019 - 21:49

Titre : Divergence d’opinion
Thème (écrit/image/musique) : « foi »
Fandom : HP
Nombre de mots : 224
Personnages : Pery Weasley
Rating : tout public

P
ercy Weasley contemplait la photographie jaunie qui trônait sur le plateau de la commode de son petit salon. Prise deux ans auparavant, en Egypte, elle figeait un instant unique, qui n’avait jamais existé et qui ne serait plus jamais. Elle figeait une famille unie. Une famille qui n’existait plus. Et si cette famille s’était disloquée, ce n’était pas la faute de Percy. Et il leur en voulait. Vraiment. Il ne comprenait pas pourquoi elle était si aveugle, si stupide, si naïve. Il ne comprenait pas pourquoi elle préférait contenter de sa situation. Lui, au contraire, voulait s’élever, sortir de la pauvreté, devenir quelqu’un, être reconnu et respecté par ses pairs. Percy se croyait donc plus perspicace que ses frères, que ses parents, surtout son père. Lui, il avait trouvé la clef, la solution pour être respecté. Il savait vers qui se tourner tandis que le reste de sa famille accordait leur confiance à Dumbledore. Qu’ils étaient aveugles ! C’était Dumbledore qui les maintenait dans un état de dépendance à lui, il les maintenait dans l’obscurité pour être couvert de gloire. Il était clair qu’il briguait le poste de ministre de la magie, qu’il cherchait à asseoir son pouvoir.

C’étaient pour ça que Percy s’était disputé avec sa famille. C’était lui qui avait raison : il faisait confiance au Ministre de la Magie, Cornelius Fudge.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Mikoshiba » 18 janv. 2019 - 21:49

Titre : l'Écosse
Thème (écrit/image/musique) : Foi essentiellement, mais on peut y voir une référence à l'image de 21h et à Makeba
Fandom : HP
Nombre de mots : 313
Personnages : Raymond et Évangeline
Rating : /
Aussitôt que le bateau eut accosté sur les côtes Écossaises, l’enthousiasme d’Évangeline s’était dégonflé.
Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? Pourquoi n’avait-elle pas fui en Afrique, au soleil, à la chaleur ?
Elle s’était enveloppée dans son écharpe mais elle avait tout de même l’impression d’être congelée.
Mais qu’est-ce que je fais là ? Il y a du vent. Beaucoup. De la pluie toute fine particulièrement désagréable. Trop. Et du brouillard ! Partout.

Raymond, descendu du bateau avant elle, se retourne vers elle. Il a les yeux qui pétillent, débordants de foi en leur avenir. Évangeline avale difficilement sa salive, tout en faisant son maximum pour cacher son appréhension et avance vers lui doucement.

- Il y a par là-bas un endroit où il nous sera possible de transplaner facilement. Fais-moi confiance, dans moins d’un quart d’heure, nous serons bien au chaud et en sécurité chez mes parents.

Son assurance rassérène quelque peu Évangeline, qui continue quand même au fond d’elle-même à rêver d’un continent plus au sud. Bien plus au sud. Elle suit cependant Raymond vers un angle de trottoir et attrape la main qu’il lui tend au moment de transplaner.

Deux secondes plus tard, ils se tiennent tous deux debout dans la neige devant les grilles ouvertes du domaine d’un beau manoir dans le brouillard. Un petit pont leur permet de s’engager sur le chemin ensuite bordé d’arbres. Il fait toujours froid, mais les fenêtres du manoir diffusent une lumière qui réchauffe un peu le cœur d’Évangeline. Elle ne sait pas trop pourquoi, mais sans même être entrée à l’intérieur, elle s’y sent déjà un peu chez elle, et au moment où Raymond lui sourit, le visage rayonnant de confiance, elle peut lui rendre son sourire sans trop avoir à se forcer. Elle commence à croire avec espoir que finalement, sa vie ne sera peut-être pas si grise que ça ici.
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Sexy free and single I'm ready to bingo


AVEZ-VOUS VU LES BELLES QUENOUILLES LE QUESTIONNAIRE DE LA TOUR D'ASTRONOMIE ?

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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Carminny » 18 janv. 2019 - 21:50

Titre : Entre Dieu et Merlin
Thème (écrit/image/musique) : Foi
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 100
Personnages : Minerva McGonagall
Rating : Tout Public

Minerva McGonagall n’avait jamais eu à réfléchir sur la religion. Son père était pasteur et elle allait à l’église. Sa mère était sorcière et elle apprenait la magie. Ces deux aspects pourtant souvent opposés dans la culture moldue étaient complémentaires dans sa vie. La jeune fille qu’elle était ne s’imaginait pas la vie sans magie ou sans religion.
Minerva avait été étonnée qu’aucune messe n’avait lieu à Poudlard. Elle avait été étonnée que les sorciers ne croyaient pas. Elle comprenait pourquoi Lidwyn disait se sentir un peu perdue. Les nés-moldus croyait en la même foi qu’elle et non en Merlin.
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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Eejil9 » 18 janv. 2019 - 21:53

Titre : Y croire
Thème (écrit/image/musique) : « foi » + image
Fandom : /
Nombre de mots : 923
Personnages : Aelith
Rating : tout public

ET-choupie, si tu passes par là, ne lis pas ça, trop de spoilers
Aelith ne prit pas le temps d’y mettre les formes.
- J’ai eu une vision ! Louis d’Orléans a répudié Jeanne de France. Il va épouser Anne. Le contrat qui se prépare assure l’indépendance de la Bretagne. Vous aviez tort de me punir ! Nous sommes sauvées ! Nous…
La vieille femme n’incantait pas mais une magie inattendue s’échappait de son corps en vagues porteuses de colère.
- Aelith !
Domitille n’avait pas haussé le ton, mais sa voix s’était empreinte d’une colère plus ancienne qu’elle encore. Elle était descendue dans les graves, et résonnait si fort dans ce petit matin d’hiver qu’on aurait pu dire que l’air prolongeait et amplifiait son timbre. C’était comme si ses cordes vocales avaient été porteuses d’un message plus grand, plus fort, que celui qu’aurait pu soutenir le corps d’une simple humaine. Le son qui résonnait dans la clairière était vieux comme le monde. Aelith, pourtant intrépide, se recroquevilla avec la ferme impression que c’était la magie elle-même qui venait de parler par la bouche de l’Ancienne.
- N’accordes-tu donc aucune foi au jugement du conseil du Coven ? Ne crois-tu donc pas que nous ayons plus de discernement que toi, ton intrépidité douteuse et tes vingt-cinq printemps ? Penses-tu sérieusement que vos petits tours de passe-passe ont changé quoi que ce soit au sort de la Bretagne ? Regarde-donc ! Les chasseurs de sorcières sont partout, pas seulement dans le Royaume de France.
- Mais…
- Pas de mais, Aelith, fille de Brocéliande !
La voix était devenue si grave qu’elle semblait issue de la forêt elle-même. Les yeux de l’ancienne, eux, lançaient des éclairs.
- Voilà six ans que tu fais pénitence sur notre jugement, six ans que nous t’enjoignons de te repentir de tes actes, et six ans que tu nous bernes par une fausse ferveur et des serments trompeurs. Je te retrouve avec les mêmes obsessions qu’auparavant, et la même joie sur le visage. Ta malédiction ne peut être levée si tu n’y crois pas. Admettons que notre sort se soit amélioré, ce dont je doute fort vu le cours des choses et l’extension irrémédiable du Royaume, que se passera-t-il maintenant ? Crois-tu que ton soulagement suffise à sauver Anne ?
Aelith ne pouvait soutenir le regard de Domitille. Elle fixait ses pieds, penaude.
- Ce n’est pas une question rhétorique, ma fille !
La gorge nouée, la jeune sorcière se força à répondre.
- Non, cela ne suffira pas.
- Que va-t-il se passer, alors ?
- La malédiction se poursuivra. Les enfants d’Anne mourront. La Bretagne ne sera pas transmise au Royaume.
- Te réjouis-tu donc toujours de savoir qu’une femme innocente continuera de perdre ses enfants, de pleurer, de se lamenter, parce que toi, Aelith de Brocéliande, du haut de tes dix-neuf, et maintenant vingt-cinq ans, tu as estimé que c’était une donnée négligeable ? Crois-tu donc qu’on puisse semer le malheur derrière soi sur des conjectures douteuses ?
Les larmes coulaient sur les joues de la jeune femme. Le froid était si vif en ce matin de décembre que les perles salées laissaient des traînées gelées sur sa peau.
- Dis-moi, Aelith, sur quels prétextes les chasseurs de sorcières s’en prennent aux femmes ? Ils les accusent de diablerie, ils ont peur d’être maudits, ensorcelés, détruits par des incantations et des potions inconnues. Crois-tu vraiment nous sauver en faisant preuve de cette même cruauté qu’ils nous reprochent ? Peux-tu les accuser d’injustice si tu commets les crimes pour lesquels ils nous jugent ? Crois-tu vraiment que le roi de France, qui pour le moment n’en avait pas grand-chose à faire de nous, nous laissera en paix si quelque obscur devin lui apprend que son épouse a été maudite ?
Le visage d’Aelith se couvrait de glace, son cœur, lui, brûlait. Elle était prise dans une immense contradiction. Elle pleurait le sort d’Anne, mais elle la croyait toujours coupable. Aelith était intrépide et entêtée. Mais dans le malheur le plus profond, même sous le regard impitoyable de l’Ancienne, elle tenait sa position. Anne avait abandonné la Bretagne, elle l’avait vendue. C’était de sa faute.
Aelith se consumait. Elle avait raison. Elle avait tort. Elle s’y perdait.
- Tu pleures, ajouta Domitille. Tu pleures mais tu ne regrettes pas. Le monde entier le clame. Puisque c’en est ainsi, j’en référerai au Conseil du Coven. Je leur proposerai un châtiment qui sera, sans nul doute accepté. Tu seras bannie, Aelith. Tu n’auras nul droit de fouler la terre de cette chère Bretagne que tu cherches tant à protéger, avant de reconnaître l’injustice causée par tes actes. Tu partiras, et puisque tu tiens tant à repousser les inquisiteurs et les chasseurs de sorcière, ce sera ta mission. Sauver sorcières et pauvres femmes sans pouvoir magique des feux vengeurs de ceux qui sont aveuglés par la haine. Te battre t’aidera peut-être à reconnaître l’insurmontable poids de tes actes. Cela ne sert à rien de feindre. Il faut y croire, et si tu n’y crois pas, alors, ne reviens pas.
Y croire, songea Aelith alors que le poids de ce jugement lui coupait la respiration et lui serrait le cœur. Comment se forcer à croire ? Comment fabriquer la sincérité ? Il n’y avait aucun sort pour accomplir l’impossible, aucune formule pour résoudre de tels mystères.
Domitille tourna les talons et pénétra dans sa cabane sans plus de cérémonie, laissant une Aelith désespérée au milieu de la clairière enneigée.
Elle frissonnait, mais ce n’était plus le froid. C’était la douleur d’un exil qu’elle avait mérité.
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Ayame
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Ayame » 18 janv. 2019 - 21:54

Titre : O
Thème (écrit/image/musique) : image
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 540
Personnages : Oliver Wood, Marcus Flint
Rating : TP
Oliver marchait droit devant lui. Il s’en fichait de la neige, du froid et de tout le reste. Il avait juste envie de mettre le plus d’espace possible entre eux deux.

Comment avait-il pu penser un instant que leur histoire pourrait fonctionner ?

Il traversa le petit pont de bois qui courait vers le bois, faisant claquer ses lourdes bottes sur les lattes. Ça ne l’aidait pas vraiment à se calmer, mais ça avait le mérite de le réchauffer un tant soit peu.

Il souffla et accéléra le pas. Encore quelques mètres et il pourrait enfin atteindre un endroit suffisamment tranquille et à l’écart d’où il pourrait transplaner. Il rentrerait à son hôtel, bien au chaud et il panserait ses plaies. Il leva les yeux au ciel. Qu’il avait été naïf !
Il avait pensé faire plaisir à Marcus en le surprenant alors qu’il était en tournée à New-York avec les Bats de Ballycastle. Après tout, c’est lui qui ne cessait d’envoyer des hiboux pour répéter à Oliver à quel point il lui manquait…
Alors Oliver, en bon Gryffondor avait agi inconsidérément. Il avait demandé de l’aide à son vieil ami Percy, qui travaillé au Département des Transports Magiques et obtenu un Portoloin qui pourrait partir de Puddlemere juste après son entrainement et qui serait programmé pour revenir le lendemain. Juste pour faire un saut. Seulement pour passer un peu de temps avec Marcus…

Mais entre la rougeur des joues de Marcus, ses balbutiements maladroits, sa posture rigide et ses yeux écarquillés à la fois de surprise et de peur Oliver avait bien compris qu’il dérangeait. Visiblement les coéquipiers de Marcus n’étaient pas au courant qu’il avait rencontré quelqu’un… Et encore moins que ce quelqu’un était un homme.

Oliver soupira lourdement. Il ne voulait pas d’être le secret honteux de qui que ce soit. Tant pis pour Marcus.
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Catie » 18 janv. 2019 - 21:58

Titre : ?
Thème (écrit/image/musique) : Image 21h
Fandom : Original
Nombre de mots : 1300
Personnages : Sadiya, Ethan
Rating : -12
Sadiya se souvenait de tout.

Du regard chaud d’Ethan sur elle, de son rire à elle qui se répercutait autour d’eux. Dans cette nature froide et glacée, immobilisée pour l’hiver. Totalement déserte. Ou presque.

Elle se souvenait du bois glissant du pont sous ses pas, de la main sûre de son fiancé qui la rattrapait alors qu’elle dérapait, du métal gelé de la rambarde sous ses doigts gantés.

Il faisait si froid ce jour-là. La neige avait recouvert le parc entier d’un manteau blanc immaculé. Le sentier qui serpentait au-delà du pont, au milieu des arbres aux branches nues recouvertes de givre, était dépourvu de la moindre trace de pas.

Ils étaient seuls au monde. C’est ce qu’ils croyaient, du moins.

Ils n’avaient pas fait attention, au début. Ils étaient trop occupés à être heureux. A se regarder dans les yeux, à se dévorer du regard, à se voler des baisers, se taquiner, se serrer l’un contre l’autre.

Elle se souvenait parfaitement à quel instant elle avait ressenti un frisson. Le frisson. Celui d’anticipation, de frayeur, celui qu’on a quand on se sent observé et qu’on a un mauvais pressentiment.

Celui qui annonçait que leur belle journée n’allait pas se finir comme ils l’auraient souhaité.

Elle posait tout juste le pied sur la neige intacte au-delà du pont. Ethan était derrière elle, une main sur ses reins. Leurs souffles chauds formaient une buée dans l’air glacial, s’entortillant en volutes dans le ciel pâle.

Et c’était là, entre les deux grands arbres silencieux qui semblaient les regarder, qu’elle avait eu le frisson. Elle avait perdu son sourire, levé la tête.

Une silhouette, au bout du sentier. Un homme vêtu de noir, qui se dirigeait tranquillement vers eux.

Ethan lui avait dit qu’elle était ridicule d’avoir peur, qu’il ne s’agissait que d’un promeneur, un gars qui avait juste décidé de respirer l’air vivifiant de l’hiver, comme eux. Rien d’autre.

Il n’aurait pas pu être plus éloigné de la vérité.

Sadiya se souvenait avec une précision terrifiante de la suite. De ce moment qui avait fait basculer sa vie à jamais.

Ils avaient continué leur marche, elle un peu plus nerveusement. Elle essayait de se convaincre qu’elle était paranoïaque, que tout allait bien. Elle avait tout fait pour étouffer la gêne qu’elle ressentait.

Elle avait gardé son regard résolument fixé devant elle. Déterminée à ignorer cet inconnu qui la rendait mal à l’aise, sans qu’elle sache bien pourquoi.

Ils n’étaient qu’à quelques mètres lorsqu’Ethan lança un salut, auquel l’homme répondit d’un hochement de tête. Elle n’avait toujours pas dévié ses yeux de la route enneigée.

Puis, quand elle était arrivée à son niveau, elle n’avait pu s’empêcher de tourner la tête. Quelques millimètres. Juste assez pour jeter un coup d’œil. Mettre le doigt sur ce qui lui donnait le frisson.

Elle avait croisé des yeux gris, froids, mortels. Et instinctivement, elle avait su que c’était la fin.

Peut-être que si elle n’avait pas regardé, il aurait poursuivi tranquillement son chemin. Jeté son dévolu sur une autre victime. Peut-être qu’il ne leur aurait rien fait.

Ou peut-être pas.

Après, tout s’était passé très vite. Pourtant elle en gardait des souvenirs très précis.

L’inconnu avec sorti un couteau de son manteau. L’avait enfoncée dans le dos d’Ethan. Elle avait crié, hurlé, essayé de courir mais ses jambes s’étaient dérobées sous elle. Elle se souvenait encore de la lame étincelante dans le soleil rasant, qui plongeait vers son ventre.

Elle se souvenait du sang écarlate qui avait éclaboussé la neige immaculée. De leurs deux corps désarticulés abandonnés sans plus de cérémonie. De leur agresseur qui essuyait son couteau sur son manteau à elle, avant de partir comme il était venu, les mains dans les poches.

Elle se souvenait de la douleur, de son envie folle de comprendre, des et si qui lui avaient traversés l’esprit. Et s’ils étaient restés chez eux, et s’ils avaient fait demi-tour plus tôt, et si elle avait écouté son instinct.

Et si elle n’avait pas tourné la tête.

Elle se souvenait de son regard de mourante désespérément attaché à celui déjà vide d’Ethan. De son cœur qui se déchirait, des sanglots qui avaient tenté de franchir sa gorge, étouffés par la plaie béante à son abdomen.

Elle se souvenait que lorsque les secours étaient arrivés, prévenus par une joggeuse essoufflée, elle n’avait pas envie de survivre. Elle avait vu Ethan être emportée sur un brancard, et elle voulait juste se laisser mourir.

Abandonner la souffrance.

Malheureusement, les médecins avaient fait du bon travail. Le coup que lui avait porté le tueur avait été assez précis et profond pour faire des dégâts, mais pas mortels.

Encore aujourd’hui, elle portait une large cicatrice, qui barrait son ventre avec la laideur de l’acte produit. Chaque jour, elle lui rappelait son amour perdu.

Chaque jour, elle se souvenait avec précision de cet après-midi-là. Et des et si qui auraient pu changer sa vie.

Ça faisait dix ans, et c’était la première fois que Sadiya avait le courage de revenir sur ce pont.

Le pont de ses cauchemars.

Elle tenait la rambarde si fort qu’elle avait l’impression de se briser les doigts. Le décor était le même qu’autrefois. La neige, immaculée, intacte, les arbres nus, le pont verglacé.

Tout était pareil, excepté les échos de son rire, inexistants, et le regard d’Ethan sur elle, disparu à jamais.

Les larmes coulaient sur ses joues, tombant sur la rambarde métallique. Ses yeux se perdaient dans les remous tumultueux de la rivière. Il ne faisait pas encore assez froid pour qu’elle gèle.

Il lui suffisait de fermer les yeux pour voir le sang qui éclaboussait le sol enneigé. Le corps sans vie d’Ethan. Son tueur qui s’éloignait.

Il n’avait jamais été attrapé. Jamais. Pas une piste, pas un suspect. Et ça la tuait de l’intérieur. A petit feu. Elle avait eu cette idée folle qu’ici, elle trouverait des réponses.

Folie.

Tout n’était que folie.

Dans sa tête, dans son cœur, dans sa vie.

Folie, traumatisme et vide intersidéral.

Pourquoi n’était-elle pas morte, elle aussi ? Pourquoi n’avait-elle pas eu droit de connaître l’oubli ?

Ethan avait clairement été le plus chanceux d’eux deux. Elle était celle à plaindre.

Lorsque Sadiya se tourna vers le sentier qui serpentait à travers la forêt silencieuse, elle aperçut une silhouette qui s’approchait. Elle eut un doux sourire. Reconnaissant. Il était revenu la chercher. Il était revenu pour elle.

Elle s’avança comme un automate, jusqu’à l’homme venant dans sa direction. Le frisson dont elle était prise n’était qu’excitation cette fois. L’excitation de l’attente, d’un évènement pour lequel on patiente depuis trop longtemps.

Elle attendit le coup de grâce avec un visage déformé par l’extase. Elle allait enfin connaître la liberté.

Un coup de grâce qui ne vint jamais.

La silhouette, imaginaire, née d’un esprit en déroute, disparu dans le vent comme elle était venue. Ephémère et invisible.

Sadiya se laissa tomber à genoux, les larmes dévalant de nouveau sur ses joues. Frustrée et désespérée. La neige froide la faisait à peine frissonner.

Ce n’était pas aujourd’hui qu’elle accéderait à sa liberté.

***


— Des améliorations ?
— Aucune.

Le visage du médecin s’assombrit devant la réponse de son interne. Son regard se porta sur la jeune femme qui se trouvait derrière la vitre sans tain. Emprisonnée dans sa propre souffrance. Coupée de toute aide qu’il tentait de lui apporter.

Des années plus tôt, un incendie avait ravagé son immeuble. Son fiancé s’était précipité à l’intérieur pour la sauver. La fumée l’avait asphyxié. Il avait poussé les pompiers à la sortir elle d’abord. Et il en était mort.

Traumatisée, étouffée par la culpabilité Sadiya s’était construit un scénario bien plus dramatique. Dans lequel elle se sentait toujours aussi coupable.

Il lui jeta un regard plein de tristesse. Il ne savait plus que faire pour la sortir de sa prison mentale.

Elle était perdue dans un délire dont il n’arriverait sans doute jamais à l’extraire.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Charliz » 18 janv. 2019 - 21:58

Titre : Foi(e)
Thème (écrit/image/musique) : Thème
Fandom : Original
Nombre de mots : 429
Personnages : Alix
Rating : TP
« D’où ça vient ce mot… Foi ? »

Alix n’avait pas parlé fort mais sa voix s’était répercutée contre les arches de l’édifice comme si elle avait crié.

Elle tourna le regard, s’étonnant d’être seule. Inès s’était réfugiée à l’autre bout de l’église, les yeux rivés sur la statue d’une None, illuminée dans une chapelle à son nom. Son amie n’était pas vraiment croyante mais elle avait une fascination étrange envers l’histoire et tout ce que les hommes avaient bâtis à travers le temps. Les monuments religieux étaient de loin les plus anciennes constructions et à chacune de leurs escales, ils devenaient la visite incontournable.

Alix soupira. Pour elle, ce n’était qu’une perte de temps.

« De fides. Confiance, en latin. »

Cette fois-ci, elle sursauta. L’homme d’une quarantaine d’année s’était glissé derrière elle sans un bruit. Alix fronça les sourcils, furieuse de se montrer aussi ridicule, puis avala sa salive lorsque son regard tomba sur le col romain qui dépassait de l’habit sombre.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’avait jamais parlé à un prêtre. Elle n’avait jamais voulu non plus.

« Euh… Bonjour, hum… votre Seignerie.
- Mon Père, rit doucement l’homme. Mon Père, ça suffit. Ou rien du tout, comme vous souhaitez. »

Un silence lourd s’étira alors qu’Alix tentait désespérément d’oublier la présence gênante à ses côtés dans un tableau un peu abimé. Pourquoi restait-il là ?

« C’est peut-être pour ça qu’on appelle le foie « foie ». Parce que niveau beuverie, on peut quand même lui faire confiance pour nous garder en vie ! »

Aussitôt dit, aussitôt regretté. Alix baissa la tête pour disparaitre entre ses épaules. Pourquoi avait-elle dit ça ?! C’était ridicule ! Mais avoir un prêtre à ses côtés, ça lui donnait l’impression d’être jugée pour tous ses pêchés. Ce qui était totalement ridicule d’ailleurs parce qu’elle ne croyait en rien.

« Non pas que je rejette votre interprétation du français et de l’origine des mots, mais foie vient du latin ficatum, qui n’a absolument rien à voir.
- Ah. »

S’enfermer dans un trou très, très profond. Voilà ce qu’il lui fallait, là, maintenant.

« Cependant, avoir foi en son foie peut-être une croyance tout à fait louable si elle est suivie avec charité et chasteté.
- Ah… Donc je peux boire autant que je veux tant que je partage.
- Hum… Disons qu’aucune croyance n’est mauvaise. Ce sont les actes des hommes en son nom qui la rendent bonne ou mauvaise.
- Ah…
- Bonne visite, Mademoiselle. »

Bon. Il y avait donc là à réfléchir.
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« Entre le passé écrasant et l’avenir incertain, le présent est d’une puissance totale. » Edouard Baer

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dedellia
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par dedellia » 18 janv. 2019 - 22:01

Titre : Devant la pierre
Thème : Foi
Fandom : aucun
Nombre de mots : 204
Personnages : x
Rating : tout public
Une silhouette couverte des pieds au cou d’une toge couleur sang était agenouillée sur la pierre froide. Devant elle, une statue qui devait faire deux fois sa taille se dressait dans toute sa splendeur. Des traits de son visage aux plis de sa robe, en passant par les lignes de ses articulations, tout était détaillé avec un soin particulier. Le marbre dont elle était constituée avait été peint avec les couleurs de la nature donnant encore plus de réalisme à cette femme immobile. Si ça n’avait été de taille titanesque, on aurait pu s’attendre à ce que sa poitrine s’élève à un rythme régulier et qu’elle s’avance pour bénir la jeune prêtresse à ses pieds. Mais il n’en fut rien, du moins, pas dans ce monde. Dans un lieu à part, plus loin et plus proche, plus grand et plus petit, circulaient les deux femmes de chair et de pierre. Leurs essences se rencontraient pour communier dans une symbiose parfaite sans qu’on ne les interrompe. La jeune prêtresse ne sentait plus ses genoux meurtris d’être restée trop longtemps sur le sol ni le froid de la pièce où on avait depuis longtemps oublié d’allumer le feu. Là où elle était plus rien n’avait d’importance.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par AliceJeanne » 18 janv. 2019 - 22:02

Titre : /
Thème : Foi
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 911
Personnages : Farkas (OC), Rym (OC), Fülöp (OC)
Rating : /
Les yeux mi-clos et embués de larmes, Rym se tenait à genoux devant la tombe de sa sœur, offrant toute sa souffrance, sous forme de prières, à ce dieu dont elle espérait un peu de réconfort. Ses mains se posèrent sur le sol gelé, une fois, deux fois, beaucoup trop, et son corps suivait, s’aplatissant à chaque psaume sous les regards aux teintes diverses de ceux qui se tenaient là. Helén, mortifiée, se pelotonnait dans les bras d’Olek à la recherche d’un pardon qu’elle-même ne s’accorderait jamais, Sonja, la mine grave, hésitait à relever son amie et l’emmener plus loin avant qu’elle ne finisse gelée par le givre qui balayait les flancs de la falaise au pied de laquelle ils se trouvaient, Farkas sanglotait en faisant des allées et venues entre son frère et son amie, ne sachant pas lequel réconforter alors que sa propre peine l’étouffait déjà. Au bout de longues minutes et d’un silence troublé par les pleurs de Rym, Fülöp se dirigea vers elle à grands pas et la remit debout avec brutalité avant de plonger ses yeux inondés de chagrin et de rage dans ceux, si bleus, de l’hybride.

« Tes imbécilités indécentes ne la ramèneront pas ! Cracha-t-il. Comment peux-tu encore croire en cet être divin, soi-disant parfait, alors que ceux qui se disent nos alliés ont laissé mourir ta sœur ?! S’il existait, ne les aurait-il pas empêché de la tuer ?
- Tu ne comprends rien, répliqua-t-elle en affrontant son regard, avoir la foi ne consiste pas juste à croire lorsque tout se passe bien, mais également à accepter les épreuves que la vie nous impose sans fléchir dans ses convictions. Si je prie, ce n’est pas pour t’indisposer, reprit-elle, mais parce que Salima aurait souhaité que je le fasse, c’est important pour elle.
- Elle est morte ! Cria-t-il. Elle ne peut plus rien souhaiter ou ressentir et cela n’est certainement pas le fait de dieu, la vie, la nature ou je ne sais qu’elle sornette à laquelle tu voues un culte, mais bien à cause de ces monstres d’égoïsme dans ce château que tu protèges jour après jour sans émettre ne serait-ce qu’une objection ! Ajouta-t-il en pointant un doigt accusateur vers les murailles devant lesquelles Sonja, Olek et Helén se tenaient.
- C’est ce que toi tu crois, murmura Rym, et je le respecte si cela te permet de te sentir un peu mieux, mais j’ai une opinion différente de la tienne et j’aimerais que tu l’entendes également, même si elle te parait aberrante. Il n’y a pas lieu de se disputer, nous avons tous les deux perdu quelqu’un qui nous était cher et lui rendons hommage de la façon qui nous parait être la meilleure. Il n’y a pas à tergiverser là-dessus. »

Fülöp lâcha la jeune-femme lorsque son frère posa fermement sa main sur son bras, l’empêchant alors de commettre quelque geste qu’il aurait fini par regretter. Il aimait sa belle-sœur et s’en voudrait certainement toute sa vie s’il venait à lui faire du mal alors qu’elle était au plus bas, à l’instar de sa propre personne. Rendant les armes il s’éloigna avant de frapper de toutes ses forces dans la falaise, faisant trembler la roche et voler des gravillons en poussant des cris de désespoir. Toute la violence de son chagrin et de sa colère s’exprimait dans chacun de ses coups. Une partie de lui enviait Rym qui parvenait à se raccrocher à quelque chose pour ne pas sombrer, et qui depuis le décès de Salima, s’occupait de sa nièce sans jamais faillir ne serait-ce qu’un seul instant. Il lui enviait cette force que lui ne possédait pas, rageait de ne pas posséder son courage et de ne pas ressentir cet amour qui la poussait à s’occuper d’Asma, alors que lui-même ne voyait en sa fille que l’un des coupables du trépas de la demi-vampire.

Farkas ravala un sanglot et abandonna son petit-frère du regard pour reporter son attention sur Rym, secouée, qui tremblotante ne savait plus si elle devait prier ou s’enfuir loin de tous ces regards qui se posaient sur elle et la pierre froide à ses pieds. Devant ses yeux perdus, le jeune capitaine de la garde se laissa tomber à ses côtés pour l’engloutir dans une étreinte désespérée qu’elle accepta sans y opposer une quelconque résistance. La tristesse du vampire était sienne, aussi que son ressenti lui parvienne n’avait-il aucune importance. Elle s’abandonna dans ses bras et se défit des quelques brides de retenue qu’il lui restait. Les larmes coulaient à flot sur ses joues, imbibant la tunique de son ami et gelant parfois sur ses lèvres gercées, plus rien n’avait d’importance.

« Il a raison pourtant, pleura-t-elle, je ne sais plus pourquoi je crois, ni même si je crois réellement en quelque chose. Je suis si… si vide, comme si plus rien n’avait de sens. »

Farkas ne répondit pas immédiatement, se contentant de la serrer fortement contre lui, peinant trop à maîtriser ses propres émotions pour se permettre de tenter quoique ce soit pour rassurer l’hybride.

« Je ne sais plus en quoi je crois, souffla à nouveau la jeune-femme en reniflant, je… je ne sais plus en qu… en quoi je crois…
- Moi je le sais, parvint à articuler le jeune-homme, et c’est pour cette raison que nous sommes ici, ensemble. »

Seuls les cris de Fülöp lui répondirent en écho alors que Rym glissait ses doigts dans les siens.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par BellaCarlisle » 18 janv. 2019 - 22:04

Titre : Tenter de dormir
Thème : Foi
Fandom : Hannibal (série)
Nombre de mots : 508
Personnages : F. Chilton, Ashley (OC)
Rating : Tout public
Ashley ne parvient pas à dormir, l’esprit agité par des souvenirs trop nombreux. Elle ne cesse de se retourner, cherchant une position confortable, évitant de trop se concentrer sur elle-même. Dès qu’elle repose sa tête sur l’oreiller, elle a la sensation que son cœur se met à battre trop vite, ou trop fort, comme s’il allait sortir de sa cage thoracique pour ensuite s’arrêter. Elle sait bien que ce n’est qu’une impression tirée de son angoisse et qu’elle peinera à se calmer si elle continue à y songer mais elle voudrait seulement rattraper toutes les heures de sommeil qu’il lui manque.

Sans allumer la lampe, à tâtons, elle se saisit de son mp3. Démêler les écouteurs ne lui prend que quelques secondes, geste assez machinal, même dans le noir. Elle sélectionne sa playlist principale et inspire longuement avant de fermer les yeux, espérant que ce sera suffisant.

Au début, la panique est toujours là puis elle s’apaise peu à peu. Ce sont les paroles des chansons qui trottent dans son esprit et non plus ses peurs les plus profondes. Les rythmes s’enchaînent comme des berceuses et elle autorise enfin son corps à ne plus être aussi crispé.

C’est une méthode qu’elle n’a jamais osé tenter, supposant que ce n’est pas de la musique qui pourrait améliorer son état là où les médicaments n’ont jamais rien fait. Pourtant, l’insistance de Frederick a eu raison de ses réticences, principalement parce qu’il partage les mêmes craintes. Il lui a assuré qu’elle y verrait un net changement et que dans le pire des cas, elle n’avait qu’à essayer. Après tout, écouter un peu de musique n’est pas quelque chose de trop dur à faire et si ça peut réellement l’aider, elle n’y perd rien.

Ashley doit avouer que le directeur de l’hôpital psychiatrique a eu une bonne idée. D’un autre côté, elle a assez foi en lui pour lui faire confiance et même si elle ne dort pas encore, elle sent que le sommeil est plus proche que jamais. Peut-être n’aura-t-elle aucun problème à sombrer dans les bras de Morphée, chose qui n’est pas arrivée depuis très longtemps.

Brisant la quiétude qui s’est installée dans sa chambre, le téléphone principal de sa maison se met à sonner. Elle ouvre les paupières avec colère et retire ses écouteurs en grognant contre elle-même. Elle prend l’habitude de débrancher la ligne tous les soirs mais ce jour a échappé à sa surveillance.

« Oui ? soupire-t-elle avec agacement.
— Ashley ? »

La rage soudaine de la jeune femme s’évanouit et elle s’assoit sur son canapé, à l’écoute.

« Quelque chose ne va pas, Frederick ?
— Je ne vais plus venir aux séances, répond le psychiatre. Je crois que c’est devenu inutile.
— Si tu penses que c’est ce qu’il y a de mieux, réplique Ashley. »

La boule qu’elle a au ventre l’étonne plus que le reste. Depuis quand le voit-elle autrement que comme une autre victime de la folie humaine ? Et depuis quand sa simple foi en lui s’est-elle transformée à ce point ?

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Eanna
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Eanna » 18 janv. 2019 - 22:12

Titre : Blanche neige
Thème (écrit/image/musique) : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 864
Personnages : Personnage "secret"
Rating : -12
La nature est si belle en hiver. Le givre sur les plantes fragiles, les branches des arbres couvertes de neige, ployant sous son poids, proches de la rupture. Le soleil pâle, qui perce les nuages et réchauffe à peine le sol, dur, glacé. Et lorsque tombe la neige… que tout devient silencieux, feutré, étouffé comme dans une bulle de coton…

C’est ce blanc qu’il aime tant. Cette couleur si pure, si éblouissante au moindre rai de lumière. Il n’a jamais douté de la beauté du monde, et chaque hiver, au cœur des Cotswolds, lorsque les premières neiges arrivent et recouvrent les champs, il la redécouvre. Il passe alors de longues heures, vêtu de sa cape noire doublée en poil de Fléreur, à arpenter la campagne et à admirer les plantes prises dans la glace, les cristaux si délicats sur les pierres, et cette étendue banche, lumineuse, semblable à un monde fait de nuage.

Un monde figé, comme si soudain il vivait dans une boule à neige, de celles qui amusent tant les enfants moldus.

Il aime cette fragilité, cette délicatesse. Il aime le craquement discret du brin d’herbe entre ses doigts, lorsqu’il le saisit alors qu’il est pris par le givre, et qu’il se rompt. Rien, pas une plainte. Docilement, il se plie à sa volonté et meurt, brisé, sans espoir de voir un jour renaître le printemps. Le givre l’aurait pourtant protégé, lui faisant une armure contre le froid. Il aurait passé l’hiver comme toutes les autres plantes prise dans la glace, enfouies sous la neige, à attendre que le soleil revienne, les réchauffe à ses rayons, et leur permette de renaître.

Il n’y aura plus de soleil. Tous ces fragiles petits êtres dont la vie peut être ôtée d’un claquement de doigt ne connaîtront pas d’autre printemps. Ils ignorent la guerre qui gronde dans le monde sorcier, ils ignorent qu’une force qui les dépasse aura tôt fait de leur rendre la place qui leur revient. Bientôt, très bientôt, ils comprendront qu’ils ne sont guère plus solide qu’un misérable brin d’herbe en plein hiver. Une baguette contre leur tempe, un sortilège entre leurs deux yeux, et les voici tout aussi insignifiants qu’une fleur sous les pas d’un promeneur. A la différence que la fleur n’a jamais inspiré de répulsion à ceux qui l’ont un jour regardée.

Il aime la neige, pour l’intimité qu’elle offre. Pour le plaisir de pouvoir se mouvoir dans le silence, de pouvoir faire régner l’ordre sans un bruit. Lorsque commencent à tomber les premiers flocons, c’est là qu’il sort, et qu’il se met en quête de sa prochaine victime. Un bref cri plaintif, ou une longue plainte d’agonie, qu’importe, car personne ne l’entendra. Autant faire durer le plaisir, alors. Quelle imprudence de s’aventurer si loin des habitations… N’a-t-on jamais expliqué à cette petite fille qu’il ne faut jamais se promener seule en forêt, au risque de croiser le grand méchant loup ? Ne leur apprend-on jamais cela, dans leurs stupides histoires moldues ?

Il faut croire que non. Et si ses parents ne lui font pas son éducation, qui s’en chargera alors ? Quel âge a-t-elle ? Six ? Sept ans ? Il est trop tard pour l’éduquer désormais. Un enfant sorcier peut apprendre toute sa vie, mais un enfant moldu ne vaut guère mieux qu’un bébé chien. Les choses qu’il n’apprend pas dès son plus jeune âge, il ne les apprendra jamais. Mieux vaut alors s’en débarrasser, et donner leur chance aux autres.

Le bruit feutré du corps qui tombe dans la neige lui donne des frissons. Ce tapis blanc rend tout si doux, si léger. Le moindre bruit semble un murmure, un bruissement d’aile, il se sent enveloppé dans un cocon de velours, loin de l’agitation du monde. Il se sent libre, à l’abri des regards. Il aime le contraste entre sa cape noire et le sol immaculé, entre les cris de douleur et le chuchotement du corps qui tombe.

Lui sera-t-il encore permis de faire cela, une fois marié ? Il n’a vu sa fiancée que quelques fois, et il lui a été difficile d’appréhender son tempérament. Bellatrix est belle, voluptueuse, elle a le regard fier, se tient droite et la tête haute. Mais il craint qu’elle ne sache pas apprécier les mêmes beautés que lui. Qu’elle ne sache pas voir la beauté du monde, les merveilles que chaque jour offre, et qu’il suffit de cueillir du regard.
Rodolphus soupire en rangeant sa baguette. La neige continue à tomber, et recouvrira bientôt le corps de la fillette. Qui sait quand on la retrouvera ?

Il prend une grand inspiration, laissant l’air glacé pénétrer ses poumons. Il commence à avoir froid, alors il prend le temps quelques minutes encore d’admirer le paysage, avant de rentrer s’asseoir au coin du feu, un livre sur les genoux, un thé brûlant à portée de main. La nature est décidément magnifique. Il ne se lassera jamais de la neige, c’est une des choses qu’il préfère au monde. Ce blanc, ce blanc…

Le rouge du sang ressort si joliment sur le blanc.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Carminny » 18 janv. 2019 - 22:32

Titre : Pensées d'automne
Thème (écrit/image/musique) : Automne
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 100
Personnages : Aurora Lovegood (OC)
Rating : Tout public
Luna aimait l’automne. Elle aimait la pluie qui lui tombait sur le visage et elle aimait les feuilles qui se coloraient sur les arbres. Aurora aimait regarder Luna. Elle aimait l’observer tourbillonner sous les gouttes et elle aimait la voir lancer des feuilles.
Aurora aimait l’automne. Elle aimait sa nièce et elle aimait sa famille. Elle aimait se souvenir de ses amies et elle aimait sentir les gouttes couler sur ses joues. C’était ainsi qu’elle les avait rencontrées, Ethel, Faye, puis Lidwyn et Minerva.
Mais Aurora n’aimait pas l’automne. Elle n’aimait pas la mélancolie et elle n’aimait pas la solitude.
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hazalhia
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par hazalhia » 18 janv. 2019 - 22:42

Titre : Sous les feuilles d'automne
Thème (écrit/image/musique) : automne
Fandom : HP
Nombre de mots : 229
Personnages : Rose Weasley, Scorpius Malefoy
Rating : /
Cette fille était un peu comme l'automne.

Tombant lourdement sur épaules, ses boucles rousses habillaient son visage comme un flot de feuilles d'érables. Si on regardait d'assez près on pouvait y voir de subtiles nuances, certaines mèches plus rouges ou plus brunes s’emmêlaient ensemble. D'autre, plus claires, plus blondes, noyées au milieu de toute cette masse imitaient les reflets dorés du soleil de la fin d'après midi.
Et si on s'approchait assez près, pour l'embrasser juste derrière l'oreille, on pouvait même les entendre bruisser comme le feuillage des arbres sous la brise.

Il suffisait de se plonger dans ses yeux d'or marbrés de vert pour y voir une rivière traçant paisiblement son chemin au milieu de la forêt, faisant miroir à la symphonie de couleurs au dessus d'elle.
Elle était à la fois piquante, comme la bogue des marrons, et chaleureuse comme une journée de grand soleil.
S'il avait dû lui donner une odeur cela aurait été celle de la cannelle, envoûtante et réconfortant.

Elle était tout ça à la fois, un mélange de douceur et de vitalité. Capable de changer du jour au lendemain, d'attirer des nuages de colère pour qu'on la laisse en paix autant que d'illuminer une journée. Et si l'on avait la curiosité de s'aventurer sous le tapis de feuille, sous le masque qu'elle présentait parfois, on était certains de pouvoir y trouver des trésors.

Rose Weasley était sa saison préférée.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


Tu traînes sur le forum sans savoir quoi faire,
tu cherches une excuse pour échapper à tes révisions pour les rattrapages ou pour ne pas faire la vaisselle,
Ne cherches plus,
viens remplir notre questionnaire pour les Nuits! :boing:

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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Mikoshiba » 18 janv. 2019 - 22:50

Titre : Fin
Thème (écrit/image/musique) : La musique : The Chain ♥
Fandom : HP
Nombre de mots : 175
Personnages : Évangeline
Rating : /
Depuis que nous nous connaissons, depuis donc notre plus tendre enfance, nous nous sommes toujours soutenus. Nos deux familles ont toujours été unies. Nos deux clans devaient se lier.

Depuis nos fiançailles, je voyais le monde en grand. Nos avenirs, déjà tracés par nos ancêtres, allaient être grandioses ! Nous sommes la crème de la société, voyons !

Mais vous entendre tous deux, vous parler, vous murmurer des mots doux, vous tutoyer même ! Ce tutoiement qui devait m’être réservé, et encore, après seulement plusieurs années passées côte à côte !
Comment avez-vous pu me faire cela ? Comment avez-vous donc pu tout briser ? Espériez-vous peut-être que je n’en aurais jamais connaissance ? Avez-vous pu me sous-estimer à ce point ? Me prendriez-vous pour un Veracrasse ?

Vous ne m’aimez pas aujourd’hui. Vous ne m’aimerez pas demain. Ni les jours suivants. Ce lien entre nous, vous l’avez brisé. Ma confiance, vous l’avez perdue.

Mais je sauverai les apparences. Car je suis une dame. Car je sais me tenir. Mais je saurais déchiffrer vos mensonges.
-----------


Titre : Deux petits anges
Thème (écrit/image/musique) : Automne et l'image de 22h
Fandom : HP
Nombre de mots : 131
Personnages : Gabrielle, Megan et Sean
Rating : /
Deux enfants qui savent à peine marcher titubent dans les feuilles mortes. Ne sont-ils pas choupis ces deux petits anges ?
Megan ne peut pas faire trois pas sans tomber sur les fesses, et inlassablement, elle se relève. Sean, qui a quelques mois de plus, est déjà un peu plus stable, et peut se permettre d’attraper des poignées de feuilles qu’il lance ensuite en l’air, ce qui fait beaucoup rire Megan.
Ils s’entendent tellement bien ! Ils sont tellement mignons ! Je crois que mon cœur pourrait exploser de bonheur, s’il n’y avait pas l’ombre de Vous-Savez-Qui constamment au-dessus de nos têtes. Mais le bonheur, c’est beau, et les rires des enfants, ça donne espoir en des jours meilleurs, qui sont peut-être plus proches qu’on ne le croit, qui sait ?
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AVEZ-VOUS VU LES BELLES QUENOUILLES LE QUESTIONNAIRE DE LA TOUR D'ASTRONOMIE ?

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CotonEcriture
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par CotonEcriture » 18 janv. 2019 - 22:50

Titre : Il court, il court...
Thème (écrit/image/musique) : Écrit (Automne) + Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 735
Personnages : Evan Rosier
Rating : Aucun
Courir... Courir... jusqu'à ne plus rien sentir... Sentir les feuilles d'Automne crépiter sous ses pieds... Sentir son souffle s'accélérer... Sentir la panique gagner son coeur... Sentir ses battements se hâter... Sentir ses os craquer comme le bruit lorsque l'on croque dans une pomme d'un pommier... Sentir sa tête tourner à l'avance de ses pas... Se sentir tomber dans un bruit léger... Ne plus rien sentir du tout...

Et se réveiller... Evan Rosier était couché sur le sol, face contre la terre dur et parsemée de feuilles rouges, oranges, marrons ou vertes foncées... Le vent lui frappait le visage sur lequel coulait un filet de sang. Il avait du se casser le nez en tombant aussi lourdement !

Il y avait une masse à côté de lui... Quelque chose de mou... De tiède... Une chose pas encore rigide mais qui allait le devenir... Qui allait devenir froid aussi... C'était... Un enfant... Les cheveux d'un châtain éclatant, il ne bougeait plus... Plus de respiration... Plus de battements... Plus rien... mis à part ces cheveux qui se battaient dans le Vent, faisant découvrir à Evan un visage doux et calme... des yeux bleus ouverts... des pommettes adorables mais sans vie... Sans rien...

Alors Evan se souvint... La course... Les sorts... puis len maléfice de mort... l'Avada Kedavra qu'il avait lancé sur un Auror... Qui avait ricoché sur... cet être si pure et simple petit... Si insouciant et si gentil...

- Alors Rosier ! Tu admires ce que tu as fait ? Saleté de Mangemort ! Qu'est ce que tu veux de plus maintenant, tu es cerné et ton maître n'est plus de ce monde. Alors ?

C'était une voix caverneuse mais criarde à la fois... Se retournant vers son interlocuteur, Evan se leva doucement, la vision encore floue.

Il croisa alors son regard, ses yeux... ou plutôt Son oeil. C'était l'horrible Alastor Maugrey Fol-Oeil !!! Le chasseur de Mangemorts ! Combien en avait il mis à Askaban ? Bonne question... Une bonne quantité en tout cas !

Piqué au vif après avoir repris de ces esprits et avoir compris les mots qui avaient été prononcés, Evan sorti de ses gons et se précipita sans prévenir sur l'individu adverse.

Où était Wilkes ? Il n'était jamais là quand il avait besoin de lui ! Alors qu'Evan se débattait par atteindre à mains nues l'Auror, il se senti brusquement projecté vers un arbre un peu plus loin. Légèrement assomé, il entendit tout de même qu'un combat avait débuté. On entendait des fracas violents lorsque les sorts atteignaient quelque chose et des gémissements si c'était des cibles. Evan percevait également les noms des sortilèges et comprenant un "doloris", il conceva qui pouvait être les sorciers qui s'étaient attaqués au groupe ; ces amis aux service du Lord et peut être le Seigneur lui même qui sait ! Motivé à cette idée, il se releva, chancelant. Il fallait que le maître soit content de lui !

Alors il leva sa baguette et chercha Fol-Oeil du regard, rasant de sa vision le moindre détail. Ça y est ! Il était là ! Devant ! À Droite ! Evan sauta sur l'occasion ;

- Avada Kedavra !

Le vieil homme l'évita de justesse en se penchant pour éviter le sort d'un des collègues du jeune Evan. Damnation ! Il fallait qu'il le choppe ! Si il y arrivait, il allait faire tellement plaisir au maître !!! D'ailleurs, c'était son ami Wilkes qui se battait contre l'homme à l'oeil de verre désormais. Il fallait qu'il aille l'aider !

Courir... courir jusqu'à sentir son poul s'accélérerien, sa respiration s'arrêter, ses jambes s'élancer... sentir le désespoir arriver en voyant cet ami tomber mort devant soi... sentir le regard de l'homme, l'ennemi sur soi... sentir son sang se glacer en voyant la baguette de l'ennemi se diriger vers soi... sentir ses mains diriger la sienne vers lui... sentir la chaleur du sort qu'il vient de le frôler... sentir ses lèvres s'agiter pour prononcer un sort... sentir un plaisir à voir son ennemi se plier, le visage en sang... sentir une douleur atroce traverser le ventre... Se sentir tomber... sentir que l'homme en face veut en finir, le sentir monter vers soi sa baguette... sentir de si loin sa bouche enchanter un maléfice... voir une lumière... Et ne jamais rien sentir...
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Catie » 18 janv. 2019 - 22:55

Titre : ?
Thème (écrit/image/musique) : Automne
Fandom : HP
Nombre de mots : 1620
Personnages : Luna, Dean
Rating : /
— C’est très beau.
— Tu trouves ? C’est loin d’être parfait. Regarde, je n’ai pas respecté les perspectives, ici. Et là, c’est trop rouge.
— C’est ça, qui est beau. Mon père m’a toujours dit que la perfection était ennuyeuse, et je suis d’accord avec lui.

Un sourire s’esquisse sur les lèvres de Dean. Il admet d’un mouvement d’épaule et reprend ses pinceaux. Luna s’éloigne en sautillant, de sa démarche légère et enfantine qui lui allège le cœur, ses pieds nus semblant voler au-dessus des feuilles mortes.

Ils sont allés se perdre au beau milieu de la forêt qui s’étale non loin de la maison de Neville. Dean n’a rien dessiné depuis des mois. Depuis qu’ils ont quitté la chaumière aux coquillages, c’est comme si toute inspiration, tout talent, s’est évaporé.

Une partie de lui reconnait que c’était en grande partie dû à l’absence de Luna dans sa vie, l’autre refuse de la voir comme sa muse et ne voit qu’un blocage passager.

C’est elle qui lui a demandé de venir, aujourd’hui. Elle lui a dit d’amener ses toiles, ses couleurs, ses pinceaux, parce qu’il en aurait bien besoin. Il a dû se faire violence pour tracer les premiers traits, puis c’est venu de plus en plus naturellement.

Il a toujours aimé l’automne. Les arbres et leurs couleurs chaudes, les sentiers recouverts de feuilles rouges, jaunes et oranges, l’odeur de terre mouillée et la vue de petits écureuils fouillant le sol à la recherche de noisette.

C’est d’autant plus frustrant pour lui de ne pas réussir à retranscrire le tout sur sa toile.

Il pousse un soupir frustré, incapable de retoucher correctement la rivière paresseuse qui barre sa peinture d’un gris sinistre qu’il n’aime pas.

Alors son regard, comme d’habitude lorsqu’il est dans une impasse artistique, s’égare vers Luna.

Elle s’est perchée au sommet d’un rocher couvert de mousse, ses pieds se balançant dans le vide et ses yeux curieux se perdant dans la nature silencieuse. Aujourd’hui, elle a attaché ses longs cheveux blonds en un chignon négligé, retenu par un bout de bois qu’elle a trouvé au bord du sentier. Sa salopette en jean est déjà teintée de vert et de boue, ses paumes blanches sont égratignées, et elle a même des taches sur le nez et une de ses joues.

Pourtant, il la trouvé magnifique. Elle dégage cette aura d’authenticité et de liberté qui l’a charmé lorsqu’ils étaient tous les deux dans leur bulle, chez Bill et Fleur.

Une bulle qui a volé en éclats depuis qu’ils ont dû quitter les lieux. Depuis, il essaye désespérément de retrouver cette complicité qui les liait, mais plus rien n’est pareil.

Il n’arrive pas à savoir si c’est lui qui s’éloigne ou elle. Tout est si différent depuis que les autres s’immiscent dans leur quotidien. C’est nouveau, c’est bruyant, c’est bouleversant.

Contrariant.

Tout était plus facile, avant.

— Ne bouge pas, d’accord.

Pour toute réponse, elle lui sourit. Du temps de la Chaumière aux Coquillages, il avait l’habitude de la peindre et elle d’être son modèle. Malgré la fin de la guerre et de ses horreurs, malgré leur retour trop brusque à la réalité, ils ont toujours ça qui les unit.

Doucement, Dean pose une toile vierge sur son chevalet. Il sort ses peintures, nettoie ses pinceaux, mélange ses couleurs. Et bientôt, l’immaculé se pare de différentes nuances. Le blond clair de ses cheveux, le bleu limpide de ses yeux, le blanc laiteux de sa peau. Le vert de la nature, le gris anthracite du rocher qui lui sert de siège, le marron tendre qui tache ses pieds et ses mains.

Dans chaque coup de pinceau de Dean se lit sa fièvre, son inspiration, son obsession. Ce besoin de la peindre, de retranscrire tout ce qu’il voit en la regardant. La liberté qui émane de chacune de ses cellules, son authenticité, son naturel, son côté pur et unique.

Il n’a jamais réussi réellement, mais il tente le coup, toujours, désespérément.

Lorsqu’il achève, il a le souffle court. Il aime ce qu’il a fait, pour une fois. Il aime chacune des courbes qu’il a tracées, chacune des nuances de couleurs qu’il a apposés. Il aime le grain de folie qui ressort de cette toile. La première dont il soit fier depuis des mois.

La première représentant Luna qui ne le frustre pas.

— Tu as fini ?

Il hoche le menton, incapable de parler. Il s’attend à ce qu’elle le rejoigne, à ce qu’elle regarde le fruit de son travail, pour lequel elle est restée si longtemps immobile que le soleil se couche au-dessus de la cime des arbres. Il s’attend à ce qu’elle lui dise, avec cette franchise qui la caractérise, ce qu’elle pense réellement de cette partie de son âme qu’il a déversé sur toile.

Pourtant, elle reste perchée sur son rocher.

Elle a croisé ses jambes en tailleur et s’est tourné vers lui, son regard profond le détaillant sans retenue, le sondant avec toute l’intensité dont elle est capable. Il se sent fouillé jusqu’aux os. Luna a toujours su lire en lui avec une perspicacité qui l’effrayait presque.

Mal à l’aise, il détourne le regard.

— J’ai quelque chose à te dire, Dean.

Malgré lui, il tourne de nouveau la tête dans sa direction. Il n’arrive pas à interpréter son expression. Elle sourit, mais ses yeux sont tristes.

— Tout va bien ? s’inquiète-t-il.
— Je pense, oui. Je ne sais pas trop.

Dean fronce les sourcils, perdu. Il n’a pas l’habitude de réponses sibyllines, elle qui est toujours si directe.

— Je ne comprends pas, avoue-t-il. Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Tu ne peins plus beaucoup, en ce moment.
— Effectivement, dit-il, prudent et sur la défensive.
— Sauf moi.

Un silence lourd de sens suivit ces paroles. Elle le regarde intensément et il se sent nu face à la puissance de ces prunelles bleues qui paraissent lire en lui comme dans un livre ouvert.

— Tu es un excellent modèle, finit-il par dire d’un ton qu’il espérait dégagé.

Elle hoche le menton, son expression indéchiffrable. Puis soudain, elle saute à terre avec légèreté et le rejoint en quelques enjambées. Elle regarde le tableau, sourit tristement devant son double rêveur.

— C’est parfait, murmure-t-elle.
— Je croyais que la perfection était ennuyeuse ?
— Parce qu’il n’y a pas de marge de progression pour aller au-delà de la perfection.
— Je ne comprends pas, répète-t-il après un instant de silence.

Le regard que Luna porte sur lui est si triste qu’il sent sa gorge se nouer. Il ne sait pas s’il a réellement envie qu’elle poursuive. Alors il parle à sa place, pour faire taire la panique qui naît dans son cœur.

— On ferait mieux de rentrer, il va bientôt faire nuit et les autres vont s’inquiéter.

Il commence à ranger son matériel, de gestes fébriles qui ne lui font pas oublier la présence immobile et silencieuse de Luna à ses côtés.

Lorsqu’il a tout remballé, il lui offre un sourire forcé puis tourne les talons, le tableau sous le bras.

C’est sa voix qui le fait s’immobiliser brusquement une dizaine de mètres plus loin, comme foudroyé.

— Je m’en vais, Dean.

Ces quelques mots l’atteignirent en plein cœur. Il lui fallut un temps infini pour se ressaisir. Les mains tremblantes malgré lui, crispées sur sa toile et ses outils, il se retourna, le visage pâle.

— Tu pars ?

Elle hoche le menton, doucement, sans bouger. La lumière du soleil couchant allume des reflets d’or dans ses longs cheveux blonds.

— Où ?
— Ailleurs. Loin.
— Pourquoi ?

Une question à peine murmurée, que le vent porte à ses oreilles. Sa voix à elle est emplie de tristesse mais dépourvue de regrets, claire et forte.

— Parce que j’étouffe, ici. J’ai besoin de voir le monde. De liberté. D’oublier.

Elle le rejoint doucement, sur la pointe des pieds, si légèrement que les feuilles se froissent à peine.

— Pour combien de temps ?

Sa voix se brise mais il n’en a cure. Il ne pense qu’au fait qu’il va la perdre. Et que cette séparation-là sonne bien trop définitive à ses yeux.

— Je ne sais pas. Longtemps.

Elle s’approche encore. Sa main fine se lève, hésite un instant, puis se pose sur sa joue. Essuie une larme.

— Tu m’en veux ?

Dean a besoin de tous les efforts du monde pour faire un signe négatif de la tête. Comment peut-il lui en vouloir d’être elle-même ? C’est pour ça qu’il l’aime. Il a toujours su qu’il ne pourrait jamais la garder pour lui. Il est trop brisé, trop plein de doutes et d’insécurités. Il ne pouvait pas l’enfermer dans leur bulle pour toute l’éternité.

— Tu ne m’oublieras pas, hein ?
— Jamais.

Une promesse, fervente, prononcée dans un souffle déterminé.

Luna a un sourire infiniment triste. Elle sait, elle aussi, que c’est la fin. Que quand elle reviendra, elle aura changé. Lui aussi. Ils ne seront plus les mêmes. Et quelque chose les empêchera d’être aussi naturels qu’aujourd’hui. L’âge, l’expérience. Le temps qui passe.

Elle se hisse sur la pointe des pieds et dépose un doux baiser sur sa joue mouillée de larmes. Dean ferme les yeux, comme pour savourer plus longtemps ce contact aussi léger qu’une aile de papillon.

Quand il soulève de nouveau ses paupières, elle a disparu. Envolée dans le vent, aussi discrète et légère qu’un courant d’air.

Dean a toujours aimé l’automne et ses couleurs chaudes. Ses feuilles mortes de toutes les couleurs, son odeur de terre mouillée et ses bruits de petits animaux à la recherche de nourriture.

A présent, il ne sait plus trop s’il l’aime ou pas. Parce que son dernier souvenir de Luna, empreint d’une tristesse indescriptible, lui sera toujours associé.

Le tableau peint ce jour-là resta, jusqu’à sa mort, une de ses plus précieuses reliques.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par BellaCarlisle » 18 janv. 2019 - 22:56

Titre : /
Thème : Image + automne
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 308
Personnages : Eden Corvin (OC), Marcus Corvinus
Rating : Tout public
Je suis fascinée par l’insouciance de l’enfant qui joue non loin de nous dans le parc. Il s’amuse avec les feuilles des arbres, les envoyant dans les airs tout en riant. J’aimerais pouvoir faire comme lui, pour oublier la situation actuelle et reprendre une existence normale mais je ne serai plus jamais comme lui. Oser prétendre être humaine n’est qu’une couverture sans importance que je tente de maintenir depuis plusieurs années, uniquement pour me voiler la face. Mais à voir ce petit garçon, si libre d’être innocent, je comprends que je fais fausse route.

Bien peu gracieusement, je renifle. Mes yeux ont fini par se brouiller sous des larmes non désirées, comme souvent. Penser à celle que je suis, à celle que Lucian a fait de moi me conduit toujours à cet état mélancolique. Son nom est suffisant pour me détruire lentement de l’intérieur alors songer à lui tout entier me transforme en une loque misérable.

« Et vous vous étonnez du peu d’obéissance des Lycans. »

Le ton de Marcus est ironique mais je ne relève pas ses paroles. Il tient à voir jusqu’à quand je supporterai ses commentaires de plus en plus désagréables mais je compte le décevoir en gardant la tête haute.

« Vous êtes trop fragile, Eden. Comme ces feuilles d’automne, vous finirez par tomber pour disparaître.
— Je ne suis pas encore prête à disparaître. Marius a peut-être réussi à récupérer des hommes de Lucian, il ne vaincra pas. Je sais que je ne suis pas aussi forte que vous, que je ne suis qu’une enfant à vos yeux, mais je me battrai. J’ai promis à Lucian de ne pas commettre les mêmes erreurs que lui.
— Et vous avez échoué. Ne protestez pas, c’est la stricte vérité. Un nouveau conflit va éclater, d’une ampleur plus grande que tout ce que nous avons connu. »

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Eejil9 » 18 janv. 2019 - 22:57

Titre : Exils
Thème (écrit/image/musique) : Musique - The chain
Fandom : /
Nombre de mots : 1050
Personnages : Aelith et Yselda
Rating : /

Même remarque que tout à l'heure : ET-choupie, si tu t'égares, ne lis pas :hug:
23 décembre 1498 – La nuit abattait son lourd fardeau de neige et de givre sur les cabanes des sorcières du Coven d’Aelith. La chaume des toits ployait sous d’épaisses congères. La lune se reflétait sur la glace, et tout, dans cette clairière isolée, semblait émettre sa propre lumière.
La nature était, parfois, plus magique encore que toute les formules du monde, songea la petite sorcière frissonnante qui traversait, uniquement vêtue d’une capeline de toile, l’étrange place sauvage de cet étonnant village. Une douce brise agitait les branches et faisait craquer leur carcan de lumière et de froid, rendant inaudibles les pas de la jeune femme. Avec un regard craintif vers les fenêtres obscures des maisonnettes, Yselda se glissa dans l’entrebâillement d’une porte.
L’obscurité de la pièce, si totale après l’éclat du givre et de la lune, la frappa de plein fouet. Cependant, elle était venue tant de fois qu’elle n’avait pas besoin d’y voir pour se repérer. Après avoir retiré sa capeline glacée, elle se dirigea d’un pas assuré vers le mur opposé à la porte et tourna adroitement pour éviter ce qu’elle savait être une table de bois massif et qui, dans l’ombre à laquelle ses yeux s’habituaient peu à peu, ressemblait seulement à une immense silhouette menaçante. Une seconde plus tard, elle s’asseyait aussi légèrement que possible sur le fin matelas du lit qui se trouvait dans le coin droit de la pièce.
Sur le matelas se trouvait un corps, recroquevillé, figé, qui aurait pu paraître sans vie s’il n’avait pas été agité d’une respiration erratique. Yselda passa une main douce et fraîche dans les cheveux de son amie. Elle pouvait presque entendre ses pensées. Elle savait quelle scène elle revivait, elle la voyait presque…

Il y avait foule dans la clairière. Toutes les sorcières du Coven, et mêmes certaines des Covens voisins. Une foule digne d’un solstice, mais aucune incantation ne résonnait entre les fûts. Le silence était pesant, presque palpable. Les visages des sorcières étaient graves, le moment solennel. Adélaïde avait avancé d’un pas. Elle était vêtue de la robe blanche des cérémonies. Yselda, au premier rang, devant le grand peuplier, ne parvenait pas à retenir ses larmes. Aelith, à côté d’elle, restait impassible, mais quiconque la connaissait savait qu’elle était terrassée par le chagrin.
Le Conseil avait marché derrière l’Ancienne, et elles avaient entamé la formule de bannissement dans un chœur parfait.
- Va. Change. Va et change. Change, ou ne reviens jamais. Aelith, fille de Brocéliande, le Conseil du Coven te bannit, pour tes crimes et ta non repentance, pour ton incapacité à accomplir sincèrement une peine plus indulgente. Il te faudra changer si tu veux un jour reposer les pieds sur le sol de Bretagne. Changer de cœur, et d’âme. Sauve tes sœurs, sauve celles qui ne sont rien pour toi. Fais don de toi jusqu’à oublier cette prétention qui t’a poussée au pire des méfaits et à la désobéissance. Va. Change. Va et change. Change, ou ne reviens jamais.
Lorsque la vibration provoquée par l’incantation – parce que chez les sorcières, les sentences elles-mêmes étaient magiques – cessa, Adélaïde prit la parole, seule.
- Nous te laissons jusqu’à demain, au lever du jour, pour préparer tes affaires et quitter le village.
Le silence était tombé sur la clairière. Les sorcières avaient regagné leurs cabanes. Aelith, quand tout le monde fut parti, se mit à pleurer. Yselda avait bien tenté de la prendre dans ses bras, mais son amie lui avait tourné le dos.
- Laisse-moi, avait-elle articulé entre deux sanglots. À quoi bon m’aider ? Le réconfort ne ferait qu’alourdir la peine. Demain, je partirai. Je suis morte pour toi.
Et elle était partie, sans qu’Yselda trouvât les mots pour la retenir.

- Je t’ai dit que ça ne servait à rien, murmura la voix étranglée d’Aelith.
- C’est à moi de choisir, répliqua Yselda en s’allongeant doucement aux côtés de son amie.
Elles laissèrent le silence régner entre elles, un long moment. Le silence, comme l’obscurité, était lourd, dur, inconfortable, mais étonnamment rassurant. Elles avaient l’impression qu’en restant immobiles et muettes, elles pouvaient arrêter le cours du temps. Que la nuit durerait pour toujours, et que rien ne changerait.
Elles se firent une raison lorsque le silence devint insupportable. À la même seconde, les deux sorcières se mirent à parler, vite, comme si elles éprouvaient d’un coup le besoin de rattraper le temps qu’elles avaient laissé filer.
- Tu aurais raison de m’en vouloir, murmura Aelith.
- Je viens avec toi, articula Yselda.
Circonspecte, elles ne surent que répondre. Et puis, une nouvelle fois, elles prirent la parole au même instant.
- Je ne t’en veux pas.
- Ne t’exile pas pour moi.
Si l’heure n’avait pas été si grave, Yselda aurait éclaté de rire. Mais elle savait bien qu’Aelith et son tempérament de feu n’auraient pas apprécié une telle réaction, et elles n’avaient ni le temps ni les moyens d’affronter une dispute… Alors, la jeune femme, doucement, repassa sa main dans les mèches folles d’Aelith.
- Tu te souviens, nous étions enfants… Nous nous étions promis de ne jamais nous séparer. C’était moi qui te l’avais demandé.
- J’ai été bannie, cela n’a rien à voir avec un jeu d’enfants.
- Ce n’était pas un jeu. Si tu pars, je n’ai aucune raison de rester.
Yselda sentait le dos d’Aelith contre sa poitrine. Elle l’avait senti soupirer quand elle avait parlé. Oh, comme elle mourait d’envie de refermer ses bras sur elle, de la réconforter, de partager le peu de chaleur qu’elle avait à offrir…
- Si tu refuses, reprit Yselda, je respecterai ton choix. Je te laisserai partir, et nous ne nous reverrons peut-être jamais.
- Mais pourquoi diable voudrais-tu subir une peine que tu n’as pas mérité ?
En guise de réponse, Yselda glissa sa main des cheveux d’Aelith à sa joue, puis à son menton. Avec une douce fermeté, elle attira le visage de son amie vers le sien, et, lentement, posa ses lèvres sur les siennes. Après un frisson de surprise, Aelith se laissa aller, et glissa même ses mains sur la taille de sa compagne. Elles s’embrassèrent longtemps.
Ce baiser avait la saveur des larmes et le goût d’une promesse. Et le pacte qu’elles scellèrent dans le noir, cette nuit-là, para leur avenir de couleurs moins sombres…
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par Charliz » 18 janv. 2019 - 22:58

Titre : And if you don't love me now, you will never love me again
Thème (écrit/image/musique) : Musique + Thème écrit
Fandom : HP
Nombre de mots : 778
Personnages :
Rating : TP
Ses cheveux étincelaient à la lumière du soleil, aussi rouges que les feuilles des érables en pleine saison. Ils étincelaient, mais ne retirait en rien la beauté de son visage, de sa peau pâle parsemée de tâches de rousseur et l’éclat de ses yeux.

Il l’avait aperçu, certes… Mais la voir ainsi se balançant d’une jambe sur l’autre dans l’allée de son jardin, ça avait un gout de nostalgie. Une nostalgie toute nouvelle puisqu’à présent, il connaissait son odeur et le gout de sa peau. Mieux… Il en rêvait.

Elle était là, enfin. Revenue… Mais pour combien de temps ? Pouvait-il lui faire confiance ?

Elle ouvrit la bouche, la referma. Le rose lui montait aux joues et son regard était de plus en plus fuyant. Regrettait-elle d’être venue ? Et si elle regrettait, reviendrait-elle un jour ? Et si elle ne revenait jamais, accepterait-il de la laisser à nouveau partir ? Et si elle revenait pour toujours, pardonnerait-il ?

Pour une fois dans sa vie, serait-il capable de pardonner ? Elle avait tenu son cœur dans son poing et l’avait broyé sans remord.
Lui restait-il encore assez de cœur pour l’aimer encore ?

« Ta lettre… Tu le pensais ? »

Sa lettre.

La douleur et le chagrin brisèrent toute pensée.

« Tu me déteste, Drago ? Tu le penses vraiment ? Tu le penses toujours ? »

Les larmes avaient envahi ses yeux et sa voix et il n’en ressenti aucune peine. Simplement de la colère. Celle d’avoir été blessé. Celle de l’avoir poussée à le blesser encore et encore.

« Je m’en veux. Je n’aurais jamais dû partir, et je n’aurais jamais dû mentir à ma famille et à Scorpius. J’ai eu tort sur toute la ligne. »

Elle se mordit la lèvre et baissa les yeux. Il n’en pouvait plus de l’observer mais ne pouvait pas non plus bouger. C’était comme se torturer encore et encore. L’oublier, c’est bien ce qu’il aurait voulu.

« Si tu ne veux plus me voir, je- »

Son corps bougea pour lui et il se décala pour lui laisser l’entrée libre. Elle hésita, puis se glissa dans l’étroit passage. Son bras frôla son torse, un unique instant. Elle fit quelques pas, s’immobilisa, et fit glisser sa cape de ses épaules d’un geste imprécis.

Le claquement de la porte sembla les ramener dans une certaine réalité. Elle se retourna, sourit à moitié, puis détailla du regard l’entrée qui n’avait pas changé. Jusqu’à tomber sur le meuble ou reposait sa baguette et à côté.

Drago sentit son cœur s’emballer. L’enveloppe qu’il avait fini par décider de ne pas envoyer était posée là, avec ces quatre lettres couchées sur le parchemin comme un appel à la lecture. Elle s’immobilisa une fraction de secondes peut être, puis se saisit de la missive qui lui était destiné.

Lui se sentit faiblir. Il se retint de l’arracher de ses mains avant qu’elle ne brise la cire. Tout était si personnel… Il ne pouvait pas rester là.

Tremblant, Drago s’échappa de l’entrée sans un regard, fonçant dans sa cuisine et surtout vers le placard sous l’escalier, où les meilleurs de ses Scotchs moldus étaient dissimulés. Un secret qu’il avait pourtant partagé avec elle dès le premier soir.

De l’entrée, les froissements lui parvenait et attisait le feu qui brulait sa poitrine. Même l’alcool était inutile pour anesthésier la douleur et l’angoisse. A quelques mètres, son destin se jouait de lui-même. Il y avait un monde entre sa dernière lettre et celle qu’elle dévorait à présent, écrite dans un sursaut d’émotion, la peur de la voir quitter ce monde tétanisant tous ses membres.


« Drago… »

Il ne levait pas les yeux, incapable. Se versant un nouveau verre pour l’avaler d’une simple gorgée.

« Drago. » répéta-t-elle en posant la main sur son bras.

Une fois encore, son corps n’en fit qu’à sa tête. Il se tourna vers elle et plaqua ces lèvres sur les siennes avec un peu trop de rudesse. Il s’éloigna, incapable d’exprimer cette envie de la faire taire et d’en même temps de ne rien dire. A quoi bon ? Elle avait tout lu.

Il voulu s’éloigner, mais elle le retint avec cette lueur dans les yeux qu’il n’avait jamais vu. Cet éclat tout nouveau qui brulait de doutes. Elle savait qu’il n’était pas très raisonnable de rester auprès de lui mêlé à ce besoin de prolonger l’étreinte.

« Pourquoi es-tu ici, Rose ? »

Sa voix était si rauque. Elle ferma les yeux, sa main glissant de son épaule à sa nuque. Elle ne répondit pas, se contentant de déposer ses lèvres sur les siennes pour l’appeler à ne plus parler.
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« Entre le passé écrasant et l’avenir incertain, le présent est d’une puissance totale. » Edouard Baer

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 18 janvier

Message par AliceJeanne » 18 janv. 2019 - 23:00

Titre : Valse d'automne
Thème : automne
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 800 au total
Personnages : Sonia (OC), Manuel (OC), Alicia (OC), William, Ilona
Rating : /
La joue collée contre la vitre froide et humide, Sonia contemplait la chute des feuilles avec nostalgie. Les couleurs chatoyantes des végétaux mourant lui rappelaient les reflets mordorés des dunes de son enfance, qui jour après jour, s’estompaient dans ses souvenirs brumeux. Une larme s’écrasa sur le rebord de la fenêtre, ses parents lui manquaient et l’abandon résonnait en elle alors qu’elle savait qu’il n’en était rien. Quelques notes s’élevèrent doucement du piano du petit salon, se mêlant aux crépitements du bois se consumant dans la cheminée. Sofia jouait toujours aussi bien, et la mélodie était toujours aussi triste à ses oreilles. La main de son grand-oncle effleura son épaule et elle accepta son invitation malgré son besoin impérieux d’être seule. Veillant à aligner ses pas sur les siens, l’adolescente se perdit à nouveau dans ses pensées, les gestes lents de Manuel et son sourire bienveillant lui rappelaient tant cette autre valse, partagée quelques années plus tôt dans ce même salon, alors que sa mère plaisantait avec sa tante tout en buvant du thé, s’amusant de la voir trébucher et s’attendrissant un peu plus à chacun de ses éclats de rire. Cet automne là était bien trop loin.
Alicia avait replié ses jambes contre sa poitrine, se faisant encore plus petite qu’elle ne l’était déjà. La douleur dans son bas-ventre s’était enfin estompée mais la déchirure psychologique était toujours bien présente. Le rouge des feuilles mortes qui s’entassaient sur la terrasse de la grande demeure lui rappelait chaque seconde ce sang qui imbibait sa chemise de nuit quelques heures plus tôt, et la vie que jamais elle ne pourrait chérir comme elle l’aurait souhaité. Une nouvelle fois, tout espoir de maternité s’était envolé, balayé par le vent froid et chargé de l’humidité de ses larmes.

Maladroitement, Manuel replaça une mèche de cheveux noirs derrière son oreille tout en essayant de capter son regard. Chaque nouvel échec était un supplice, un calvaire qui ne semblait jamais vouloir prendre fin. Ils n’étaient pas censés avoir d’enfant, cela leur était interdit par toutes les lois qui régissaient leurs peuples respectifs. Ce fait était-il donc la cause de toute cette douleur ? Ces drames à répétition n’étaient-ils pas tout simplement la punition que l’univers leur infligeait pour vouloir braver ses lois ?

Un hoquet de la jeune-femme le tira de ses pensées et il se focalisa à nouveau sur elle en l’enserrant dans ses bras. Alicia accepta son invitation en laissant échapper un sanglot et il la berça avec amertume, songeant à cette autre danse qu’ils avaient partagée, un jour d’automne, face au spectacle coloré des feuilles parées de leurs plus beaux atours, au lendemain d’une autre tragédie.
L’ambiance dans la maison était tendue et Ilona ne tenait plus en place. L’hybride se rongeait les ongles jusqu’au sang sous le regard anxieux de William qui cherchait également une solution à leur problème, en vain. La fugue de Wilhelm était à prévoir, mais le fait qu’il cherche à rejoindre ses parents alors même qu’ils s’apprêtaient à plaider le dossier le plus conséquent de l’histoire de l’immortalité n’était pas sans danger. Le lieu serait surveillé et personne n’avait vu d’un bon œil que ceux qui se proposent en dirigeants de leur peuple soient si peu respectueux des vieilles coutumes et se croient permis de donner la vie à deux hybrides aux pouvoirs sans comparaison.

Viktor avait sauté dans le premier avion en partance pour la France, laissant Sofia et Sonia aux bons soins de sa femme, son petit-fils et William, afin de le retrouver avant qu’il ne soit trop tard. Ilona aurait souhaité l’accompagner mais sa nature même la mettant en danger elle ne pouvait se permettre de sortir au grand jour et de s’exposer aux regards un peu trop curieux des vampires et lycans venus de tous les horizons pour l’occasion. William l’invita à s’asseoir, étourdi par toutes ses allées et venues dans le salon, si la jeune-femme ne parvenait pas à se calmer elle risquait de se transformer et il ne donnait pas cher de sa propre retenue si elle cédait à ses pulsions naturelles. Il était hors de question que les gardiens des trois enfants soient deux loups incontrôlables.

Ilona finit par accepter le bras qu’il lui offrait et enfouit sa tête dans son torse tout en se cramponnant à sa chemise avec désespoir. Elle se sentait faible et vulnérable, incapable du moindre raisonnement et cela la frustrait. Elle avait honte du piètre exemple qu’elle donnait aux trois jeunes immortels, accrochés à la balustrade de la mezzanine juste au dessus de leurs têtes. La radio crépita une valse et elle se laissa bercer et guider par les bras rassurant de son ami, laissant ses angoisses s’évaporer à chaque lent mouvement, ignorant qu’à des kilomètres de là, leurs enfants partageaient également une dernière danse.
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